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CHAP. 11. — TECHNIQUE ET INDUSTRIE

§2. — La part respective des diverses formes d’organisation industrielle dans l’économie moderne : grande industrie concentrée ;

grande industrie à domicile : petite et moyenne industrie (1).

De toutes les formes d’organisation industrielle que nous venons d’envisager dans leur ordre d’apparition, aucune n’a complètement disparu à l’époque contemporaine. L’industrie domeitique elle-même existe encore dans quelques régions agricoles, notamment dans les pays slaves. On trouve encore aussi, dans certaines campagnes, des artisans, des tailleurs notamment, qui vont exercer leur industrie au domicile delà clientèle. Mais les formes anciennes de l’industrie occupent une place de moins en moins grande ; et, si l’on veut classer les divers types d’organisation industrielle d’après leur importance, il faut renverser l’ordre historique, et commencer par la grande industrie concentrée (fabrique pourvue de ma- ' chines).

1° La grande industrie concentrée, — La prédominance croissante de cette forme de l’industrie est un des traits caractéristiques de l’époque contemporaine. En dépit de l’imperfection des statistiques et de leur défaut d’uniformité, on peut dire que le phénomène se manifeste d’une façon générale dans les divers pays.

Ainsi, en Allemagne, entre les deux recensements professionnels de 1832 et de 1895, la proportion du personnel (2) des grandes entreprises (plus de 50 personnes) est passée de 26,3 à 36, 3 0/0, celui des moyennes entreprises (6 à 50 personnes) de 18,6 à 23,8 0/0, tandis que celui des petits établissements (travailleurs isolés et établissements occupant 5 personnes au plu.s) tombait de 55, 1 à 39‘0/0. — Le recensement de 1907 atteste également, pour l’empire, et notamment pour

(1) Sur les origines de la grande industrie, consulter les travaux de M. Germain' Martin : La grande industrie en France sous Louis XIV, th., Paris 1898; Histoire de l'industrie en France sous Louis XV-, ©t l'ouvrage de M. P. Mantoüx, La Révolution industrielle au xviii* siècle.

(2) .Nous prenons surtout comme indice le personnel des établissements, car le nombre des petits établissements est beaucoup plus considérable que celui des grands, et il peut même s’accroître, quoique le personnel se concentre dans les grandes entreprises.

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a 1 russe, une diniinution absolue du nombre des entreprises n’employant pas de salariés, et une augmentaion des entreprises collectives, avec accroissement particulièrement rapide du personnel des grandes et très grandes < xploitations (accroissement de 64 0/Ü pour les établissements (le r.O à 1.000 personnes et de 104 o/o pour les établissements (le plus (le 1.000 personnes; (1).

En France, entre les recensements de 1896 et de 1901, la \roporlion du personnel des grands établissements (plus de 50 salariés) a également progressé, passant de 36, 1 a 39,7 0/0 tel ensemble, tandis (|ue celui des établissements moyens (5 è 50 salariés) et petits (moins de cinq salariés) diminuait d’une fiçon correspondante (2). — Le recensement de 1906 atteste aussi l'importance croissante des très grand» établissements i idustriels , toutefois, d marque une progression du nombre des etablissements de 1 à 10 salaries et un état stationnaire des établissements de 11 à 100 salariés (3).

La tendance à la concentration dans l’industrie apparaît généralement dans les pays où il existe des statistiques permettant de l’enregistrer, et notamment encore en Belgique, ei Autriche, aux Etats-Unis. On voit, par le nombre des pers )nnes employées dans la grande industrie concentrée, que c ille-ci gagne toujours du terrain • et, comme elle emploie une

(1) \oir la Berufs-und Betriebszahlung du 12 juin 1907, Statistih des diutschen Reichs, vol. 202, i, et l’article de Lexis, Gros-und Kleinbetrieb d< us le flandwôrterbuch der Staatsmssenschaften, 3« éd.

(2) Voir nouHGüiN, Les systèmes socialistes et l'évolution économique 3* éd., p. 135. Il faut noter que les données fournies par le recenseniiiit français ne sont pas exactement comparables à celles du recensemmt allemand. Ce dernier tient compte du nombre de personnes et range dans les petits établissements ceux qui ne comprennent qu’un se il travailleur tsoîe, tandis que les chiffres précités du recensement fri uçaisne visent que lesélablissernentsayanlau moins un salarié, donc de IX personnes; si l’on y ajoute les artisans isolés, le personnel de la petite industrie se trouve augmenté, et la proportion du personnel

de la grande industrie se trouve ramenée à 31, 7 O/o (au lieu de 39 71 poar 1901 . ’ '

i3) Voir les Résultats statistiques du recensement général de la populat on. 1906. notamment t. I, 2® partie, p. 187 et, dans le Bulletin de la sta'istique générale de la France, t. II, 1912-1913, l’étude sur Les industri 'S et la concentration industrielle en divers pays. — Voir aussi C Sa-

B.MIER, Le rnorcellisme dans l'industrie {Rev. d'éc. polit. 1907 p 73l' et miv.). ’ ’ * ■

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