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CHAP. 11. FORMATION DES ENTREPRISES

généralement sur place ses collaborateurs, on voit que la disposition d’un capital n’est pas seulement une condition nécessaire de la constitution d’une entreprise, mais presque une condition suffisante (1). On constate, en effet, que la préoccupation dominante de quiconque veut « lancer une affaire nouvelle » est de se procurer « des capitaux ».

g 2. — Comment on se procure les capitaux. — Rôle du crédit.

L’entrepreneur est souvent propriétaire d’une partie tout au moins des capitaux qui lui sont necessaires, soit qu il les ait épargnés lui-même, soit qu’il les ait reçus en héritage, ou en dot. C’est ainsi que beaucoup d’artisans et de boutiquiers s’établissent à leur compte. Cependant, il n’est pas nécessaire d’être propriétaire de richesses acquises pour pouvoir entreprendre une œuvre de production, et, par contre, celui qui veut créer une entreprise n’a souvent pas assez de capitaux.

Il lui faut donc faire appel à ceux d’autrui.

Diverses opérations économiques très simples, que les codes ont définies parmi les contrats, permettent à celui qui a besoin de capitaux de se les faire transférer par leur

propriétaire.

Ainsi, la jouissance d’un objet durable, tel qu’un fonds de terre ou un bâtiment, sera obtenue en vertu d’un contrat de louage.

L’usage de biens consomptibles, c’est-à-dire de biens que leur détenteur ne peut utiliser sans les faire disparaître, est obtenu au moyen du prêt, contrat par lequel le prêteur

(1) C’est pourquoi nous n’ouvrons pas ici un chapitre spécial pour traiter du « Travail », ce chapitre étant généralement consacré non à l’étude du rôle du travail dans la production, mais à celle de la condition des travailleurs, qui est à sa place dans les livres 2e et 3* {Répartition et Consommation).

Cependant, la nécessité de se procurer de la main-d’œuvre pose parfois un problème de production : c’est le cas notamment dans l’Afrique du Sud où il faut introduire des travailleurs de toutes races pour exploiter les mines. Ce problème se pose aussi dans beaucoup d’autres pays neufs et même aujourd’hui dans de vieux pays, comme la France, où la population autochtone ne se développe pas aussi vite que l’industrie ; il faut donc faire appel à une immigration étrangère. Voir plus loin 2® partie 5' section {Les échanges internationaux) ch. i, § 2, et consulter A. Souchon, La crise de la main d'œuvre agricole en France.

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Si

•n transfère acluelleme^it la propriété à l'emprunteur, à :harge d'en restituer au moins V équivalent dans un délai ièterminé. En ce cas, on dit qu’il y a une opération ùe crédit, expression qui s’explique par l’idée de la confiance [cre~ iere, croire) que cette opération suppose de la part du prêteur.

Le crédit est souvent fait par le « fournisseur » qui, au lieu d’exiger le paiement immédiat de la marchandise, accorde un certain délai. C'est ainsi que le commerçant en détail arrive souvent à ne payer le commerçant en gros qu’après avoir revendu ses marchandises. Mais, le plus souvent, l’entrepreneur doit cependant se procurer des sommes d’argent.

Nous nous bornons à mentionner, dans ce chapitre, la place qu’occupe logiquement la notion de crédit dans ses rapports avec la formation des entreprises. Mais nous ne saurions décrire encore en détail le mécanisme du crédit. Car le crédit implique l’idée d’un transfert de richesse, et, par conséquent, d’un échange. Et, comme la constitution des grandes entreprises implique non seulement l’intervention do la monnaie, mais aussi celle de la banque et, souvent, de la bourse ' des valeurs, nous devons en différer l’exposé jusqu’au moment où nous connaîtrons le mécanisme de la circulât ioti.

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