CUAP. 1. — ÉCHANGES DE PRIX
treindre et sont ainsi amenés à prélever un plus gros bénéflce par unité vendue.
On voit cependant, par cette analyse, comment se précise le rôle du coût de production. On aperçoit aussi comment il se combine avec l’action de la demande, pour déterminer les prix de concurrence. Et, comme la demande elle-même est l’expression du besoin de marchandises, ou, en d’autres termes, de r?</i7i7é’' des marchandises pour les acheteurs, on peut dire que les prix de concurrence dépendent à la fois du coût de production et de rutililé, et que c’est l’action et la réactionincessantes de ces deux facteurs qui déterminent l’état du marché. Certains auteurs ont môme soutenu que la notion de coût de production se décompose et se réduit à son tour à celle d’utilité, de telle sorte que l’utilité serait, en dernière analyse, le principe essentiel de la détermination des valeurs. Nous reviendrons sur ces conceptions lorsque nous aurons à rechercher le principe de la valeur, dans l’élude de la Répartition.
Mais la notion de coût de production — même si l’on admet qu’elle ne correspond qu’à une réalité en quelque sorte intermédiaire et temporaire — est une notion à laquelle s'arrêtent, en fait, ceux qui participent à l'activité productrice, et à laquelle il convient de s’arrêter également lorsqu’on étudie le mécanisme de la production. Aussi, tout en ne perdant pas de vue que l’établissement d’un prix de marché suppose une demande, et par conséquent une utilité, il nous suffira de retenir, dans cette partie du cours, ce qui vient d’être exposé relativement à l’influence du coût de production sur la détermination des prix de concurrence.
§ 3. — L’établissement des prix de monopole.
Les activités économiques se coordonnent le plus souvent par des échanges effectués concurremment par plusieurs acheteurs et plusieurs vendeurs. Cependant, il peut arriver que, dans les échanges relatifs à certaines marchandises ou certains services, il n’y ait qu’un vendeur, ou un acheteur, peut-être même un seul vendeur et un seul acheteur. Le cas le plus fréquent est celui du monopole A& vente, qui met en présence un vendeur unique et un grand nombre d’acheteurs. C'est, en effet, ce qui arrive quand l’Etat s’arroge ou confère — à un conces-
part. JI. CIRCULATION
sionnaire, ou au titulaire d’un hr.,, ♦
exclusif âe fournir certaines marrh ^ exemple — Je droit
Cela se produit aussi quand do., ou certains services.
laproduclion cl la laissent entre les m ‘"”" ,
neur (monopole de faitl Cela ,e A i enlrepre-
enlrepreneurs fondent L,r, entrer''*' ^"'“'''>1“»"*' l'IusiLrs
encore s'entendent pour fixer des rr" ““
[cartels, pools, etc P ur ixer des conditions uniques de vente
termédiaires s’abstiennentdese fair^ f’^’o^fucteurs ou des innient des prix de vente Cet^^
tuellement dans le commerce de d^lil! 8®néraleac-
lui qui s’établit quamfil y Tconc^^^^^^^ Je môme que ce-
se fixe généralement pas au hasard ' ‘ JJ ne
ment parler, déterminé. Il est senipm Pas. à propre-
du vendeur, dans la mesure où
calculer. En eiïet, l’intérêt du vendeur
de vendre le plus cher possible II « toujours
abaisser son prix de vente afin 'd'ci avantage à
Ainsi, admettons qu’un cordonn'^ ^ débouché [\).
gagne 7 francs par paire de chr^'''’ '^«ncs.
3 francs seulement. Mais il constate que 'f
il ne peut vendre nue 5 000 mir. f il ~ lu paire,
dis que, au prix deV! éaZ Tarn' ! lau-
simple calcule darithmétiquè lui dL'oni'ë
avantage à ne vendre ses chaussures „.m7^ 7' “ '7’ “
/ X 5.000 = 3.5,000 et3x 15 ooo 1 7 «ffel,
10.000 francs à réduire son nrit dë” 7 7.?**- " «ag"® «loue Toutefois, quand iUa ^rlmApr^f
qu’lisse font entre eux ajoute un élém'^^ë “ “"'“'■'■ence blissemenl du prix En suronrhx ^ ^ déleruiinant à l’élapeuvent araenet lë monopoleur "I'"‘ autres, ils
moins, le détourner de l’abaisser I P"-', cm, tout au
aans réduction de prix (2). Inver^eluTsTu'u «'.Ta! "immbël’
luellement l’impoMXmé7uïï!Lm”éTac7r7l°'\"°f *"">"i« acimpêche souvent ce principe dé jouer accroître lecliilTre d’alTaires
J C’est ce qui se passe uolaumren, aux époques où ,a uiulliplicatiou
j CHAP. I. ECHANGES HE PRIX 121
i d’entre eux se retirent du marché, ils peuvent, par là même
■i inciter 1e monopoleur à abaisser son prix. ^
J Si, en face d’un vendeur unique, il n’y a qu’un acheteur
ig unique, le prix est, à vrai dire, tout à fait indéterminé. Ce-
I pendant, il peut encore être influencé par la relation qui
I existe entre le prix de vente et les quantités vendues, le veu-
Jdeur ayant encore intérêt à ne pas trop restreindre la vente par un prix trop élevé.
D'ailleurs quoique leprixde monopole dépende touioursde 1 arbitraire du vendeur, il n est pas nécessairement plus élevé que celui de concurrence et il peut même lui être inférieur : a or cela va sans dire parce que le monopoleur peut jj ne pas vouloir ou savoir user de son privilège ; ensuite, parce
[J que les conditions techniques et les conditions d’organisation
if qui accompagnent la constitution d’un monopole de produc- I tion ou de vente peuvent favoriser le maintien ou l’abaisse-
I ment des prix. Les promoteurs de certains trusts américains
ont pu soutenir qu’il en était ainsi dans les industries qu’ils avaient monopolisées ; en elfet, les progrès techniques réalisés grâce a la concentration et souvent à l’intégration, qui accom- , pagnent fréquemment la formation du trust, ont pu abaisser . le l/c a tel point que, môme en se réservant un bé-
i 'léfice de monopoleurs, les membres du trust ont pu main- . en.r ou réduire les prix. A ces facteurs techniques peut d’ail-
j leurs s ajouter en cette circonstance, un autre facteur de
j modération : c est la crainte, devant un monopole reposant sur une entente et par conséquent essentiellement temporaire de voir renaître la concurrence.
I il y a meme certainsmonopolesqui ne peuventse réaliseroue
; moyennant une baisse ;au moins temporaire des prix. Ainsi le
J propriétaire d un brevet, peut, grâce à la supériorité de son
procède, produire dans des conditions telles que toute concurrence devienne impossible pour les producteurs opérant avec ' es piocedes anciens : mais il ne peut obtenir ce résultat qu’en
abaissant son prix de vente jusqu’au-dessous de leur prix de revient (Souvent, d’ailleurs, il préfère, dans ce cas, se contenter des bénéfices que lui vaut son procédé, en vendant au meme prix que les autres producteurs, en concurrence avec eux) .
des moyens d’achat résultant d’une l’émission abondante de monnaie fiduciaire développe la demande. Voir plus loin 3« section, ch. nq § 2!
part. II. CIRCULATIO>
Quoiqu’il en soit, le prix de monopole — là surtout où il est vraiment dégagé d’une concurrence latente — se fixe tout autrement que le prix de concurrence. Et nous verrons plus loin que, par là-même, il n’agit pas de la môme manière comme régulateur de la production.
§ 4. — Les prix taxés.
INous avons examiné les principaux modes de détermination des prix qui rcsultent d’échanges spontanés et libres, conformément aux conditions les plus générales de notre organisation economique. Cependant, l’autorité peut exercer une certaine influence sur la détermination des prix. Souvent cette mt uence a seulement pour but de mieux lassurer la sincérité et la régularité des conventions conclues : c’est à cela surtout que en a réglementation des marchés, et principalement des bourses (voir plus loin section, Ch. IV) (1). Mais, parfois aussi, elle tend indirectement kmodifier les prix ; telle est l’aclon e.xercée sur ces prix par la politique douanière (voir plus om O® section. Ch. II), tels sont encore des essais de valorisation (1), Enfin, l’autorité publique intervient parfois ^onv fixer directement les prix : ou du moins pour établir un maximum ou un minimum obligatoires.
Le système du prix minimum légal a été appliqué dans la législation recente, au prix du travail ; il a été inauguré il y a moins de vingt ans, en Australie. Depuis lors, il tend à s etendre dans les autres pays en faveur de certaines catégories de salaries. Nous reviendrons surce sujet en étudiant la neparlilwn.
La fixation d’un maximum par l’autorité publique était une
(1) Dans le même ordre d’idées, la législation française de guerre a obhge certains commerçants à afOcher leurs prix (décret du 2ü août
(2) La a valorisation » consiste à relever le cours en mettant de c<M<i une partie de la récolte. Cette mesure a été prise au
du café Voir notamment Dlanchecotte. La valorisation du café et le ckan,e bm,hen Th. Pari, 1908. et Tarlide de .M. MaoBica LÉvv. il rafo!
““ poliltques, sept.