Monométallisme et bimétallisme
Cependant, ce régime impliquait, dans l'esprit de ses promoteurs, des difficultés théoriques (jui furent résolues dans la pratique.
Abstraction faite du métal destiné aux monnaies de illon, dont 1 importance est minime, les besoiiisdes échanges exipt 1 emploi simultané de l'or et de l’argent. I)’au”tre part apposer sur les pièces faites de ces deux métaux la mention d une monnaie de compte, - assigner, par exemple, la valeur de cinq francs a la fois à un écu d’argent et aune piécette or, — c était bien affirmer qu’un certains poids d’or était équivalent à un certain poids d’argent ; c’était établir un rapport legal d échangé constant entre les deux métaux. En d’autres termes, c’était, semblait-il, définir l’unité monétaire à la fois par une certaine quantité de marchandise-or, et par une certaine quantité de marchandise-argent. Mais, si le régime monétaire moderne était basé sur le libre cours d’une marchandise à laquelle 1 Etat donnait seulement la qualité de monnaie, en la frappant à volonté, il paraissait contradictoire de prétendre donner a un système monétaire une double base, en prenant simultanément pour é^a/ori deux marchandises distinctes, et dont les cours semblaient devoir se déterminer indépendemment l’un de l’autre.
Une solution logique du problème fut adoptée par la législation anglaise. ^
En Angleterre, en effet, o?i n'applique la frappe libre qu'à I or. Quant a 1 argent, l’Etat en frappa pour les besoins des menus échangés, ainsi que l’on fait du hronze, et dans des conditions analogues. Cette frappe impliquait bien, il est vrai un rapport d’échange fixe entre les monnaies d’argent et les monnaies d’or. Mais, comme l’argent n avait pas libre accès dans les ateliers monétaires, la valeur des pièces n’était pas nécessairement liée au cours du métal (1). Elles circulaient comme représentant une fraction de l’unité monétaire d’or
(1) On risquait seulement l’exportation des espèces d’argent au cas ou leur valeur extérieure comme lingot eût été sensiblement supéneure a leur valeur monétaire intérieure.
CHAP. l. LA MONNAIE
la livre sterling, et n’étaient d’ailleurs admises dans les paiements que pour des sommes minimes. Ainsi fut constitué le régime du monomélallisme-or, ou, comme on dit encore, de l’étalon d'or.
En France, les législateurs révolutionnaires eurent parfaitement conscience du problème théorique qui vient d’être exposé. Aussi tentèrent-ils d’abord de lui donner une solution également logique, mais différente de la précédente. L'or et l'argent furent admis, l'un et l'autre à la frappe libre, mais, sur les pièces d'argent seules, on mentionna le nombre d'unités monétaires quelles représentaient : en d’autres termes, le franc fut défini par un certain poids d’argent, et d’argent seulement. Quant aux pièces d’or, elles portèrent uniquement l’indication de leur poids et de leur titre, mais aucune mention de leur valeur en francs : c’étaient de simples « signes commerciaux », comme on disait alors, que les particuliers devaient recevoir dans les paiements, à un cours débattu entre eux.
iMais le public ne comprit pas ces scrupules et réclama des pièces, d’argent et d’or, portant la mention des unités monétaires qu’elles représentaient ;et le gouvernement dut lui donner satisfaction.
La loi du 9 germinal an XI consacra le régime du bimétallisme ou du double étalon, qui est caractérisé par les traits suivants :
L'or et l’argent sont admis à la frappe libre.
Ils ont tous deux un pouvoir libératoire illimité; c’est-àdire qu'ils sont reçus dans les paiements sans aucune limite.
Il existe, entre les monnaies faites des deux métaux, un rapport légal (\\i\ permet de mentionner à la fois sur les pièces d’or et sur les pièces d’argent le nombre d’unités monétaires, ou de fractions d’unités, qu’elles représentent.
Le franc est toujours défini originellement par un certain poids d’argent (5 grammes au titre de 9/10); mais, comme la loi établit, entre l’or et l’argent, le rapport de 1 à lo 1/2 — en d’autres termes, comme elle admet qu’un certain poids d’or équivaut à 15 fois 1 / 2 le même poids d’argent, — on en peut déduire également une définition du franc d’or (1). H est donc bien vrai que l’unité monétaire est définie à la fois par
(1)0 gr. 290327.
part. h.
CIRCÜI.ATIO.N
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un certain poids d’or, et par un certain poids d’argent, et le
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C'étaildonc, finalement, en France, ladoption d’un rtoime considère comme illogique qui prévalait. Un effet, ladéterrai-
un taux 1 échangé constant entre les deux métaux, paraissait incompatible avec a frappe libre - .laquelle semblait devoir assurer, an contraire, l'Indépendance de leurs cours respec- , et 1 établissement d’un rapport légal, nécessaire pour coter, avec une même unité de compte, les espèces d’or et argent, fut considère comme un expédient provisoire. Le
réafitéV t établi, correspondait à la
rea ite des faits ; mais, on prévoyait qu’il devrait être modifié
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qu 11 put etre maintenu fl).
Le régime monétaire français ne fanla d’ailleurs pas à être adopte par un grand nombre de pays d'Europe et d’Améri-
Cependant, il y avait aussi un certain nombre de pavs
dontle système monétaire reposait essentiellement sur l’arilm^
Autriche, Inde anglaise, etc,,) soit que l’on admit dans la circulation des monnaies étrangères (les piastres mexicaines
l1n"otr(Cldne)."°" " ou des
Ainsi, peut-on dire que, jusqu'au dernier quart du xix» siècle les systèmes de monnaie métallique se ramenaient à rois types : le monométallisme-or - rare à cette époque ^
le bimétallisme, et le monométallisme-argent. ^ ’
§ 7. - Le régime dit du bimétallisme boiteux.
Des circonstances que nous expliquerons plus loin amenerent, apres 18/0, presque toutes les grandes nations à
«ombre adop.
terent a 1 imitation de 1 Angleterre, l’étalon d’or. Les grands pays bimétallistes suspendirent la frappe libre de l’a^rgent.
(1) Voir plus loin 3® sect., chap. ii, § 3, jo.