‹ Traité élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 48 sur 192 · CHAP. K — LA MONNAIE · texte numérisé non relu

CHAP. K — LA MONNAIE

Cette suspension, qui a abouti à une véritable disparition du régime de la frappe libre pour le métal argent^ a donné naissance, dans la plupart des anciens pays bimétallistes, à un régime monétaire nouveau, dont les caractères sont les suivants :

L’or seul jouit de la frappe libre.

Les pièces d'or et certaines pièces d’argent conservent un pouvoir libératoire illimité.

Le rapport légal entre les monnaies faites des deux métaux est maintenu.

Ce régime, étant appliqué dans les pays qui appartenaient autrefois au bimétallisme, se présente comme une dégradation de ce système, et les économistes français, prenant pour critérium essentiel du bimétallisme l’attribution du pouvoir libératoire illimité à des pièces faites des deux métaux, l’ont qualifié de bimétallisme incomplet ou boiteux.

Cette dénomination, qui est devenue usuelle, peut cependant induire en erreur : le seul caractère commun de ce système avec l’ancien bimétallisme est précisément le maintien du pouvoir libératoire illimité pour certaines pièces d’argent.

Mais il a, par contre, un caractère commun avec le monométallisme-or : c’est que l'or seul est admis à la frappe libre.

Or, en remontant aux origines du régime monétaire moderne, nous avons vu que la frappe libre en constitue l'élément essentiel, et que le métal qui en jouit est vraiment la base du système. Nous verrons, d’autre part, que, dans les rapports avec l’extérieur, les pays bimétallistes avaient vraiment deux monnaies, l’une qui leur était commune avec les pays à étalon d’or, l’autre qui leur était commune avec les pays à étalon d’argent : grâce à la liberté de la frappe, ils pouvaient, en effet, recevoir en paiement des monnaies étrangères d’argent aussi bien que d’or, puisque les unes et les autres étaient convertibles en monnaie nationale. Or, aujourd'hui, les pays improprement dénommés bimétallistes incomplets ou boiteux, ne peuvent plus recevoir de l’extérieur que de l’or, puisqu’il est seul monnayable.

Ainsi, pour se faire une idée exacte des systèmes de monnaie métallique contemporains, faut-il constater que le bimétallisme a disparu, et qu'il a fait place à un système dont i’ or constitue la base, et qui ne se distingue du monomé- Nogaro 10

persistance du cours

dausiT„c.r:er„t’diTan\rsT^^^^^^^^

§ 8. - Le régime du « gold exchange standard oü de la réserve d’or.

Avec la disparition du bimétallisme, et Pexlension des svsmes de monnaie d or. les pays à étalon d’argent se sont trouves amenés a se procurer des disponibilités de métal jaune pour régler leurs comptes avec les pays à monnaie d’or Les pays a monnaie de papier on fait des efforts dans le même sens Et de ces tenlalives il est résulté un système monétaire iiouveau, que 1 on peut définir de la manière suivante •

Les mst,;,menls monétaires en circulation d rintérieur du p^ys sont d üvgeut ou de pupiev.

Mais on dispose dune réserve Wor, qui permet de conver- Ar, AIN TAUX Fixa, cette circulation iniéfieure en monnaie d 01 ^ en vue des reglements extérieurs.

Les Américains Lont dénommé système du qold exchanae standard, c est-à-dire « de l’étalon d’or quant au^chan^e » ifn effet, quoique ce régime ne comporte bien souvent ^comme nous le verrons plus loin, que de faibles ressource; en "r il suffît que le papier et l’argent soient convertibles en or à un

un^V'tT’ ^extérieur, pour que ce soit d’abord

n ^}stème de monnaie métallique, et, de plus, un système

hésiter l’Allemagne dans’la pr^e^

tandis que le franc reste légalement dé«ni'par

on déduit seulement le ptids d’or corres^pondanT

15 1/2. ^oirespondant, en divisant par

reL'L’“„rrr bTlletT vu’’;’!

crever son or, lorsqu’on: veu.’pro^L s„'u” eïcaLo!’*'“‘'

CHAP. 1. LA MONNAIE

basé sur Vor. En fait, grâce à ces disponibilités et à la fixité du taux de conversion de la monnaie locale en monnaie d’or, les pays qui l’ont adopté ont, avec les pays à circulation d’or, un moyen de règlement commun, et une mesure des valeurs

commune.

Ce système se rapproche du précédent — le soi-disant bimétallisme boiteux — en ce que la circulation comporte des instruments monétaires, autres que l’or, qui ont un cours légal illimité (argent ou papier).

Mais il s’en distingue, ainsi que du monométallisme-or, par un caractère essentiel : c’est que l’or ne figure pas dans la circulation intérieure, ou n’y joue qu’un rôle insignifiant. Les disponibilités qui assurent la stabilité des changes avec l’exlérieur sont, le plus souvent, conservées dans une caisse de conversion, ou déposées à l’étranger (l).

Les pays qui ont adopté ce système possèdent généralement beaucoup moins d’or que ceux où l’or est l’élément dominant de la circulation ; mais ils peuvent en disposer beaucoup plus complètement pour leurs échanges avec l’extérieur, — les seuls où l’or ne puisse avoir, en l’état actuel, de succédané dans les monnaies dites fiduciaires. Le système du gold exchange standard, suggéré par les difficultés où se trouvaient les pays qui n’avaient pas une circulation d’or, est donc, au total, un système rationnel et élégant.

Page 1