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CHAP. H. LA BANQUE EN GÉNÉRAL

d’un autre banquier ’, il ne fait donc pas lui-même une avance de fonds, mais il donne à son client le moyen d’en trouver. Ainsi, un exportateur risquerait de ne pas trouver directement du crédit auprès de la Banque de France, par exemple. Mais une banque d’exportation, qui connaît sa maison et ses affaires, peut le laisser tirer sur elle une traite, que la Banque de France accepte ensuite sans difficulté (l). Le crédit d acceptation, ne supposant pas de la part de l’établissement accepteur un versement de fonds, ne lui est pas rétribué sous la forme d’escompte, mais sous la forme d’une commission. Le crédit d’acceptation est souvent gagé par des titres ou des documents, mais il peut aussi être fait à découvert.

§3. — Les services matériels de la banque moderne dans leurs rapports avec ses fonctions économiques : le service des titres.

Les banquiers ne reçoivent pas seulement des dépôts de fonds, mais aussi des dépôts d’objets divers : bijoux, lingots, argenterie, manuscrits précieux, valeurs mobilières, dont ils assument la garde, soit d’une façon collective dans leurs coffres, soit môme dans des coffres-forts loués individuellement (2).

C’est là un perfectionnement d’une institution ancienne, dont la banque moderne a su tirer le plus grand profit. Elle s’est, en effet, appliquée, par toutes les commodités assurées à la clientèle, à attirer la fortune mobilière des particuliers. Les banquiers reçoivent les ordres de bourse, c’est-à-dire qu’ils transmettent les ordres d’achat et de vente relatifs aux valeurs mobilières ; ils se chargent aussi des émissions, en vendant à guichet ouvert, ou même à domicile, les titres nouveaux ; ils conservent, ensuite, la plupart des valeurs achetées par leurs clients, et se chargent, moyennant une faible rémunération, de

' (1) Un importateur peut aussi recourir au crédit d’acceptation afin que son vendeur étranger puisse se couvrir en tirant, non pas sur lui, mais sur un établissement de banque connu, ce qui permet au vendeur de négocier aisément sa traite. — Voir sur ce sujet Ddfourcq-Lage- LOUSE, op. cit., p. 28 et suiv.

(2) Voir sur ce point les études de M. Valéry, Traité de la location des coffre-forts, et de M. Schatz, De la location des coffre-forts, th. Paris,

détacher et toucher lès coupons, de renouveler les litres de

les faire timbrer, de faire les versements nécessaires sur les

titres non libérés, de remplir toutes les formalités requises

en cas de conversion, de véritier les listes de tirages pour les

valeurs à lots, et de prévenir les intéressés en cas de remboursement.

Ces menus services, rendus presque gratuitement en apparence, sont pour le banquier une source considérable d’inuence, et de profit indirect. Ayant amené progressivement la plupart de ses clients à lui confier leurs titres, il détient leur fortune mobilière — qui, de nos jours constitue la plus grosse part, smon la totalité, de bien des patrimoines. Ainsi, d’une

M comptes-courants et des comptes de

dépôt (1 , il connaît leurs disponibilités; d’autre part, par son service de titres, il connaît la composition de leur portefeuille. t.nlin, on lui demande des conseils : il est comme on l’a dit* le « confesseur financier » du public. Il a donc toutes les facilites pour préparer de fructueuses émissions, et les faire aboutir, d abord en conseillant l’achat des titres auxquels il s intéressé à ceux de ses clients qui ont des capitaux disponibles ; puis en suggérant aux autres des arbitrages (2) c’està-dire en leur persuadant de vendre des valeurs qu’ils ont en portefeuille pour acheter les titres nouveaux. Le banquier arrive ainsi à diriger à son gré l’épargne en vue des placements a long terme, et l’influence qu’il exerce par là sur l’organisation du crédit est infiniment supérieure à celle que lui h maniement des dépôts (voir plus loin, 3“ sect..

Le banquier n’en reste pas moins essentiellement, comme nous avons dit plus haut, d’une part, caissier et comptable d autre part, pourvoyeur de crédit. ’

(1) Le compte-courant est celui qui est ouvert à un client, générale-

ment commerçant, et qui comporte des opérations de crédit (escompte etc.). Le compte de dépôt est ouvert à un particulier qui se borne à tirer des chèques sur son propre compte ou à en disposer par des ordres donnes a la banque (achat de titres, etc.). ^

(2) Nous retrouverons ce même terme d’arb/üra^e avec un sens un peu different en etudiant le mécanisme du change.

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