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Organisation et fonctionnement des bourses

rses sont généralement assez étroitement reglear 1 autorité publique. Cependant, dans certains liment en Angleterre, leurs statuts sont simplement des corporations. La législation, la réglenientatip, ,ns les ^usages varient suivant les pays, et selon de bourses de valeurs ou de bourses de marchaiir. /.tac divpri?ences résultent des différences, par

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assez notables, dans le fonctionnement des bourses, et dans la nature de leurs opérations. Cependant, on peut dire que 1 organisation d’une bourse comporte normalement un groupement d'intermédiaires professionnels astreints à une certaine discipline, des règles précises relativement aux opérations qui s*y effectuent, et généralement une lif^uidalion collective et périodique des opérations.

Il serait donc possible de tracer un tableau schématique des opérations de bourse les plus fréquentes, et de leur exécution. Mais il est préférable de donner à cet exposé une base concrète, et nous prendrons pour base l’organisation et le fonctionnement des bourses de valeurs eu France, et tout spécialement de la Bourse de Paris (1), — nous réservant d examiner plus loin les particularités relatives aux bourses de marchandises.

(1) A Paris, il y a lieu de distinguer le marché ofliciel, ou bourse proprement dite, et la coulisse^ ou tïidrche eu banque^ simplement tolérée. Sur le marché officiel, les transactions ne peuvent avoir lieu que par l’intermédiaire d’officiers ministériels assermentés et nommés par décret du Président de la République, sur la proposition du ministre des finances, que l’on nomme agents de change ; ceux-ci ne peuvent, d’ailleurs, faire d'affaires pour leur propre compte ; ils n’ont pas même à donner de conseils à leurs clients, et doivent se borner a exécuter les ordres reçus, en prélevant la commission prévue. Les agents de change, actuellement au nombre de soixante-dix, forment une compagnie ou chambre syndicale, avec un syndic et six adjoints élus. Cette chambre surveille ses membres, constate les cours, et rédigé la cote officielle.

I.es agents de change se réunissent dans les locaux de la bourse, chaque jour de semaine de raidi à trois heures, dans un emplacement réservé, appelé corbeille.

A Paris, il y a deux liquidations par mois ; une de fin de mois, qui est la plus importante, et une de quinzaine, ou du quinze. La liquidation de fin de mois dure quatre jours, et celle du quinze, trois.

Voir le rapports de M. Manchez, sur le Marché financier de Paris dans le Congrès des valeurs mobilières de 1900, L IV, et, sur les bourses étrangères, divers rapports dans la même collection.

Sur le marché de New-York, consulter l’article de M. A.-E. Sayous dans la Revue économique internationale de mars 1908 i La Bourse aux pâleurs de New- York au xix® siècle.

PART. II. CIRCULATI(».>i

^ 3. — Principales opérations de bourse : a) Comptant et terme ; opérations fermes et à prime : b) Report, déport ; c) Arbitrages.

a) Comptant et terme ; marché ferme et à prime. — Ou doit d’abord distinguer deux catégories d’opérations de bourse : les opérations au comptant, et les opérations à terme.

Les affaires au comptant ne présentent pas de caractères distinctifs bien importants ; elles consistent à acheter en payant aussitôt, comme sur un marché quelconque. La seule différence, sur les bourses de valeurs françaises, est dans l’obligation de se servir d’un intermédiaire : \' agent de change.

Le marché à terme est, au contraire, une opération propre à la bourse et reposant essentiellement sur les qualités propres aux marchandises de bourse, et principalement sur leur fongibilité. Il consiste à fixer, dés la conclusion du contrat, toutes les conditions de la vente : nature exacte de la marchandise, quantité, prix, époque de livraison, mais en en différant l'exécution, c’est-à-dire eyi différant à la fois la livraison et le paiement. On conçoit très bien qu’une telle opération ne présenterait qu’un minime intérêt dans un marché ordinaire. En bourse au contraire, elle prend, en raison de la parfaite fongibilité des objets négociés, une signification considérable ; en effet, le marché pouvant se faire sans que la marchandise soit présentée à l’acheteur, et le vendeur ayant un certain délai pour livrer, il peut vendre une marchandise qu'il ne possède pas, ou, comme on dit en langage technique, vendre à découvert ; et nous verrons plus loin que de cette importante particularité découle en grande partie la fonction économique des bourses.

Les opérations à terme se liquident à époque fixe, et les affaires engagées sont réglées par compensation entre les intermédiaires — agents de change — qui échangent entre eux les titres et les sommes d’argent dus en fin de compte.

Le fait que les opérations à terme se liquident à époque fixe, et par compensation, a également une grande importance : les personnes qui opèrent en bourse peuvent, en pendant la durée de la liquidation, compenser l'opération faite par une opération en sens contraire, de manière à n’avoir à recevoir ou

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à verser au total que la différence représentant le gain réalisé ou la perte subie par eux, sans avoir à manier le titre, ni à en payer la valeur. Ainsi, un acheteur achète à terme des titres de rente au prix de 99 fr. 50 chacun, livrables à la prochaine liquidation. Au moment de cette liquidation, il revend ses titres. Il n a donc ni à prendre livraison de ses titres, ni à les payer. Si le cours auquel il revend au moment de la liquidation est supérieur au prix d’achat, il reçoit simplement la différence ; dans le cas contraire, il la verse. Le vendeur peut, de même, se dispenser de livrer les titres vendus, en en achetant avant la liquidation, ou au moment de la liquidation, une quantité équivalente : les deux opérations se compensent, et on lui verse la différence, si le cours, au moment de l achat est inférieur à celui de la vente à terme précisément échue ; on la lui réclame dans le cas contraire.

Ainsi, nous avions vu que, grâce à la fongibilité des marchandises de bourse, et notamment des valeurs mobilières, le vendeur pouvait vendre des titres qu’il ne possédait pas. Nous voyons qu’il peut également vendre sans avoir de quoi acheter les titres. De même, l’acheteur peut acheter, sans avoir la somme nécessaire pour o lever » les titres, c’est-à-dire pour en prendre livraison. Il suffit à l’un et à l’autre de fournir à l’agent de change une « couverture » suffisante pour parer aux différences de cours.

Le marché à terme peut donc se résoudre de deux manières : ou bien par V exécution effective, ou par le paiement d'une simple différence.

Les acheteurs et les vendeurs qui n’ont en vue qu’un règlement par différence sont des spéculateurs, dont nous examinerons plus loin la fonction économique. L’acheteur, qui escompte une hausse du cours pour revendre plus cher, est un haussier ; le vendeur, -qui espère une baisse pour se libérer à meilleur compte, est un baissier.

Les combinaisons auxquelles donne lieu le marché à terme sont extrêmement variées. Nous nous bornons à signaler, à côté du marché à terme simple ou « ferme », le marché à prime. Dans le marché à prime, l’une des parties — généralement l’acheteur — verse une prime moyennant laquelle il a le droit de résilier le marché, si, à l’échéance, la variation du cours lui est contraire. La prime limite sa perte en ce cas ;

elle vient en déduction de son bénéfice dans le cas contraire. (1)

6) Report, déport. — Il arrive souvent que le spéculatear, parvenu à une époque de liquidation, ne veuKle ni eu venir à une exécution elïective, ni s’en tenir à un simple paiement par différence, mais qu'il désire, en outre, maintenir sa position, — soit qu’il espère ainsi réparer sa perte, soit qu’il espère gagner encore. — Sans doute, il pourrait, immédiatement après avoir liquidé par différence, reprendre sa position initiale, à la hausse ou à la baisse, selon qu’il est acheteur ou vendeur. Mais, il est d’usage (2) de faire cette double opération d’un seul coup, et c’est ce que l’on réalise au moyen du report.

Voici comment on peut considérer le report, en se plaçant successivement du côté de l’acheteur, puis du côté du vendeur. L’acheteur qui, arrivé à une époque de liquidation, désire maintenir sa position, s’adresse à son agent de change, en le chargeant de le « faire reporter ». L’agent de change cherche alors quelqu’un qui soit disposé à « lever » les titres à la place de son client. Le reporteur lève donc les titres immédiatement, c’est-à-dire qu’il les paie et en prend possession, à la place de l’acheteur, en s’engageant toutefois à les lui restituer à la liquidation suivante contre paiement du prix. A cette nouvelle échéance, les titres seront donc définitivement levés, à moins que l’opération ne se règle par une différence, ou qu’il n’y ait un nouveau report.

Un vendeur peut aussi désirer maintenir sa position : pour cela, il lui suffit précisément de « reporter » un acheteur. Il fait donc connaître ses dispositions à son agent de change. En « reportant », il se procure ce qu’il lui faut pour liquider sa première opération ; les titres ; et, comme il ne les lève qu’en les revendant pour la liquidation suivante, il maintient en même temps sa position de vendeur.

Comme il peut y avoir tout aussi bien des baissiers que des haussiers qui veuillent maintenir leurs positions, il se trouve normalement des vendeurs pour « reporter » les acheteurs, et

(1) Sur le détail des opérations de bourse, il existe un grand nombre d’ouvrages écrits par des spécialistes, parmi lesquels on peut citer celui de Robert- Millks, Grammaire de la bourse.

(2) On réalise l’économie d’un courtage, en réunissant les deux opérations en une seule.

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l’on peut dire que le vendeur et l'acheteur sont la contre-partie naturelle l’un de l'autre, dans l’opération du report, et qu’ils se rendent un service réciproque.

Cependant, ce service peut n’être pas égal pour les deux parties, et le taux du report varie en conséquence. Lorsqu’il y a plus d’acheteurs que de vendeurs désirant maintenir leur position, ]la demande de report est supérieure à l’offre : en ce cas, les reporteurs revendent le titre aux acheteurs à un prix supérieur à celui auquel ils ont consenti à le lever à leur place ; ils perçoivent donc la différence entre les deux cours, et cette différence est d’autant plus grande que l’écart entre l’offre et la demande est lui-même plus grand. La différence ainsi payée par l'acheteur qui se fait reporter est également dénommée, dans un sens plus étroit du mot, report.

Mais il ne faut pas croire que l' opération du report comporte toujours de la part de l’ acheteur le versement d'un report — stricto sensu, — qui serait comme l’intérêt obligé de l’avance de fonds qui lui est faite.

En effet, lorsqu’il y a plus de vendeurs que d’acheteurs désirant maintenir leur position, il y a, par là même, plus de vendeurs s’offrant à reporter que d’acheteurs demandant à être reportés. En ce cas, le cours auquel les titres sont levés s’établit plus haut que celui auquel ils doivent être restitués ; la différence des deux cours est donc perçue par les acheteurs : c’est la rétribution du service rendu aux vendeurs, lesquels avaient plus besoin de litres que les acheteurs n’avaient besoin d’argent. En ce cas on dit, en langage de bourse, qu’il y a déport. — Le terme de déport n’exprime donc pas l’opération inverse du report, au sens large, mais le simple fait que les frais en sont payés par les vendeurs. — 11 peut arriver également que l’offre et la demande soient sensiblement égales, et que le report soit au pair, le cours d’achat et le cours de revente des titres étant les mêmes.

Le taux auquel s’effectue l’opération du report dépendant normalement du rapport existant entre le nombre des acheteurs et celui des vendeurs qui désirent maintenant leurs positions, on voit qu’il peut passer progressivement du déport au « report » et du « report » au déport, les deux situations étant également possibles tl).

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(1) On dit, dans les journaux financiers, qu’il y a report lorsque le

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Mais il faut ajouter que le taux auquel s’effectue l’opération du report est influencé aussi par des interventions extérieures. En effet, lorsqu’il y a report, au sens étroit, divers détenteurs de capitaux (particuliers, établissenientsdecrédit, compagnies de chemins de fer et autres grandes administrations) qui ont à faire des placements à court terme, trouvent avantageux de « placer leurs fonds disponibles en reports ». G’est-à-^ dire, que, n’ayant pas d’ordres antérieurs à prolonger, ils se bornent à remettre des fonds aux agents de change pour les mettre à la disposition des haussiers désireux de se faire reporter. Pour ces capitalistes, cela équivaut à une avance sur titres, puisque, en échange de leur argent, ils reçoivent et conservent les litres levés par eux jusqu’à la liquidation suivante (d’où l’idée répandue dans le public que le report est essentiellement un placement à court terme). Cette intervention tend à faire baisser le taux des reports, et à faciliter les positions à la hausse.

Inversement, il y a aussi des capitalistes qui fournissent aux agents de change des titres quand il y a déport. Mais celle opération est moins familière au public (1).

c) Les arbitrages. — L’expression d’arbitrage sert à désigner des opérations assez diverses, qui ont ceci de commun qu’elles comportent un achat et une vente simultanés. Un arbitrage peut consister à vendre simplement au comptant une valeur, en employant immédiatement le prix de la vente à acheter une autre valeur pour faire un placement plus avantageux. C’est en ce sens que les établissements de crédit qualifient d’arbitrage l’opération qu’ils conseillent à leur clientèle, lorsque, chargés d’émeltre un emprunt nouveau, ils engagent leurs clients à vendre des titres de leur portefeuille pour souscrire à cette émission.

cours du terme est plus élevé que celui du comptant, et qu’il y a déport dans le cas contraire. Ainsi, lorsque la rente est cotée 99 fr. 50 au comptant et 99 fr. 70 à fin de mois, on dit qu’il y a report et qu’il est de 20 centimes. Cependant, comme d’après les usages de la bourse de Paris, le coupon à échoir est compris dans le cours des titres, le cours du terme, pour un titre livrable après l’échéance du coupon, est normalement supérieur à celui du comptant de la fraction de ce coupon qui sera gagnée dans l’intervalle. Le report effectif peut donc être nul, et peut même faire place à un déport réel.

(1) L’ouvrage capital sur cette matière est celui de M. Allix. Les Reports dans les bourses de valeurs (Th., Paris, 1900. Giard et Brière).

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