‹ Traité élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 78 sur 192 · CKAP. 1. LE PROBLÈME DES ECHANGES INTERNATIONAUX · texte numérisé non relu

CKAP. 1. LE PROBLÈME DES ECHANGES INTERNATIONAUX

transit, des marchandises étrangères, ainsi que la sortie des produits nationaux.

Pendant fort longtemps, la doctrine — celle des mercantilistes — et la pratique ont été généralement d’accord, tout au moins sur le but de la politique commerciale : par suite d’une assimilation un peu simpliste de la nation à un individu, on admettait que la nation avait intérêt à vendre plus qu’elle n’achetait, c'est-à-dire à exporter plus qu’elle n’imporlaif, le solde de la différence, en numéraire, devant apparemment représenter le bénéfice du commerce avec l’étranger.

Mais à la fin du xviii® siècle, on a commencé à envisager le problème sous d’autres aspects, et de cette époque date la controverse du libre-échange et de la protection. L’idee d’un équilibre national des échanges internationaux, généralement acceptée par l’école classique ou libérale, fait considérer comme vaine la préoccupation d'assurer un excédent des exportations sur les importations, — puisque tout écart entre ces deux éléments semble être, de sa nature, temporaire et oscillatoire. L’école classique met surtout en évidence les avantages que chaque nation relire de ses importations : car le commerce international résulte des différences d' aptitudes productives existant entre les divers pays, et il permet à chacun d’eux d’acquérir, en échange des marchandises qu’il produit aisément, des marchandises dont la production sur son sol serait impossible, ou beaucoup plus onéreuse.

En conséquence, elle montre que les droits de douane a rirnportation, en rendant l’importation plus difficile et plus coûteuse, diminuent les avantages du commerce international au détriment des habitants du pa}'S considérés comme consommateurs. Enfin, elle conteste que la protection douanière soit favorable aux producteurs ; car, dit-elle, en diminuant la concurrence, elle nuit au progrès technique ; et, en augmentant le coût de l’existence, elle augmente indirectement le coût de production ; de sorte qu’elle réduit également les avantages naturels dont jouissaient la production et l’expoi talion nationales. L’école classique s’est donc montrée hostile à l’em[»loî des droits de douane comme moyen de protection, et favorable au libre-échange.

Ces conceptions, devenues populaires en Angleterre dans la première moitié du xix® siècle, et partagées d’ailleurs par la plupart des économistes de l’époque, ont abouti, en 1860,

PAirr. lï.

CfRCULATIO.X

à la conclusion d-,.„ ^^rand nombre de Irailds de commerce à tendance liés liberale, entre la plupart des pays d'Kurope (I) Cependaiil 11 s est constitué également une doctrine iiroeclionnibte t unt un des lliéon, it-ns les plus nulahles fui Fr ééric List (1) ; et en fait, la pratique proledionniste n’a ailleuis pas tardée reprendre le dessus. Actuellement, en dehors de 1 Angleterre, où le protectionnisme ne représente encore qu un courant d’idées, et de quelques petits États condamné^ par 1 exiguïté de leur territoire à acheter de nombreux produits a etranger, la pratique est en complet désaccord avec la doctrine classique, et les droits de douane tendent cà îio/e; les unes des autres les économies nationales La controverse du libre-échange et delà protection a été ongtemps limitée aux ét hanges de marchandises, et jusqu’à a gnierre le» ccliaiigcs de capitaux se sont eireclués à'peu TÙ libremenl. Mais un courant d’idées sesl n.aiiifeslé, notamnient en branc, en faveur d une restriction de celle libLté tja avant I J14, les ministres des finances français, s’inspirant ces idées mettaient généralement certaines conditiL.s à ladm.ssion à a bourse de Paris des emprunts étranges im in pendant la guerre, la nécessité d’éviter que le pass°if de a balance des comptes, déjà si alourdi par (rénormes eveéj (?n.s d importation, ne fut encore accru par des opérations nanuèies privées a conduit à prendre, dans la plupart des

pa\s belligérants, des mesures pour contrôler les mouvements mternalionaux de capitaux (3). ' ^ ^

(I) \ oir au chapitre suivant, der poliliscl.en uE4ono™°e “ do'iit'îe °p?embîr volume"

Pëd'u?.: s /oirr ;r

le» nations qui ii’oiK pas encor, atleint ledernieÆdë deTufe F""" inouvemeiit de capitaui avec l'eilérieiir "i® eoiilréler le

luteidii f.,oc,u,l des cu.L'u'rr Verne’ d"rp,'ac'eiei!.rri.i,V!

CHAP. 1. — LE PROBLÈME DES ÉCHA.NGES IMERNATIOXAIX 293

En ce qui concerne les mouvements de la population, ils sont généralement libres : cependant, certains pays arrêtent les immigrants non désirables (Etats-Unis, Australie, etc.) ; et si, d’autre part, les habitants d’un pays sont, dans l’état actuel du droit, généralement libres de s’expatrier, fùt-cesans esprit de retour, on tend, môme dans certains pays surpeuplés, à retenir la population sur le sol national (1).

Nous allons examiner la signilicalion de ces diverses tendances, en recherchant comment les échanges internationaux aiïectenl la vie économique de la nation.

§6. — Influence des échanges internationaux sur la vie économique

de la nation.

1® Les éléments d'appréciation.

L’influence qu’exercent sur la vie économique d'une nation les mouvements internationaux de marchandises, de capitaux et de population dans lesquels elle est intéressée, est extrêmement complexe, et difficile à déterminer.

Si l’on prend d’abord comme éléments d’appréciation les indications quantitatives, telles que celles que fournissent les statistiques globales du commerce international, on constate que leur siguÜicalioii est généralement assez incertaine.

En premier lieu, le mouvement général du commerce extérieur et sa progression ne suftisent pas à donner une idée

ger, achats de titres, etc. Ces diverses opérations ne pouvaient plus être accomplies qu’avec l’autorisalion du comité exécutif de Va commission des changes, constituée le 6 juillet 1917. — Bien que ces dispositions aient été prises à l'origine pour la durée des hostilités, la persistance de la crise des changes en exige l'application au delà de cette période. Mais, les moyens de contrôle étant beaucoup moins étroits que pendant la guerre (disparition de la censure postale, diminution de la surveillance à la frontière), l’application de la loi de 1918 est de moins en moins rigoureuse; cependant elle permet du moins d’éviter uii drainage systématique vers l’étranger de l’épargne nationale.

(1) Ainsi, en Italie, le Com'missariat royal de l’Emigration a le pouvoir d’accorder ou de refuser les passeports aux travailleurs qui veulent émigrer. Voir d’autre part, notre article déjà mentionné : Les nouvelles conventions d émigration et d'immigration, [t\ey. polit, et parlem., oct. 1920).

i’ART. II. CIRCULATION

exacte du développement économique d’une nation comparé à celui des autres nalions : il y a, en effet, des pays qui avant

ne"u a’’u“de“h T“T’ «‘.'fournissenl relaliveinent

peu au dehors ; d antres, au contraire, ayant une produclion

plus sp*m/isee, sont, par là même, tenus d’avoir^un commerce extérieur beaucoup plus intense. - C’est ainsi que L petits pays, dont le terriloire exigu ne comporte pas une

flTlî ''T^n i"*- ‘ois que le Danem^arlc, la

ande, la Belgique, la Suisse, ont un commerce extérieur reldtivenien beaucoup plus considérable que les grands pava l’ar contre, les Ktats-Unis d'Ainériqiie, dont la f„ "rlîc e S ens.blenient égale à celle de l’Iiurope, n’ont eu, pendant fort

longteinps, qn un commerce extérieur assex modeste, et étaient

encore dépassés avant la guerre, malgré leurs cent millions d habitants, par I Angleterre et l’Allemagne. On peut cependant admettre en général que, si l’on considère un [lavs donné à quelques années de distance, l’accroisse, tient de ion com-

^ ™ accroissement

car une ‘'laia « n’est qu’une indication :

Lnon r P»’’ exemple, provoquant des

hXî MU à faire augmenter le

cnitfre total du commerce extérieur.

Quant à la balance commerciale, c’est-à-dire à l’excédent des exportations sur les importations, ou inversement, son interprétation. — contrairement à des conceptions simplistes anciennes mais encore assez répandues - est encore^ plus m éuse. Ainsi, un excédent d’exportation peut bien indiquer que le pays se suflit aisément, et que, ayant acheté au dehors ce qui lu, est nécessaire, il reste linalement en possession d une certaine créance disponible sur l’étranger. Mais, d’autre part, un excédent d’importation peut représenter, en quelque sorte un emprunt productif fait à l’étranger: par exempt, s, s agit dune acquisition de matières premières ou d’un outdlage destinés à la produclion nationale (1^.

Tlf " n l'interprétation de la balance des

comptes, telle quelle s exprime par Ventrée ou la sortie des

interprétation, aussi simpliste que pé-

mesu;erait^n1 commerce extérieur /se

mesurerait par 1 excédent d importation, voir notre article « Le pro.

cil AP. I. LE PROBLÈME DES ECHANGES I.NTERNATIONAUX 295

métaux précieux. En effet, si une importation ou une exportation de numéraire indique bien l’excédent de créance ou de dette, dont le montant rentre ou sort actuellement, elle n’en lait nullement connaître la cause, et elle nous laisse ignorer totalement le montant et la nature des engagements à long terme provenant des placements de capitaux.

La France, par exemple, recevait presque chaque année, avant la guerre, quelques centaines de millions en numéraire, pour solde de son compte ; mais cela était bien loin de représenter la totalité des reliquats dont elle était créancière à la suite de ses échanges avec l’étranger ; car elle en laissait une partie en placement à l’extérieur. Si elle avait placé plus encore au dehors, l’importation annuelle de numéraire aurait diminué, sans, pour cela, que la créance du pays sur l’étranger fût aucunement réduite.

Au total, les données quantitatives que fournissent les statistiques ne permettent pas de mesurer l’action exercée sur chaque économie nationale par ses échanges avec l’extérieur. I^our l’apprécier, il faudrait connaître non seulement la quantité et la valeur des échanges, mais la nature (1) des marchandises achetées et vendues, l affectation des capitaux transférés à l’étranger, le caractère des mouvements de populalion, — ce qui ne peut faire l’objet que d’études monographiques, d’ailleurs difficiles à exécuter.

2° La position du problème.

Cependant, il est permis, en tenant compte des définitions données plus haut de l’économie nationale et des échanges internationaux, de rechercher de quelles différentes façons une nation, considérée au point de vue économique, peut être affectée par ses échanges avec l’extérieur.

Quoiqu’ils ne l’aient pas posé dans un esprit suffisamment scientifique, les doctrinaires du libre-échange et de la protection ont été naturellement amenés à envisager ce problème, — puisqu’aussi bien sa solution est impliquée par la politique commerciale qu’ils préconisent.

(1) Voir sur ce point des conceptions intéressantes, empruntées, semble-t-il, à de vieux auteurs, dans Effbrtz, Arbçit und boden.

PAnT. II. CIRCüLATIO.V

Les économistes classiques, notamment, ont clairement in clique, amsi que nous l’avons mentionné plus haut, l’inHuLce (jue es c langes avec l’extérieur exercent sur les conditions d existence économique des habitants de la nation considérés comme consommateurs. Ils n’ont pas eu de peine, en etlft i . échanges internationaux font bénéficier

S r la clivision internationale r

tla^all. iAJats ils se sont peu arrêtés à l’étude de l’intluencft que es c langes internationaux peuvent exercer sur la orod uct ton (U chaque nation. Us ont simplement reconnu oue la production nationale pourrait être modifiée, transformée sous J inlluence de la concurrence étrangère, de façon à s ad inter

cuhé?eTlt'pt' préoccupés des ddfi.

l es et des pertes qui pourraient résulter de ces transfnr

ma,.o„s, et üs on, aU.n.s ç,.e les capùau. e, VI I,,!," nJLTl « s'emplo,jer sL le sol

(-es conceptions, que l’on trouve très nettement exprimées notammen dans Stuart Mill, reposent, d’une part^sur un ensemble de theones généralement acceptées par^l’école clas Snd 1’équilibre‘du cîmmevcf iiUe:.'

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