L EQUILIBRE DE LA PRODUCTION ET LES CRISES
Toutes ces circonstances expliquent que le processus de la production soit sinon rythmique, du moins saccarle\ et qu’il s’écoule rarement plusieurs années (une dizaine au maximum) sans qu’il se produise, tantôt dans un pays, tantôt dans un autre, dans quelque branche importante de l'industrie, un grand déséquilibre entre la production et la consommation, qui, après avoir provoqué une hausse des prix, aboutit à une crise, laquelle se répercute plus ou moins sur le marché mondial (1).
perturbations analogues à celles qui viennent d’Ctre décrites ; on peut aussi constater que si Taccroissement du nombre des marchandises sur un marché d nné, provoque une tendance à la baisse, un accroissement, ou un relèvement, de la production peut avoir pour premier elTet une hausse des prix résultant de la demande croissante des matières premières.
(l) Cet exposé, très sommaire, un peut sceptique peut-être dans son éclectisme, sera sans doute jugé superficiel par certains économistes spécialisés dans l'étude des crises, et qui, entendant attribuer un sens plus rigoureux à l’expression « crises générales et périodiques », cherchent à en donner une explication plus systématique. Qu'il nous soit permis d’observer que la réalité du phénomène à expliquer, si l'on donne aux qualificatifs « général » et « périodique » un sens absolu, ne nous parait pas bien établie. La « périodicité décennale » des crises est déjà assez approximative, si l’on fait abstraction des pays où elles éclatent (voir; 1810,1815, 1818, 1825; puis 1836— 1839; 1864 — 1866; I90o — 1904; enfin 1907 ); et celle périudicité paraît plus incertaine encore si l'on considère que le point de départ de crises successives est souvent dans des pays différents. D’autre part, si les crises générales se distinguent nettement des crises limitées à une branche de production (crise agricole, par exemple), et moins nettement, d’ailleurs, de crises dues à un facteur unique, tel que le facteur monétaire, elles ne sont assurément que des perturbations généralisées. En effet, les hausses « générales » de prix, qui en sont les prodromes, ne sont, comme nous l’avons déjà vu, que des hausses moyennes, provoquées principalement par la hausse des matières premières, dont les prix tiennent une place prépondérante dans la plupart des indexnumhers. Quant aux crises proprement dites, elles prennent toujours naissance dans une catégorie d'éntreprises limitée, pour se répercuter ensuite sur les autres.
11 ne suffit pas, pour démontrer la « réalité des crises générales de surproduction » d’exposer, comme le fait ingénieusement M. Aftalion, qu’une surproduction générale est, contrairement à la théorie des débouchés de J, B, Say, parfaitement concevable, et moins encore de s’enfermer dans une interprétation, d’ailleurs inexacte, de cette théorie, d'où il résulterait qu'il ne saurait y avoir de crise de surproduction partielle. J. B. Say, en effet, considérant dans ses grandes lignes, le mouvement de la production, constate que les produits se servent
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