CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
Le problème de la répartition
§ 1. — Le problème de la Répartition dans ses rapports
avec la production collective.
Le problème de la Répartition résulte tout d’abord de l’existence d’une production collective ; il est bien évident, en effet, que, si chaque individu produisait ce qui est nécessaire à la satisfaction de ses besoins, le problème de la répartition ne se poserait pas : chacun consommerait les produits de son travail. Si même chaque famille consommait les produits du travail de ses membres, ainsi qu’on peut le concevoir dans une économie très primitive, la répartition ne saurait guère faire l’objet d’une étude spéciale.
Mais, dès que la division du travail s’étend au delà des cadres étroits de la famille, dès que certains individus, ou groupes d’individus, commencent à produire pour la collectivité, et qu’il existe une organisation sociale de la production, cette dernière implique l’existence d’une organisation corrélative de la répartition, ou distribution, des produits, g. Enfin, dans une économie où l’Etat ne règle pas la Production, où les producteurs font partie d'entreprises privées, \raivaillant pour le marché, et où la coordination de leurs efforts s’opère spontanément par le jeu des échanges, la Répartition résulte, elle aussi, de cette organisation spontanée.
KEPAUTITJON
L’élude de la Réparlition, dans une société principalement individualiste comme celle où nous vivons, consistera donc, comme celle de la Production, à étudier tout d’abord certains eflets sociaux du libre jeu d’activités individuelles.
Cependant V Elal, ici encore, joue un rôle, et nous aurons à analyser les etîets da son intervention.
§ 2. — La notion de revenu. — Echange et revenu.
La part que chaque individu ou chef de famille relire des produits du travail collectif est ce que l’on appelle son revenu. Le cas de la donation étant exceptionnel, en dehors du cercle étroit de la famille — laquelle constitue une communauté do consommation, — le revenu résulte généralement d’un échange.^ au sens le plus large du mot. Le [)lus souvent aussi, il consiste dans une somme d'argent, reçue contre une prestation quelconque, et avec laquelle il est possible d’acheter des objets quelconques.
Il apparait, dès l’abord, que tous les revenus individuels ne sont ni constants, ni égaux entre eux ; et le problème de la Répartition consiste à étudier la formation non pas du revenu, mais des revenus, qu’il y aura lieu sans doute de classer par catégories.
Il apparaît également que l’étude de la formation des revenus se rattachera à celle de Rechange. Mais, tandis que, dans la première partie de cet ouvrage, nous avions envisagé le mécanisme des échanges pour montrer comment ils aboutissent à la production en commun des richesses, nous avons désormais à examiner comment ces échanges donnent naissance aux revenus individuels.
§3. — Valeur d'échange et Répartition.
Il est encore manifeste que tout revenu dépend du taux de l’échange qui lui a donné naissance : voici des ouvriers qui ont gagné 20 francs chacun dans la journée ; c’est parce qu’il Avait été convenu que leur journée de travail vaudrait 20 frs. Si une cause quelconque vient modifier cette convention, leur