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éventuel mais considérable en une perte certaine mais très faible par rapport à celle que l’on aurait à subir en cas d’accident.
Les compagnies d’assurances à piimcs prennent en effet à leur charge tous les risques d’une entreprise ou d’une propriété moyennant une prime fixe payée ou consentie à l’avance, une fois pour toutes ou annuellement , selon que le risque est temporaire ou permanent.
La prime fixe perçue par ces compagnies sur leurs assurés comprend la compensation du risque , les frais d’administration, et le bénéfice des entrepreneurs. Elle est toujours proportionnelle 51 la valeur assurée et se compte à tant pour cent ou poim mille de cette valeur.
Elle est aussi en raison de la grandeur et de la durée ou de la fréquence du danger auquel est exposé la chose assurée.
Tour calculer la prime dans chaque cas particulier, on se I fonde sur ce principe du calcul des probabilités que les événe-
mciils dont l’arrivée et la succession semblent ducs au hasard et que rien ne peut faire prévoir, sont ccpendiuit soumis à des règles aj)préci.ablcs et presque certaines, lorsque ces événements sont observés un très grand nombre de fois dans des circoiislaiiccs ideuliques ou analogues.
Par exemple, si l’on jette deux dés au hasard, rien ne peut faire prévoir le nombre de points qu’ils amèneront et qui sera comj)ris entre 2 et 12. Quoique la moyenne de ces nombres soit / , il 51 y .a anenne raison pour que ce soit 2'>lutôt ce nombre que tout autre qui sorte.
le nombre de points ainsi amenés on trouvera une somme différant peu de 700.
Si l’on répète la meme opération mille fois, la somme se rapprochera encore davantage de 7,000 et ainsi de suite de telle sorte que plus les faits sc multiplient, plus la probabilité s’approche de la réalité.
C’est ainsi, que les données fournies par les registres de l’état civil permettent de calculer, avec une grande approximation, le nombre annuel des naissances, des mariages, des décès ; la durée de vie probable des habitants, etc., dans une contrée de quelque étendue, et que d’autres événements, tels que : des incendies, des naufrages, etc., peuvent être prévus avec une certaine exactitude lorsqu’un grand nombre de maisons ou de naxdrcs sc trouvent dans des circonstances semblables.
L’assurance à primes fixes peut s’appliquer à un grand nombre de risques, tels que : les naufrages et les risques maritimes pour les navires et leur cargaison ; les risques du transport intérieur par terre et par eau, l’incendie des maisons et autres bâtiments, des meubles et des marchandises, des meules, des récoltes sur pied, des forets, etc., des effets de la grêle sur les récoltes ; des épizooties, d’accidents qui peuvent arriver h l’homme dans l’excrcicc de sa profession, dans ses voyages, etc.; contre les résultats des faillites pour les commerçants, etc.
Les assurances à primes, combinées avec le cunnsl des intérêts de capitaux versés par anticipation peuvent s’appliquer s'i toutes les chances de la vie humaine et servir si constituer des pensions viagères, des héritages, des dotations, etc.
Enfui divers genres d’assurances, soit personnelles, soit mutuelles, soit combinées avec le cumul des intérêts, peuvent préserver les ouvriers contre les cbances de la misère. (Voir le ch. XVIII du salaire.)
Les banques sont, comme on l’a vu dans le chapitre XIV , des entreprises d’assurances contre le risque de la perle des capitaux ou l’irrégularitc du paiement des intérêts.
L intérêt des capitaux comprend parmi scs éléments une prime d assurance contre le risque de perte ou de non* remboursement du capital prêté.
Enfin il II est personne dont le revenu, quelle qu’en soit la source, ne doive comprendre une ccriainc prime d’assurance contre scs clianccs d instabilité ou meme de perle totale et celui qui néglige de tenir compte de ces chances et d'y pourvoir, en capitalisant une partie de son revenu à titre de prime d’assurance, s’expose à ^oir s amoindrir celui-ci ou meme à le perdre entièrement; tandis qu\m payant d’avance un tribut fixe mais modéré, à chaque chance d accidents ou de mécomptes auxquels on est expose, H est peu de mallicurs qui puissent sérieusement comjïromcUrc les sources d’un revenu.
Ou voil , par ce rpii piccèdc, combien est fécond le principe des assurances et combien scs a])j)liciitious si uombrcuscs et si utiles peuvent ajouter de sécurité aux entreprises qui, par leur grandeur et p.u les risques auxquels elles exj)oscut les capitaux qui y Mmi engagés, offrent à la fois une grande utilité pour la société et de grandes difficultés jioiu' les cutrcprcucurs.
TROIJ^IKME r.VPJlE
ClLVriTRE XYII.
T>E LX rOPULATIOX.
.Wnssilo lit' mnintenir réqnililirp cnïro la popubtinn ol lo capital— Soîularité qni l'visto onln* 1rs intérêts lie toutes les clisses d** ï,i société. — 0|>inion tie llislial sur les coiiséquences d'un acmusscmcul de li iiopubtion. Cette opinimi ne semhïe pouvoir être admise que eomlilionnellement. — ComtiÜons physioloiruines de li reproduction dt*s races. — Kxanien de l;i théorie de Malllius. — La popnlition peut être maintenue dans ses limites soit par l'action répressive de la nature, soit par l'action préventive de la volonté Immaine. — Influence de la société snr le mn*ie de limitation des populations.
Injustice et inutilité des lois qui tcndeiU à aceroilre ou à dimimier la
p4-.puîation. — Le meilleur moyen d'accroître la population consiste dans le proi;r.'S de la Kin*.'cvilé. — Inlîneneo de la moralité, de rhy^'iéne et de Tari de enêrirsnr la poimlalion. — Examen des moymis aiitp's qm* la contrainte morale pr eonistv, pour remédier à l’excès de la popnlation. Moyens préventifs. Svslémes socialistes. Accroissemenl lie la prtidmiion ;uTU’oIe.— Conditions nécessaires imur que ce dernier moyen soit eüicace.— Moyens répressifs. Émiifrations et eliarilé. L*émi^ralion n'esl utile que dans des coutlilions très lavitcaMes et même alors elle n'ui:il que lentement, la charité peut être liés imisiMe quand elle est mal dirii-'éc. Même lien entendue elle nV>lqa‘iin ]cHialif.
La production des choses necessaires à la siilisfaclion des besoins de riiommc se réalise par raction simullariéc do deux agents, le travail et le capital.
Quand les valeurs créées par le concours de ces agents ont etc constatées et réalisées par réchange, elles doivent être part agi es ou réparties entre ces agents, de telle mauierc que chacun d eux
en reçoive une part proportionnée à sa coopération dans le
résultat total de la production.
Il est évident que dairs cette répartition, l’un des participants reçoit d’autant moins que la part de l’autre est phis forte. Dans cliaque genre de production, le travail et le capital interviennent dans des proportions déterminées dont l’ensemble limite la demande qui se fait des services du capital et du travail.
Si dans l’ensemble des opérations productives l’un de ces agents offre ses services dans une proportion moindre ou plus grande que l’autre, il en résultera que la valeur de ces services sera supérieure ou inférieure à la valeur des services offerts par l’autre agent. C’est donc dans chaque cas particulier, comme dans l’ensemble de la production, le rapport de l’offre à la demande des services du capital et du travail qui règle la valeurrelative de ces services. Il s’ensuit que quand l’offre du travail surabonde par rapport à l’offre des services du capital, la part des travailleurs dans la répartition des résultats généraux de la production est moindre, et celle des capitalistes plus forte. Non seulement dans ce cas, la portion du produit total que les travailleurs auront à se partager est moindre, mais plus ceux-ci seront nombreux, plus sera petite la part que chacun d’eux recevra de la portion du produit affectée à la rémunération du travail.
L’homme ne pouvant dans aucun cas, sans l’aide du capital, produire la somme d’utilité nécessaire à la satisfaction de ses besoins, il en résulte qu’une multiplication du nombre des travailleurs, qui serait plus rapide que la multiplication du capital, mettrait ceux-ci non seulement dans une position d’infériorité relative par rapport aux capitalistes, quant à la part du produit total à laquelle ils pourraient prétendre, mais laisserait encore à chacun de ces travailleurs une part absolue très faible et qui pourrait devenir insuffisante pour le maintien de son existence, ce qui condamnerait, ou à périr de misère, ou à ne continuer d’exister qu’en prélevant ce qui lui est nécessaire pour cela sur la part déjà faible des autres travailleurs.
Le bien-être de la classe laborieuse peut done être profondément affecté par rme mrdtiplication du nombre des travailleurs qui serait en disproportion avec la demande générale du travail et avec l’offre du capital ; et comme l’échange établit une étroite solidarité entre toutes les classes de la société, celle des travailleurs ne peut éprouver une souffrance sans que les autres classes s’en ressentent également, quoiqu’il semble au premier aspect que les capitalistes soient intéressés à l’accroissement de l’offre du travail, dût eelui-ci être contraire à l’intérêt général des travailleurs.
Pour ces motifs il est donc du plus haut intérêt d’examiner les lois physiologiques et économiques de la multiplication de la race humaine et les conséquences qui peuvent en résulter pour son bien-être.
Dans ses harmonies économiques Bastiat dit que la multiplication des hommes, en les groupant plus près les uns des autres, équivaut à un anéantissement partiel de la distanee, prineipal obstacle à surmonter pour parvenir à l’échange des efforts et pour jouir de l’utilité gratuite à laquelle ceux-ci servent de véhicule j d’où résulte dans les sociétés nombreuses, une économie d’efforts qui compense en partie les mouvements d’un execs de population. Il y a un autre avantage inhérent aux grandes agglomérations de population, c’est l’économie qui résulte des consommations en commun.
(Voir à ce sujet la 4™* partie de cet ouvrage, ch. XXIII.)
Quoique très réels ees avantages ne nous paraissent pas suffisants pour contrebalancer entièrement les ineonvénients d’un exeès de population ; il faudrait pour que l’éqidlibre fût rétabli, que l’économie de dépenses résultant de ces avantages fût suffisant pour fournir à chaque nouvel excédant de population un capital sous forme d’éducation et d’instruments matériels de la production, et il faudrait en outre, ce qui n’arrive pas toujours, que cette économie fût employée uniquement à cet usage.
Examinons maintenant quelles sont les lois physiologiques et
économiques qui déterminent raccroissement, l’état stationnaire
ou le décroissement des populations.
Pour compenser la durée limitée de la vie chez les êtres animés et pour assurer la conservation indéfinie des espèces, la nature a doué ces êtres d’un penchant très fort vers la reproduction et, en même temps, d’une force reproductive considérable, qui paraît être inversement proportionnelle à la durée de la vie des individus et en raison directe des chances de destruction auquelies ils sont exposés, soit pendant qu’ils sont encore à l’état de germe, de graine ou d’œuf, soit avant l’époque où ils seront à leur tour aptes à la reproduction.
Ainsi, on cite des exemples d’une fécondité prodigieuse chez certaines plantes et certains animaux. — Une seule plante de pavot, dont la durée n’est que d’une saison, peut donner assez de graine pour couvrir, en peu d’années, toute la partie du globe où cette plante est susceptible de croître, en supposant qu’aucun obstacle ne s’oppose à cette rapide multiplication. La ponte d’un hareng ou d’une carpe, produirait en peu de temps une descendance capable d’encombrer les mers et les eaux douces. La multiplication de l’espèce humaine, quoique moins rapide, a cependant lieu, du moins virtuellement, suivant une progression géométrique dont chaque terme est une génération et dont la raison peut être diversement évaluée, mais est toujours suffisante pour faire doubler la race humaine en moins de vingt-cinq ans, si aucun obstacle ne s’y oppose.
Telle est, en effet, la période de doublement de la population constatée aux États-Unis d’Amérique, depuis près d’un siècle.
11 est probable que dans des circonstances exceptionnellement favorables, cette progression pourrait être plus rapide encore, mais ce qui est certain, c’est que ni chez les hommes, ni chez les animaux ou les végétaux, la multiplication réelle n’a lieu avec toute la rapidité qu’implique la puissance virtuelle de reproduction dont les être animés sont doués.
Il y a dans la nature, et en dehors de ces êtres animés, une
force limitative qui ne peut maintenir au même point le nombre des etres vivants qu’en agissant d’une manière continue, en sens opposé à la force de reproduction.
Cette force peut être elle-même la résultante de plusieurs autres forces agissant dans le même sens; mais celle-ci ne peut résulter de l’action passagère de quelque fléau destructeur, tel que la guerre, la famine ou une épidémie ; à moins que ces fléaux ne se reproduisent à des intervalles assez rapprochés.
Cet obstacle permanent à l’accroissement du nombre des individus de chaque race, ne peut être que le manque de moyens de subsistance. Si l’on sème des graines de sapin dans on champs , celles-ci lèveront pour la plupart ; mais à peine les plantes qui en proviennent auront-elles grandi de quelques décimètres, qu’elles se priveront mutuellement de la lumière, de l’air et des substances terrestres nécessaires à leur développement. Alors la plupart de ces plantes périssant, les plus favorablement situées et les plus robustes échappent seules à la mort, et encore une partie est-elle étouffée par le développement processif des tiges voisines ; enfin, quand les arbres sont parvenus à toute leur hauteur, ils sont espacés de plusieurs mètres, sans
que la hache du bûcheron ait dû être employée pour les éelaircir.
La même chose a lieu chez les animaux. Si le plus grand nombre de ceux-ci ne périssent pas précisément par le manque de moyens de subsistance, c’est que chaque espèce d’animaux a de nombreux et puissants ennemis auxquels elle sert de pâture, et ceux-ci mêmes quand la nourriture devient rare se détruisent et se dévorent enlr’eux. Dans ce cas, la mort lente et cruelle, causée par la faim est remplacée par une destruction plus rapide’
est moins douloureuse, mais la limitation des espèces n’en a pas moins lieu.
Examinons maintenant comment les choses se passent pour l’homme. Malthus, célèbre économiste anglais, émit le premier une théorie complète de la population, fondée sur un grand
et, sans P““” pins rapidement
" rr ;:^:ro: — ^ a.où r.nue
vZmZté abandonnée à ses instinets de propagaüon, tend fo ■ Ibumamte. anan eontre l’inexorable et peu extensible
Htê d^moyens de subsistance. Cette théorie, qui a soulève
de quelle manière les moyens de subsistance peuvent croître pa
Texe"‘£'-Unls oi, la population s’aeerott si rapi-
J t à la fois en progression géométrique par 1 exces de dénient, a la fois en p g arithmétique par les
I^g" et qui pavvient eependant à satUtata besoins
tïïssrpr^^^
‘'test loin aussi d’être vrai que la population humaine vient s’arrêter h atb're
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^ a,, dessus du niveau de la brute, puisque tous ses progics, coup au “ ,,’aboutiraient qu’à pourvoir un plus
en P““'“ ^i,id„s du stricte nécessaire pour ne pas
excédant d’utilité qui pourrait être employé à la satisfaction des besoins intellectuels.
On ne voit pas d’ailleurs, du moins dans les sociétés civilisées, l’excédant de la population être enlevé par la faim; la famine devient au contraire une calamité de plus en plus rare; la solidarité que crée l’échange, et la charité aidant, l’excessive misère d’ime fraction de la population est supportée en partie par les autres fractions au moyen du sacrifice qu’elles s’imposent sur la satisfaction d’autres besoins d’un ordre plus élevé.
C’est donc la misère, plus que la faim, ou le manque des moyens d’existence plutôt que le manque des moyens de subsistance qui limite l’accroissement de la population.
Quel que soit du reste le rigorisme trop absolu du principe de la population tel qu’il a été établi par Malthus, rigorisme attribuable surtout à la difficulté d’exprimer en peu de mots une formule aussi complexe que celle qui définit la loi de la population, il n’en ressort pas moins d’une manière irréfragable du livre de Malthus ((jue si peu de personnes ont lu quoique tout le monde en parle), que quand il naît des hommes sans qu’ils soient pourvus du capital ou des instruments sans lesquels leur travail ne serait pas assez fructueux pour leur procurer des moyens d’existence, il faut que ces hommes périssent ou qu’ils vivent misérablement aux dépens du travail d’autrui, en empêchant la société de trouver dans ce travail un excédant de produits qui lui permette de réaliser des progrès et de jouir d’un bien-être plus grand et plus digne d’elle que celui qui résulte de la stricte satisfaction de ses besoins matériels.
Chez les êtres non doués de raison, la nature agit toujours d’une manière répressive, brutale et cruelle, pour maintenir l’équilibre entre le nombre de ces êtres et les moyens de subsistance. Ou ils meurent de faim après des privations et des souffrances plus ou moins prolongées, ou bien d’autres animaux les privent de la vie plus rapidement pour eu faire leur propre
nourriture. Il en est à peu près de même chez l’homme demeuré à l’état sauvage : si chez lui, l’excédant de la population ne meurt pas toujours de faim, c’est qu’il est extermine dans des guerres sans trêves auxquelles toute la population maseuhne prend part, et aussi par des épidémies terribles, telles que la petite vérole et autres qui se succèdent à de courts intervalles. On remarque encore que la vie de pénible labeur et de privation auxquelle les femmes des sauvages sont condamnées les rend moins fécondes. Chez l’homme civilisé, l’action répressive de la nature, toujours précédée et accompagnée de cruelles souffrances peut-être neutralisée en partie et même en totalité par l’action préventive de sa volonté. 11 suffit pour cela qu’il vive chastement et qu’il ne se marie que quand il aura acquis la certitude qu’il pourra élever les enfants qui proviendront de son mariage en leur laissant, sous forme d’éducation ou d’autres instruments de travail, un capital suffisant pour qu’ils puissent satisfaire des besoins au moins égaux à ceux que satisfont habituellement les personnes de sa classe.
C’est donc en faisant usage de sa volonté, de son libre arbitre,
en exerçant son empire sur la plus puissante de ses passions, que l’homme civilisé parvient à maintenir la population au niveau des moyens d’existence ; niveau qui s’élève avec le degré de culture et de civilisation des hommes, de telle^ sorte que ces moyens arrivent à comprendre, outre ce qui est nécessaire à une large satisfaction des besoins matériels, une certaine somme de
satisfactions intellectuelles. ^
On a généralement mal compris ce que Maltlius a désigné
sous le nom de contrainte morale {moral restraint) et l’on a fait un crime à cet éminent économiste d’avoir recommandé à l’humanité de dominer la passion qui la pousse à une reproduction immodérée avec le même soin au moins que les autres passions, telles que la gourmandise, l’ivrognerie, la colère, etc., dont les fâcheuses conséquences retombent principalement siir celui qui ne sait pas conserver d’empire sur lui-même, tandis
que celles de la passion qui porte à la reproduction sont supportées par des êtres innocents.
L’action sociale vient en aide h l’homme dans la tâche difficile de maîtriser cette passion. Les enfants sont laissés dans l’ignorance de tout ce qui la concerne, le plus longtemps possible ; plus tard la pudeur remplace l’ignorance, de sévères exigences sociales réclament la réserve dans les relations entre les deux sexes; le mépris public et la honte viennent frapper ceux qui enfreignent cette réserve ; malheureusement, presque partout encore, la société, par un reste de barbarie, inflige la plus forte, et souvent, la seule punition au sexe le plus faible qui supporte la responsabilité de ses actes, sans jouir de la liberté que cette responsabilité suppose, sans qu’il puisse acquérir la force que lui donnerait l’exercice de cette liberté.
Des convenances de famille, de rang, de position sociale, d’éducation et de fortune tendent à retarder les mariages, et souvent même condamnent un assez grand nombre de personnes au célibat.
Cette action sociale qui ne se manifeste que par l’autorité paternelle et par l’influence de l’opinion publique, est utile et salutaire ; elle suffit chez les nations civilisées et douées à un degré élevé du sens moral, pour modérer les passions et pour maintenir la population dans de justes limites sans que la loi naturelle de limitation agisse par la voie répressive. Mais il n’en est pas ainsi chez les nations, encore nombreuses, dont la civilisation est imparfaite, chez qui la moralité publique est peu développée et où l’opinion, peu respectée, parce qu’elle est peu digne de respect, ne met pas un frein suffisant au dérèglement des mœurs; dans les pays surtout où l’état de la législation, des coutumes et de l’éducation maintiennent les femmes dans un état de dépendance et d’infériorité relativement aux hommes, où leur dignité n’est pas suffisamment respectée , et où elles ont la responsabilité de leurs actes sans en avoir la liberté.
L<â la popidation est en partie maintenue en équilibre par la
limitation répressive qui prend la misère pour agent, et la mortalité se remarque surtout chez les enfants.
On a cru souvent à la nécessité de l’intervention législativ e pour le maintien de l’équilibre de la population avec les moyens d’existence, soit en encourageant sa multiplication lorsqu’elle était réduite par de longues guerres, ou par une organisation sociale vicieuse , soit en cherchant à limiter cette population lorsqu’on lui croit une tendance à une multiplication desordonnée. Les mesures législatives prises, à cet effet, dans l’un ou l’auire sens, sont un outrage à la liberté et à la dignité de l’homme, que de telles lois ravalent au rang des animaux domestiques dont il convient de régler le croît selon les intérêts du
maître.
Non seulement ces lois sont souverainement injustes, mais elles ne remplissent pas le but qu’on se propose en les instituant. Ainsi à l’époque de la décadence de l’empire romain, la population de Rome décroissait rapidement parce que les guerres, c’est à dire la rapine et le pillage, avaient cessé d’être productives et que la culture, abandonnée à des esclaves, ne
rapportait plus de quoi nourrir les maîtres.
On s’imagina qu’il suffisait de faire des lois pour remédier à la dépopulation, sans avoir besoin de remédier aux causes qui la produisaient. On encouragea les mariages par des exemptions d’impôts et des primes accordées aux pères de famille, on imposa des charges en argent et en services militaires aux célibataires, mais tout cela n’empêcha pas la population de décroître, car ces lois ne lui fournissaient aucun moyen nouveau d existence.
Les essais tentés pour empêcher ou pour ralentir législativement l’accroissement de la population n’ont pas eu un meilleur succès. Dans plusieurs États de l’Allemagne, notamment, des lois défendent qu’on se marie avant un certain âge ; il faut de plus savoir lire et écrire, connaître et exercer une professioii, ou posséder des terres ou des revenus, avoir satisfait aux lois sur le recrutement militaire, etc. Il résulte bien de ces lois que
les manages sont moins nombreux et plus tardifs dans ces parties de 1 AUemagne, qu’aüleurs ; il en résulte peut-être aussi jm momdre nombre de naissances légitimes, mais certainement e nombie des naissances illégitimes est, en proportion, de beaucoup supérieur à celui que l’on constate dans les pays où les mariages sont libres. Le rapport entre les naissances légitimes eUes non légitimes atteint celui qui existe dans les grandes viUes ou les mœurs sont le plus dépravées. Or, si les soins les plus constants et les plus affectueux d’une mère ne peuvent empêcher beaucoup d’enfants légitimes de mourir à un â^^e peu avance, il doit en mourir bien plus parmi ceux dont la nafssance est illégitime et qui ne reçoivent que rarement les soins nécessaires au maintien d’une existence encore, si précaire. Des données statistiques prouvent, par exemple, que la mortalité des enfants trouves, dans les hospices qui leur sont consacrés, est rarement au dessous de 60 p. c. et s’élève souvent à 75 et même 80 p. c. L abandon de 10 enfants équivaut donc à 6 ou 8 infanicides surtout si l’on tient compte de ce que ceux qui survivent, doivent souvent au manque de soins dans la première en ance et a une mauvaise éducation physique, d’être d’une constituüon faible et rachitique. Ordinairement ils ne valent guere mieux au moral : il est difficile que de bons sentiments se développent chez epux qui n’ont jamais éprouvé l’affection ni connu les caresses d’une mère ou d’un père, et qui savent d’ail-
eurs qu un déplorable préjugé fera peser sur eux pendant toute la. vie, la honte de leur naissance.
Il ne paraît pas cependant que la population soit Kmitée d une maniéré bien efficace par les lois restrictives du mariage car ce sont les pays où elles existent qui fournissent, aprèl
1 Irlande le plus grand contingent à l’émigration européenne vers le Nouveau-Monde. ^
On s’imagine souvent que c’est par le grand nombre des naissances qu mie population s’accroît j c’est là une erreur car ces naissances peuvent être compensées et au delà par des décès. La
population ne croît donc en réalité que par Texcès des premières sur les seconds, et encore n’est-il nullement indifférent que les cLiffres qui expriment les deux termes de ce rapport soient grands ou petits. Quand une population se maintient par un grand nombre de naissances, suivies dans un temps donné par un grand nombre de décès, la vie moyenne est courte, c’est à dire qu’un grand nombre de personnes meurent à un âge peu avancé. Ceci est, au moral, une source féconde de douleurs, de chagrins et de regrets; au point de vue économique c’est une double perte pour la société, car l’individu qui meurt jeune emporte avec lui dans la tombe le capital que ses parents et luiméme avaient consacré à son éducation. Il ne peut rendre ce capital à la société ni surtout l’accroître avant de le rendre, ainsi qu’il l’eût fait s’il avait vécu jusqu’à un âge avancé, en reconstituant par le revenu qu’il en aurait tiré, le capital consacré à son éducation, et en l’augmentant de toute l’expérience acquise pendant une longue carrière et léguée par lui à ses descendants. Le capital social consistant en instruments matériels du travail, en connaissances et eu expériences acquises, grossit donc d’autant plus rapidement que la durée de la vie moyenne augmente, et cette durée elle-même, constatée dans un même pays à diverses époques est peut-être le meilleur moyen de mesurer les progrès accomplis dans cc pays sous le rapport du bien- être, de la moralité et de la prévoyance.
A Genève, la tenue exacte des registres de l’état-civil pendant un grand nombre d’années a permis de constater que la population augmentait tandis que le nombre proportionnel des naissances diminuait ; mais aussi, eu moins de trois siècles la vie moyenne y a doublé.
Les progrès de la moralité, de l’hygiène et de l’art de guérir n’exercent aucune influence directe sur la population, car celle-ci se compose partout du nombre d’individus qui peuvent trouver des moyens d’existence dans la contrée; mais ces progrès exercent une influence indirecte très considérable , sur cette
population, car ils évitent la déperdition de nombreux eapitaux, et ils en faeilitent raccumulation et la conservation, surtout de ceux qui s’incorporent, en quelque sorte, dans les hommes et dans la société. Or l’accroissement des capitaux produit l’extension des moyens d’existence, ce qui a poiu' corollaire l’accroissement de la population.
On a beaucoup cherché en dehors de la contrainte morale, des remèdes soit préventifs, soit répressifs, contre un excès de population. Il est d’une haute importance, à notre avis, d’examiner la valeur de ces remèdes, dont les uns ne sont que des palliatifs temporaires, et dont les autres produisent l’aggravation du mal qu’ils devraient faire disparaitre. Parmi les remèdes préventifs il faut ranger : 1" Divers systèmes d’organisation sociale admettant à des degrés différents le droit au travail ou le droit à l’assistance; 2» les progrès de l’agriculture comme tendant à produire des denrées alimentaires en abondance et à bas prix.
Nous nous proposons d’examiner dans la cinquième partie de cet ouvrage les divers systèmes de réformes sociales proposés jusqu’ici ; nous pouvons cependant faire remarquer dès maintenant que, si les imperfections de notre système social actuel, et surtout les atteintes à la liberté et au droit de propriété qu’il comporte encore, en maintenant certaines classes de la société dans un état de dépendance, d’ignorance et de misère, et en tendant ainsi à détruire chez celles-ci le ressort moral et la prévoyance, poussent jusqu’à un certam point ces classes à se multiplier avec excès par rapport à leurs moyens d’existence, le remède à ce mal consiste, non à changer notre état social, mais à le perfectionner. Aucun plan d’organisation de la société ne pourra faire, qu’en quelque nombre que naissent les hommes, ils trouveront toujours des instruments de travail tout préparés pour les aider à produire ce qu’il leur faut pour satisfaire leurs besoins. Les systèmes soi-disant nouveaux d’organisation sociale
portent d’ailleurs tous des atteintes plus ou moins profondes
à la liberté individuelle ; quelques-uns comprennent panni ces atteintes la restrietion apportée au droit de satisfaire la passion qui porte à la reproduction. De tels moyens auraient pour eflet de limiter la population, mais en réduisant l’humanité à la condition d un troupeau de brutes mené par quelques hommes qui se décernent à eux-mêmes un brevet d’omni-science et de prévoyance universelle.
La production plus abondante et plus économique des denrées alimentaires, résultant de la découverte de nouvelles substances nutritives, de nouvelles méthodes de culture propres à tirer un meilleur parti du capital agricole ou de la diffusion plus générale des connaissances nécessaires pour bien cultiver, peut a\oir sur létat de la population une grande influence, mais celle-ci dépend entièrement de la manière dont les hommes font usage de la somme d’utilité gratuite ou de travail rendu disponible, que leur offrent les perfectionnements de la production agricole. Si la plus grande facilité de trouver des movens d’existence qui en résulte engage la population à se multiplier exactement en proportion de cette utilité, il y aura des individus en plus, mais qui ne seront pas mieux pourvus qu’avant que le bas prix des aliments se fut réalisé. Dans ce cas, s’il survient une disette, cette population habituée a vivre de peu et à se contenter d une faible rémunération pour son travail, n’aura aucun excédant, aucune épargne, à sacrifier pour parer à la cherté momentanée des aliments, et pour elle la disette deviendra une flimine qui la décimera et qui laissera les survivants dans un état de profonde prostration morale et physique. Une terrible expérience est venue confirmer cette théorie.
La population irlandaise s’étant habituée à se nourrir presque exclusivement de pommes de terre, et s’étant multipliée en proportion de la facilité qu’offrait la culture de cette plante, fut atteinte d une famine horrible quand la récolte des pommes de terre vint à présenter un déficit considérable pendant plusieurs années consécutives, et, malgré les palliatifs de l’émigration en
masse, et de Tiinportatioii, aux frais de la nation anglaise, de grandes quantités de céréales, il y eut une diininution considérable de la population, et la partie qui survécut se ressent encore aujourd’hui, des conséquences de ce terrible désastre.
Si une nation profite de l’abondance des denrees alimentaires pour transformer en capital toute l’épargne de travail qui en résulte, Taisance de sa population s’accroît, et si, comme il arrive ordinairement, une bonne partie de ce capital est consacrée à la culture morale et intellectuelle des masses, celle-ci engendre la prévoyance et l’empire sur les passions, qui rendent plus facile le maintien de la population dans les limites des moyens d existence, en donnant à ces mots leur acception la plus large.
Dans ce cas le progrès dans la production des denrées alimentaires devient un véritable bienfait pour l’humanité. Il est évident que tout progrès notable dans la pioduction d’autres objets qui servent à la satisfaction de besoins très étendus, produit le meme résultat.
Chez les nations civilisées, on remarque bien un accroissement de population correspondant à une diminution notable et permanente dans les frais de production des denrées alimentaires ou des autres objets de grande consommation; mais cependant une partie plus ou moins considérable du travail épargné se transforme en capital et vient accroître l’aisance générale, à moins que cet excédant de ressources soit gaspillé en guerres ou en autres dépenses improductives ou destructives, comme cela arrive encore souvent chez nos nations imparfaitement ci\ ilisecs.
Les principaux remèdes répressifs que l’on a recommandés contre l’excès de la population sont : 1® l’émigration et 2® la charité. Examinons si ces moyens sont propres à atteindre le but
proposé.
Si l’on pouvait jeter au delà des frontières d’un pays la population excédante, c’est à dire celle qui ne réussit pas à trouver, par sou travail, des moveiis d’existence suffisants, l’équilibre de la population serait facile à rétablir. Mais de quel di'oit baniii-
rait-on loin de la patrie ceux qui, par l’imprévoyance de leurs parents, n’y trouvent pas de quoi subsister? Quelle garantie pourrait-on leur donner qu’ils trouveront des moyens d’existence ailleurs, et les autres nations consentiraient-elles à se charger d’une foule d’êtres qui, sans ressources dans leur pays, en trouveront encore moins ailleurs, et n’auront guère d’autre alternative que de voler, piller, mendier ou de mourir de misère et de faim.
L excès de population est une chose corrélative du manque d instruments de production ou de capital. Il est ordinairement impossible de remédier à l’excès du nombre des hommes par un accroissement rapide du capital, ou par un emploi plus productif de celui qui existe; il faut donc diminuer la population en envoyant 1 excédant au dehors. Mais la justice et l’humanité exigent qu ils sortent volontairement , et munis des ressources nécessaires pour entreprendre un voyage lointain et coûteux, d instruments de travail et de provisions pour vivre en attendant que le travail soit devenu productif. Pour que l’émigration ait quelque chance de succès, il faut donc envoyer au dehors, au moins pour commencer, des travailleui's robustes et sains, munis du capital suffisant pour un long voyage et pour les premiers frais d une entreprise productive. Mais en supposant que cette entreprise réussisse, que restera- t-il dans le pays? Ceux qui n’ont pas pu émigrer, c’est à dire les hommes faibles, maladifs, sans énergie, les vieillards, les femmes et les enfants, la partie de la population dont les besoins dépassent les moyens de les satisfaire, et qui sera de plus, privée du capital emporté par les émigrants,
capital peut-être supérieur à celui qui eut suffi pour leur procurer du travail s’ils étaient restés dans le pays.
^ L’émigration n’enlève donc pas au pays la partie la plus improductive et la seule excédante de sa population, mais bien les meilleurs travailleurs, et avec eux leur capital de vigueur d expérience et de connaissances acquises, outre un capitarraatériel en provisions et en iiistniments. Après leur départ, lepavs est donc dans une position pire qu’avant, et la population est en
plus grand excès par rapport au capital. Cependant si l’expédition réussit, si les émigrants parviennent à fonder une colonie et à y exécuter des travaux tellement productifs, qu’ils peuvent en peu de temps reconstituer le capital consommé par eux, et l’accroître par de nouvelles épargnes, dans ce cas ils peuvent rembourser les avances faites par la mère-patrie, attirer à eux la partie plus faible de la population par l’appât d’un travail mieux rémunéré, et entretenir enfin avec cette patrie des relations commerciales avantageuses pour tous.
L’émigration suivie d’une colonisation qui réussit, n’est donc pour la mère-patrie qu’un sacrifice momentané, amplement compensé par des avantages tels que des débouchés nouveaux pour les produits de son industrie et pour sa population excédante ; mais ces résultats heureux se font souvent attendre plus que ne le peut une population indigente et misérable, et de toutes les émigrations qui ont été tentées de nos jours il en est peu qui aient réussi au point de devenir avantageuses à la mère-patrie. Nous considérons donc l’émigration en général, comme une ressource sur laquelle il n’est guère permis de compter, pour se délivrer des conséquences qu’entraîftc la multiplication excessive d’une population. Nous ne voulons pas cependant déduire d’une manière trop absolue, de ce qui précède, que là où l’offre du travail excède la demande, les travailleurs ne doivent jamais chercher ailleurs des conditions plus avantageuses ; il est au contraire de leur devoir et de leur intérêt de le faire, mais avant de se décider et de prendre cette détermination extrême, ils doivent bien en peser les conséquences et surtout bien s’informer des conditions du marché sur lequel ils se proposent d’offrir leur travail. A cet égard nous regrettons avec M. G. de Molinari, que les conditions auquelles le travail s’offre et se demande sur les divers marchés du monde , ne reçoivent pas une publicité aussi étendue que celle qui est donnée à l’offre et à la demande des
capitaux.
La connaissance des marchés du Irayail qui en résulterait,
diminuerait de beaucoup les mauvaises chances de l’émigration,
si nombreuses aujourd hui. ^
Examinons maintenant le second des moyens répressifs : la
On ne peut trop le répéter, excès de population veut dire manque on pénurie du capital ; on ne peut donc remedier a l’excès de Tune qu’en multipliant l’autre, jusqu a ce que la population et le capital se fassent équilibre. Or c’est la ce que la charité ne peut faire; elle ne peut créer des capitaux, elle ne peut que déplacer ceux qui existent, et en donnant aux capitaux existants ou aux épargnes destinées à former des capitaux, l’emploi d’aumônes ou de secours, elle fait dissiper improductivement ces épargnes et ces capitaux, et diminue ainsi les forces productives de la société, tandis qu’il faudrait les augmenter pour procurer des moyens d’existence à une population surabondante. Tout ce que la charité peut faire, c’est de répartir sur une plus large portion de la société, et de manière à la rendre moins sensible à chacun, la misère qui accablerait quelques-uns de ses membres s’ils étaient abandonnés à eux-mêmes.
En cela, la charité agit comme le ferait une entreprise d’assurance contre le risque de mort par la faim ou la misère ; sauf
que les assurés ne paient pas de primes.
Cette action de la charité est utile et méritoire lorsqu’il s’agit de réparer les effets de quelque grand désastre qui ne pouvait être prévu, et contre lequel il était par conséquent impossible de prendre des mesures préventives spéciales, tels qu’une «^uerre, un incendie dépassant par ses ravages les moyens réparateurs des compagnies d’assurance, une inondation, un manque de la récolte, une épidémie ou une épizootie, etc.
TJn temps viendra peut-être où la prévoyance générale aura fait assez de progrès pour arriver à répartir ces désastres par des moyens analogues aux assurances actuelles contre des accidents de moindre importance, mais en attendant la réalisation, sans doute bien éloignée encore, d’un tel progrès, la charité remplace
ces institutions d’assurance d’une maniéré utile et louable, chaque fois que la misère qu’elle essaie de soulager est le résultat de causes accidentelles et impossibles à prévoir, ou très difficiles à éviter par suite de l’imperfection des moyens que l’association
et Fassuraace offrent aujourd hui.
Mais la charité va trop loin lorsqu’elle prétend soulager toutes
les misères sans avoir égard à leur cause. Ces causes sont 1 imprévoyance, la paresse, le manque d’énergie pour résister au penchant qui entraine à la reproduction et aux autres passions, ainsi que les autres vices si communs aujourd’hui même chez la