CHAPITRE XIX
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ilétluire du revenu de ' Cireonstaucos qui influent sur la valeur de cette prime 11 est 1 ^ participer aux
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les faire cesser. - Do la solde des armées.
Le travail offert à la société par P eut repreneur d’industrie étant d’une autre nature que le travail offert par l’ouvrier, la rémunération des services du premier doit être évaluée d’après d’autres bases que celles qui servent a détenniner e taux des salaires.
La valeur des services des entrepreneurs d’industrie varie comme celle de tout autre service, d’après le rapport de l’offre à la demande, et la concurrence que les entrepreneurs se font tend il égaler cette valeur à celle de leurs frais de production.^ Pour évaluer quel doit être le revenu d’un entrepreneur d’industrie dans des circonstances données, il faut donc examiner comment celles-ci agissent sur l’offre et sur la demande de scs services, et quels sont les frais de production de ces derniers.
L’entrepreneur d’industrie est celui r^ui, saenant cpie la société demande un certain genre de services ou de produits, et que cette demande n’est pas satisfaite par des offres cories-
pondantes, combine et réunit les moyens de faire cette offre en inettaixt en œuvre les découvertes des savants et 1 expenenee
acquise par SCS devanciers. , . , •. i vi
Pour arriver à cette mise en œuvre, il emploie le capital qu i juge nécessaire et le divise en instruments, maténaux et provisions, dans des proportions-convcnables à son genre d entieprise; il engage les ouvriers et employés qui doivent cxccutev îe travail, enün, il surveille la marel.e des operations et la veute des produits qu’il en retire. Conduire une grande entreprise est donc nue chose difficile et compliquée qui exige des aptitudes naturelles, développées par l’éducation, l'observation et 1 expérience Il faut à l’eiitrepreiienr des qualités morales, telles que la probité, la prévoyaiiee, il faut aussi du jugement pour appreeier promptement et sainement toutes les circonstances qui peuveut inauer sur l’offre et la demande de ses produits et des services dont il a besoin; pour juger les procèdes nouveaux qui s’iiiventcnt, pour établir à chaque instant la situation exacte de
“ pf rériion de tontes ces qualités et de tous
d’autant plus rare, dans une même personne, que Uducation
donnée ai!x jeunes gens, au moins sur le ““f
peu propre à développer ce genre d’aptitudes. Il resuite de a
que peu de pei-soniies parviennent à les posséder au point de
l ouvoir faire une offre elfeetive des services d un entrepreneur
d’industrie, au moins lorsqu’il s’agit de grandes entreprises, e comme celles-ci sont très utiles à la société, la demande en est Le II suit de là que ees services ont une valeur plus elevee que ceux de la plupart des autres ti-availleiirs dont la profession
exi"e cependant aussi de l’intelligence.
L autre cause encore vient diminuer l’offre des services e l’entrepreneur : c’est la nécessité pour celui-c. de pouvoir disposer du capital qu’exige son entreprise. ^
Peu d’entrepreneurs possèdent eux- memes •
plupart doivent l’cmpranter. Mais pour cela d faut qu ils nisi -
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rent de la confiance aux capitalistes a qui ils deniandcut des fonds. Or, pour obtenir cette confiance, il faut avoir donné des preuves d’habileté dans la direction d’une entreprise , et ces preuves exigent précisément que l’on ait déjà eu un capital à sa disposition. L’entrepreneur ne peut donc obtenir que lentement et à la suite de plusieurs épreuves heureusement traversées, le capital dont il a besoin. Beaucoup d’entrepreneurs ne parviennent jamais à l’obtenir, en quantité suffisante, et doivent donc renoncer à offrir leurs services, ce qui tend à augmenter la valeur de ceux qui sont offerts.
Le développement de l’esprit d’association, les progrès des institutions de crédit et d’assurances contribuent à faciliter l’accès des capitaux aux grandes entreprises industrielles et par conséquent rendent moins onéreux les services des entrepreneurs d'industrie. Par la division du travail on parvient aussi à simpliOer les attributions souvent si compliquées des hommes qui dirigent de grandes entreprises en les répartissant entre plusieurs individus; c’est ainsi que certaines affaires importantes sont dirigées par un conseil d’administration composé de plusieurs personnes, par un directeur-gérant, un ingénieur, etc.
Même en tenant compte des causes qui rendent rares l’offre des services de l’entrepreneur, les bénéfices qu’il retire de ses opérations peuvent paraître exagérés, et dépasser en apparence les profits de toutes les autres classes de producteurs ; mais on ne doit pas peidre de vue que les bénéfices ne sont qu’apparents, et qu’une partie plus ou moins grande de ceux-ci ne constitue en réalité qu’une prime d’assurance contre les risques de perte que court l’entrepreneur, risques d’autant plus grands que l’entreprise est elle-même plus importante, plus neuve, plus hardie.
Par l’effet régulateur de la concurrence, cette prime d’assurance se proportionne bientôt à la moyenne des pertes éprouvées par les entreprises du même genre, et placées dans des circonstances analogues qui ne réussissent pas. Alors cette prime devient, pour l’entrepreneur qui réussit constamment, un bénéfice
ou une rente de monopole naturel, qui est la récompense du talent et de la prudence et, en même temps, pour tous, un encouragement à bien faire.
Il y a fort peu de produits dont le prix de vente ne soit affecté d une prime d’assurance plus ou moins élevée, selon que le débit en est plus ou moins certain. Ainsi cette prime est presque nulle pour le pain parce que le boulanger apprend bientôt à reconnaître la quantité de pains que sa clientèle consomme , et qu’il lui est facile d’v proportionner sa production, cette quantité ne pouvant varier que dans d’étroites limites.
Il n en est pas de même du pâtissier, le débit de ses petits pâtés dépend du nombre de promeneurs que le hasard ou quelque circonstance fortuite amènera devant sa boutique ; aussi est-il obligé de compenser , par une assez forte prime d’assurance , la
perte qui peut résulter pour lui de ce qu’une partie de ses pâtés resterait invendue.
Il est à remarquer que la prime d’assurance est d’autant plus élevée qu’elle s’applique à un produit dont le prix est à la portée d’un moindre nombre de consommateurs ; telles sont les denrées dont la durée est faible, certains fruits, les oranges, par exemple. Il entre une plus forte prime proportionnelle dans le prix d’un vase de porcelaine orné, peint et doré, que dans celui d’une simple assiette de faïence, etc. Les producteurs doivent en tirer cette conséquence, qu’il est de leur intérêt d’abaisser, le plus possible, le bénéfice qu’ils veulent réaliser sur l’unité des produits, car non seulement ce bénéfice s’accroît dans une larse mesure, avec l’augmentation du nombre des consommateurs qid I
en résulte, mais ce bénéfice devient par cela même beaucoup |
plus stable et plus assuré. I
Les chemins de fer et les bateaux à vapeur en fournissent de j
nombreux exemples. Le bas prix et la rapidité des communica- j
tions, résultant de l’emploi de ces puissants agents de locomotion, a porté à voyager un nombre considérable de personnes q\ii, autrefois, se déplaçaient difficilement ; aujourd’hui l’iiabi- ’
tude de vovacrev est acquise par la multitude, et uu tel nomb de relations s’est formé sur cette facilité, que les voyages sont devenus poux- cette multitude un besoin indispensable ; aucune clientèle n’est donc mieux assurée, et peu d’entreprises sou • plus lucratives que celles des transports à bon marebe, quoique leur prix ne comporte qu’une prime d’assurance a peu près
nulle. , . 1 1 „
L’elfet de la concurrence étant de proportionner le plu.
exactement possible les primes aux risques pour l’ensemble de la production, il en résulte que ces primes ne sont pas un gain pour la classe des entrepreneurs d’industrie, tandis qu elles sont une véritable perte pour la société, qui ne reçoit aucune compensation pour l’encbérissement des produits qui résulte de la nécessité d’ajouter la prime à leurs frais de production. Il es donc de l’intérêt de la société de ebereber à faire baisser le taux de cette prime, en agissant, autant qu’il est en son pouvoir, sur les causes qui la font naître. Ces causes sont principalement le défaut de sécurité ou d’une protection suÜisante de la Uberté et du droit de propriété des citoyens, ce qui dépend de 1 organisation sociale et du manque de probité, de loyauté et de bonne foi dans les transactions et cela tient aux individus.
Ce qui vient d’être expose a 1 egard des circonstances qui iutlueni sur le revenu de l’entrepreneur d’industrie nous permet de démontrer que c’est à tort que certaines sectes socialistes veulent donner à l’ouvrier le droit de participer aux bénéfices de l’entreprise. L’entrepreneur d’industrie achète les services élémentaires du capitaliste et du travailleur à un prix débattu à l’avance, et qui est absolument indépendant du succès ou do l’insuccès de l’entreprise , le rapport de l’offre à la demande de ces services en réglant seul la valeur. De la combinaison de ces services élémentaires il retire des services composés, qu’il offre au public, et dont il retire uu prix dépendant également du rapport de l’olfre à la demande qui se fait de ce produit spécial ; mais il ne doit nul compte de ce prix, ni au capitaliste, ni à
l’ouvrier. Que ce prix dépasse, égale ou n’atteigne pas celui qu’il a payé pour leurs services, c’est son affaire à lui seul.
L’ouvrier n’est pas plus fondé à exiger de l’entrepreneur quelque chose de plus que la rémunération convenue, en cas de succès de l’entreprise , que l’entrepreneur ne serait fondé à en déduire quelque chose en cas de non réussite.
L’ouvrier est, à l’égard de l’entrepreneur, dans la même position que le capitaliste; celui-ci a-t-il jamais pu prétendre recevoir plus que l’intérêt stipulé pour le prêt de son capital, dans le cas où l’entreprise donnerait des bénéfices extraordinaires? L’entrepreneur serait en droit de lui répondre : « Dans ce cas, vous ne seriez plus un simple prêteur, mais un actionnaire ou uu associé obligé de courir les risques des pertes comme la chance des bénéfices. « Il en serait de même de l’ouvrier. Or celui-ci pourrait-il supporter ces pertes, même après plusieurs opérations profitables? Est-il habitué à déduire de ses revenus ce qui doit constituer une prime d’assurance contre les chances de perte, et possède-t-il les connaissances nécessaires pour évaluer cette prime? Evidemment non.
Il résulterait donc, pour l’ouvrier, de sa participation aux bénéfices et aux pertes de l’entreprise une instabilité du revenu qui aurait pour lui les effets les plus funestes, par suite de son imprévoyance habituelle , ou mieux de 1 impossibilité ou il est de connaître exactement et de prévoir les chances bonnes ou mauvaises qui dépendent de circonstances qu’il n’a pu apprendre à connaître et dont il n’a pas le loisir de suivre les péripéties.
La division du travail lui fait donc, dans son propre intérêt, une loi de confier la direction de l’entreprise à un seule personne, l’entrepreneur, qui en fait son unique etude et sa constante occupation. Ni les affaires de 1 entreprise ne seraient bien dirigées, ni les travaux de l’atelier ne seraient bien exécutés si les ouvriers devaient a chaque instant quitter leurs outils poui délibérer en commun sur la marche à imprimer à la direction de
l’entreprise, sur laquelle ils manquent de connaissances spéciales. On perdrait beaucoup de temps à délibérer, on travaillerait peu et on agirait encore moins.
Ce ne sont certes pas là des conditions favorables au succès des entreprises, et il est pennis de nier que le revenu réel de rouvi'ier serait augmenté par sa participation à 1 entreprise, comme associé intéressé et responsable, et que la production
générale en reçoive un accroissement.
Ce qu’il y a de plus avantageux pour le revenu de 1 oiuiier, ce n’est donc pas qu’il empiète sur les attributions de 1 entrepreneur d’industrie, mais bien qu’il puisse débattre, avec celuici, le taux et les conditions de son salaire, avec toute la liberté possible, et avec une aussi exacte connaissance du rapport de l’otfre à la demande du travail, que le capitaliste peut en avoir a l’égard des circonstances analogues qui agissent sur le taux de l’intérêt.
Le revenu des savants (nous comprenons sous ce nom générique tous ceux qui vivent d’un travail dont l’intelligence est le principal et presque l’unique agent) devrait comprendre, outre le nécessaire pour leur existence et celle dt leur famille conformément aux habitudes des classes élevées de la société, l’amortisseraent du capital représenté par leur éducation et grossi par les chances de non réussite de celle-ci. Ce revenu devrait aussi comprendi’e, comme celui des entrepreneurs et des ouvriers, des primes d’assurance contre les chances de non réussite de leurs entreprises, de chômages de leurs travaux, de maladies, d’accidents, de mort prématurée et de vieillesse, et enfin un profit net. Mais il n’en est pas toujours ainsi, car tantôt l’ofire, tantôt la demande de leurs services est restreinte, d’où résulte quelquefois une rémunération très élevée, et souvent une récompense insuffisante de ces services.
Un talent hors ligne et vivement apprécié du public investit celui qui possède ce talent d’un monopole naturel, dont la rente peut être très élevée et permettre d’acquérir une grande fortune
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avant que la concurrence vienne le forcer à céder une partie de ces avantages à ses compétiteurs et au public.
Il se peut aussi que ces talents soient offerts dans un milieu peu riche ou trop peu éclairé pour eu être bon appréciateur; alors le revenu que procure ce talent peut être insuffisant pour dédommager son possesseur des peines qu’il s’est données pour l’acquérir. C’est là, malheureusement, ce qui arrive à beaucoup de savants qui iie rencontrent qu’un petit nombre de personnes qui soient en état de les apprécier, et un moindre nombre encore qui puissent ou qui veuillent les payer à leur véritable valeur.
L’insuffisante rémunération des services rendus par les savants, qui résulte de cette circonstance si fréquente, est encore diminuée par les dispositions injustes et restrictives des lois qui, dans les pays civilisés régissent le droit de propriété intellectuelle, et qui restreignent, soit dans l’espace soit dans le temps, la demande qui pourrait se faire des œuvres de l’intelligence. Malgré ces circonstances si défavorables à la production de ces œuvres, surtout de celles qui exigent un travail long et difficile, elles se produisent encore, soit parce que certains savants trouvent dans la culture même de la science, et dans la gloire qui s’attache à leur nom, une compensation à une rémunération matérielle insuffisante, soit qu’ils suppléent à celle-ci par des revenus personnels ou par des ressources tirées d’uiv autre travail mieux rénuméré.
On en a conclu que la gloire et la jouissance intime qui résultent de la culture des sciences ou des beaux-arts constituaient pour ceux qui s’y livrent une rémunération naturelle suffisante pour les déterminer à céder gratuitement au public leurs œuvres, ou pour ii’en tirer qu’une faible valeur. C’est là une erreur funeste et qui prive l’humanité d’une foule d’œuvres utiles qui eussent été engendrées sous le stimulant d’une récompense dont la valeur matérielle n’eût rien ôté à la gloire ni à la satisfaction intime sans lesquelles, bien souvent, aucun bénéfice matériel ne
sulHrait à détevniiuer un auteur h prendre la peine et à faire les saerifiees qu’elles exigent.
Le revenu des savants ne sera ce qu’il doit être dans l’intérêt de la société clle-mêine, que quand le droit de propriété intcl- Icetuellc sera pleinement et universellement reconnu et etficaceinent protège par les lois qui, aujourd’hui, ne semblent avoir d autre but que de le limiter et de le restreindre.
La position des savants s’améliorera aussi, et une concurrence plus favorable aux progrès des scieiiees et des arts s’introduira parmi eux, quand le public, plus éclairé et plus juste leur fera une demande plus étendue et plus régulière de
leurs services, et attribuera à ceux-ci une rénumération plus positive que la seule gloire.
Pour terminer ce chapitre, il nous resterait à traiter de la solde des armées ; mais comme dans la plupart des États du monde, cette solde n’est pas fixée en conséquence d’un libre débat entre les intéressés (1), elle échappe à la loi économique U rapport de l’offre à la demande, et nous n’avons autre chose a en dire smon que cette solde n’est pas, en général, l’équiva- Jent dessen-iees demandés aux militaires, et qu’il résulte delà une spoliation dont ceux-ci sont les victimes directes, mais dont a société éprouvé le contre coup eu ce que l’entretien de sa force
militaire lui coûte bien au delà de la valeur des services que ceJle-ci lui rend. ^
.le Franklin à ce sujet, exprimé dans une note manuscrite
lui, citee par M. Fred. Passy dans V Economiste belge du 20 janvier 1858 • ' . La question est celle-ci : Est-il jns.e dans une société que les Hchl'lona fOent les pain res a combattre pour eux et pour leurs propriétés movpn liant le salaire qu’il plaira aux riches de déterminer. .