Électroscope. — Nous avons décrit (12) la partie essen
tielle de l'électroscope à feuilles d'or {fig. ii). Outre la tige qui porte les feuilles d'or, l'instrument comprend habituellement deux conducteurs fixes qu'on appelle les homes placées symétriquement par rapport aux feuilles d'or et en communication avec le sol.
Ces bornes, en se chargeant par influence d'électricité contraire à celle des feuilles d'or, augmentent la divergence et par suite la sensibilité de l'instrument. Elles empêchent en outre les feuilles, écartées trop brusquement, de venir se coller contre la cage de verre dont il est difficile ensuite de les détacher. L'appareil est souvent enveloppé d'une seconde cage,
percée d'un trou qui laisse passer librement la tige et qui contient elle-même des matières desséchantes pour garantir les parois extérieures de la cloche contre l'humidité de l'air.
Pour reconnaître qu'un corps est électrisé, il suffit de l'approcher du bouton : les feuilles divergent immédiatement. Pour reconnaître la nature de l'électricité, on procède de la manière suivante. Pendant que le corps est approché, on touche un instant le bouton avec le doigt, les feuilles retombent; on retire le doigt, puis le corps, elles divergent de nouveau, chargées évidemment d'une électricité contraire à celle du corps. On approche ensuite, à grande distance et très lentement, un corps chargé d'électricité connue, un bâton de résine frotté, par exemple, qui est toujours négatif. Il agit par influence, développe de l'électricité positive dans la partie la plus voisine et dans les feuilles d'or des quantités d'électricité négative qui vont en croissant au fur et à mesure qu'on approche. Si la divergence des feuilles augmente, elles étaient déjà négatives et le corps primitif était chargé positivement; si, au contraire, elles étaient primitivement positives et par suite le corps essayé négatif, la divergence va en diminuant, s'annule, puis se manifeste de nouveau. En retirant doucement le bâton de résine, on repasse en sens inverse par la même succession de phénomènes.
On conçoit en effet que si les feuilles ont reçu tout d'abord une charge positive déterminée et qu'on y développe ensuite des quantités d'électricité négative croissant progressivement, la charge positive ira en diminuant, s'annulera, puis deviendra négative. Quand l'influence diminuera, cette électricité négative sera neutralisée par la quantité d'électricité positive équivalente développée dans la boule. C'eit surtout dans ce dernier cas que le bâton de résine doit être approché lentement; si on l'amenait à sa position finale assez brusquement pour que la charge négative des feuilles d'or ait pu remplacer la charge positive, avant que celles-ci
aient eu le temps de se déplacer d'une manière sensible, on n'apercevrait pas le premier abaissement des feuilles, mais seulement la divergence finale, ce qui conduirait à une conclusion erronée.
28. Électrophore. — L'électrophore [fig. 11) se compose d'un gâteau de résine coulé dans un moule de bois ou de
métal, ou encore d'une simple plaque d'ébonite, et d'un disque à surface métallique pouvant être manié par un manche isolant.
On charge d'électricité négative la surface du gâteau en la battant avec une peau de chat, puis on y dépose le plateau.
Celui-ci s'électrise par influence et, si on le met un instant en communication avec le sol par un point quelconque, il garde seulement l'électricité de signe contraire à celle du gâteau, c'est-à-dire l'électricité positive. En prenant le plateau par un manche de verre, on emporte ainsi une charge positive qu'on peut utihser à volonté. On peut recommencer l'opération autant de fois qu'on le veut, l'électricité négative du gâteau restant fixée à sa surface et ne subissant d'autres pertes que celles qui sont dues aux défauts d'isolation.
Fig. 22.