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CHAPITRE XIIÏ

118. Électrolyse. — Si on coupe le fil interpolaire, et qu'on plonge les deux extrémités dans un liquide de manière à compléter le circuit par une colonne de ce liquide {fig. loi), deux cas peuvent se présenter : ou le liquide se comporte à la manière de l'air, comme un isolant parfait et ne laisse passer aucune fraction du courant ; ou le courant passe, et alors le liquide est décomposé. Sauf quand il s'agit d'un corps simple, comme le mercure ou un métal fondu, jamais un liquide n'agit à la manière d'un simple conducteur et ne laisse passer une quantité quelconque d'électricité sans une décomposition corrélative.

Ce phénomène a recule nom d'é/ectrolyse; on appelle électrolyte le liquide soumis à la décomposition, et électrodes les deux conducteurs qui servent l'un à l'entrée, l'autre à la sortie du courant ; le premier, qui communique avec le pôle positif, s'appelle Y électrode positive ; le second, qui communique avec le pôle négatif, V électrode négative.

Les seuls corps susceptibles d'électrolyse paraissent être les sels en dissolution ou fondus. Les liquides proprement dits, à l'état de pureté, l'eau, l'alcool, l'éther, etc., ne sont pas de véritables électrolytes. Un sel est formé d'un métal uni, soit

Fig. loi.

à un radical simple tel que Cl, Br, soit à un radical composé tel que SO^ AzO^.... Sous l'action du courant, la séparation se fait toujours entre le métal et le radical qui lui est uni.

Les éléments de la décomposition n'apparaissent jamais dans la masse même du liquide, mais seulement sur les électrodes, le métal sur l'électrode négative, le radical simple ou composé sur l'électrode positive.

Ainsi si l'on prend comme électrodes deux lames de platine et qu'on les plonge dans une dissolution de sulfate de cuivre CuSO^,le cuivre se précipite immédiatement sur l'électrode négative en la recouvrant d'un enduit rouge, tandis que le corps SO^ apparaît sur l'électrode positive sous forme d'oxygène gazeux qui se dégage et d'acide sulfurique SO^HO qui reste en dissolution autour de la lame.

119. Actions secondaires. — Quand l'électrode n'est pas inaltérable, le corps qui vient s'y dégager peut donner lieu à des actions chimiques consécutives, qu'on appelle actions secondaires. Ainsi, dans la décomposition du sulfate de cuivre, si on prend comme électrode positive une lame de cuivre au lieu d'une lame de platine, il ne se dégage pas d'oxygène, mais le radical SO^ s'unit au cuivre pour reformer une quantité de sulfate de cuivre exactement égale à celle qui a été décomposée dans le même temps; la dissolution garde une composition constante et, dans chaque unité de temps, l'électrode positive perd juste autant de cuivre qu'il s'en dépose sur l'électrode négative.

Avec un sel alcalin^ tel que le sulfate de potasse KSO\ la décomposition se fait comme pour le sulfate de cuivre ; seulement le potassium se dégageant sur l'électrode négative au contact de l'eau la décompose, reforme de la potasse et dégage de l'hydrogène. Finalement, il se dégage de l'oxygène sur l'électrode positive et une quantité équivalente d'hydrogène sur l'électrode négative, et en même temps on trouve de l'acide sulfurique en dissolution autour de la première et de la potasse autour de la seconde. On met le

PIIENOMEiNES CHIMIQUES.

fait en évidence avec un tube en V {fig- 102) qu'on remplit d'une dissolution de sulfate de potasse colorée avec du sirop de violette et dans lequel on place comme électrodes deux lames de platine. Le liquide rougit du côté où se dégage l'oxygène et verdit du côté où se dégage l'hydrogène.

De même avec le sel marin NaCl, on aura de l'hydrogène et de la soude sur l'électrode négative, de l'oxygène et de l'acide chlorhydrique HCl sur l'électrode positive.

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