‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservation (volume 2)Chapitre 12 sur 28 · SATYRUS · texte numérisé non relu

SATYRUS

pupille blanche, souvent surmonté d'un autre très petit; la bande des ailes inférieures composée de quatre taches dont les deux anales arrondies, marquées chacune d'un œil noir, le dessous des ailes supérieures plus clair, celui des inférieures d'un gris blanchâtre avec trois lignes foncées surmontées de six yeux subcontigus entourés de cercles bruns et jaunâtres, dont l'anal double. Femelle plus grande et plus claire, avec la bande des ailes supérieures s'étendant sur tout le disque. Une vaviéléAdrasta, lliibner, un peu plus grande, plus foncée, labande fauve plus vive, le dessous des ailes inférieures d'un gris plus foncé, très saupoudré de brunâtre et de violâtre, se trouvant avec le type, ainsi que tous les passages intermédiaires, surtout dans les lieux froids et montueux. Chenille en avril et en juin, pubescente, d'un vert clair, à lignes plus foncées et la stigmatale jaune. Chrysalide suspendue aux murs, tantôt verte, tantôt d'un noir verdâtre, un peu anguleuse, légèrement bifide, avec deux rangées dorsales de tubercules jaunes ou fauves. — L'autre espèce, très voisine, existant dans les îles Britanniques, égalemont très vicicole, est le S. Megœra, Linn., le Satyre d'Engramelle, de ZiO millimètres d'envergure chez le mâle; les ailes d'un jaune fauve, à lignes transverses brunes, les supérieures avec une bande brune élargie sur le disque et un œil apical à une seule pupille surmonté d'un très petit œil ; les inférieures légèrement dentées, avec des taches fauves foncées sur lesquelles sont quatre ou cinq yeux, leur dessous d'un gris jaunâtre, avec lignes brunes dentées, éclairées de fauve, et six petits yeux isolés, entourés de circonférences brunes et jaunâtres. Femelle plus grande, plus pâle, sans la bande plus large des ailes supérieures. Chenille pubescente, d'un vert-pomme, avec cinq lignes longitudinales d'un vert foncé et une stigmatale jaunâtre, se prolongeant sur les pointes anales ; la tête verte, arrondie, hérissée de poils noirâtres; les pattes thoraciques roussàtres, les membraneuses vertes, avec les crochets noirs. Chrysalide suspendue, un peu plus courte que celle de S. Mœra, pareillement verte ou d'un noir verdâtre et légèrement anguleuse, avec deux rangées dorsales de tubercules jaunâtres ou blanchâtres. • — Une autre espèce du sous-genre l'ararga vole dans les bois grands et petits et dans les sentiers humides et ombragés de Normandie et de Bretagne, dans les clairières, le long des haies épaisses, se posant fréquemment sur les feuilles et s'élevant assez haut en volant; se réfugiant, dès qu'on l'effraye, au plus épais du taillis. C'est le Satyre qui paraît le plus tôt, au début d'avril, et disparaît le plus tard, en octobre, avec deux générations, de printemps et d'été. Ce S. JEgeria, Uiim., le Tircis de Geoffroy et d'Fngramelle, existant dans les îles Britaïuiiiiues, très commun en France, a les deux sexes semblables, de ZiO millimètres d'envergure ; les ailes dentées, brunes, avec de nombreuses taches arrondies d'un jaune pâle et la frange blanche ; un œil noir au sommet des ailes supérieures, aux ailes inférieures trois ou quatre yeux noirs avec pupille sur les taches jaunes d'avant la bordure; le dessous de cos

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ailes inférieures teinté sur le bord de gris violâtrc, avec quatre ou cinq points jaunes, vaguement entourés de brun. Femelle plus arrondie, avec les tacbes jaunes plus p;lles et plus grandes. Une variété Meune, Esper, diffère du type par ses taches d'un fauve jaunâtre au lieu de jaune pâle et plus grandes, le dessous d'un ton plus vif, plus fortement violacé aux ailes inférieures. Cette variété est méridionale, remontant par places au centre de la France dans les localités assez chaudes, Poitou, Cher, etc. Dans l'arrondissement de Confolens (Charente), qui touche au Limousin, et dans le Limousin, régions froides et élevées, on retrouve le type de Paris et du nord de la France, Meone existant seul dans le reste des Charcutes. A Granville (Manche), j'ai pris, en automne, un certain nombre de S. jEgeria pareils à ceux de nos bois parisiens, d'autres faisant le passage aux Meone à fond ardent des environs de Montpellier, parleurs taches d'un fauve plus ou moins vif; toutefois les bandes brunes restent aussi nettes et aussi larges que dans Mcjeria type. D'après le Catalogue de M. Maurice Sand, il y aurait pour cette espèce, dans certaines localités, un dimorphisme saisonnier, l'éclosion d'août^ donnant Meone dans le Cher, l'Indre, l'Auvergne, la Creuse, le Cau; tal, etc.; l'éclosion de printemps, en avril, dans les mêmes lieux, donnant le type du INord ou jEgcrides de Staudinger. Chenille pubescente, verte, avec trois lignes géminées jaunes, se prolongeant sur les pointes anales; se trouvant en mai, puis en septembre, sur le Chiendent {Triticum repens) et sur d'autres Graminées; les chenilles de seconde génération donnant des chrysalides qui passent l'hiver. Chrysalide verdâtre, anguleuse, courte, légèrement bifule antérieurement, avec le do.s renflé et chargé de deux rangs de petits boutons tuberculeux. — S. Dcjanira, Linn., la Bacchante de Geoffroy, espèce des grands bois humides, peu élevés, très ombragés, toujours de plaine ; la femelle peu abondante comparativement au mâle, ne paraissant qu'une fois, en juin; d'un vol assez faible, très sautillant et saccadé, ce Papillon se posant fréquemment sur les feuilles. Ce Satyre diffère des autres Pararçia en ce qu'il a plusieurs yeux sur les ailes antérieures, cinq yeux bruns cerclés de jaune, sur un fond d'un brun jaunâtre, cinq aux ailes inférieures en deux groupes de deux et de trois, entourés de blanc sur le dessous des ailes inférieures. Chenille pubesofnte, verte, avec cinq lignes longitudinales plus foncées, trois dorsales, deux latérales doublées d'une stigmatale blanchâtre; tête jaunâtre, ainsi que les pattes thoraciques, les pattes membraneuses et les pointes caudales vertes ; en mai sur l'Ivraie vivace (Lotium pcrcnne). Chrysalide sur la terre.

Le sous-genre Epinephlle, Hiibner, llerrich Schœd'er, présente les nervures costale et médiane également dilatées à leur origine, l'inférieure sans dilatation sensible ; les antennes à massue allongée, grossissant insensiblenuint et confondue avec la tige; les yeux glabres; un épi aux I ailes supérieures des mâles, (dicnillcs pubesccntes, grises ou vertes, avec des raies longitudinales et la tête globuleuse, se suspendant le

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plus souvent par la queue pour la nymphose; chrysalides peu allongées, à angles arrondis, avec la Icte bifide. M. Guenée ne sépare pas les Epinophile des Pararçia, et nous trouvons qu'il a raison. C'est par un motif étranger à la science, celui d'obéir aux habitudes du plus grand nombre, que nous conservons ces deux sous-genres. Leur réunion l'orme les Satijrus de M. Guenée, et nos Sat y rus sont ses Hipparchia.

Le groupe des Epinephile comprend des espèces formées de Ramicoles et d'Herbicoles de Jhiponchel, n'ayant qu'une tache oculaire, ordinairement à deux pupilles sur les ailes supérieures. Nous citerons : S. Ilyperantkus, Linn., le Tristan de Geolfroy, à cause de sa livrée sombre, the RinglH iEnodia) des Anglais, /|2 millimètres d'envergure chez le mâle ; les ailes arrondies, d'un brun noir uni en dessus, avec quelques points noirs et la frange d'un gris blanc ; les ailes en dessous d'un brun jaunâtre, portant de deux à quatre yeux noirs à iris jaune, cinq semblables sur les inférieures, dont deux isolés près du bord antérieur, l'emelle plus grande, avec les ocelles mieux marqués et visibles en dessus; les œufs sont d'un blanc jaunâtre. Ce Satyre est très commun en juin et juillet, sur les fleurs de Ronces et dans les prairies silvatiques, où il vole par milliers en certaines années. Une variété. Arête, MuUer, ne dilfère du type que par la disparition des yeux en dessous, ou leur remplacement, comme passage, par de petits points d'un blanc jauniltre, et se trouve avec le type, mais rarement, dans les environs de Paris. Chenille pubescente, légèrement chagrinée et d'un gris roussâtre, avec la ligne vasculaire brune et la stigmatale blanchâtre ; les pattes grises, la tète rougeâtre, rayée de brun ; vivant solitaire en avril et mai sur le Millet épars [Miliiim offusnm) et sur le Palurin annuel (Poa annua). Chrysalide non suspendue, gisant sur le sol, courte, presque ovoide, de la même couleur que la chenille. — S. /a«//'a,I-inn. (syn. Jurtina, Liim. pour le mâle), h Myrtile de Geolfroy et d'Kngramellr, le plus commun de tous les Satyres et peut-être de tous les Uhopalocères, s(; trouvant dans les iles Britanniques. C'est le Satyre le plus répandu dans les champs et les prairies, sur les lisières des bois et le long des haies, se posant très fréciueniment à terre, volant par tourbillons sur les Ronces en fleur, de la lin de juin à la fin d'a(jùl; harcelant et persécutant les autres Diurnes qui butinent sur les mêmes fleurs que lui, et venant à bout de les contraindre à s'éloigner pour lui céder la place, ([uelles que soient leur taille et leur force. Mâle de /i5 millimètres d'envergure ; à ailes brunes, les supérieures ayant le disque plus formé et velu cl un œil apical à iris fauve, les inférieures dentées, d'un brun uni ; le dessous des supériCTjres d'un jaune fauve, entouré de gris jaunâtre, reproduisant l'œil du dessus, le dessous des ailes inférieures d'un gris jaunâtre, plus foncé jusqu'à la ligne médiane, qui est suivie d'un à trois points noirs entourés de jauiu!. Fcîmelle plus grande ; les ailes supèuienres avec une bande, autéterminale fauve, s'élendant plus ou moins sur le disque, l'cjeil apical

souvent géminé ; les ailes inférieures avec une bande antéterminale un peu plus claire que le fond, le dessous de ces ailes inférieures plus clair que chez le mâle. Var. Hisptdla, Hûbner, plus grande dans les deux sexes , avec le dessous plus jaunâtre et marqué d'ordinaire de quatre points noirs ; chez la femelle, le disque des ailes supérieures et la bande des inférieures entièrement fauves; en mai dans le midi de la France, se capturant quelquefois à Fontainebleau et aux environs de Paris, mais n'y étant jamais d'un caractère bien tranché. On cite une aberration femelle trouvée à Bondy, près de Paris, entièrement albine, ayant les ailes blanches sur les deux faces, et de même la tète, les pattes, les antennes. Chenille (pi. lxxxiii, fîg. 2) ordinairement d'un beau vert-pomme, quelquefois d'un vert jauncître, entièrement recouverte de poils blanchâtres, plus fournis que chez les autres chenilles de Satyres, et dont ceux du dos sont dirigés vers la région anale; une raie dorsale d'un vert obscur, la stigmatale blanche ou jaunâtre ; le ventre, les pattes et la tète d'un vert obscur, les pointes anales souvent lavées de rose. Cette chenille vit sur diverses Graminées, particulièrement sur le Paturin des prés (Poa pratensis); elle passe l'hiver engourdie sous les feuilles sèches, après avoir subi sa première mue, et continue de croître au printemps suivant, jusqu'à la fin de mai ou au commencement de juin, époque à laquelle on la trouve d'ordinaire parvenue à toute sa taille; alors elle se suspend à un brin d'herbe, pour devenir chrysalide, et le papillon éclAt quinze jours après. Chrysalide (pi. lxxxhi, fig. 2 a) d'un vert pâle ou jaunâtre, avec raies longitudinales brunes ou jaunâtres , le dos garni de deux rangées de tubercules de même couleur, peu saillants, la tète en croissant oubifidc. — S. Tilhoïish, Linn., ou Titlionius, l'Amaryllis de Geoffroy, presque aussi abondant que l'espèce précédente et volant à la même époque, également des îles Britanniques, the Gâte Kceper, de tous les bois, sur les Ronces et Bruyères; le mâle de 37 millimètres d'envergure, ayant les ailes fauves bordées de brun ; les supérieures ayant sur le disque une tache oblongue, velue, noirâtre, fondue sur les bords, partant du bord interne, et un œil apical noir, à deux pupilles blanches, les inférieures dentées et obscures à la base, dont le dessous est d'un gris roux vers la ligne médiane, qui est éclairée d'une bande jaune, et sur celle-ci trois ou quatre points blancs entourés de roussâtre, les deux supérieurs isolés. Femelle plus grande, d'un fauve plus clair, n'ayant pas la tache noire discoïdale sur les ailes supérieures. Chenille pubescente, tanlôt verte, tantôt grise ou bleuâtre, avec une ligne vasculaire plus foncée et deux stigmatalcs blanches, la tête ferrugineuse, les pattes et les pointes caudales de la couleur du corps. Elle ne paraît qu'une fois et vit sur le Paturin annuel [Poa anima), se métamorphose dans le courant d(! juin, le papillon éclosant au bout de quinze jours. Chrysaiide suspendue, courte et légèrement bifide aniéricurcmcnt , verle ou grise, avec quelques taches noires sur les fourreaux alaires , les stig-

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