II. — Légion des IIÉTÉROCÈRES
Comme nous l'avons dit, les Hctérocùres présentant des anleimes de toute forme, même en massue avec ou sans crochet, correspondent aux genres Sphinx et Phalœna de Linn.Tus, aux papillons Crépusculaires et Nocturnes des anciens auteurs, aux Clialinoptères de M. E. Blanchard, nom que nous n'avons pas adopté, en raison des variations de l'existence du frein.
Corps tantôt très gros et très grand, tantôt très petit, relativement aux ailes, et n'offrant jamais d'étranglement entre le thorax et l'abdomen. Antennes de toutes longueurs et d'aspect varié, en fil, en soie, plus ou moins renflées au milieu ou avant l'extrémité, diminuant de grosseur de la base à la pointe, munies de dents de scie, ou de barbules plus ou moins longues, de poils épars, ou en séries uniformes, ou en verticilles, généralement plus courtes et moins garnies ou même dépourvues d'appendices chez les femelles, parfois d'une longueur démesurée chez les mâles (Adules) ; toujours des yeux composés, quelquefois des stemmates sur le vertex; les quatre ailes ne se relevant presque jamais perpendiculaires au corps dans le repos, parfois étalées à plat (certains Attaciens, la plupart des Phaléniens), le plus souvent en toit horizontal ou incliné (Chéloniens, Noctuéliens, Pyraliens, etc.), parfois enroulées autour du corps et l'enveloppant comme un fourreau (beaucoup de Tinéiniens). — Chenilles de formes très variées, ayant de seize à dix pattes, certaines de celles-ci parfois en appendices détournés de leur fonction ordinaire (D/cranura, Harpya, etc.), le corps glabre, ou pubescent ou velu et parfois avec des tubercules épineux ou de très longs poils (certains Bombyx, Chelonia, etc.), ou entouré de matières ligneuses ou autres diverses formant des fourreaux supplémentaires (Psychés, Coléophores, Teignes, etc.). Elles se métamorphosent ou à nu sur la terre, ou en dessous, parfois dans l'intérieur des tiges ou des racines dont elles se nourrissent, ou dans des galeries ou mines à l'intérieur du parenchyme des feuilles, ou bien dans des cocons soyeux ou papyracés, soit purs, soit mêlés de grains de terre ou de sable, de sciure ligueuse, de parcelles de branches ou de feuilles, d'excréments sec», etc., soit dans des coques de parcelles terreuses réunies par une salive visqueuse durcie, soiteniin dans une feuille roulée en cornet et retenue par des fils de soie ou entre plusieurs feuilles maintenues voisines pur des liens soyeux. — Chrysalides non anguleuses, généralement mutiqucs, quelquefois i^arnies de poils.
LesHétérocères nous présentent des espèces séricigènes, utilisées par leurs cocons soyeux, pouvant devenir la base d'une industrie de premier ordre ; par contre, c'est dans ce groupe de Lépidoptères que nous
trouvons les espèces les plus nuisibles aux champs, aux forêts, aux jardins, et, pour certaines, à nos vêtements, à nos meubles, à nos provisions, ces espèces nuisibles appartenant principalement aux Microlépidoptères. Il y a, dans divers genres d'Hétérocères, des femelles frappées d'atrophie alaire, chez lesquelles les ailes manquent quelquefois complètement ou sont réduites le plus souvent à des moignons impropres à la fonction du vol. Il y a là un caractère d'infériorité lié dans un certain rapport à. la vie crépusculaire et i\ l'absence de spiritrompe et par suite d'alimentation à l'état adulte ; jusqu'à présenties Rhopalocères n'ont pas présenté de faits analogues.
Les tribus que nous établirons dans les Hétérocères sont les Ca.stniens, les Hépialiens, les Cossiens (Cossus et Zeuzera), les Sésiens, les Sphiîifiiens, les Zygéniens (avec Syntomis, Glaucopis, Âglaope, etc.), les Lithosiens (avec Eiichelia), les Chéloniens (y compris les Aganaïdes et les Agaristides),\es Bombyciens{'Vcv à soie du mûrier, Liparis, Orgya, Cocliopodes, Limacodes, Bombyx, Lasiocampa, etc.), eu y rattachant la famille aberrante des Psychides, les Attaciens ou Saturnietis, renfermant les Vers à soie autres que celui du mûrier, les Uraniens {Cydimon- Leilus, Urania Riphcus), les Noctuélicns, tribu considérable commcnçunt pa les Erebus, se terminant par des Deltoïdes, Herminia, Hypena, etc.
ViennenteniiulesMicrolépidoptères, mot qu'ilnefautpas prendre dans un sens trop absolu, car certains genres sont de taille presque moyenne, et il y a des Psychides, des Noctuelles et des Phaléniens {Acidalia, Eupithecia) de taille très exiguë. Nous rangerons dans les Microlépidop- (èrcs les tribus des Pyralicns (Botys, Crambxis, Galleria, Asopia, etc.), (les Tortriciens, des Tinéiniens, des Ptérophoriens et des Alucitiens; ces deux dernières tribus offrent un caractère de dégradation alaire, consistant en séparation de leur membrane suivant les nervures, de manière à former des|lanières ou plumules séparées.
TuiBU DES CASTI^'IKM*^.
Tèlc relativement petite, munie de deux stemmates. Antennes rigides, renflées insensiblement en fuseau, puis amincies, parfois en entier fusiformes, avec une petite houppe à la pointe, cette houppe visible à la loupe. Spiritrompe 1res distincte. Palpes saillants, eu général bien articulés. Ailes très larges, très amples, à écailles très fortes, accumulées et très fragiles; ailes supérieures à cellule discoidale courte et fermée, le troisième rameau costal formant une aréole avec le tronc des rameaux inférieurs et déviant pour aboutir au bord externe; troisième rameau inférieur passant sur celui-ci pour aboutir à la côte; nervure composée postérieure dédoublée pour former une" aréole avant les rameaux, chaque tronc en donnant deux; deux ner vures simples postérieures, la seconde dédoublée à la base pour former