TÉTRAMÈRES
EULOPHl'l^, Geoffroy. — Tête courte et large ; antennes de 9 articles chez les mâles, 3, 4 et 5 émettant une longue branche à leur base ; de 8 articles simples chez les femelles. Pattes simples, droites, subégales. Abdomen déprimé, sublinéairc, un peu plus étroit que le thorax.
Les Eulophes, qui comptent en Europe près de deux cents espèces, vivent surtout aux dépens des chenilles de Noctuelles et de Microlépidoptères, et par suite nous sont fort utiles. ]/E. pectinicornis, N. d'Es., de 2 millim., est d'un brun noirâtre bronzé, à ailes diaphanes, à jambes et tarses jaunâtres (pi. i.xxix, fig. 15; 15 c, antenne du mâle-, 15 b, antenne de la femelle). L'^. ramicornis, GeolVroy, de même taille, est d'un vert cuivreux brillant, avec les appendices fauves en partie. Ces deux espèces, répandues dans presque toute; l'Europe, se prennent à la fin de l'été, en fauchant sur les fleurs.
ÛO HYMÉNOPTÈRES.
TRIMÈRES.
Les Chalcidiens à trois articles aux tarses sont peu nombreux. Nous citerons seulement un fort curieux genre, de l'extrême midi oriental de l'Europe et des îles de l'Archipel, le genre Blastophaga, Gravenhorst, ayant des analogies avec le genre Agaoïi, à. mandibules munies à la base d'une lamelle cornée subovale, à palpes maxillaires réduits à une soie, à pattes des paires 1 et 3 courtes, avec grandes cuisses ovales et jambes triangulaires. Ce genre, de place incertaine, paraît se rapporter à l'ancien Cynips psenes de Linnœus. Un autre genre, Stjcophaga, Westw., a les mandibules ordinaires, les pattes comme les Blastophaga, et une longue tarière à trois soies égales. Tous ces insectes sont encore très-mal connus. On leur attribue le phénomène de la caprification, ou pratique par laquelle on fait grossir les figues dans le Levant, l'Archipel, la Grèce, le Tyrol, la Kabylie, etc., en suspendant de place en place entre les Fi'guiers des figues sèches d'où s'échappent ces petits Hyménoptères qui s'introduisent dans les figues encore jeunes. On ne sait trop s'ils provoquent la fécondation des fleurs femelles, ou si leurs piqûres accélèrent la maturation, comme cela se remarque souvent pour les fruits percés par des insectes variés. Sont-ils attirés par des larves dans lesquelles ils pondraient? Toute cette question de la caprification est encore fort obscure et a besoin d'études cntomologiques sur place. Tournefort a décrit cette pratique dans son Voyage au Levant et âa.n%leè Mémoires de rAcad. des se. de Paris en 1705. On consultera sur cette question spéciale : J. 0. Westwood, On Caprification as practised upon the Figs in the South of Europa and the Levant, with Descriptions ofthe Insects employed for that pur pose, etc. {Entom. Soc.of London Trans., 1837-18Ù0, t. Il, p. 21/i-22Zi ; Revue zoolog., 18/|1, p. 13Zi). — G. Gasparrini, Ricerche sttUa natura del caprifico, e del Fico e sulla caprificazione (Naples, 18Zi5, in-Zi" avec 8 pi., 97 pages). — Colonel Marlin, Caprification du Figuier en Kabylie {Bulletin Soc. d'acclim., S'' série, 1869, t. VI, p. 62'2).
Bibliographie dos €l\aiciAien». — Fr.\\a.\ker, MonographiaChalciditnm [Entomol. Magazine, 1 833, 1835, 1836, 1837, 1838).— Nombreux mémoires sur les Chalcidiens répartis dans les recueils suivants : Auîi. of Natui-al ///sforj/, 1838, 1839, 18/i0,18/|/4,18/t6,18i8,18Zi9, 1850, 1851, 1852; AVwmwn's Entomologist, 1 8/i0-18/t2 ; NewmansZoologist,i 8/i5, 18'|6 ; Linnœan Society Trans., iSài; Journal of Entomology , 1862. — Arnold Fcirster, Fine Centurie neuer Hymenopteren {Rheinlande und Westfalens Verhandlungen, Bonn, 1851). Hymenopterologische Siudien, 1856, t. II. — D'' G, Mayr, Die europœischen Torijmiden, biologische und systemaiische bearbeitet Verhandl. zool.-botan. Gesellschaft in Wien, 187/i, t. XXIV, p. 53 à lZi3). Die europœischen Encyrtiden (même recueil, 1875, t. XXV, p. 675 à 779). Ces deux mémoires énumôrent les divers insectes d'où proviennent les Chalcidiens.
PROCTOTRlJPIE^S. 41
Tribu des proCTOTHIPIEHS.
Les Proctolrupiens sont de très-petits Hyménoptères, connus également sous les noms de : Codrini, Dalman, Kees d'Esenb. ; d'Oa:)/»?'£'.v, Latr. ; dePsilotes, Fallen; de Proctotrypidœ, Stephens. Leur couleur est généralement obscure, noire ou bronzée. Ils se distinguent des Chalcidiens par leurs ailes très-délicates et fortement irisées, iténéralcment dépourvues de nervures, et par leurs antennes, de 10 à 15 articles, de longueur ^ariable et moindre dans les femelles, mais qui ne sont jamais coudées, du moins à partir du second article, et le front n'ayant pas la fossette qui sert chez les Chalcidiens à loger le premier article. En outre elles ne se terminent jamais en massue bien marquée. Les mandibules sont plus longues que chez les Chalcidiens; les palpes maxillaires ordinairement longs et pendants, filiformes, de trois à six articles, les labiaux de trois. Les ailes des Proctolrupiens sont parfois rudimentaires et même peuvent manquer (femelles des Gonatopus). Chez les Mymarides les ailes sont fort singulières dansbeaucoup d'espèces, les postérieures très-courtes en forme de soie, les antérieures en long stylet terminé par une spatule, le tout bordé de longs poils. Les pattes sont longues, avec les cuisses souvent un peu en massue et les jambes antérieures munies d'un calcar arqué ; les tarses ont habituellement cinq articles, rarement quatre dans quelques genres. Les femelles aptères des Gonatopus ont les tarses antérieurs armés de deux grands crochets, fonctionnant, comme les pinces d'une écrevisse, pour saisir des insectes. L'abdomen, de cinq à sept segments, de forme ovale ou conique, présente dans certains genres, comme les Proctotrupes, une longue tarière saillante, arquée et aiguë, parfois au contraire, dans beaucoup de genres, conique, tubulaire et rctractile à l'intérieur, sortant à la façon d'un aiguillon, ce qui a embarrassé pour la place de certains genres, comme les Betinjlus, Latr., les Sclerochloa, Fùrster, ou Schlerudcrma, Klug, L;itr., Westw.
Les mœurs des Proctotrupiens sont entomophagcs, au moins jjourla très-grande partie, et pareilles à celles des Chalcidiens. Ce sont des' insectes agiles; quelques genres, en petit nombre, capables de sauter. Certains fréquentent les lieux sablonneux et dnauhi Gu}iatopus), d'autres courent à terie ; d'autres voltigent sur les céréales, sur les branches des arbustes, sur les plantes aquatiques, sur les plantes basses, etc., sui\anl riiabilation des larves dont ils se nourrissent. Certains ont leurs nymphes entourées de cocons filés par les larves, cocons très-minces, membraneux, agglomérés les uns contre les autres, enveloppés de la peau des victimes (certains Plalygaster). 11 y a des espèces vivant de Pucerons ou dans les galles, et des genres qui semblent ne nourrir leurs larves que des œufs des insectes. C'est ce qui a lieu pour le genre Telcas, Latr.,
dont certaines espèces sont très-utiles en détruisant les œufs de Bombyciens nuisibles, notanament des Bombyces neustrien et du Saule, de rOrgye antique, du Bombyce du Pin et aussi des Acronyctos (Noctuelles). Dans un genre voisin, les Telenomus 0';w?orum, Thomson, ci Phalœnarum, Nées d'Esenb., ont des mœurs analogues.
Le premier est indiqué aussi comme pondant dans les œufs de la Punaise oruée (Strachiaornata,\Ann.), Hémiptère pentatomien qui ravage les Choux. D'après Haliday, plusieurs larves peuvent se développer dans un seul œuf de Papillon. Lq. Cosmocoma ovitlorum, Halid. (Mymarides), pond dans les œufs de la Piéride du Chou. Plusieurs Platygaster, qu'on voit voler en été sur les glumes des céréales, nous rendent des services signalés en pondant dans les larves granivores des Cecidomijia Tritici et destructor. D'autres Platygastres vivent dans les larves des Cécidomyies gallicoles de divers végétaux. Les Diapria, qui paraissent souvent sortir du sol, vivent en larves, d'après Nées d'Esenbeck, dans les larves de Tipules terricoles. Les Belyta, les Cinetus, certains Proctotrupes, qu'on rencontre souvent en automne sur les Champignons, sont carnassiers internes des larves de Tipules fongicoles et de Mycétophiles (Diptères). D'après Haliday, les Bethylus ont au contraire des habitudes de Fouisseurs, enterrent les chenilles de Microlépidoptères, les entraînant à de grandes distances avec beaucoup de soins et de peines, et les enferman; avec leurs propres œufs dans des trous où, en naissant, leurs larves se trouveront entourées d'une nourriture propice.
Le Catalogue Kirchner divise lesProctotrupiens en onze familles, dont les principales ont pour types les genres : Dryinus, Proctotrupes, Latr., Teleas et Sparasion, Platygaster, Galesus, Diapria, Mymar, Helorus.
DRYIU'I'S, Latr. — Tête large et dilatée ; antennes de onze articles linéaires. Mandibules longues, étroites, dentelées nu côté interne; palpes maxillaires grêles et très-longs, de cinq articles. Corselet allongé. Ailes étroites, à cellule railiale allongée, atteignant le bout de l'aile ; lobule basai à l'aile inférieure. Pattes longues, à cuisses renflées, à tarses très-larges, à forts crochets. Abdomen convexe, court et ovalaire.
Une trentaine d'espèces d'Europe. Ex. : D. cursor, Haliday, d'Angleterre (pi. Lxxvi, fîg. 1). Nous représentons en outre les détails d'une espèce d'un genre très-voisin, mais privé d'ailes, d'aspect de Fourmi, Gonatopus formioarius, Ljungh, de France et d'Angleterre (1 a, mandibule; 1 b, mâchoire et palpe; 1 c, lèvre inférieure et palpe ; 1 d, patte antérieure avec tarse en pince).
HKliOHiitJi, Latr. — Antennes de quinze articles. Mandibules recourbées et tridentées au coté interne; palpes maxillaires de cinq articles. Ailes larges et pubescentes ; un lobule basai à l'aile inféiieure. Pattes simples et subégales. Abilonien convexe, à long pédicule cylindroïde, à tarière cachée.
HELORUS, SPARASION, GALESUS, INOSTF.MMA. U^
Peu d'espèces en Europe, dont le type de presque tout ce continent, mais assez rare, est ÏH. anomalipes, Panzer, d'un noir brillant avec les pattes rousses en partie (pi. lxxvi, fig. 2 ; 2 a, antenne; 2 b, mandibule; 2 c, mâchoire et palpe; 2 d, lèvre inférieure et palpe; 2 e, labre).
I^FAH.%!!ilO.\, Latr. — Corps allongé . Tète à face subtriangulaire ; antennes de douze articles, filiformes, un peu renflées au bout dans les femelles. Palpes maxillaires de cinq articles. Thorax rétréci en avant en cou. Pattes grêles. Abdomen long, à tarière cachée.
Le type, d'Angleterre et de toute l'Europe centrale et méridionale, est le S. frontale, Latr. fpl. lxxvi, fig. 3; 3 a, tête de profil; 3 6, mâchoire et palpe). 11 est noir et ponctué, et la tôte a un tubercule cornu au-dessus des antennes. Ce genre compte très-peu d'espèces. Le genre voisin, Teleas, Latr., compte une quinzaine d'espèces en Europe, et il y en a une trentaine dans un autre genre très-rapproché, Prosacantha Nées d'Esenb. Nous représentons les détails du P. c/aiior, Halid., d'Angleterre (pi. Lxxvr, fig. 7, antenne du mâle; 7 a, antenne de la femelle, élargie au bout; 7 6, mandibule; 7 c, mâchoire avec palpe de trois articles; 7 d, lèvre inférieure avec palpes très-réduits).
tiAl.ESlS, Curtis. — Antennes de quatorze articles dans les mâles et douze dans les femelles, se renflant au bout. Corselet très-rétréci antérieurement. Ailes sans cellules. Pattes grêles et longues, à cuisses renflées. Abdomen pédicule et ovalaire, la tarière caciiée.
Très-peu d'espèces. Citons le G. fuscipennis, Curtis, noir, à ailes trèsrembrunies (pi. lxxvi, fig. U; ha, antenne de la femelle ; U b, antenne du mâle), d'Angleterre et d'Allemagne. C'est probablement le même que le Basahjs fumipennis, Westw. Dans le genre Cinetus, Jurine, les antennes sont filiformes, sans renflement à l'extrémité. Ex. : C graciUpes, Curtis, d'Angleterre (pi. i.xxvi, fig. 8, antenne).
lliOSTKlfl.lf.%, Haliday. — Antennes de dix articles, dont les quatre derniers en massue. Palpes maxillaires et labiaux très-courts et de 'deux articles. Ailes ayant une nervure sous-costale épaissie vers le bout. Pattes grêles, à cuisses renflées à l'extrémité. Abdomen très-aplati, allongé, en spatule, attaché au thorax par un très-long pédicule et ayant, chez la femelle, une sorte d'appendice arqué renfermant la tarière, partant du premier segment et remontant sur le thorax.
Une douzaine d'espèces en Europe. Le type d'Angleterre, de France, d'Allemagne est 17. Bosci, Latr., noir, les bouts des pattes jaunes (pi. LXXVI, fig. 5; 5 a, abdomen de la femelle très-grossi). Le genre trèsvoisin, Platygaster, Latr., compte plus de cent espèces en Europe.
M"*'M.%R, Haliday. — Tête large; antennes longue^, surtout celles des mâles, qui ont trois articles ; celles des femelles de neuf articles, se terminant en massue inarticulée. Thorax convexe et ovalaire. Ailes antérieures très-longues et trèsetroites, terminées par une palette membraneuse garnie de longs poils. Ailes postérieures réduites à un simple filet. Pattes très-grèles et très-longues, à tarses de quatre articles. Abdomen à pédicule aussi long que lui.
Le genre Mymar donne son nom à une famille formée de plusieurs genres, avec la forme si bizarre des ailes. Nous représentons (pi. lxxvi, fig. 6) le M. pulchellus, Curtis, d'Angleterre et d'Allemagne, d'un jaune obscur, les ailes diaphanes avec leur extrémité noire.
Bibliographie des Proctotrupiens. — Haliday, Entomolog . Magazine, 1833, t. I. — Fr. Walker, On the Species o/' Pi.atygaster, etc. {Entomolog. Magaz., 183G, t. III, p. 2l7-27Zi). On the Species o/' Tei.eas (isniom. Magaz., 1836, t. III, p. 3/IJ-370). Description of the Mymarid.e {Ann. Xatur. Histonj, 18/i6, t. XVIII, p. /i9-5Zi). — Arn. Fiirster, Ueher die Familie der MymaridenlLinnœa entomolog ica, 18Zi7, t. II, p. 19i-133). Hijmenopterische Stiidien, t. II, pour les Proctotrupiens en général. — J. 0. Westwood, Further Notices of the British parasitic Hymenopterous Insects (fam. CHALCiDiihi:, Proctotrupid.«, etc.) {Magaz. of Natiir. History, 1833, t. VI, p. hiU-ll21).
Tribu des ÉVAIWIEMS.
Les Évaniens forment en entomologie un de ces groupes qui sont comme les points singuliers dans certaines courbes de la géométrie analytique. On ne sait trop où les mettre, parce qu'ils ont des caractères mixtes. Le Catalogue de M. L. Kischner, suivant complètement les idées de Latreille, place les Évaniens entre les Cynipiens et les Iclincumoniens; ils seraient mieux, d'après les mœurs de certains genres et leur longue tarière, entre les Ichneumoniens et les Draconiens. Jurine, attachant trop d'importance à la singulière insertion de l'abdomen dans les genres les plus caractérisés des Évaniens, divise les Hyménoptères en trois principales sections : 1° abdomen sessile {Tentlurdinidœ et Siricidœ); 2'' abdomen pétiole, le pétiole placé au-dessus du thorax {Evania, Fœnits, Aulacus, etc.) ; 3" abdomen pétiole, le pétiole fixé après et derrière l'abdomen. Tout le reste de l'ordre.
Les antennes sont fortes dans les Evania, Brachygastcr et Fœnus, grêles dans les autres genres. Les cellules alaires ofl'rent les plus grandes variations, très-complètes chez les AnUuus, Jurine, plus ou moins marquées chez les Evania, obsolètes dans les Pelecinus. La tarière des Evania et des Fcenus est très-longue; elle est cachée dans les Pelecinus : c'est un double fait analogue à ce que nous avons vu pour les divers genres des Ichneumoniens et des Braconiens.
ÉVANIENS. — EVANIA. Û5
Il est très-probable que tous les Évaniens {Evaniadœ, Leacli, Evanialcs, Latr. , Evanidœ, Westw.) vivent à l'état de larves dans le corps d'autresinsecles; mais comnne ces Hyménoptèressonttoujoursassez rares, leurs mœurs sont mal connues. On sait que les Evania cboisissent les Blattiens comme victimes, et pondent, dit-on, dans la capsule ovigère des femelles. Comme certains de ces Orthoptères sont cosmopolites, il ddit eu être de même de leurs Évaniens parasites. Ainsi il est probable que les Brachygastpr minutus, Olivier, et Evania fulvipes, Curtis, sont indigènes, car on les a trouvés sous des pierres et dans les sols pierreux et pleins de plantes basses où courent nos petites Blattes silvatiques, notamment VEctobia lapponica. Au contraire, l'espèce type, E. appendigaster, qui s'attaque au Periplaneta orirntalis, est probablement un insecte importé avec sa Blatte; on- le voit voler le long des murs des maisons et dans les appartements, et il faut respecter cet utile insecte, malheureusement trop rare. Les Fènes sont regardés depuis longtemps comme Parasites des Apiens et des Fouisseurs; on ne sait si les femelles s'introduisent dans les nids pour y pondre, ou si, comme le Mesosleniis (jladiator, elles en percent à l'extérieur les parois avec leur longue tarière. M. Westwood a rencontré dans la saison chaude le Fœnus jaculator (Fène lancier) voltigeant sur de vieilles murailles où se trouvaient des nids de VOsmia bicornis. Le docteur Giraud a obtenu le F. affcctator des nids de VOsmia tridentata, et le F. jaculator du Tripu.rijlun figulus.
L'aspect des Évaniens, dans leur vol toujours lent, est fort curieux : l'abdomen, qui semble un organe accessoire et insignifiant, se tient relevé et étendu dans toute sa longueur, tandis que les pattes postérieures, également tendues, se rapprochent l'une de l'autre et se jettent en arrière, en contre-poids. Latreille dit que ces insectes au repos s'accrochent aux plantes par leurs mandibules, et restent alors verticaux.
GENKES PRINCIPAUX.
r.VA.\l.%, Lalr. — Antennns de treize articles dans les deux sexes, filiformes, un peu jilus longues que le corps. Pattes assez grêles, les ])ostérieures trèslongues. Forme générale courte l't trapue, due à un abdomen dépassant à peine l'origine des pattes postérieures, petit, comprime, le premier segment en pédicule fililorme et un peu arqué, attaclié près de la base du niétatliorax.
Les Évanies, vues au \ol, ont un profil de l'abdomen ovalaire chez les mâles et tronqué en triangle chez les femelles, avec une tarière insérée en dessus, s'écartant de l'extrémité tronquée et à peu près de la longueur de l'abdomen. Ces insectes peuvent retirer les pattes et les anteiHies contre le cor[)s, dans de larges sillons creusés dans le thorax et la tète pour les recevoir. iNous représentons, planche Lxxvn, lig. 1,
VE. lœvigata, Oliv., espèce noire de Cuba, mâle (1 a, le même de profil ; 1 6, abdomen du mâle grossi, ovale et terminé par deux petits appendices coniques ; 1 c, abdomen de la femelle grossi et sécuriforme), et, fig. 2, l'abdomen du mâle de ÏE. appendigaster, Linn., espèce cosmopolite comme la Blatte orientale, d'Angleterre, de France, d'Allemagne, d'Algérie, de l'île Maurice, de Mozambique, du Brésil. Il y a une trentaine d'espèces d'Evania, des diverses régions des deux mondes et d'Australie. Le genre très-voisin Drachygaster, Leach (type B. minutus, Oliv.), d'Angleterre, de France, d'Algérie, présente de petites espèces à ailes à peine nervulées, à pattes plus épaisses, avec les postérieures moins longues que chez les Evania.
PEI<Erixr«, Latr. — Antennes longues et très-cjrêles, de treize articles. Ailes très-imparfaites, sans cellules déterminées. Pattes longues, surtout les postérieure», leurs jambes renflées en cylindre et non comprimées, comme dans les Fœnus. Abdomen inséré en dessus du métliathorax, de six segments dans les deux sexes, le premier en très-long pédicule filiforme, les cinq autres en renflement piriforme chez les mâles, très-longs et grêles chez les femelles, le dernier court, simulant un crochet; sans tarière visible.
Les Pélccines sont exclusifs aux régions chaudes des deux Amériques. Le type est le P. polyturator, Drury (syn. polycerator^ Fabr., Latr.), des Antilles et du Brésil (pi. lxxvii, fig. 3, femelle),
FŒ:!*ir!i,Fabr. — Corps long et étroit. Tête semi-ovoide; antennes assez courtes et assez épaisses, de treize articles chez les mâles, quatorze chez les femelles. Prothorax rétréci en forme de cou. Pattes à cuisses et jambes élargies et comprimées, les postérieures plus longues et plus fortes, toutes logées au repos dans des rainures du thorax. Abdomen à long pédiciite, comprimé et plus épais à l'extrémité, avec tarière de la femelle saillante, à trois soies écartées, un peu moins longue que le corps.
Les Fcemts ont les ailes inférieures dépourvues de cellules et à nervures obsolètes. Ils comptent une quinzaine d'espèces des deux hémisphères, d'Australie et de Tasnianie. Le type, de toute l'Europe, est le F. jaculator, Linn., qu'on voit -Noltiger, mais assez rarement, sur les murs, les troncs, les talus. Il est noir, avec les bouts des pattes, les premiers segments de l'abdomen, la tarière, roussàlres. Nous représentons (pi. Lxxv]i, fig. Zi) la femelle d'une espèce exotique, de plus grande taille, de coloration analogue, le F. capensis, Aud.-Serv., du Cap.
itibiiographic «les Évnnicns. — De Romand, Sur le gonre Pelecinu.? {Magas. de zooL, 1840, Insectes, pi. xlviii et xlix; 18Zi2, pl.xcvi). — M.Spinola, même recueil, 18^0. -— Klug, Zeitschrift fur die Entomologie, \^ki.
CTNIPIENS. 47
t. 111, p. 377. — Sur le genre Evama, (iuér.-Mén. {Reçue zojIo<^i. de la Soc. Cuviérienne, 18Zi3, p. 338). — J. 0. Weslwood, On Evama and some allied gênera of Hymenopterous Insects (Enlom. Soc. of London Trans., 18/il-18Z|2, t. m, p. 237-278).
Tribu des CY^IPIEWS.
Les mœurs des Hymeiioptùres de cette tribu sont fort curieuses. Il en est qui sont analogues aux entomophages des tribus précédentes et pondent leurs œufs à l'intérieur du corps de diverses larves; mais la plus grande partie piquent les organes les plus variés des végétaux, même les racines, au moyen d'une tarière pourvue de muscles puissants et dentelée à l'extrémité : de cette piqûre, et probablement sous l'action de liquides particuliers, résulte, par afflux de sève détournée de sa fonction normale, la production de galles les plus diverses, dans lesquelles se développent une ou plusieurs larves ayant des tubercules cbarnus, rudiments de pattes. Aussi nomme-t-on quelquefois GalUnsectes les Cynipiens, nom qui prête à confusion avec les Cocciens (Hémiptères homoptères. Ce sont les Diplolépaires de Latreille, correspondant au grand genre Cynips de Linnœus.
caraotèrcN génôranx. — Tète petite et transversale, avec antennes droites, de treize à quinze articles, plus courtes et plus épaisses chez les femelles. Mandibules courtes et épaisses, dentelées au bout. Thorax large, épais et ovoïde, avec hyperlrophie du mésothorax, à écusson grand et saillant. Ailes antérieures avec une cellule radiale et deux ou trois cubitales, les inférieures avec une seule et forte nervure, outre la costale. Abdomen généralement pourvu d'un pédicule court, comprimé, à profil subcirculaire, le premier segment très-grand, les autres courts, les arceaux supérieurs très-prolongés en dessous, de sorte que la face ventrale semble formée dune seule pièce carénée, saillante à l'extrémité, recouvrant une tarière le plus souvent cachée et dépassant à peine l'abdomen au repos (sauf les Ibalia), entourée de deux valves droites et larges à l'origine.
L'histoire des galles est la partie la plus intéressante de l'étude des Cynipiens, et offre encore beaucoup de faits à éclaircir. .Je tiens du doc* teur (iiraud que non-seulement les galles varient avec l'espèce de Cynipien qui les produit, mais peuvent dilférer pour le même insecte avec la partie du végétal piqué, son espèce, l'époque, etc. Comme l'a vu Réaumur, les œufs, par un fait d'endosmose, croissent en grosseur en même temps que la galle. I>es larves vivent plusieurs mois dans la galle sans que celle-ci cesse de s'accroître. Parfois la galle est caduque et se détache de l'arbre avec son insecte; mais le plus souvent elle persiste
us HYMÉNOPTÈRES.
après sa sortie, indiquée par un trou rond sur la galle. Souvent la nymphose et l'éclosion de l'adulte ont lieu dans la galle même, où l'adulte passe l'hiver pour ne sortir qu'au printemps; parfois les larves à leur grosseur quittent la galle pour se nymphoser en terre. Les galles sont dues à un grand nombre de genres de Cynipiens, les genres C//n«/w,Linn., Andricus, Hartig, Aphilotrix, Fcirster, Neuroferus, Ilartig, etc., Rhodites, Hartig, faisant naître les bédégars ou galles chevelues des Églantiers; Biorhiza, Westwood (syn. ApuphyUiis, Hartig), produisant surtout des galles sur les racines des Chênes, d'où sortent des Cynipiens aptères, comme B. optera, Fabr., ressemblant à des Fourmis, sauf leurs longues antennes droites et mobiles. Ces producteurs directs des galles ont une tarière courte et droite. Il y a des Cynipiens commensaux, à tarière très-longue et enroulée au repos en spirale, perçant les galles déjà formées pour y pondre, et dont les larves vivent à côté de celles du fondateur de la galle et de la même nourriture végétale. Ce sont surtout les Syncrgns, Hartig, habitant indilleremment des galles d'espèce différente (on en a trouvé six pour la galle à teinture du Chêne), les Sapholytus, Forster, Ceroptres, Hartig. Enfin on voit sortir des galles des Chalcidiens, comme les Eurytoma, les Callimome, à longue tarière, etc., les larves de ces entomophagcs vivant indifféremment des larves de l'auteur de la galle et de celles des commensaux. C'est le Chêne (1) qui présente le plus grand nombre de galles et des formes les plus variées, ainsi que leurs positions; galles des racines, piriformes, accolées les unes contre les autres parleur extrémité étroite; galles des écorces; galles des bourgeons, et en particulier celles en artichaut des bourgeons d'attenie gonflés et déformés; galles des feuilles, tantôt en forme de petites pommes rondes, dures ou molles et rouges, tantôt triquètres et plates, tantôt en di.sques circulaires rougeâtres, attachées sous le bord inférieur des feuilles par un court pédicule, lisses contre la feuille, velues du côté opposé, et prises pour des plantes parasites [galles en champignon de Réaumur); galles des chatons mâles ou galles en groseille de liéaumur ; galles des fruits ou des glands. Ce sont des Cynips qui produisent sur les bourgeons des Chênes du midi de la France, de l'Espagne et d'Orient, ces galles dures et rondes, tantôt lisses, tantôt hérissées d'aspérités, si riches en tannin, qu'on peut retirer par déplacement au moyen de l'éther. Le commerce en fait un grand usage pour la préparation de l'encre et des teintures noires, en les traitant, pilées ou concassées, par le sulfate de protoxydc de fer, qui se peroxyde peu à peu à l'air, et donne du tannate et du gallate de peroxyde noirs. Ce sont là les 7ioix de galle. Le commerce appelle galles blanches, celles récollées après la sortie de Vinsccic; galles vertes,
(l) G. Mayr, Die Ei/tmiet/ilfr ilei- vn'Ucli'uroïKr'ischrn EichcnguHcn (Ic-s Commensaux internes des galles du Clunie de l'Europe moyenne) (Ver/taru/i. zooL~ hoUtn. Gescllsch. in Wicu, 1872, t. XXll, p. GG9-726).
CYNIPIENS, h9
blriii's (11! jc'n/jï'.v, l'clicà qui le l'cnrcrmciit, ciicoi'c. iin ;i ciic tlaii^ l'Amérique du Sud des galles doimanl une leiiilure vei'te. Il y a des ,!,^•^ll('s analogues à des boutons, à des pustules rondes ou piriforme?, sur la surface des feuilles du Mètre, de l'Orme, du Peuplier. Certaines iiallcs ne sont pas des productions exform^s, surajoutées, mais des rentli^menfs de divers organes du végétal, ainsi des tiges de Honcc, de Chardon, de Scabieuse, etc. Vn petit Chêne des bords de la mei; .Morte porte des galles colorées dues à un Cynipien, ressemblant à des pommes ou à des poires, et qui ont beaucoup exercé les commentateurs de la lîible : ce sont les Pommos de Sodome (Mala Sodoriiiticu, Poiiia iii'<an(i), remplies, après dessiccation, d'une poussière trompeuse.
L'étiule botani(iue et chimique des galles a donné des résultats fort intéressants. La larve est entourée d'une couche alimentaire contenant une matière granuleuse opaque et azotée, et beaucoup de ctdlules amylacées, bleuissant par l'iode. Dans la noix de galle du Cijnips Oiilla' tinctoria', Linn., la masse alimentaire, entourant la larve, oll'rc envir(jn 1,5 d'azote pour 100, bien plus que le ma'is, un peu moins que le riz. Les larves de Cynipiens, au moment de la nymphose, renferment une quantité énorme de graisse et tachent fortement le papier buvard, même sans pression; ces larves, comme des bestiaux ou des volailles en stabulation, sont dans les meilleures conditions d'engraissement, isolement, repos, obscurité complète. Selon M. Ld. Prillieux, rectifiant les assertions de M. de Lacaze-Uuthiers, l'amidon ne servirait pas direcl<'ment à la nutrition de la larve; il se résorbe avant que sa dent ail pu l'atteindre, et à sa place apparaissent, dans la matière plasmalique granuleuse, de nombreuses gouttelettes de matière grasse, qui sont consommées par l'insecte parasite. On consultera, sur ce sujet spécial: de Lacaze-Duthiers, Rochnches pour servir à l'Itis'.nire des nalles (structure) [Comiit. rend, de l'Acad. des sciences, :1,S5.'), t. XXWI, p. G'20-G2,'j) — Id. et lîiche, Mémoire sur raliwenlation de quelques insectes gallicoles et sur 1(1 production de lagraisse(Compt. ?rnf/.,1853, t. XXWI, p.!)!)8-100J ; Aiin. se. v(it., Zfjoi.., 185/1, t. H, p. 81-105). — VA. l'riJlicux, Lludesur la fornuilion et le développement de quelques ijulles {Cumpl. rend Acud. des sciences, 187(), t. LXXXii, p. 1500).
Ises plus grandes incertitudes régnent encore sur la reproduction des Cynipiens. On avait admis la parthénogenèse pour un certain nombre d'espèces de Cynips et genres voisins pour lesquels l'élexage îles galles ne laissait jamais éclore que des femelles. On est conduit maintenaid à supposer, pour certains Cynipiens, des phénomèn("s de génération alternante. Le docteur Adier a le premier annoncé en Allemagne que les genres uniquement composés de femelles ne sont qu'un état intermédiaire ilans l'évolution de genres à sexes séparés : ainsi le Xeurolerus tenlicularis, Oliv., écl(M au printemps de galles brunes, aplaties comme uu bouldii de cliemise, appli(|uéi's eu unvembrc contre la l'ace inférieure des feuilles de Chêne et londjaut en lii\ci-. On n'en coniiait
GIRAKD. m — h
50 HY.MÉNOPTÈBES.
que des femelles qui piquent les bourgeons de Chênes et produisent des galles charnues et transparentes, comme un grain de groseille blanche, d'où sort le Spathegaslcr baccarum, Linn., d'un genre ayant des mâles et des femelles, celles-ci pondant, après accouplement, des œufs qui s'entourent de la galle du Neuroterus. Ces faits étranges, confirmés par les observations faites en Angleterre et en France (1), sont de nature à bouleverser toute la classification des Cynipiens, et à exiger la révision de l'important travail dans lequel M. Forster, multiphanl trop les genres, divise les Cynipiens en sept familles, dont les types sont les genres Ibaiia, Latr. ; Cynips, Linn. ; Allotria, Westw;. Eucœla, Wcstvi'. ; Megapelmus, Hartig ; OiiycJua, Holiday; Figites, Latr.
CYiNIPIENS GALLICOLES.
CVHIIl'Jii, Linn. — Antennes filiformes, de 1/1 articles dans les femelles, 15 chez les mâles (Westwood ; Hartig nie l'existence des mâles). Mandibules larges, tridentées au côté interne. Palpes maxillaires de II articles, le dernier plus gros. Thorax bossu et très-élevé ; écusson convexe, arrondi postérieurement. Ailes grandes, avec une radiale allongée et trois cubitales, la seconde très-petite, triangulaire. Abdomen court, comprimé latéralement en dessous, tronipié obliquement à l'extrémité.
Nous représentons la femelle, d'un fauve testacé, du C. calycis, Hartig (pl. Lxsix, fig. 1:1a, corps vu de profil ; 1 b, antennes ; 1 c, terminaison du palpe maxillaire). Ce Cynips, du midi de FEurope, produit sur la cupule du gland de Chêne des galles nommées gallons d'Espagne, employées en teinture dans divers pays, très-dures, Irès-irrégulières, couvertes de fortes aspérités, contenant au centre une coque ovalaire, longue de 5'"'", 5, large de /i""",5, assez dure, dans laquelle on trouve en hiver des Cynips tout formés. 11 est difficile de décider quel est Finsecte nommé par Linnajus C. tinctoria ou gallœ tinctoriœ. Boyer de Fonscolombe cite, en Provence, un Cynips [Diplolepis) gallœ iincloriœ, Oliv., long de 5 millimètres, testacé, l'abdomen brillant, avec le premier segment noir en dessus, ditl'érant à peine du C. Qacrcûs Tozzcv, Linn. (du Chêne tauzin), et pareil, mais de taille moitié, à celui qui sort de la galle d'Alep (la plus estimée en teinture), cette galle étant beaucoup plus hérissée de tubercules que la galle de Provence. Le catalogue L. Kirchner ônumère en Europe plus de soixante espèces de Cynips.
(1) P. ('amcron, Allevnanec de généraltmi chez les Cijnipides {Enloiti. Mo)illtlij MdfjiizinCj juin 1878, p. 12». — .1. Liclilensloin, l'cLilef' Nouvelles eniuin., luuiii'io du 1'-' mai 1878.
IBALIA, FIGITES. 51
CYNIPIENS ENTOMOPHAGES.
IB.%M.%, Latr. — Antennes filiformes, à articles cj'lindroïdes. Mandibules épaisses, bidentces au côté interne ; palpes maxillaires do 5 articles, le premier très-petit, le dernier grand et élar;j;i. Ailes ayant une cellule radiale longue et étroite, et trois cubitales, les deux premières très-petites. Abdomen comprimé latéralement dans toute son épaisseur, eu forme de lame de couteau. Lu tarière de la femelle saillante et relevée sur le dos.
Une seule espèce d'Allemagne et de France, rare, du printemps, I.culfellafor, Fabr., Latr. (pi. i.xxix, fig.2: 2 a, mandibule; 2 6, anlenne de la femelle; 2 c, id. du mâle ; 2 d, mâchoire et palpe; 2 e, lèvre inférieure et palpes labiaux (de 3 articles); 2 f, tarse postérieur; 2 g, abdomen de la femelle ; 2 h, id. du maie, vus de profil). Ce Cynipien, long de 6 millimètres, a le corps noir, les ailes diaphanes, l'écusson avec deux petits tubercules spiniformcs, l'abdomen ferrugineux; ses larves vivent à l'intérieur des Sirex juvenctis et mayus.
nCilTr.N, Latr. — Antennes des mâles de 14 articles, longues et sétacécs; celles des femelles de 13 articles, plus courtes, amincies au milieu. Ailes avec une radiale et deux cubitales. Écusson large, rugueux, avec deux cavités ou fossettes à la base. Abdomen ovalaire, convexe et arrondi en dessus, comprimé et tranchant seulement en dessous.
Les P''igitcs ofl'rent en Europe une quinzaine d'espèces dont le type, d'Ilalie, d'Allemagne, de France, de /i millimètres, d'un noir brillant, avec les ailes diaphanes et les pattes variées de brun roux, est le F. scutcllaris^ Rossi (pi. i.xxix, fig. o; 'à a, écusson grossi). Sa larve vit à l'intérieur des Sarcuphaga et des Musca domestica.
Les Euco'la, Westvv., sont parasites internes des Af/romyza (Diptères) et aussi des Scohjtus; les Allotria, y<c?,i\\., de très-petite taille, nombreux en espèces, vivent dans les Apliidiens.
BihiioKrnpiiie. — Boyer de Fonscolombc, Description des insectes de la famille des Diplolépaires, qui se trouvent aua: environs d\iix en Provence {A7in, se. nat., 1832, t. XXVI, p. 18Zi à 198). — Fr. Walker, Observations ou the Brilish Cynipites {Entom. Magaz., 183(5, t. 111, p. 1.^)9-170). — Theodor llarlig, Ueber die Faniilic der (ialhresprn (Gcrmar ZeHscJirijï enlom., 18Z|0, I. Il, p. 176-209) (21 genres, 123 espèces); Nachtrag zttr Naturgeschiclite der (lallir('spe)i {Germar Zeitschrift entomol,,i8hi, t. III, p. 328-3r)8 ; 18/i3, t. IV, p. 3y5-/|22). — A. Fcirslcr, Ueber die Galltcespcn {Verhandl. zool.-bot. Gesellschaft in U'ieti, 1809, t. Xl\, p. 327-370).
r)2 HYMÉNOPTÈRES.
Sous-Ordre des HYMÉNOPTÈRES TÉRÉBRANTS
A ABDOMEN SESSILE.
Larves pcdiculées, à aspect de clicnilles, phytophages, vivant à découvert sur les feuilles ou à l'intérieur des tiges.
Tribu des TEIVTHRÉDIMIEN.S.
Ces insectes font comme un passage des Hyménoptères aux Lépidoptères par l'abdomen sessilc, aussi large à la base que le thorax, contre lequel il s'applique dans toute son étendue, et par les larves dites fausseschenilles, en raison d'une ressemblance assez éloignée avec les chenilles et de leur mode de nourriture. La véritable place de ces insectes parmi les Hyménoptères résulte de leur état nymphal, présentant les organes de l'adulte seulement recouverts d'une cuticule, la larve restant souvent très-longtemps dans le cocon filé par elle avant de devenir nymphe, fait fréquent chez les Hyménoptères nidifiants. La tarière de ponte des femelles rentre aussi dans le type général de l'aiguillon et de la tarière des Ichneumoniens. Elle offre extérieurement deux valves ou demifourreaux ; intérieurement, et fixés à l'arceau abdominal supérieur, deux slylels garnis d'entailles en dents de scie, servant à inciser les pétioles ou les nervures des feuilles, ou les rameaux verts, pour y déposer les œufs, et moyennement deux pièces séparées représentant le gorgeretdc l'aiguillon, le cylindre incomplet des Ichneumoniens et autres Térébranls. Les entailles de la tarière et son rôle ont fait donner aux Teuthrédiniens, par les anciens auteurs, le nom de Mouches à scie.
Les autres caractères sont les suivants : Corps un peu mou. Antennes très-variables comme forme et nombre d'articles. Labre ordinairement transversal, subcarré, à angles antérieurs arrondis et vekis. Mandibules allongées, dentées au bout ; mâchoires longues et bilobées, avec palpes de six articles; lèvre trifide ou trilobée, à palpes de trois articles. Thorax grand, généralement plus large que la tête, le mésonotum n'étant séparé de l'écusson par aucune ligne transverse. Ailes amples, divisées en cellules nombreuses et complètement fermées, ainsi souvent deux radiales, quatre cubitales, et une cellule spéciale à la région inférieure de l'aile antérieure, dite cellule pétiulée (G. Thomson). Pattes de longueur moyenne; les jambes antérieures munies le plus souvent de deux éperons ou calcars, les jambes postérieures parfois sans éperon, parfois éperonnées vers le milieu, les quatre premiers articles des tarses ordinairement munis en dessous de pelotes membraneuses. Abdomen de neuf segments, le dernier arceau ventral entier chez les mâles, fendu chez les femelles pour loger la tarière, ordinairement cachée ou ne montrant que l'extrémité, rarement saillante et à peu près d(î la longueur de Labdomcu {Xyela).
TENTHKÉmiSlEiNS, 5S
Les Tenthrédiniens adultes sortent ordinairement des cocons au printemfjs et butinent sur les fleurs, surtout les Ombellifères, se nourrissant de nectar. Il y a par exception des espèces carnassières : ainsi Tenthredo viridis, Linn., des lieux humides plantés de Saules, saisissant les insectes au vol. Les Tenthrédiniens pondent leurs œufs le plus souvent en série dans les entailles pratiquées par la tarière, parfois sur le bord des feuilles, ou sous les nervures, en sorte de grains de collier, parfois en niasse à la surface des feuilles. Ces œufs sont, le plus souvent, entourés d'un liquide écumeux, et, comme ceux des Cynipiens, souvent s'accroissent après la ponte, au point de doubler de grosseur, en même temps qu'augmente l'entaille faite pour les recevoir. Il y a des espèces de Nematus, des Groseilliers et des Saules, dont les œufs s'entourent de galles contenant une ou plusieurs larves.
On a signalé la parthénogenèse chez des Tenthrédiniens, ainsi chez Pœcilostoina pulveralum, Fallen, ou obfsum, Klug. Des femelles sorties de cocons et bien séquestrées ont pondu des œufs fertiles dans lesquels, au bout de huit jours, le microscope a montré la future larve repliée à l'intérieur (1).
iiCs larves des Tenthrédiniens sont parfois très-nuisibles par leur nombre immense sur les feuilles, et certaines espèces sont des fléaux pour la grande culture rurale ou forestière : ainsi Athalia Spinarum pour les Crucifères rurales, Lopfnjrus Fini pour les Conifères, Cephus pijgmœus pour les Céréales. KUes sont heureusement attaquées, à la façon des chenilles, par un nombre considérable d'entomophages internes. Leur corps ofTre douze segments, outre la tète, celle-ci ayant ini labre généralement échancré, des mandibules épaisses et fortement dentées, des mâchoires bilobées avec palpes de quatre articles, une lèvre petite et charnue avec palpes de trois articles, ayant en dessous un trou orifice de la filière, comme chez les chenilles. Ces fausses-chenilles di lièrent des chenilles par plusieurs caractères. Leur tête est ronde, globuleuse, dépourvue du sillon médian qu'on voit sur la tète des chenilles, dont le vertex écailleux est d'ailleurs plus aplati. On sait que les chenilles ont six stemmates de chaque côté, qui sont bien de vrais yeux simples (ce qui n'est pas le cas des stemmates des insectes adultes) par la cornée et par la partie nerveuse. Chez les fausses-chenilles, il y a cinq stemmates de chaque côté (Leydig), et non deux, comme le dit Lacordaire; leur structure interne n'a pas été étudiée. Au-dessous de ces stemmates sont deux très-petites antennes coniques. LUes ont, comme les chenilles, six pattes écaiUeuses ou thoraciques, et, en arrière de celles-ci, des fausst!s pattes, membraneuses, transitoires; mais leur nombre n'est pas le même. Chez les chenilles il y en a dix, ou j)arfois six et même quatre (di'nii-arpcnteuses el arpenteuses) ; les fausses-che-
• (1) I'. Cameroii, Farlhénogenèse chez des Tent/irédi/iides [E/iloiu, Mont/t/ij Magaz., juin 1878, p. 12).
nilles on ont en général 16, l/i ou 12, parfois, au contraire, par exception, Zi, 2 ou pas (genre Lyda). Leur structure n'est pas celle des chenilles; elles n'ont pas la couronne de crochets arqués avec lesquels la chenille se cramponne au pétiole en pliant en pince la fausse patte. Les fausses-chenilles se tiennent souvent roulées en spirale sur les feuilles, redressant vivement la tête ou la partie opposée, si on les inquiète; souvent elles laissent suinter des liquides de mauvaise odeur, jaunes ou verts, dans lesquels elles sont comme baignées et qui sont éjaculés de pores latéraux. Elles sont ou vertes de diverses nuances, ou jaunâtres, ou d'un jaune-citron ou ocreux, souvent avec des taches ou des lignes foncées. Elles changent quatre fois de peau, comme la plupart des larves des insectes à métamorphoses complètes. A la fin de leur existence, beaucoup se filent des cocons soyeux, fixés aux branches ou aux feuilles, fortement incrustés d'une résine brunâtre; il en est qui s'enferment dans les tiges qui les ont nourries, s'entourant de débris ligneux: ainsi Emphytus cinchis sur le Rosier; d'autres descendent sur le sol et s'entourent de loges terreuses. Si beaucoup deviennent promptement nymphes dans les cocons, il en est qui restent plusieurs mois, et même tout l'hiver, à l'état dormant, n'opérant la nymphose qu'au printemps.
GENRES PRINCIPAUX
CIMBEX, Oliv. — Corps massif. Antennes courtes, terminées pnr une forte massue. Mandibules très-grandes, joues gonflées. Trois ocelles en triangle. Aux ailes antérieures, deux cellules radiales et trois cubitales. Jambes postérieures sans épines ; cuisses postérieures larges et renflées. Abdomen épais, à bords latéraux tranchants; tarière cachée.
Les Cimbex renferment les plus grandes espèces de la tribu. Une douzaine d'espèces d'Europe; à citer : C. femoratus, Linn., C. lateus, L. Larves nuisibles à divers arbres forestiers, ayant 22 pattes, le corps parsemé de petits tubercules sétigères, lançant, quand on les inquiète, un liquide verdàtre par des pores latéraux placés en dessous des stigmates; gros cocons de couleur brune, passant l'hiver fixés aux branches ou à la face inférieure des feuilles. Nous représentons une espèce de l'Amérique du Nord, C. Dahlbomi, G.-Mén. (pi. lxxx, fig. 1). Le genre voisin Perga, Leach, propre à l'Australie, offre ce fait de mœurs très-curieux, que les femelles restent sur la fente des feuilles contenant leurs œufs jusqu'à l'éclosion, puis suivent les larves et se placent sur elles, les pâlies étendues, pour les protéger contre les iiksectes ennemis. (Détails de /'. scntcllata, Leach : pi. ixxx, fig. 2, tête; '2 a, lèvre inférieure, mâchoire et palpes; 2 6, antennes; 2 c, tarser antérieur )
SCniZOCERA, nYL0T0\3A, TENTHREnO, CLADIUS. 55
SCIIIZOf'KBl.%, Latr. — Antennes de 3 articles, le troisi(';nie très-allongé, formé d'articles sondés, fourchu chez les mâles. Ailes supérieures avec une cellule radiale appendiculée, quatre cubitales. Jambes postérieures eans épines. Abdomen arrondi sur les côtés.
Ce genre est peu nombreux en espèces ; le type, dont la larve vil sur les Ronces, est le S\ furcata, de Villers (pi. i.xxx, flg. o, mule), de 8 à 10 millimôtres, noir, à abdomen et pattes jaunes; d'Allemagne, de France et des environs de Paris.
IlVï-«T«»M.%, Latr. — Caractères des Schizocern, sauf les antennes, simples dans les deux sexes, le troisième article nu et prismatique chez les femelles, poilu chez les mtâles. Cellule radiale non appendiculée. Jambes postérieures, avec une épine en dessous du milieu.
Environ vingt-cinq espèces en Europe. Larves à 18 ou à 20 pattes, les segments abdominaux faisant saillie de chaque côté au-dessus des pattes; cocons à double enveloppe, l'externe réticulée, l'interne plus serrée et plus pâle. Nous citerons //. Rosarum, Klug, jaune, la tête, le thorax et les pattes variés de noir, de 7 à 10 millimètres (pi. lxxx, fîg. h, tète et antennes du mâle; Zi a, antenne de la femelle), de France, d'Angleterre, d'Allemagne, de Suède. La larve, d'un jaune verdàtrc pointillé de noir, ronge, parfois en très-grand nombre, les feuilles des Rosiers. Écraser les larves, tuer les femelles venant pondre ; en hiver, retirer les cocons enfouis au pied des Rosiers, les jeter à l'eau bouillante, ou arroser avec une solution concentrée de sulfocarbonate de potasse.
xnvrilRF.SiO, Linn. — Antennes de 9 articles. Mandibules robustes. Yeux grands, converg'ents, mais n'atteignant pas la base des mandibules. Ailes antérieures avec deux cellules radiales et quatre cubitales. Calcars postérieurs longs.
Plus de cinquante espèces en Europe. Une des plus belles espèces d'Allemagne, d'Angleterre, de France, rare aux environs de Paris, est T. zo7iata,Lmn., Panz. (pi. lxxx, flg. 6, sa lète), noire, variécde jaune clair, l'abdomen ceinturé de jaune clair aux segments [\ et 5.
C'liAWIÏ'f*, Illiger. — Antennes de 9 articles, sétacées, atténuées au bout, la plupart des articles obliques et pectines chez les mrdes. Ailes antérieures avec la cellule lancéolée longuement resserrée, une radiale et quatre cubitales. Corps allongé, le plus souvent noir.
Un petit nombre d'espèces. Larves munies de vingt pattes, les deuv dernières membraneuses, beaucoup plus petites; se transforment sur les feuilles ou aux fourches des branches des plantes où elles vivent, dans un double cocon de figure Irès-irrégulière. Ex. C. paUipes, L. S'-F. (pi. LXXX, fig. 6), du midi de la France et des environs de Paris?
56 HYiVIÉNOPTËHliS.
noir, Igs ailes diaphanes à nervures brunes, les pattes d'un jaune pâle avec les tarses postérieurs noirs. Le C. difformis, Panzer (pi. i.xxx, fig. 7, larve; 7 a. antenne du mâle), d'Allemagne, de France et des environs de Paris, de Suède, d'Angleterre, très-analogue au précédent, a sa larve à tète ferrugineuse, les segments d'un vert pâle, avec des houppes de poils grisâtres et une rangée de tubercules piligères de chaque côté. Sur les Rosiers, surtout du Bengale; cocon jaunâtre très-lâche; nymphe en juin , adulte en juillet.
.%'i'SBîii.ï.i, Leacli. — Anlonnes do 10 ou 11 articles, un pou épaissies au bout. Yi'iix convergents. Crocliets des tarses mutiques. Corps raccourci. Tarses annelés de noir.
Un petit nombre d'espèces. A citer : A. ancilla, L. S'-F. (pi. lxxx, fig. 8, antenne grossie), des environs de Paris; A.Rosœ, Linn., de France, d'Allemagne, d'Angleterre, de Suède, noir, abouche blanche, à ailes jaunâtres, le sfigma et la côte noirs, l'abdomen jaune, très-nuisible aux Hosiers ; mêmes détails que pour Hylotoma Rosarum ; A. Spmarum, Fabr. (syn. Ccntifoliœ, Panzer), jaune, la bouche blanche, la tète, les antennes les écailles, les côtés du mésothorax noirs. Larves à 22 pattes, d'un vert noirâtre, vivant en sociétés sur les Choux, et surtout les Navets et Turneps, qu'elles dépouillent de leur feuillage. Deux générations par été, la seconde hivernant en nymphes ; larves descendant en terre, au pied des plantes, se nymphosant dans des coques terreuses, ovoïdes, à parois enduites de viscosité. Grands ravages en Angleterre. On a proposé d'introduire, dans les champs de Turneps infestés, des bandes de jeunes canards, très-friands des larves.
PTB0S»ià'5i«a»SB«»Bîi'S, Klug. — Aiiteniies à nombreux articles, insérés obliquement, pectines dans les mâles, en scie dans les femelles; pour le reste, analoii'ue aux LopJij/rus.
r.e genre est d'Australie et de Tasmanie : ex. P. cinciits, Leach (pi. lAxx, lig. 9, aulenuc grossie de la femelle).
I.08*îa% ïïim, Lalr. •-- Antennes à nombreux articles, en panacbe bipectiné clicz les mâles, en scie chez les femelles. Joues non bordées; ocelles en ligne courbe; mandibules déprimées et Iridentées. Ailes antérieures à sligma distinct, avec une radiale, quatre cubitales et la cellule lancéolée ouverte, divisée par une nervure transverse. Jambes postérieures et intermédiaires sans épines.
Ce genre, (^ui compte une quinzaine d'espèces en Europe, a des larves à vingt pattes, vivant sur les Conifères, surtout les Pins, en nombreuses sociétés, rongeant les feuilles aciculaires et perforant les bourgeons. (Juand on les touche, elles laissent échapper de la bouche une goutte d'un liquide d'une odeur résineuse; elles filent au bout des rameaux et
LOPHYRUS, LYDA, XYEI.A. 57
iiccolés les uns contre les autres, des cocons simples;, très-petits, eu égard à la grandeur des fausses-chenilles, et dans lesquels elles sont obligées de se tenir courbées. Le type est L. Pini, Linn. Le mâle est noir, avec le labre, les palpes, les genoux, les jambes et les tarses lestacés (pi. i.xxx, fig. 10 o, san antenne grossie). La femelle, de JO à 11 millimètres, est d'un testacé pâle, tachée de noir en dessus du thorax et de l'abdomen (fig. 10, son antenne grossie). On trouve cette espèce à Fontainebleau ; elle est surtout très-nuisible dans le nord de l'Europe. Il faut couper les branches à cocons et les brûler. 11 y a deux générations par an. Il est bon d'écheniller en mai et juin, puis en août et septembre, les larves qui vivent rassemblées.
LYUA, Faljr. — Antennes sétacées, à uoinljreux articles. Tète large, Iransverse, à labre caché, à mandibules fortement décussées. Ailes hyalines, non ciliées, avec deux radiales et quatre cubitales. Jambes postérieures et intermédiaires armées de trois épines; eroclicts des tarses munis d'une dent. Abdomen déprimé, à côtés aigus, avec tarière très-légèrement saillante, Cnr[ts assez grand, presque glabre.
Les/>i/cia(pl.Lxxx,tîg. il, tètegrossiej comptentune trentaine d'espèces en Europe, une nuisible aux Poiriers en espalier et en quenouille, une (L. silvatica, Linn.) à beaucoup d'arbres forestiers, plusieurs aux plantations d'arbres résineux. Les larves semblent glisser plutôt que marcher, car elles manquent des pattes transitoires. Elles se laissent tomber d'une feuille à l'autre, suspenducspar un fil de soie. Leur corps se termine par deux pointes courtes, sous lesquelles sont deux longs appendices articulés dirigés en arrière. Elles sont assez faciles à détruire, car elles se rassemblent généralement en société sous des toiles à clairevoie, qui les laissent bien visibles. Il faut enlever ces toiles et les brûler avec leurs fausses-chenilles, ouïes flamber sur place à la torche de paille, ou projeter à la pompe un mélange d'eau et de pétrole, ou une lessive très-concentrée de savon noir. Elles se filent des cocons séparés dont l'ensemble est recouvert de feuilles assemblées avec des fils de soie. Il va dcsLyda à larves solitaires, enveloppées chacune dans une feuille enroulée et qui descendent sur le sol se filer un cocon mêlé de grains de terre.
XVKïiA, Dalmann. — Corps petit, mou et glabre. Antennes de 12 articles, les trois premiers épais, le troisième le plus grand. Tète transverse. Ailes hyalines, non ciliées, les antérieures avec trois radiales et quatre cubitales. Abdomen arrondi sur les côtés, avec une longue et grêle tarière saillante.
Très-peu d'espèces, du nord de l'Europe. Le type est le A', pusilla, Daim., d'Autriche, d'Angleterre, de Suède (pi. i.xxx, fig. 12, femelle; l'2 a, mandibules ; 12 6, lèvre inférieure et palpes; 12 c, palpe maxillaire ; 12 d, labre; 12 e, oviscapte). Cet insecte, long dé !i millimètres, a le corps d'un brun noirâtre, les pattes jaunâtres, la tète et le corselet irrégu-
licVement tachés de jaunâtre. La larve vit dans les Pins, ce qui, avec la longue tarière saillante, constitue un passage aux Siriciens.
C'EPni'S, Latr. — Antennes à nombreux articles , épaissies au bout. Tète cuboïde ; mandibules tridentées. Ailes antérieures avec deux radiales et quatre cubitales. Pattes assez longues, à cuisses épaisses. Jambes antérieures à un seul éperon ; jambes postérieures et intermédiaires avec une petite dent au milieu ; crochets des tarses longs, un peu courbés, dentés. Abdomen à tarière un peu saillante.
Une vingtaine d'espèces d'Europe. Nous figurons une espèce d'Egypte de 15 millimètres, à antennes, tôle et thorax noirs, les ailes très-enfuraées, les pattes antérieures jaunes, les autres noires, l'abdomen d'un jaune d'ocre assez vif (pi. lxxx, fig. 13). La plus importante espèce, de toute l'Europe, est le C. pygmœiis, Linn.,de 6 à8 millimètres, noir, l'abdomen annelé de jaune-citron, les jambes antérieures jaunes (pi. i.xxx, fig. IZi, larve grossie, vermiforme, à pattes très-réduites : Ik a, tête de l'adulte ; l/i b, lèvre Inférieure et mâchoires; lli c, mâchoire isolée et palpe; llid, mandibules; lie, labre). Cette espèce est souvent très-nuisi])le aux Blés et aux Seigles. Les femelles, lors de l'épiage, pondent dans la tige au-dessous de l'épi. Les larves, blanches, descendent de plus en plus, rongeant l'intérieur de la tige et les nœuds; les épis, avortés, restent blancs et droits, contrastant avec les épis pleins» encore verts et penchés. Au moment de la moisson, la larve est arrivée dans le chaume, tout près de la racine et s'y file un cocon pour passer l'hiver et devenir nymphe au printemps. Arracher et brûler les chaumes après la moisson et passer au rouleau compresseur, au besoin alterner la culture.
Tribu des SïRICIEMS.
Pour ne pas trop multiplier les divisions, nous réunirons sous le nom de Siricions trois genres assez disparates, présentant les caractères communs qui suivent : Corps à téguments durs, grand, allongé, subcylindrique ; mésonotum séparé de l'écusson par une ligne transversc. Ailes antérieures ayant la nervure basale insérée dans la première cellule cubitale. Jand.)cs antérieures avec un seul éperon ou calcar. Antennes subglabres, leur base reçue dans un sillon placé entre les yeux et les mandibules tridentées.
Ç<»IliF.X, Linn. (syn. llaocEiuis, Georfr.). — Tête dilatée derrière les yeux. Antennes muUinrticulées, tiliformes ou subsétacées. Palpes maxillaires obsolètes, un peu en massuiï. Pronotnin brusquement déclive en avant. Ailes lijalines. Jambes intermédiaires à un éperon, les postérieures ordinairement à deux, très-allongées, ainsi que les tarses postérieurs ; crochets tarsaux avec une grande dent dressée. Abdomen long, cylindroïdc, arrondi latéralement. Le der-
SIREX, XIPHYDRIA. 59
nier see^ment dorsal des femelles, le dernier ventral des mâles se terminant en éperon crénelé. Tarière droite, robuste, longuement saillante.
Les Sirex sont des insectes des forêts de Conifères, très-abondants en certaines années dans le nord de l'Europe, volant avec un fort bourdonnement. Les femelles déposent surtout leurs œufs sur les Sapins et les Mélèzes, choisissant de préférence ceux qui sont récenament coupés ou écorcés, dans un trou foré au moyen de la tarière, qui, grâce à des contractions répétées de l'abdomen d'avant en arrière, s'enfonce si profondément, que parfois l'insecte ne peut plus la retirer. Il en sort des larves longues, cylindroïdes, charnues, avec les segments plissés, atténuées postérieurement, à pattes rudimentaires, les thoraciques inarticulées, les abdominales réduites à des saillies charnues en dessous, le dernier segment grand, armé d'une pointe ou épine dure. Elles se creusent dans le bois do nombreuses galeries en toutes directions, au point de le rendre parfois impropre à tout service, et peuvent faire ainsi de grands ravages. Elles deviennent nymphes au fond de la galerie, dans un cocon où la soie est mêlée de débris ligneux: et d'excréments. L'adulte éclôt au bout d'un mois ou parfois l'année suivante, ou plus longtemps encore. La force des mandibules des Sirex adultes est incroyable : pour sortir au jour, on en a vu rongeant les bois les plus durs, et même des balles de plomb. Nous représentons S. Lcfebvrei, G.-Mén., mâle (pi. i.xxx, fig. 17 ;
17 a, sa tète), de patrie inconnue. Les espèces les plus fréquentes en France, de toute l'Europe septentrionale moyenne et de l'Amérique du Nord, soni S. juvcncus^ Linn., de 20 à oO millimètres, d'un noir bleu, les pattes et la base des antennes pâles, le huitième segment dorsal de l'abdomen roux chez le mâle, et S. gigas, Linn., de GOàZiO millimètres, d'aspect de Frelon, noir, avec une tache jaune de chaque côté du vertex, l'abdomen de la femelle jaune, avec les segments 3 à 6 noirs, celui du mâle jaune, avec la base elle bout noirs. (Détails de cette espèce: pi. Lxxx, fig. 18 , extrémité de l'abdomen de la femelle ; 1S(/, mandibule;
18 b, 18 r, id. de deux autres espèces; 18 d, lèvre inférieure et palpe maxillaire; 18 e, 18/", id. et palpe maxillaire rudimentaire de deux autres espèces; 18 g, labre.)
X1I*IIVI>RI.%, Lalr. — Tète rebordée et globuleuse, unie au thorax par un cou très-long- et très-grèle (1). Ailes transparentes, les antérieures avec deux cellules radiales et quatre cubitales, la cellule lancéolée divisée par une nervure oblique. Jambes postérieures à deux cakars ; crochets tarsaux dentés. Abdomen subdéprimé, à bords aigus; tarière grêle, ciimprimée, un peu arquée, saillante, mais moins que chez les Sii'cx.
Peu d'espèces et rarc^s, des arbres résineux; mœurs des Sirex, ponte et larves analogues. Le ly[)e, de Suède, d'Allemagne, d'Anglelerrc, de
(1) Âuiïi la tèle se détaclie souvent sur les sujets secs des collections.
CO HYMÈNOPTliRES.
France, très-rare près de Paris, est le X, Camelm, Linn. (pi. lxxx, flg. 15, tète et prothorax; 15 a, tète grossie; 15 b, mâchoire et palpe; 15 c, extrémité de l'abdomen de la femelle), long de 35 millimètres, dans les deux sexes, noir à. pattes rousses, écailles et angles du pronotum blanchiîtres, ainsi que les taches latérales de la tète et de l'abdomen.
ORVSSUS, Fabr. — Antennes insérées contre la bouclie, de 11 articles réguliers chez les mâles, 10 irréguliers chez les femelles. P.ilpes maxillaires de 5 articles. Yeux convergents. Ailes à peu de cellules, une radiale, deux cubitales; tainbes postérieures à deux calcars, les jambes denticulées extérieurement. Tarses à crochets mutiques. Abdomen arrondi sur les côtés, avec tarière capillaire, roulée en grande partie en spirale à Tintérieur, le bout sortant du cinquième segment ventral.
Ce genre insolite se rapproche des Cynipiens^ surtout des Figites, par la tarière et les ailes à peu de cellules. Le type, du midi de la France, d'Italie, de diverses parties de l'Allemagne, d'Angleterre, de Suède jusqu'en Laponie, est VO. Vespertilio, Fabr., syn. coronatus, Fabr. (pi. LXXX, flg. 16, tète du mâle; IG a, mandibule; 16 b, mâchoire et palpe; 16 c, patte antérieure du mâle). Les deux sexes ont 11 à 12 millimètres; l'insecte est noir avec des lignes blanchâtres, les ailes enfumées au bout, l'abdomen roux, noir à la base, il faut remarquer sur le front une couronne de tubercules.
A consulter pour les Tenthrédiniens et Siriciens : Klug, Die Blatlwespen nach ihren (lattungen und Arten zusammengestrllt. Berlin, 1818-1819. — Lepeletier de Saint-Fargeau, Monographia Tenthredinrcn-um, 1823. Paris, in-S". — (i. Dahlbom, Conspecius Tenthredinum, Siricidum et Oryssinoruin Scandinaviœ. Havnia', 1835. — Theodor Hartig, Die Familien der Blattwespen und Hollwespen, nebst ciner allgemeincn Einleitung zitr Naturgeschichte der Hymenopteren. Berlin, Ilaude et Spener, 1837, 8 pi. (Tenthrèdcs et Sirex a^ec leurs larves). — Arnold Forster, Einlge neite Arien ans der Familie der Blattwespen, in Stettin entomol. Zeitu7ig,lS[\h, t. V, p. 262-26/1, 287-290 (ce sont des Tenthrédiniens des genres D/neura, Cephus, Allantus, etc.). — C. G. Thompson, Ilg me nopter a Scandinaviœ [Tenthredo et Sirex, Linn.). Luud, 1871.
Dans son très-récent Tm/t^ de zoologie, le D'"G. v. Koch {(Irundriss ziir Zoologie, Darmstadt, 1878, p. 75) partage les Hyménoptères en huit groupes du premier ordre : Terebrantia, Cynipidœ, Ichneumonidœ, Formicidœ, Scotiadœ, Fossoria, Vespidœ, Apidœ.
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Les insectes connus liabiluellcment sous le nom de Papillons constituent sans aucun doute l'ensemble le plus riche du Régne animal par l'éclat de leur parure, n'ayant de rivaux sous ce rapport que les Oiseaux-mouches, dont la nourriture et les mœurs offrent autant d'analogies qu'on doit en attendre de groupes aussi ditférents. On peut dire de la plupart des Papillons que ce sont des fleurs animées, rivalisant de splendeur avec la corolle des fleurs immobiles. Ce sont des insectes dont l'aspect séduit au premier abord les gens du monde et les jeunes amateurs. Si les collections de Papillons sont un peu moins nombreuses que celles des Coléoptères, c'est que la recherche de ces derniers est plus aisée en raison de la multiplicité de leurs habitat, et que surtout leur préparation et leur conser\alion sont beaucoup plus faciles. 11 faut en effet pour les Papillons un étalage exigeant certains instruments; en outre, on ne peut obtenir aisément la plupart des espèces en bon état que par Téducaliou de leurs larves, auxquelles s'applique spécialement le nom de chenilles; ce qui demande du temps et des soins que tous les amateurs ne peuvent consacrer à cet objet. Si nous passons à un ordre d'idées plus élevées, nous devons dire que les Papillons ont des espèces formant les plus utiles des insectes. Certaines espèces, et principalement le Ver à soie du Mûrier, produisent les plus riches des matières textiles, dépassant en éclat et en solidité les produits analogues des végétaux, et qui sont l'origine d'une industrie du premier ordre. Par contre, les Papillons, surtout dans leurs plus petites espèces, peuvent devenir pour les cultures de l'homme des ennemis très-dangereux, au point que la législation a dû prescrire un éclienillage obligatoire comme mesure d'utilité publique, par une loi que rappellent cha(iue année les arrêtés administratifs. Sans exagération, les ravages des chenilles deviennent parfois des calamités générales, obligeant les gouvernements à recourir à des mesures de destruclion. Aulrelbis, aux époques de naïve croyance, les Ibudres de l'excounnuMication
furent lancées contre les chenilles par lu plus haute expression de l'autorité, celle des pasteurs de l'Église.
Les anciens auteurs nommaient les Papillons, insectes à ailes farineuses, à cause de l'espèce de poussière qui reste attachée aux doigts quand on les saisit par les ailes. Linnaeus n'a fait que traduire ce mot en langage scientifique, en créant l'ordre des Lépidoptères (ailes à écailles). La poussière farineuse est en effet formée de poils raccourcis et élargis en brillantes écailles colorées. Ce caractère est parfaitement général. Il reste en effet quelques écailles sur la côte et sur les principales nervures dans les Papillons à ailes vitrées, comme les Sésies, la division des Iléliconies à ailes transparentes, sans parler des poils ordinaires que peuvent offrir les régions où il n'y a que la membrane transparente qui forme le fond de l'aile de tous les Lépidoptères. Chez certains Macroglosses à ailes vitrées, lors de l'éclosion de l'adulte sortant de la chrysalide, les ailes sont couvertes d'une poudre d'écaillés, qui disparaissent dès que le Papillon a tant soit peu volé. On peut dire que, par sa généralité caractéristique, le nom linnéen est préférable à celui de Fabricius, les Glossates, d'après l'orgaue apparent de la mauducalion, la spiritrompe, qu'il compare à une langue. Cette spiritrompe de l'adulte manque en effet dans beaucoup de genres des anciens Nocturnes de Latreille, dont les adultes, uniquement destinés à l'accouplement, ne prennent pas de nourriture, tandis que les ailes sont toujours chargées d'écaillés poussiéreuses ou au moins de poils qui en tiennent lieu.
Pendant longtemps en France, sur l'autorité de Latreille, on subdivisait les Lépidoptères en trois grands groupes : les Diurnes, les Créinisculaires et les Nocturnes, d'après les époques de la journée où l'on rencontrait les adultes à l'état actif ou volant. Celte distinction fort commode, encore usitée souvent dans le langage vulgaire, présente des défauts graves qui doivent la faire abandonner. Elle reste sensiblement vraie pour le premier groupe, les Diurnes, qui ne volent guère que lorsque le soleil est encore sur l'horizon, bien que dans nos pays on puisse encore voir voler un peu après son couclier quelques Satyres et la Vanesse Belle-Dame, qui s'attardent volontiers sur les sentiers jusqu'à l'entrée de la nuit ; mais elle devient fort peu exacte pour les deux autres groupes. Ils mériteraient plutôt tous deux le nom de Crépusculaires, car les plus nocturnes des Papillons ne paraissent pas dépasser onze heures du soir dans leur état d'activité, et encore seulement par les soirées chaudes et hors des temps de pleine lune, les rayons de notre satellite semblant blesser leurs yeux plus ([uc ceux (le l'astre du jour. Un assez grand nombre font exception complète : ou voit voler aux rayons mêmes du soleil les Sésies, qui ressemblent à des Hyménoptères, et les Macroglosses; les Zygènes, les Procris volent toute la matinée entre les herbes des prairies. Les mâles d'un certain nombre de Bombycicns parcourent nos bois, d'un vol saccadé
et rapide, ii la recherche des l'emelles cachées dans les l'euilles sèches, dans les herbes, ou collées uu tronc des arbres : les uns dans la matinée, d'autres, de préférence, dans l'après-midi. Les Noctuelles, rnentunt à leur nom, ont des espèces qui tourbillonnent toute la journée dans les clairières, les prairies naturelles et artificielles, avec un vol à battements d'ailes si précipités, qu'on ne voit qu'une surface confuse, par persistance des impressions sur la rétine. D'autres, avec moins de rapidité, volent au soleil entre les branches des arbres, ou s'abattent des haies ou des taillis sur les chemins {Brephos). D'autres, enfin, immobiles quand rien ne les trouble, s'envolent pendant le jour dès qu'on s'appruche des haies, des bordures des chemins, des troncs d'arbres, des murs où elles sont posées, et d'autant plus vite, que le temps est plus clair, et surtout au soleil (genres Chelonia, Catocala, etc.). Dans les hautes latitudes, où les nuits sont toujours humides et froides, les Noctuelles volent dans la journée. Parmi les Phalénides, qui restent d'ordinaire appliquées contre les feuilles ou les troncs d'arbres quand le jour est sombre, un certain nombre s'envolent au soleil ou par les jours clairs, surtout au moindre bruit, de sorte qu'on a peine à les approcher. Dans les Microlépidoptères, beaucoup de Tordeuses et de Teignes volent dans le jour et surtout le matin, quand la rosée a disparu, entre les herbes, les buissons, les branches des arbustes et des arbres, et dans la matinée on voit monter et descendre le long des buissons, d'un vol très-ralenti par la longueur de leurs antennes, qui semblent des fils de soie, les brillantes Adèles, étincelaut au soleil comme des émeraudes ou des rubis.
Nous adopterons la subdivision des Lépidoptères en deux grands groupes. Les nus, qui correspondent aux Diurnes de Latreille, sont les Ilhopalocères de Constant Duméril, cliez lesquels l'anlenne se termine par un bouton en forme de massue plus ou moins allongée, et qui n'est pas sans analogie avec la terminaison de l'antenne des Ascalaphes (Névroptères propres). Les autres, nommés Hélérocères par M. Boisduval, présentent des anteiuies de toutes les formes possibles, sauf la massue arrondie à sa terminaison. 11 en est, comme les Zygènes, les Castnies, certaines Sésies. où les antennes finissent en massue, mais fusiforme et terminée en pointe droite ou courbée. Ce sont les Castnies qui se rapprochent le plus des Rhopalocères sous ce rapport. Nous ne prendrons pas la division jjcu employée de M. E. Blanchard, distinguant les Papillons en Acltalinoptrics (anciens Diurnes), dont les quatre ailes, indépendantes les unes des autres, se relèvent au repos perpendiculairement au corps ou obliquement (llespériens), et en ChaiinopUhes (Crépusculaires et Nocturnes), dont les ailes antérieures, toujours au-dessus des postérieures, tantôt restent é*alées à plat avec celles-ci sur le plan de position, les supérieures en dessus, tantôt se recouvrcîiit en tuit sur le corps d'une façon variable, ou même constituent un fourreau plus ou moins enroulé. iM. E. Bluiiciiard
fiU i,ÈPinoPT!:r.L:s.
attribuait ce fait à la présence du frein, formé d'une soie raide détachée de la base de l'aile inférieure, contre .sa courbure du côté du corps, partant de l'attache de l'aile au-dessus de la nervure simple antérieure, et passant de là dans une sorte de coulisse ou demi^î anneau, souvent couvert de poils ou d'écaillés, et attaché au-dessous à l'aile supérieure, plus ou'moins près de sa base. Or, dans les Hespériens, qui sont des Acbalinoptères ou Rhopalocères par les autres caractères, l'Euschemon Rafflesia, Mac Leay, d'Australie, présente chez le mâle un frein très-développé, s'engageant dans un anneau écailleux à la base de l'aile supérieure, et se terminant par un bouquet de poils, destiné à l'empêcher de sortir de sa gaine. C'est pour cela que Walker, prenant cette rare espèce pour un Nocturne, la plaçait dans les Agaristides. La femelle n'a pas cet organe. Le frein manque chez les Macroglosses, lesSmérinthes, chez beaucoup de Sphingidcs, chez les CossuS; chez les Attacides, qui tiennent souvent les ailes défléchies au repos, mais parfois aussi relevées, surtout dans l'accouplement. Il est très-développé dans les espèces des types Chelouia et Liparis, où il est reçu dans un anneau écailleux. La plupart des Noctuéliens ont un frein, ainsi que les Phaléniens, où les quatre ailes sont au contraire bien séparées au repos ; toutefois il manque dans les Acidalies. Les Deltoïdes le possèdent, mais peu apparent. On ne s'est pas occupé de cet organe chez les Microlépidoptères, vu leur petitesse. Le frein manque souvent ou est rudimentaire chez les femelles, alors que les mâles l'ont bien développé. Ce n'est pas le frein qui, ainsi qu'on le dit habituellement, empêche le relèvement des ailes des l'apillons nocturnes ; le mécanisme est bien plus complexe (P. Bert). Jusqu'à présent le frein n'est qu'un organe de curiosité, dont on ne peut pas préciser l'usage. Cet appareil, très-peu visible, n'a donc qu'un rôle accessoire, faisant souvent défaut, et ne peut remplacer le caractère antennaire général et tout de suite apparent, lié d'ailleurs à d'autres particularités distinctives d'organisation.
Les Lépidoptères sont des insectes à métamorphoses complètes, les mieux connus des anciens, sous ce rapport. Aristote nous dit dans son Histoire des animaux (liv. V, chap. xviu) : « Les papillons proviennent de chenilles. C'est d'abord moins qu'un grain de millet, ensuite un petit ver qui grossit, et qui, au bout de trois jours, est une petite chenille. Quand ces chenilles ont acquis leur croissance, elles perdent le mouvement et changent de forme. On les appelle alors chrysalides. Elles sont enveloppées d'un étui ferme. Cependant lorsqu'on les touche, elles remuent. Les chrysalides sont enfermées dans des cavités faites d'une matière qui ressemble aux fils d'Araignées. Elles n'ont pas de bouc'he ni d'autres parties distinctes. Peu de temps après, l'étui se rompt, et il en sort nn animal volant que nous nommons un Papillon. Dans son premier étal, celui de chenille, il mangeait et rendait des excréments; dcveiui une chrysalide, il ne prend et ne rend rien. Il en
LÉPIOOI'TÉHES. 65
est de même de tous les animaux qui \ieunent des vers. » Chez les Grées, le mot 'io/f, {psychc) signifie à la l'ois papillon et àme, et beaucoup de philosophes croyaient trouver dans ses trois états une image parfaite de l'homme : sa vie terrestre, comme la chenille qui rampe sur le sol, sa mort et son réveil par l'àme immortelle. Sous les brillantes comparaisons des sages et des poètes antiques se cachait une très-grave inexactitude. Ils croyaient à un changement complet et absolu, dans le sens mythologique du mol métamorphose. On supposait que rien de la chenille ne subsistait dans le papillon, aussi aérien et léger qu'elle est terrestre et lourde. Kéaumur fit voir le premier, en se bornant aux organes extérieurs, que les six pattes thoraciques ou en crochets de la chenille sont réellement les étuis des six pattes de l'adulte, les seules qu'il possède. Si l'on en coupe une ou plusieurs, le papillon qui éclôt par la suite se montre mutilé des mêmes membres.
Comme si l'iiomme ne pouvait arriver du premier coup à la vérité, sans y mêler les gratuites chimères de sou imagination et les erreurs de ses préjugés, Swammerdam prétendait retrouver sous la peau de la chenille les différentes enveloppes qui la conduiront au papillon. Ces idées d'emboîtement, provenant de l'absence d'études cmbryogéniques, ont eu beaucoup de peine à disparaître de la science. Kn réalité, il y a une série d'évolutions graduelles; c'est une nouvelle peau qui s'organise sous l'ancienne, crevant comme un gant trop étroit. La phase intermédiaire de repos sans nourriture a pris le nom de chrysalide ou d'aurélic, mots spéciaux à l'ordre des Lépidoptères par une généralisation inexacte de ce qui se passe dans quelques cas chez les Nymphaliens {Arfjynnis, Limenitis, etc.), où de brillantes taches d'or ou d'argent tranchent sur la couleur habituellement terne de cet étui, dans lequel s'organise peu à peu l'insecte adulte. Ces apparences disparaissent si l'on place l'animal dans le vide ; elles sont dues à de l'air intercalé sous une mince peau jaune ou blanchâtre. On nomme encore fève, et avec beaucoup plus d'exactitude générale, la nymplie des Lépidoptères, qui a d'ordinaire une couleur plus ou moins brunâtre et l'aspect d'une graine sèche.
La tête des Lépidoptères est généralement arrondie, comprimée en avant d;ms la région du chaperon, plus longue que large et ordinairement plus étroite que le thorax. La tète est très-saillante dans les Rhopalocères et garnie de poils tins; elle est plus petite, moins saillante, chez les Hétérocères, nuinie de poils écailleux, et quelquefois entièrement retirée sous le thorax. Elle porte les antennes situées chacune près du bord interne de l'œil, formées d'un grand nombre d'articles souvent peu distincts, ordinairement plus courtes que le corps, rarement beaucoup plus longues (mâles des Adèles). Quand elles sont filiformes et terminées en massue (lUiopalocères et Castnies), celle-ci varie beaucoup, parfois à peine sensible, ou bien s'accroissanl insensiblement en largeur à partir du tiers de l'antenne, parfois brusquement
GUiAUU. 111. — ô
65 LÉPIDOPTÈKLS.
formée, taiilùl conique ou Lrouquée, taulôL compriiuce ou déprimée, parfois terminée par une petile pointe en crochet ou e.vcavée en cuillère. Les antennes du plus grand nombre de genres des Hétérocères sont filiformes et atténuées à l'extrémité ; chez d'autres (Attacus, Ikimbijj.-, Dicranura, etc.), elles sont pectinées, c'est-à-dire garnies de chaque côté, au moins chez les mâles, de dents qu'on a comparées à celles d'un peigne, ou plumeuses, si ces dents très-longues ressemblent aux barbes d'une plume : ainsi chez certains Attacus, dans les Fidonia (Plialcniens), etc. Souvent les prolongements en dents de scie ou de peigne, ou en barbules, n'existent que chez les mâles, les femelles des mêmes espèces ayant les antennes filiformes. Elles sont prismatiques dans beaucoup de Sphingiens, linéaires chez les Sésiens, arquées en dehors chez les /Egocères, recourbées comme des cornes de bélier chez les Zygéniens ou Sphinx béliers, etc. Les organes de la vision peuvent être de deux sortes. Il y a toujours les yeux composés, à très-nombreuses facettes, généralement grands et bordés de poils qui remplissent probablement les fonctions de paupières; leur couleur sur le vivant est trèsvariable, tantôt verte, tantôt rougeàtre chez plusieurs Satyres, brune chez les Sphinx et beaucoup d'Hétérocères, parfois comme lumineuN: dans l'obscurité, ainsi que nous re\pliquerùns. Eu outre, il y a des espèces qui oifrent sur le vertex desstemmates ou yeux lisses, inconnus à la plupart des observateurs et oubliés dans les descriptions, car ils sont ordinairement cachés par des poils écailleux. Nous engageons beaucoup les amateurs à étudier ces stemmales, sur lesquels on ne sait encore que très-peu de chose. Les Khopalocères sont privés de sleramates; cependant, par une remarquable exception, M. S. Scudder a trouvé deux stemmates chez un Ilespérien du genre l'amphila. Les Noctuelles ont deux stemmates constants.
La bouche des Lépidoptères présente les pièces des broyeurs profondément modifiées et de manière à servir à la succion des liquides, nectar, miellats et di\erses exsudations végétales ou animales. On voit même des Lépidoptères, dans les étés secs et chauds, venant sucer l'eau qui suinte sur la terre humide, près des sources, notamment les Lycènes, les Polyommates, les Vanesses; beaucoup de papillons diurnes ou nocturnes sont attirés par le miel, le sirop de sucre, les fruits coupés ou sèches; de là l'origine des chasses dites à la 'iniclléc, en recouvrant de miel les troncs d'arbres, les piquets, ou en enfilant à une ficelle des pommes ou des poires tapées, arrosées d'un peu d'éther nitreux. Si l'on dégage avec soin les écailles qui couvrent la partie antérieure de la tète, on trouve au-dessous du front une petile lame transversale, rudiment du labre, et, de chaque côté et au-dessous, deux mandibules vestigiaires, en forme d'écaillé un peu crocluic; ces ti'ois pièces sont sans usage. F-a pièce buccale principale est la spiritrompe, parfois nue. |)arlbis couverte d'écaillés épideriuiques, souvent hérissée de papiiles àsa partie terminale, (i'cst im tube formé tic deux pièces semi-cylin-