PREMIÈRE DIVISION. ~ A C R I D I D E S
GENRES PRINCIPAUX
PROf*roPi.%, Kliig. — Corps très-allonjçé ot très-étroit. Tête long-iie, le plus souvent élevée en pyramide oblique au corps, avec prolongement rostrifonne quadrangle, à la base duquel sont des yeux latéraux saillants, oblongs ou spbériques, trois ocelles peu apparents ; antennes plus courtes que la tête, filiformes, de huit articles environ. Prothorax très-long, cylindrique; mésothorax et métathorax très-courts ; ni élytres ni ailes dans les deux sexes. Pattes longues et grêles, surtout les postérieures, la première paire très-éloignéc, les seconde et troisième très-rapprochées ; cuisses postérieures peu renflées, jambes postérieures à lînes épines en dessus; tarses avec une grande pelote membraneuse entre les crochets. Abdomen très-long et cylindrique, de huit segments décroissant de longueur, le dernier très-court, suivi chez les femelles de quatre valves cornées, fortes, recourbées au bout, dépassant l'anus.
Ce genre, dont le nom signifie «voyant d'en haut », a été établi par Kluji {Proscopia, novum gnms Insectorum Orthoptcrorum, in Horœ physka' berolinenses, Bonn, 1820, in-fol., p. 15 à 26, 2 pi.) pour d'assez nombreuses espèces spéciales à l'Amérique méridionale seule, surtout aux Guyanes, au Brésil, à la Bolivie, au Chili, etc., et qui semblent remplacer les Tryxalis de l'ancien continent. Ces insectes, dans les deux sexes, sont toujours aptères, et l'on ignore leurs métamorphoses, trèsminimes probablement, et leurs mœurs; leurs couleurs sont ternes et sombres, variant du jaune testacé au brunâtre, devenant plus foncées après dessiccation. On est frappé au premier abord d'une ressemblance d'aspect des Proscopies et des Phasmiens, mais avec des notables différences, qui ne permettent aucune confusion. En effet, les Proscopies ont les tarses de trois articles, les cuisses postérieures longues, renflées, propres au saut, et la longueur de leur thorax est due au développement du premier segment, qui est d'ordinaire plus court que chacun des suivants chez les Phasmiens. Les Proscopies ont, à l'inverse, le mésothorax et le métathorax très-courts, de sorte que les pattes de ces segments sont très-rapprochées entre elles et très-éloignées des antérieures. L'abdomen se termine chez les mâles des Proscopies par une plaque inférieure semblable à celle de la plupart des Phasmiens, et ofTre, dans ce sexe, deux segments de plus à la face ventrale, le nombre des segments étant le même dorsalement dans les deux sexes; l'abdomen de la femelle se termine par les quatre pièces apparentes qui forment la tarière rudimentaire de tous les Acridiens. M. Klug indique quinzeespèces du genre Pruscopia, la plupart de Bahiaet du Para. Nous citerons P. scubra, Klug, de i'ôo ù 142 millimètres, d'un testacé obscur, à
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tête de près de 27 millim., le rostre de U millim., à lliorax rugueux el à abdomen lisse, de la Guyane et du Brésil ; le /'. granulata, Klug, espèce commune au Brésil, à thorax très-grunulcux, l'abdomen l'étant un peu, d'un brun jaunâtre, longue de plus de 85 millim.; le P. gigaiitea, Iviug, de 156 millim., du Para (Brésil), etc.
Les genres d'Acridides qui suivent ont les antennes multi articulées, plus longues que la tète.
TRYXALiii, Charp., ou TiuxAi.is, Fabr. — Corps allongé, grêle. Tête allongée en cône ascendant ; vertex concave en dessus et à trois côtes ; trois ocelles plus ou moins distincts ; antennes insérées sur les côtés, en avant des yeux, comprimées, subtriquètri's, larges à la base, allant en s'altéiuiant vers le sommet, de 15 à 25 articles. Prosternum sans épine ni tubercule. Élytres plus longues en général que l'abdomen dans les deux sexes, étroites, lancéolées, aiguës au sommet, opaques, à nombreuses nervures transverses; ailes un peu plus courtes que les élytres, hyalines ou colorées, amples, arrondies postérieurement, souvent pointues au bout. Pattes grêles, à jambes épineuses, les postérieures fort longues ; tarses à premier article long, le second court, le troisième avec crochets et pelotes variables. Abdomen comprimé, étroit, allongé ; plaque suranalc du mâle dépassant longuement l'abdomen, triangulaire, acuminée, subdressée; cerques courts; valvules de l'oviscapte de la femelle triangulaires, courtes, acuminées.
Les Truxales, si curieux par leurs antennes trièdres et aplaties à la fois, sont des Acridiens des régions méridionales de l'Europe, et aussi de l'Asie et de l'Afrique, et comme exceptionnels en Amérique. Leur tympan abdominal semble presque ové, à cause du bord postérieur corné qui est fortement voûté. Les femelles paraissent être beaucoup plus communes que les mâles. Les larves et les nymphes des femelles, et aussi des mâles, au moins pour quelques espèces, ont la plaque suranale lancéolée et très-prolongée en pointe, se réduisant beaucoup chez l'adulte. 11 paraît qu'il faut ne tenir qu'un faible compte de la couleur des ailes, celles-ci, dans la même espèce, pouvant être bleu rosé ou violacées.
Le type du genre TryxaUs oM le T.nasula, Linti., verdâtre, la tète avec deux lignes roses sur les côtés et plusieurs lignes vertes; les antennes larges, jaunâtres ou verdfitres ; le corselet tricaréné, avec une ligne rose de chaque côté. Il y a des sujets verts en entier, sans lignes rosées. Les élytres sont vertes, ou tcstacéesou grises unicolores, surtout chez le mâle, ou bien offrant une bande longitudinale brune située sur le champ discoïdal, sont limbées de blanc interrompu en avant, avec une bande postérieure d'un rose jaunâtre, et une étroite ligue jaune en dessus, près du bord antérieur de l'élytre ; les ailes sont d'un rose hyalin à la base ou d'un jaune verdâtre. La plaque subgénitale du mâle
est conique aiguë. Le mâle, presque deux fois plus petit que la femelle, atteint /lO millim., et la femelle environ 60 à 65. On trouve cette espèce au cap de IJoiuic-Kspérance et dans toute l'iùirope méridionale, ne paraissant pas dépasser /jf)» lat. N., dans le midi de la France, en Dalmatie, en.Italie, en Hongrie, en Grèce, en Turquie, dans le nord de l'Afrique ; elle est très-commune dans toute l'Algérie, au printemps et dans une grande partie de l'été. Ajoutons une espèce un peu plus grande et plus méridionale encore, le T. (f?!(7Uîcu/'/^a,Rambur, ou variabilis, Klug, ou l'Iiaraoïtis, Klug, de Morée, de Sicile, d'Egypte (Savigny), d'Algérie, du Caucase, en Géorgie (août), d'Andalousie (Malaga, automne). Une espèce plus petite, T. r/im/aia, Klug, Cliarp.,de20à 45 millim., d'Egypte, aussi commune en Algérie que le T. nasuta, et des mômes époques, a le corps vert ou testacé, les élytres lancéolées, un peu transparentes au bout, vertes avec une bande longitudinale brune, les ailes transparentes, incolores en partie, le disque interne d'un rouge vermillon réticulé de brun. Les Truxales existent à peine en Amérique. Un indique une espèce du Mexique tempéré, le T. Sumichrasti, Sauss., et le T. brevipennis, G. ïhom., de la Floride, à élytres courtes, lancéolceS;, qui ne s'étendent pas au delà de l'insertion des pattes postérieures, à ailes petites : cette espèce sera probablement le type d'un nouveau genre.
Sous le nom de Pyrgomurphn, Aud.-Serv., on a détacbé des vrais Tryxalis des espèces de taille plus petite, également à prosternum transverse et inerme, à antennes de dix-buit à vingt articles, moitis ébirgiesque cbez les Tryxalis, les trois carènes du pronotum bien moins marquées, et se distinguant surtout par les cuisses postérieures pas plus longues que l'abdomen, dilatées à la base, costulées en barbules de plume, s'atténuant peu à peu vers le sommet. Les quatre pattes antérieures sont courtes, l'abdomen comprimé, avec le tympan à peu près libre.
Les élylres, bien développées dans les deux sexes et de largeur variable, sont de la longueur de l'abdomen ou plus courtes ; les ailes sont ui) peu plus courtes que les élytres. Les espèces sont de l'Europe méridionale, de l'Afrique boréale, des îles de la Sonde, et quelques-unes d'Amérique. Le P. rosea, Gbarp., long de là à 16 millimètres cf, de 20 à 2/i Ç, est vert, ou olivacé, ou gris dans les deux sexes, parfois même d'un noir grisâtre, le prothorax largement borde de blanc, les élytres vertes, parfois à dos roussâtre, ou grises avec les nervures noires, les ailes verdâtres en avant ou grisâtres à base rosée, avec le champ anal d'un rose transparent sur une étendue variable, les cuisses postérieures variées de blanc ; de la France méridionale, ainsi près de Nice, de Marseille ; d'Andalousie, de Portugal, de la Grèce, de l'île de Corcyre. On la trouve en Algérie, en mai dans les lieux arides, surtout près de Gonstantine, avec un vol rapide, bien différent de celui des grands Tryxalis vrais. Dans les lUats-L'nis se rencontre une espèce très-anciennement connue, le /'. brcuicornis, Linn. ou ensicornis^ de Geer,
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citée aussi par Thunberg et Palisot Beau vois, mais dont la locaiisatiou est encore très-incertaine, et le P. punctipennis, C. 'Ihom., du Tennessee.
Un genre voisin, Opomala, Eriolis., on Opsomaln, Aud.-Serv., est représenté par de nombreuses espèces d'Kurope (Sicile et Sardaigne) et d'Afrique boréale, d'Asie, d'Amérique septentrionale et méridionale, d'Australie. Les niAles sont i)lns petits et plus grêles que les femelles. Les mœurs sont inconnues. LesOpomales ont les antennes insérées dans une profonde cavité d'un cône frontal épais, souvent ensiformes ou prismatiques, parfois à articles peu aplatis, presque sétacées. Le corps est étroit et comprimé, le prosternum muni d'une petite épine obtuse, les élytres étroites, lancéolées, de la longueur de l'abdomen, rarement plus courtes, les ailes aussi longues ou à peu prés que les élytres. Citons 0. tryxalicera, Fisch. de Fr., de Sicile ; 0. cylindrica, Marschall, de Sicile; 0. sicula., Aud.-Sej'v (qu'on devrait plutôt appeler mrdoa), de Sardaigne (Gêné) et aussi d'Algérie (H. Lucas), au printemps et en été, dans les lieux humides, ombragés, herbus. Ce genre comprend huit espèces des États-Unis et du Nouveau-Mexique, trois de l'Amérique britannique, deux du Mexique, une du Nicaragua, etc., etc.
Des auteurs américains, M.M. Walker, C. Thomas, séparent, dans le type des Truxales, les Tryxalinif à élytres étroites, et les Trùjonopterycjini, à élytres très-larges, ces derniers non représentés dans le continent de l'Amérique septentrionale. Le type est le genre Trigonopier y X. établi par de Charpentier (1) sur une espèce, probablement de Ceylan, le T. puvctata, Charp., çf, très-remarquable par ses élytres larges et triangulaires, du milieu à l'extrémité, un peu falquées au sommet, grises, tachées de brun, ses ailes jaunûtres ponctuées de noir, ses longues antennes triquètres de Truxale, égalant presque la moitié du corps en longueur; la taille et la grosseur sont celles d'une forte femelle de notre Œdipode à ailes bleues si commun.
On peut réunir sous le nom d'Acridites les genres nombreux et importants dont les principaux vont être indiqués. Les antennes sont filiformes, à articles indistincts, parfois subdéprimées ou terminées en massue. Tantôt (type OEdipoda, les Mutiques d'Audinet-Serville) le prosternum est inerme, tantôt il est épineux (type : Acridniin, les AJucronés, Aud.-Serv.).
Les genres suivants ont le prosteruum mutique ou à peu près.
l'UnViiiOdlKAO^', Fiscli. Fr. — Yeux très-courts et très-éioigiiés entre eux ; anteuues subdépnniées, presque (îlifonues ; vertex large, à carènes niédiaues
(1) Toussaint de Ctiarpentier, Orthoptera descripta et depi'cta. Leipzig, Voss, 1842 à iMb. pi. V, et texte allemand.
peu élevées et sans fovéoles ; pronotiim avec trois carènes distinctes, tronqué on avant et en arrière ; prosternuiu ayant un tubercule très-obtus, inétastcrnuni avec deux petites impressions creuses. Élytres parfois bien développées ainsi que les ailes, égales ou plus longues que l'abdomen, le plus souvent élytres raccourcies dans les deux sexes ou au moins chez les femelles, et ailes abortives, en lanières ; tympan abdominal en partie caché par un bord postérieur subvoùté.
La couleur du corps de ces Criquets est en général, dans le vivant, douce de la teinte dorée la plus suave, mais qui disparaît après la mort. On trouve les Chrysochraons dans l'Europe moyenne, au milieu des prés, jusque dans l'Allemagne du Nord. Les mâles stridulent doucement ; les femelles pondent des amas d'œufs entourés d'une glu albumineuse, poreuse après dessiccation. On rencontre encore ces insectes dans l'Amérique septentrionale, du Canada aux États-Unis du Sud et dans le district des montagnes Rocheuses. Le C. dispar, Heyer, d'un joli vert à reflet doré, de l/i àiSmillim., (/ et27 millim., et plusÇ,otTre les élytres des mâles presque de la longueur de l'abdomen, plus larges vers le milieu, avec une aire scapulaire dilatée et des nervures irrégulières roses, celles de la femelle plus courtes que la moitié de l'abdomen, à nervures roses. Les ailes sont abortives dans les deux sexes et linéaires, de 2 millim. Les pattes sont grêles, à jambes jaunes chez le mâle, d'un joli pourpre chez la femelle; l'abdomen caréné en dessus, poilu en dessous, à incisions roses ; la plaque suranale du mâle bicostée, et sa plaque subgénitale allongée en cône subacuminé et poilue ; les valvules de la femelle courtes, blanchâtres, avec dents latérales à la base et au sommet. On ne paraît pas avoir trouvé d'exemplaires mâles à ailes bien développées, ni de femelles à élytres et ailes complètes. Cette espèce est des diverses régions de l'Europe moyenne, de juillet en septembre, Suisse, Allemagne, Russie méridionale, environs de Paris, à Sénart, à Saint-Germain.
Le C. hracinjpterus, Ocskay, a les élytres et les ailes le plus souvent abrégées et abortives, les élytres dépassant à peine la moitié de l'abdomen chez le mâle, latérales chez la femelle, très-éloignées entre elles, presque quatre fois plus courtes que l'abdomen, veinées de rose. Ils sont cependant adultes, car on les trouve accouplés. Le mâle à une stridulation qui rappelle celle des Locustes par son acuité, mais qui est douce et peu intense, en raison de la brièveté des élytres; il tire plusieurs fois ses cuisses eh haut et en bas, et le son, qui dure moins d'une demi-seconde, peut se représenter comme timbre par rrii. 11 y a de très-rares exemplaires (var. plalijplenis'^ Ocsk.), environ 1 pour 100, qui ont les élytres et les ailes complètes et plus longues ([ue l'abdomen. L'espèce est de l'Europe tempérée (Suisse, Italie, Hongrie, Allemagiu"), commune dans les Alpes et dans le Jura, à rechercher ailleurs en France, et vit dans les prairies montagneuses. Une femelle, renfermée dans une boîte, déposa entre des brins de gazon une glèbe .d'œufs testacée, poreuse
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qui rciirprmait six œuis, et ([ui fui d'abord une masse spumeuse, molle, puis durcissaut.
OXV4'OR^ l'HlNi, Fisfli. Fr. — - Tête subpyramiilale, à voilex proéminent, acuuiiiic, à Itords aigus, à occiput élevé, à fovéoles latérales vi.sil)les et trigoncs ; antennes déprimées, subtriquctres, dé]>assant un peu la tète ; yeux ovales et obliques ; trois ocelles. Pronotuni tronqué en avant, angulé, à angle aigu ou obtus en arrière, les carènes latérales ((uUinues, obsolètes postcrieurenienl ; prosternum mutique, un peu gonflé au milieu; pectus plus large, bi-iinprimé en arrière. Élytres des deux sexes itarl'aites, étroites ; ailes un peu amples. Pattes grêles, les quatre cuisses antérieures subcomprimées, les postérieures très-comprimées, dilatées cà la hase ; tarses grêles, à arolie petite. Abdomen caréné en dessus.
Ce genre ne comprend eu Europe qu'une espèce, l'O comprossicornis, l>atr., long d'environ 13 millim. cf ,et ISmillim. ^, à antennes ayant à peu près vingt articles courts, déprimés, subtriquètres, le corps de couleur verte ou rousse ou d'un roux brunâtre, une partie des élytres, du dos et des pattes testacée. Europe méridionale et Afrique boréale; France, près de Bordeaux, Andalousie, Egypte. Le genre est beaucoup plus représenté dans le continent de l'Amérique septentrionale ; il y en a une espèce dans le district des montagnes Kocheuses et huit au Mexique.
A côté de ce genre, M. Fischer, de Fribourg, en a établi un autre, sous le nom de Paraciîiema, à tète subconique de profil, le vertex un I)eu prolongé en avant des yeux, les fovéoles latérales nulles, les antennes médiocres, subcylindriques, acuminées au sommet, d'environ trente articles, le prosteruum un peu tubercule, les élytres et les ailes bien développées, plus longues que l'abdomen. Il y a une seule espèce, le P. bisiijnatinn, Charp., dont la femelle atteint de 33 à /i3 millimètres, le mâle n'en ayant que 22 à 27 ; d'un joli vert, poilu par places, les antennes testacées, vertes à la base ; le pronotum orné en dessus de deux bandes fauves ; les élytres subpellucides, à base subopaque, avec deux stries fauves et le dos d'un jaune verdAlre ; les ailes assez amples et subliyalines, à nervures brunes et rousses ; les jambes postérieures et le premier article des tarses d'un rouge de sang ; les épines des tarses blanches à pointe noire, les cerques subulés dans les deux sexes. Cette belle espèce se trouve en aulomue dans l'Europe méridionale, dans les lieux herbus et humides, en Andalousie, en Portugal, en Sardaignc ; dans la France méridionale, et remontant près de Paris jusqu'à Coulommicrs ; eu lstri(!, près de Naples, etc. D'après de Charpentier la zone d'habitation est très-étendue, et le P. bisignatum existe aussi à Saint- Philippe de Benguela, au Cap et dans le Mozambique. M. Lucas l'a trouvé en Algérie, et il est aussi du Sénégal.
$$Tu:%OUOTIIRim, Fisch. Fr. — Corps médiocre, nllonprc, souvent poilu ou villeux par places. Tète subconique, à face plus ou moins déclive, à vertex un peu proéminent, avec une fovéole étroite distincte de chaque côté ; yeux subglobuleux, subarrondis ou subang'ulcux ; trois ocelles distincts ; antennes insérées dans une cavité profonde, d'environ vingt articles subconiprimés ou subcylindri([ucs, dépassant souvent beaucoup le pronotuni, parfois épaissies vers le sommet ou même en massue lancéolée. Pronotuni presque toujours subaplani eu dessus, à trois carènes, la médiane droite et eutièi'e, les latérales variant selon les espèces ; prosternum muti(iuc, pectus étroit. Élytres et ailes quelque- Cois rarcourcies dans la plupart des sujets de certnines espèces, le plus souvent bien développées dans les deux sexes; les ailes un peu plus courtes que les
. élytres, tantôt plus étroites, subacuminées, tantôt plus amples et arrondies extérieurement, presque toujours hyalines. Pattes le plus souvent grêles, allongées, fréquemment poilues, les cuisses postérieures plus longues que l'abdomen, médiocrement dilatées et épaissies à la base, réticulées extérieurement on barbes de plume, à carènes internes de stridulation fortement développées ; le premier article des tarses égal aux deux derniers réunis, avec l'arolie entre les ongles de forme et de grandeur diverses. Abdomen caréné en dessus, cylindrique postérieurement chez le mâle ; plaque suranale des deux sexes plus ou moins développée ; plaque subgénitale du mâle conique, plus aiguë chez les uns, plus obtuse chez les autres ; valvules de ponte de la femelle courtes ou allongées.
Les Stoiobothrus, ainsi appelés à cause des fovéoles latérales du Vertex étroites, forment un genre d'espèces très-dilTiciles à distinguer, en raison de leur nombre considérable et de la variabilité de beaucoup d'entre elles. Elles appartenaient ans. Acridium , aux OEdipoda, auxPodisma, etCi, des auteurs. Les mâles ont une forte stridnlation, de notation musicale possible, de rliythme souvent spécifique. Les deux cuisses postérieures frottent contre les élytres ou ensemble, ou alternativement. Les élytres des mâles ont des aires dilatées et une disposition des nervures des champs marginal et discoïdal autre que chez les femelles, et ces aires dilatées accroissent la puissance de la stridulation. Dans certaines espèces, ainsi chez le S. vnriabilis, la stridiilalidu a un timbre submétallique, et en même temps est d'abord d'inicnsilé douce, puis croissante, et enfin décroissante. Les mâles du S. melanoptorus, et vraisemblablement du S. miniatus, font entendre en volant une sorte de stridulation par le batlemiMit de leurs ailes. La célérité des mouvements des cuisses est souvent étonnante. Parfois les mâles gesticulent devant les femelles d'une façcui bizarre et ridicule. U y a des espèces, ainsi le S. pratorwn, où les élytres et les ailes de la plupart des sujets sont raccourcies, et ne sont bien développées que chez un petit nombre ; ce qui avait amené la création de fausses espèces. Les nymphes de toutes les espèces se distinguent des adultes subaptères par le caractère habituel ; elles ont les fourreaux des élytres intérieurs, ceux des ailes
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non recouverts et extérieurs, laiidiâ que chez les adultes à organes du vol avortes, les ailes soni toujours oouverles par les élytres. La nei'vulation (les élytres, qui est surtout nette chez les mâles, varie dans chaque espèce, et sert beaucoup pour la distinction spécificjiu!. Souvent au tiers apical se voit une ligne oblique blanche, formée de nervules irrégulièrement réticulées, ainsi dans les S. lineatus, viridulus^ variabilis, etc.; au contraire on observe à peine les fuscies transverses des élytres si fréquentes chez les Œdipoda. Les ailes sont rarenu'ut colorées et manquent alors des bandes habituelles des OEdiimda. Une espèce un peu anormale, le S. sibiricus, a le pronotum gibbeux et les jambes antérieures portant chez le mAle une bulle cornée, de fonction inconnue.
Les S^eno6o^/(rM.>(ont un très-grand nombre d'espèces, répandues dans toute l'Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique. Dans ce dernier pays le continent septentrional en compte 27 espèces, en y comprenant une espèce du sous-genre Gomphocerus, distribuées dans toutes ses régions fauniques, sauf sur les rives du Pacifique, c'est-à-dire existant dans l'Amérique britannique, les Etats-Unis orientaux, les montagnes Rocheuses, le Mexique, le territoire des Indiens de l'Ouest et l'Amérique centrale. Nous indiquerons seulement quelques espèces principales de l'Europe.
Section I^^ du genre Sfenobothrus : Antennes subfiliformes; s. -g. Rhammafocori, Fieber (corne en fil).
Dans un premier groupe les carènes latérales du pronotum sont droites ou su])droites.
Ace groupe appartient le S. elenans, Charp., vert en entier ou rous- Scttre en dessus ou d'un gris jaunâtre varié de brun, de rosé, de jaune d'ocre ; les élytres du mâle plus longues que l'abdomen^ celles de la femelle de sa longueur, avec une bande jaune antérieure et une bande noire adjacente en dedans ; les ailes hyalines et de la longueur des élytres ; la plaque subgéuitale du mille brièvement coni(iue ; le màlc long de V2 millimètres, la femelle de J6 à 18 millimètres. C-ette espèce, toujours locale et dispersée, variant de couleur et de taille, des prés humides et marécageux, ce qui la rend souvent la proie des Pilaires, se trouve en Europe, de l'Andalousie et du midi de la Fraïu'c jusqu'en Suède ; en Angleterre ; en Russie près de Moscou et d'Orenbourg ; existant en iJelgique, fortcommuneà Osfende sur les talus des fortifications, près (les huîtrières, et à Nieuport, sur les berges sèches du chenal, à la fin de juillet. Le chant du mâle, qu'on entend dans le mois de juin, dure d'une demi-seconde à une seconde ; ordinairement la note est répétée plusieurs fois de suite, jusqu'à cinq fois, à des intervalles d'environ une seconde, avant que l'insecte prenm^ un repos i)lus long, d un temps indéterminé, et le timbre de cette note peut être comparé à un son en rrrééé. La stridulation est très-analogue dans une espèce toute voisine, souvent confondue avec le S. elegans, et qui est le S. declivus, L. Bris, de Barn., au milieu du vertex caréné, à pronotum plus court et plus large, et à
carènes moins aiguës, auxncrvulesdes ailes moins marquées, et surtout à la plaque subL;éiiifal(! du m;ile en cône bien plus ai[;u, plus prolongée et plus atténuée. On trouve le .S. declivus dans diverses régions de l'Europe méridionale et moyenne, très-répandu dans la France méridionale, oll'rant dans lArdèche la variété ayant dans les deux sexes le le corps d'un rose pourpré, près de Paris, au bois de Boulogne, à Saint- Germain, à Montlhéry, à Bouray (commun).
Un autre groupe de Stenobothrus a les carènes latérales du pronotum subflécliies, un peu rapprochées entre elles avant le milieu, cependant à peine anguleuses, divergeant plus distinctement en arrière.
Citons, de ce type, le S. dorsatus, Zettersdt, de lU millim. long, (f, 18 à 20 Ç, vert ou jaunâtre ou d'un roux brun ; à élytres et ailes bien développées ; les premières dilatées vers le milieu chez le mâle, puis subitement rétrécies et plus longues que l'abdomen, oblongues, lancéolées et subégales à l'abdomen chez la femelle, ayant parfois un trait blanc et un trait noir adjacent, ou des macules fauves ; les ailes hyalines dans-' les deux sexes, un peu plus courtes que les élytres. Commun de juillet à septembre en divers points de l'Europe moyenne et boréale ; trouvé en Provence et dans le département de Maine-et-Loire, des prairies humides des plaines et des lieux herbus des l'orèts. l.e mâle en stridulation tire ses deux cuisses rapidement ensemble, de haut en bas, d'un mouvement de plus en plus étendu, et quatre fois, de manière à produire quatre notes courtes, suivies immédiatement d'une cinquième, qui est tout autre, plus aiguë, plus durable, résultant de quelques vibrations des deux pattes, qui ne vont plus ensemble, mais d'une manière irrégulièrement alternative. Tandis que les premières notes ont un timbre en rrrééé, la cinquième sonne tzin. Ce chant dure un peu plus d'une seconde, et l'insecte le répète environ vingt-cinq fois, à des intervalles d'à peu près une seconde. C'est là le chant d'appel ou normal du mâle isolé. Quand il rencontre sa femelle, ou même une femelle d'une espèce voisine, il s'arrête brusquement, dirige ses antennes vers elle, et s'en approche le plus près possible ; le chant, répété plus de cent fois de suite, devient si doux, que l'oreille humaine le perçoit à peine. Si la femelle s'éloigne, le mAle produit la cinquième note seule, plus forte et plus soutenue que dans le chant normal. Il témoigne en outre une agitation extrême, cherchant autour de lui, à droite et à gauche, jusqu'à ce qu'il rencontre une nouvelle femelle ou d'autres mâles ; dans ce dernier cas, ceux-ci semblent prendre part à son in([uiétude, répondant à son chant par la même note, et même plusieurs raccompagnant dans sa poursuite. La femelle isolée exécute quelquefois avec ses pattes postérieures les mouvements du chant normal du mâle, mais sans qu'on puisse entendre aucun son.
Le Stenobothrus le plus commun et le plus répandu dans l'Europe moyenne et boréale est le S. pratorum, Fieber. Sa taille est celle du précédent, il abonde, de la iin de juin à la fin d'octobre, dans les prés
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des environs de Paris, du nord de la France, de la Belgique, s'étendant jusqn"en Suède et eu Laponie, et à la zone subalpine des montagnes. Les petits paysans nomment ses innombrables sujets Sautériaux ou Sautriaux. Cest aussi l'espèce dont ou rencontre le plus tOt, au moins dans le Nord, des exemplaires adultes. La coloration varie beaucoup : des exemplaires sont presque grisâtres et d'autres entièrement verts, enfin un certain nombre eu partie bruns ou rosacés. Le système alaire, trèschangeant, y constitue trois variétés : le S.parallelus, Zelferst., à élytres du mâle plus longues que l'abdomen, celles de la femelle plus courtes, les ailes très-courtes dans les deux sexes, n'ayant que le tiers des élytres, caractère qui, joint aux carènes latérales du prouotum courbées, le distingue bien du S. dorsatus ; le S. mûtitanm, Charp., à système alaire plus développé, les élytres du mâle dépassant l'abdomen, et celles de la femelle plus longues que la moitié, les ailes dans les deux sexes à peine plus courtes que la moitié des élytres, avec tous les passages à la variété qui précède; \eS.explicatus, Fisch. Fr., très-rare, à ailes et élytres parfaitement dévelojjpces. Le chant type de ce Criquet si commun, celui qu'il fait entendre lorsqu'il a passé un certain temps au soleil, est formé de sept ou huit notes résultant d'un nombre égal de mouvements assez étendus et simultanés des deux pattes postérieures. Cette stridulation, d'intensité croissante, a un timbre eu rrrééé ou (jrrééé. Le plus souvent le Stenobothrus répète sa musique en prenant chaque fois un repos d'environ trois secondes. Fréquemment deux mâles voisins se répondent, le chant de l'un correspondant au silence de l'autre, et cela a lieu aussi pour le chant anormal. Yersin a surpris les mouvements de la nymphe d'un mâle cherchant à produire le chant normal, sans succès, vu l'imperfection de ses élytres. Le chant est rapide et précipité dans les chaudes journées de l'été, et dure alors à peine une seconde, tandis qu'eu septembre il est rare qu'il s'accomplisse en moins de deux secondes ; aux diverses heures de la journée ou en passant insensiblement du soleil à l'ombre, le mâle ralentit peu à peu la mesure de sa stridulation ; ses mouvements sont plus allongés et se multiplient tellement, que le chant dure quatre ou cinq secondes, avec douze à quatorze notes au lieu de sept ou huit. On ne le reconnaît qu'à sou timbre toujours exactement conservé. C'est surtout dans les soirées tièdes qui suivent les brûlantes journées d'août que l'insecte est intéressant à suivre dans les gazons, où il stridule encore sur un mode si lent et si paresseux, qu'il semble vouloir jouir de la douce influence de la saison jusqu'aux dernières heures du crépuscule. 11 n'est pas rare de l'entendre encore, ces jours-là, après dix heures du soir : c'est le seul Acridien d'Europe qui stridule aussi souvent à l'ombre, ou aussi tard après le coucher du soleil; presque tous les autres cessent leur chant dès que cet astre est près de l'horizon. Il n'est pas moins curieux d'observer la stridulation du S. pratonun, dans les premières heui'esde la matinée, surtout après une nuit un peu fraîche. Il fait alors entendre assez long- GIRARD. u. — 15
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temps un chant anormal, très-diflerent du chant ordinaire, formé d'une seule note fortement trillée, soutenue au moins une seconde et du môme timbre que le chant ordinaire; en même temps l'insecte cherche le soleil pour se réchauffer, une patte postérieure toujours plus basse que l'autre ; les deux pattes, au lieu d'agir ensemble, comme lors du chant normal, frottent les élytres par des mouvements rapides, alternatifs, peu étendus. Le Criquet, bien réchauffé, reprend le chant ordinaire. Le chant anormal, rare eu été, devient d'autant plus fréquent que la saison s'avance davantage.
Le S. iineatus, Panzer, est vert ou violacé, la femelle atteignant 20 à ^/l millim., taiulis que le mâle n'en a que l'J à IZi. La tête est renflée, surtout chez la femelle; les carènes du pronotum rosées, sinuées avant le milieu, divergeant postérieurement et coupant une ligne noire; les élytres du maie fuligineuses, plus longues que l'abdomen, avec une macule oblique blanche, celles de la femelle un peu plus courtes que l'abdomen, avec une bande blanche et une bande brune ; les ailes presque de la longueur des élytres, fuligineuses extérieurement ; les jambes postérieures sanguines, à genoux noirs; l'abdomen rouge en dessus chez le mâle, avec des points noirs géminés, d'un jaune verdâtre en dessous, annelé de blanc chez la femelle. Le mâle de cette espèce exécute un certain nombre de notes bien distinctes, en passant ses cuisses postérieures sur ses élytres par un mouvement étendu et plusou moins alternatif. L'une des notes est toujours plus forte et d'un timbre un peu différent de l'autre ; elles rappellent, comme timbre, la succession des syllabes in m, in ïn, in ïn. Les deux notes ensemble durent environ une seconde, et l'insecte les répète jusqu'à vingt fois chacune, sans prendre aucun repos. La stridulation se modifie de la manière la plus remarquable si le mâle est en présence d'une femelle. Il se sert alors de ses deux pattes, qui marchent exactement ensemble, dans un mouvement très-court et assez rapide pour produire, quatre ou cinq fois par seconde, une note bien nette, faible d'intensité, dont le timbre rappelle la note normale en ïn. Ce chant est soutenu d'une manière continue pendant près d'une nîiinute, la femelle, à qui il est destiné, restant à terre cachée dans l'herbe. Si l'on dérange le mâle, ou si la femelle s'éloigne, il reprend bientôt le même rhythme, mais alors avec une seule patte postérieure, l'autre demeurant immobile, pendant que la première rend quatre ou cinq notes ; puis la seconde patte succède à la première sans la moindre interruption dans le chant, comme si les deux pattes agissaient ensemble, et ces alternatives se reproduisent plusieurs ibis de suite. L'insecte fait encore entendre quelques sons, soit eu marchant, soit en mangeant des feuilles. Dans ce dernier cas, il se cramponne à une tige de Graminée par ses seules pattes intermédiaires, approche une feuille à sa portée entre ses mandibules avec les pattes de devant, et en mèmi; temps exécute avec les cuisses de derrière une sorte de bruit de satisfaction, sur une note courte et
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faible, qu'il faut être tivs-près pour entendre. Le 5. lineatus habite plusieurs régions de l'Europe, dans les champs arides des plaines et des montagnes, d'août à octobre, s'élevant en Suisse presque jusqu'à la région alpine, se trouvant en Andalousie, en France prcis de Paris (Bris, de Barn.), en Angleterre, etc., manquant eu Suède et en Lapotiie. En Allemagne, outre le type se trouve une variété S. niuro-macnlatiis, Herr. Schœir., à élytres et ailes raccourcies, imparfaitement développées.
Une espèce plus petite, de 12 millimètres (f, et 16 millimètres Ç, le S. stigmaticus, Rambur, diffère de la précédente par une taille beaucoup plus petite et par une autre nervation des élytres, et du S. biguttatuH par les antennes non épaissies au sommet. On le trouve sur les montagnes de l'Andalousie (Hambur), en Suisse, en Allemagne, près de Carlsrulie en octobre, en France près de Paris, commun à Fontainebleau aux mares de Belle-Croi\ (Bris, de Barn.), en Belgique, en juillet, août et au commencement de septembre, sur les collines sèches, dans les Bruyères et les Genêts, volant peu. 11 y a des exemplaires verts et d'autres d'un gris jaunâtre. Les dessins noirs et blancs des joues, et les ailes presque aussi longues que les élytres, différencient l'espèce d'avec le S. parallelus^ les unes elles autres étant du reste courtes, n'atteignant pas le bout de l'abdomen.
Le dernier groupe des, Stenobothrus propres offre les carènes latérales du pronotum rapprochées avant le milieu, distinctement fléchies en angle ou anguleuses en croix, divergeant plus ou moins en arrière.
Nous citerons le S. vagans, Fieber, espèce subalpine dont on trouve quelques exemplaires en Belgique, sur les collines arides des environs de Spa; commun dans le Valais; de Bohême, de Silésie, des lieux pierreux, aux bords des champs, sur les collines herbues, buissonneuses, mais sèches, etc. 11 est souvent confondu dans les collections avec des variétés du S. variabilis, mais s'en distingue par les pattes et l'abdomen non poilus et les carènes du pronotum non en croix, différant du mâle du S. biguttulus par la cCAe des ailes peu dilatée, du S. bicolor par la (aille moindre et les ailes moins larges, du S. rujlpes, qui est de même taille, par les élytres du mâle moins noirâtres, et le dessous de l'abdomen d'un jaune verdàfre luisant, ('/est ordinairement placé sur les pierres qui bordent les chemins que le mâle frotte ses élytres avec ses deux cuisses postérieures d'un mouvement court et régulier, de manière à en tirer environ quatre notes par seconde, notes bien accentuées, égales entre elles, d'un timbre en èéé ou rrrééé., analogue à celui du S. pratorum, et cela dans un temps très-varié, de deux à quinze secondes.
Le S. viriduliis, Linn., est une espèce répandue dans le milieu et le nord de l'Europe, dans les champs des pLiines, et dans les montagnes subalpines ; commun dans les Alpes suisses au commencement d'août, dans le Jura; existant eu Allemagne, eu Belgique en août dans les Bruyères de l'Ardeiuu', mais rare en Angleterre, en Suède, en Uussie,
en Laponic. Le mâle siridule par un mouvement vibratoire court, rapide et continu des deux pattes à la fois, et le son qui en résulte, trèsfaible d'abord, croît promptement en intensité et conserve ensuite une force à peu près constante, et cela pendant une quinzaine de secondes, sur un timbre brillant et métallique, comme vrrriii. Le chant du S. rufipes est très-analogue, mais moins intense et durant à peu près moitié moins. La taille du S. viridulus est de 12 à lli millimètres çf, 16 à 18 Ç; la coloration est toujours verte chez la femelle, d'un gris brun chez le mâle ou souvent verte comme dans l'autre sexe ; les élytres sont subdilatées, surtout chez le nielle, sans taches brunes isolées, fuligineuses au sommet chez le mâle, le dos roussâtre ou vert dans les deux sexes, les ailes fuligineuses au bord antérieur et au sommet, les cuisses postérieures avec une bande noire interne, le dessous de l'abdomen des deux sexes vert jaunâtre et nullement rouge. Les carènes du prothorax non courbées à angle distinguent cette espèce des variétés vertes des S. biguUulus et bicolor, mais ces carènes courbées la séparent du S. elegans, qui en outre a le thorax plus allongé et la côte des ailes du mâle dilatée.
On fait en général une espèce distincte du .S. nippes, Zetterst., de taille analogue au précédent ; le brun ou le rougeâtre remplacent en grande partie le vert de l'espèce précédente, le noir même domine chez le mâle. Il faut y remarquer les palpes blanchâtres. L'espèce varie peu pour la coloration. Le mâle se distingue des exemplaires foncés du S. bigutlulus par ses élytres dont la côte n'est pas dilatée. Les carènes du prothorax coupent une bande noire ; les élytres, plus longues que l'abdomen ou subégales, testacées au dos ou vertes chez la femelle, ont des taches brunes isolées, et les ailes sont rembrunies, les cuisses postérieures roussâtres fascinées de noir, les jambes postérieures sanguines chez le mâle, foncées en-dessus avec des incisures blanches sur les bords chez les femelles, rouges postérieurement avec des points noirs géminés chez les mâles ; la poitrine d'un jaune vert dans les deux sexes et l'abdomen sanguin en dessous. Peut-être n'avons-nous affaire qu'à une race propre aux plaines du S. viridulus, qui est essentiellement des montagnes. On trouve cette espèce dans toute l'Europe, de la Sicile à la Suède, l'Angleterre comprise. Elle existe près de Paris (Bris, de Barn.), mais est surtout commune en Provence. Elle est adulte dès le mois de mai et .se montre encore en septembre, commune en Belgique dès la fin de juillet dans les Bruyères et les Genêts des collines exposées au soleil. La femelle vole lourdement, et s'enfonce souvent sous les herbes, si l'on place le filet sur la plante où elle est posée. On rencontre des femelles à dessous de l'abdomen d'un jaunâtre pâle, comme chez le S. viridulus, mais dont les élytres ressemblent pour les taches au rufipes. M. de Sélys-Longchamps suppose que c'est lejeune âge de l'adulte de cette dernière espèce, dont le dessous de l'abdomen rougirait postérieurement.
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Les remarques curieuses ;\ faire sur la stridulation nous portent à citer deux espèces des montagnes, [/une, de Suisse, d'Allemagne, de France (Latreillc), de Moscovie, de Suède, est le -S. apricarius, Linn., habitant les pâturages moyens et élevés des Alpes, où il stridule en recherchant le soleil. Dans cet acte, il agite à la Cois les deux pattes postérieures par un mouvement court, et assez rapide pour donner environ 90 notes en quatorze ou quinze secondes, durée ordinaire de son chant. Outre la note principale dont le timbre est en tin, une oreille attentive en découvre une autre, d'une très-faible intensité, qui semble Uer les autres entre elles en produisant un son en i, ce qui fait que l'ensemble de cette stridulation paraît lormé par une suite de itin, itin, itln, itin. Les premiers sons de cette série sont assez faibles; ils augmentent graduellement de force jusqu'au dernier. Les deux sons distincts de ce chant paraissent provenir, l'un du mouvement ascendant, l'autre du mouvement inverse des pattes postérieures, qui glisseraient dans les deux cas en appuyant sur les élylres avec des pressions différentes. Le S. melanopterus, de Borck, existe aussi sur les montagnes en Portugal, dans l'Italie supérieure, dans les Alpes suisses, où il paraît plus commun que l'espèce précédente, en Allemagne près de Vienne, de Fribourg en Brisgau, commun dans les champs et les prés, en Russie (Moscou, Orenbourg), en Suède. Les ailes sont fuligineuses chez le mule, transparentes chez la femelle, les jambes postérieures rouges. Le battement des ailes de ce Stenobothrus, quand il vole, est aussi bruyant que le chant de beaucoup d'autres espèces ; l'insecte au reste ne s'élève qu'à 2 ou 3 mètres de hauteur par ce mode de locomotion. En redescendant à terre, il se met aussitôt à chanter. Il commence par une note forte, d'un timbre en ssssin, qu'il tire de ses élytres, en faisant vibrer ses deux pattes postérieures à la fois dans un mouvement court, rapide et soutenu pendant près d'une seconde. A ce son en succède immédiatement un autre, résultant d'un seul mouvement étendu des pattes, qui agissent avec plus ou moins d'accord, n'appuyant sur les élytres que pendant le mouvement ascendant ; elles produisent ainsi un son fort et aigre, d'un timbre en trrrraa, qui dure moins d'une demiseconde et qui est plus grave qut; l'autre. Sans prendre aucun repos, l'animal répète, mais en la soutenant un peu moins longtemps, la note en ssssin, puis celle en trrrraa, et ainsi de suite, jusqu'à vingt-deux fois chacune, en accélérant de plus eu plus la mesure, qui est deux fois plus rapide à la fin qu'au commencement. Le matin, ou les jours pluvieux, pendant une éclaircie, certains individus, en marchant sur la terre, se contentent de faire entendre de temps à autre une note unique, toujours celle en ssssin.
L'espèce la plus difticile de ce genre d'une étude si laborieuse, auquel nous avons cru en conséquence devoir donner des développements insolites, est le S. variabilis, Fieber. Je crois impossible pour le moment de décider si l'on a affaire m des race ou à plusieurs espèces. Cet
Acridien est vert ou gris ou d'un roux brun ; les cari^-nes latérales du pronotum sont angulées avant le milieu, croisées, coupant une bande noire -, les élytres et les ailes plus longues que l'abdomen ou égales chez la femelle ; les aires scapulaire et externo-médiane des élytres du mâle plus ou moins dilatées, avec une macule oblique blanche entourée de brun et souvent des taches brunes dispersées ; les ailes subhyalines, subfuligineuses vers le sommet; les quatre pattes antérieures poilues, les cuisses postérieures d'un jaune vert en dessus et en dessous, avec une bande interne noire ; les jambes rousses chez le mâle ou d'un roux testacé ; la poitrine et le ventre d'un vert jaune ; l'abdomen noir à la base en dessus, rouge postérieurement chez le mâle, dont la plaque subgénitale est courte, obtusément conique. La longueur du mâle est de 12 à 16 millimètres et plus, celle de la femelle 16 à 18 et plus. Une première race probablement est constituée par le S. bigutfuhis, Linn., qui existe en Algérie (Lucas) et dans toute l'Europe, dispersé depuis la Sicile et l'Andalousie jusqu'à l'Angleterre, la Russie, la Suède, la Laponie, commun dans les prairies des plaines et des montagnes. En Belgique, il abonde dans les prés secs et dans les dunes (Ostende), à la liu d'août et au commencement de septembre. Le mâle se reconnaît aisément à la côte des ailes supérieures très-dilatée, et aux carènes dorsales anguleuses; mais la femelle est très-diflicile à distinguer de l'espèce ou race suivante. Il y a beaucoup de variations de taille et de couleur, celles-ci suffisamment désignées par leurs épithètes : lutescens, purpurascens, virescens, prasina, lés deuxdernières répondant au Gryllus mollis, Charp., espèce distincte du S. bigutiulus, d'après M. L. Brisout de Barneville. L'autre espèce ou race est le S. hicolor, Charp., correspondant, pour Fieber et Fischer de Fribourg, aux variétés niyrina et murina du variabilis. Elle existe dans les lieux analogues, très-commune en divers points de la Belgique, dans les prés et les jardins, de la fin de juillet jusqu'en octobre. On trouve à peu près les mêmes variétés de coloration que chez le S. biguttulus, quoique les variétés foncées ou noirâtres soient plus fréquentes chez le bicolor et les vertes plus rares ; la taille plus forte, la côte des élytres des mâles peu dilatée séparent le bicolor du bigutiulus. Quant aux femelles, on peut dire que la taille plus grande est en général le seul signe séparateur. La stridulation des mâles se fait remarquer par son timbre métallique, ceux dont les aires antérieures des élytres sont moins dilatées stridulant plus doucement. \'er.-in a observé de légères différences dans les rhylhmes du chant des diverses variétés, chez le S. biguttulus, espèce très-commune en Suisse au mois de septembre. Le mâle isolé fait entendre deux ou trois notes, la première plus courte que les autres, gagnant en éclat et en durée jusqu'à la dernière, qui est soutenue pendant plus de deux secondes; ces notes, toutes du même ton, qu'on peut représenter par vrrriui, &ont séparées par des silences qui varient d'un quart à une seconde, et dues à un mouvement vibratoire court et rapide des deux pattes postérieures
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à la fois. Si le mâle chante prî-s d'une femelle, il fait vibrer ses pattes de la mûme manière que pour le chant ordinaire, mais d'abord sans bruit sensible pour nous, puis sur une note beaucoup plus douce que celle du chant normal et un peu moins longue. Parfois la femelle répond au mâle par un mouvement vibratoire des pattes sur les élytres identique avec celui du mâle, mais sans son perceptible pour l'oreille humaine.
Le S. mollis, Charp., est une race ou espèce commune dans les prés sablonneux qui bordent le lac de Genève, et aussi en Provence. Son chant normal, dû à un mouvement vibratoire simultané des deux pattes, est d'un timbre un peu plus argentin que celui du S.pratorum, auquel il ressemble assez ; il est formé de vingt à trente notes d'intensité croissante, les premières durant moins d'une demi-seconde et plus aiguës que les dernières, qui sont en outre beaucoup plus lentes, au point que les huit ou dix dernières notes du chant durent chacune près d'une seconde. Si le mâle rencontre une femelle, il modifie son chant en lui donnant un caractère inusité de douceur ; les premicres notes surtout,^ d'une très-faible intensité, acquièrent un timbre en i qui les fait paraître beaucoup plus aiguës que toutes les autres, et le mouvement des pattes qui les produit est si court qu'il semble n'être qu'un simple frémissement. Les femelles de ce Stenoboihrus, que la stridulation porte à regarder comme une espèce dislincte, se livrent, ainsi que celles de quelques autres espèces, à une singulière manœuvre. Pendant l'aprèsmidi on les voit quelquefois étaler vivement leurs élytres, déployer leurs ailes et en frapper l'air de plusieurs mouvements brusques et saccadés, comme si elles voulaient prenlre leur vol, ou comme si elles cherchaient à se débarrasser d'un corps étranger. En même temps l'une de leurs pattes postérieures s'élève verticalement, la jambe repliée contre la cuisse, de manière que le tarse se trouve placé sur la base des élytres, et ces battements sont accompagnés d'un bruit sensible. Au contraire du précédent, le S. bicolor, Charp., a une stridulation des plus courtes, un peu moins métallique et moins intense que celle du S. biyuttidus, dont elle dillère peu par le timbre. Elle se compose d'une note unique, durant à peine une demi-seconde ou un tiers de seconde, et ne se répétant qu'après un repos au moins double ou triple et quelquefois beaucoup plus long ; ordinairement on compte seulement une note de deux en deux secondes. Les mâles semblent éprouver un plaisir tout particulier à striduler les uns après les autres, posés sur la terre dans les lieux incultes.
La seconde graiule division du genre Stonobothrus est composée des Gomphoceri, Fieber, à antennes épaissies au sommet ou en massue.
Parmi les Gomphocères d'Europe, nous citerons le S. ou G. biijuttatus Charp., une des petites espèces du genre, de 10 à 15 millimètres dans les deux sexes, de couleur verte, teslacée, rousse ou brune, variée de blanc ; les antennes du mâle terminées en massue étroite, celles de la
femelle un peu épaissies vers le sommet; les carènes latérales du pronotum subanguleuses, avec une tache latérale blanche ; les élytres et les ailes plus longues que l'abdomen, les premières subdilatées chez les mâles, avec les aires scapulaire et discoïdale assez grandes (pi. lxui, fig. 12, élytre gauche du mâle) ; des bandes brune et blanche et une tache oblique blanche (les deux gouttes) ; les ailes hyalines, fuligineuses au sommet ; les cuisses postérieures avec bandes blanches et noires ; l'abdomen rouge au sommet chez le mâle, brun en dessus et plus pâle en dessous ou d'un roux verdâtre dans les deux sexes. Le chant du mâle de cette espèce présente une certaine analogie avec celui du S. mollis; il est formé de neuf à douze notes, longues d'une seconde à peu près, les dernières un peu plus lentes et plus fortes que les premières. Cette stridulation, quoique faible en raison de la petite taille de l'insecte, est bien distincte et d'un timbre en vrrrééé. Pour la produire, le mâle élève ses deux pattes postérieures à la fois, par un mouvement lent et peu étendu, pendant lequel ces pattes appuient sur les élytres en vibrant d'une manière presque imperceptible ; arrivées au haut de leur course, elles retombent brusquement en s'éloignant des élytres, ce qui détermine un court silence entre chaque note. Le S. ou G. biguttatus ressemble assez au S. stigmaticus par la taille et la coloration, mais s'en sépare par les antennes du mâle en massue, simplement épaissies au bout chez la femelle, et par les carènes latérales du thorax anguleuses. L'espèce est de l'Europe médiane et boréale, très-commune en France, à la fin de juillet et en août, dans les lieux sablonneux arides, dans les prés montagneux à maigres gazons, les coteaux secs, les Bruyères, les Genôts, très-commune aussi en Belgique aux mêmes lieux, jusqu'à la fin d'août dans certains endroits. L'espèce y est locale, mais abondante là où elle existe, offrant trois variétés de coloration, l'une grise plus ou moins foncée, passant parfois au brun, l'autre verte en grande partie, passant plus ou moins à la variété grise, enfin la troisième ayant le dessus et les cuisses postérieures rosacés, passant parfois au noirâtre. Dans beaucoup d'individus des diverses variétés il y a, comme chez des variétés du N. hicolor, une raie dorsale claire partant de la tête, passant sur le thorax, puis se contmuant sur le bord interne des élytres, ce qui se voit surtout que les organes du vol sont fermés. Le S. ou G. biguttatus existe aussi en Suisse, en Allemagne, en Angleterre, en Russie, dans toute la Suède où il est commun, en Laponie et en Botnie, dans les Alpes Scandinaves. On n'a pas encore observé l'espèce dans la péninsule Hispanique, en Italie, et en Gi^èce.
Une espèce plus grande dans les deux sexes de quelques millimètres, est le S. ou G. rufus, Linn., d'un brun roussâtre, à dos pâle, plus rarement jaunâtre, à dos cendré. Les antennes sont longues et roussâtres, avec la massue comprimée noire, terminée par une pointe blanche aiguë, les élytres du mâle plus longues que l'abdomen, le plus souvent sans taches, les élytres de la femelle souvent plus courtes que
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l'abdomon et maculées, des ailes un peu plus courtes que les élytres, subhyalines ou ferrugineuses. La massue des antennes sépare tout de suite cette espèce des variétés brunes des S. higuttulus et bicolor, desquelles la taille la rapproche beaucoup. Le mâle ne fait d'ordinaire entendre qu'une seule noie do trois ou quatre secondes, peu intense, d'un timbre argentin, trilléc d'une façon plus line que chez tout autre Acridien, ce qui répond à un mouvement très-court et très-rapide des cuisses tour à tour en haut et en bas ; tantôt il meut ses cuisses ensemble vers le bas et tire un son croissant décroissant, presque comme chez le S. higuttulus. L'espèce est des mêmes pays que la précédente, des broussailles, des coupes de bois, des prés secscà la fin de juillet, en août et septembre; elle se pose souvent sur les arbustes. M. Fischer, de Fribourg, a observé un jour un mille qui, les pattes antérieures étendues sur le sol et se tenant près de la femelle, faisait des gestes trèsrisibles, balançait son corps çà et là, dressait ses antennes, et semblait à la fois éventer et réjouir sa femelle.
Il y a quelques espèces intéressantes des montagnes : ainsi le S. ou G. brevipennis, Bris, de iJarn., ù élytres plus courtes que l'abdomen, surtout chez les femelles, les ailes avortées dans les deux sexes, de la France méridionale, au pic du Midi, à Bagnères de Bigorre, dans les Pyrénées (Laboulbène); le S. ou G. sibiricus, Linn., bien plus grand et plus robuste que le S. rufus, d'un roux tostacé, h pronotum plus ou moins renflé en gibbosité au milieu, à organes du vol bien développés, des champs gazonnés arides des montagnes, commun dans les Alpes suisses et italiennes, par 1500 mètres d'altitude, en août, dans les monts de la Forèt-Noire, en Angleterre, dans les monts Ourals, en Sibérie. Quand le mAle stridule, il frotte ses élytres avec ses deux pattes à la fois, par un mouvement très-court et rapide, de manière à répéter jusqu'à deux cents fois, et cela parfois pendant près d'une minute, une note brève, bien accentuée, d'un timbre en tré, tré, tré, tré. Ces notes, égales entre elles, se succèdent si rapides, qu'il s'en produit de cinq à sept par seconde. Elles sont néaimioins bien distinctes, car chacune n'est produite que pendant un des mouvements des pattes, ascendant ou descendant, l'autre coïncidant avec le court silence qui sépare les notes. Il arrive quelquefois que les dernières notes d'une de ces longues séries baissent tout à coup, et prennent un timbre en ri, ri, ri....\ il semble que l'insecte, fatigué, n'a plus la force d'appuyer sur ses élytres pour en tirer le son ordinaire.
Le sous-genre Stenobothrus compte dans le continent américain septentrional 26 espèces actuellement décrites, appartenant à toutes les régions, sauf aux rives du Pacifique, et le sous-genre Gomphocerus, une espèce des États-Unis.
A côté du genre Stenobothrus se place le genre Stetheophyma, Fisch. Fr., à tête grande et grosse, à antennes médiocres et simples, à fovéoles latérales du vertex distinctes ou oblitérées, selon les exemplaires d'une
môme espèce; les carènes latérales du pronotum un peu obtuses, le pronotum avec irois sillons transverses ondulés, un tubercule court et oblus au devant du prosternum ; les élytres et les ailes bien développées dans les deux sexes, parfois raccourcies chez les iemelles. Ce genre n'a en Europe que deuv espèces : l'une est le S. grossum, \Ànn., le Criquet emanglanté du' Geoffroy, dont la femelle atteint de 30 à 35 millimètres, le mâle restant à peu près moitié plus petit ; la tète et le corps d'un vert d'herbe, devenant olivâtre par la dessiccation ; le bord antérieur des élytres largement jaune, avec les nervures ferrugineuses ; les ailes à nervures noires, un peu verdâtres postérieurement ; les cuisses poslérieures d'un rouge de sang en dessous, les jambes postérieures d'un jaune verdâtre luisant avec épines noires, lescerques du mâle ferrugineux et sa plaque subgénitale conique, les valvules de ponte de la femelle allongées. Cette espèce, à part le Pachytylus migratorius, qui n'est qu'accidentel, est, pour le nord do la France et la Belgique, le plus gros Acridien indigène. Il est commun dans les prés humides en août et au commencement de septembre, parfois dès la tin de juillet. Sa taille et son tliorax granulé en dessous le font aisément reconnaître et il varie peu. Jadis on le prenait parfois en très-grande quantité tout contre Paris, dans les prairies de Gentilly, localité presque détruite aujourd'luii pour l'entomologie. La stridulation, déjà constatée par de Geer, est un son tantôt très-bref, tantôt plus prolongé, sifflant, qui se produit pendant que les cuisses postérieures sont tirées en bas. En sautant, l'insecte s'enlève de terre à près de 60 centimètres, et en même temps vole dans un espace médiocre. Outre la France et la Belgique, l'espèce est de Suisse, de toute i'.Vllemagne, de Russie, peut-être d'Angleterre, de Suède, de Laponie ; n'a pas été observée en Italie, en Espagne, en Grèce. La seconde espèce, le S. variegatum, Sulzer, est des lieux élevés de l'Europe austrak' et médiane, arrivant en France jusqu'à Saintes. 11 habite les Alpes, s'y rencontrant à une élévation moindre que le Gomphocerus sibiricus, et se distinguant, parmi les nombreuses espèces alpines bruyantes, par l'éclat de sa stridulation. Elle est normalement composée de cinq notes, deux graves et courtes, une longue ])lus aiguë, puis deux autres semblables aux premières. Le timbre de la note grave est plus aigre, et diffère sensiblement de celui de l'autre, qui est particulièrement brillant. On peut essayer de les représenter par (/rr//, drrii, iiiiiiiiiijii, drrii, drrii. Les deux notes graves durent ensemble moins d'une seconde, et sont produites chacune par un mouvement très-étendu des pattes postérieures agissant ensemble, et n'appuyant sur les élytres, pour produire le son, que lorsqu'elles .descendent. La note aiguë résulte d un mouNenient \ibratoire trèscourt des deux pattes, et se soutient environ deux secondes. Parfois l'insecte, en marchant dans l'herbe, ou le matin quand il commence à chanter, ne fuit entendre ([ue la note grave une ou plusieurs fois de suite. En général, après le chant normal, répété parfois sans repos trois
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OU quatre fois consécutives, il s'élève d'un vol bruyant, et va recommencer à quelques pas de là, comme le Stmobothrus melanoplnus. Le genre Sfctheophyma compte trois espèces eji Amérique, du ('anada et des États-Unis du Nord.
M. Fischer, de Fribourg, a établi un t^cnro peu éloigné des Vezoletliœ pour une espèce d'Enrope, et rare en beaucoup de points, l'ancien Gryllus parapleuriis, Hagenbach, OEdipoda pour Audinet-Serville. L'insecte est à la limite desOI']dipodes et des Criquets par son prosternum muni d'un tubercule obtus, non dégagé en corne ou épine. Levertex est subobtus et déclive, à fùvéoles presque nulles, le pronotum un peu arrondi, à faible carène médiane, les carènes latérales nulles, et muni de trois sillons transverses. Les élytres et les ailes sont parfaitement développées dans les deux sexes ; les pattes grêles, les cuisses postérieures allongées, peu dilatées à la base, l'abdomen allongé, caréné en dessus, à tympan presque entièrement libre. Le Pan/p/citri/s <;//ms, Fisch. Fr., de 18 millimètres environ o^ et 26 millimètres ^, est d'un vert jaunâtre. Derrière chaque œil est ur\e ligne longitudinale noire et luisante, se prolongeant de chaque côté sur le pronotum, et, en outre, sur le premier tiers des élytres. Cet insecte n'a encore été observé que dans les prés humides de l'Europe moyenne et orientale, jusqu'au Caucase. Il est fréquent en août dans les prairies de la Charente (H. Delamain). Son vol est peu soutenu. Pour observer la stridulation du mâle, il faut choisir un jour de soleil, et se placer au milieu d'un pré où l'espèce soit abondante. On voit, après quelque attente, les mâles s'élever lentement le long de la tige d'une herbe. Dès qu'il s'en trouve deux ou trois réunis, ils commencent à effectuer des mouvements avec les pattes, les uns étendus, les autres irès-courts et rapides, véritables battements des deux pattes postérieures à la fois, qui semblent bien plutôt frapper les élytres que les frotter, taiit le mouvement est saccadé. Un bruit à peine percep-, tible, d'une demi-seconde, accompagne ce dernier genre de mouvement.
Un autre genre voisin des Stcnobothrus est le genre Epacromia^ Fisch. Fr., qui s'en sépare par les fovéoles de la tète distinctes et triangulaires, le pronotum un peu resserré en avant, sa carène médiane seule distincte, et, à la place des carènes latérales absentes, les angles huméraux gonflés, obtus, ondulés; les élytres et les ailes sont bien développées et analogues dans les deux sexes. Ce genre est d'Asie, d'Afrique septentrionale, de l'Europe australe et médiane dans les champs sablonneux, Paris et Carlsruhe, c'est-à-dire environ Zt9" lat. N., paraissant être sa limite extrême. I^e type est \'E. tbulassina, Fabr., de 20 à 32 millim. chez la femelle, le mâle environ moitié plus petit, vert ou testacé ou d'un brun gris, les élytres d'un vert pâle avec des bandes transverses et des maclues quadrangles brunes et subdiluées, les ailes très-amples, hyalines, enfumées au sommet, verdâtres à la base. Cet Acridien aime à courir sur le sol, où il cherche sa nourriture, et, lorsqu'il est cllrayé, il s'envole à assez grande distance, en produisant, par le battement de
ses ailes, un bruit assez fort. Ordinairement les mâles se réunissent plusieurs ensemble, côte à côte, puis changent de place, passent les uns au-dessus des autres, s'éloignent, se rapprochent vivement, comme s'ils jouaient. Tant que dure cette agitation, ils exécutent, sans produire un son sensible. dt!s mouvements très-étendusavec l'une ou le plus souvent avec les deu\ pattes postérieures à la l'ois. I/un d'eux vient-il à s'éloigner, il l'ait vibrer par un mouvement rapide et court une seule de ses pattes postérieures, de manière à donner naissance, pendant moins d'une demi-seconde, à un bruit sourd et d'une très-faible intensité. Il avance de quelques pas en marchant, puis fait vibrer l'autre patte reprend sa marche et continue les mouvements stridulatoires, en employant alternativement la patte gauche et la droite. 11 répète ce manège jusqu'à ce qu'il rencontre quelque individu de son espèce, mâle ou femelle, auprès duquel il reprend lesmouvements étendus et muets. Cette espèce se trouve en Algérie (Lucas), dans tout le midi de l'Europe, en Suisse, dans la France méridionale, ainsi à Bordeaux (Latreille), dans la Charente, et remonte près de Paris jusqu'à la forêt de Fontainebleau, à Belle-Croix, Ce genre, à stridulation très-faible, nous conduit au suivant, de caractère analogue.
ŒDIPODA, Latr. — Corps médiocre, glabre ou poilu. Tète souvent rugueuse, à vertcx étroit entre les yeux, à côte frontale continuée presque jusqu'au clypéus, à fovéoles latérales du vertex très-courtes, trigoues, ou subarrondies, ou obsolètes ; ocelles distincts ; yeux subarrondis ou oblongs, souvent très-globuleux et rapprochés ; antennes filiformes, à articles cylindriques, l'apical atténué, dépassant le pronotum chez le mâle, subégales à lui chez la femelle. Pronotum souvent terreux ou ruguleux, parfois rétréci en avant, la carène médiane tantôt à peine apparente, tantôt subcrêtéc et incisée, les carènes latérales peu développées, le bord postérieur subtronqué ou anguleux; prosternum mutique, un peu gonflé en avant; pectus large. Élylres et ailes bien développées dans les deux sexes, les premières le plus souvent trifasciées, les secondes à disque coloré d'ordinaire et souvent fasciées. Pattes grêles, parfois poilues. Abdomen caréné en dessus, la plaque subg'énitale du mâle conique et obtuse.
Les CEdipodes, au sens actuel, figurent parmi les plus jolis Orthoptères d'Europe, en raison des couleurs vives et suaves de leurs ailes, peu constantes du reste au point de vue spécifique, la bande obscure qui entoure leur disque existant toujours dans certaines espèces, et, chez d'autres, ne subsistant que sur quelques exemplaires [OE.cœrulans). ils vivent dans les champs arides, sablonneux, de la plaine et des zones chaude, tempérée et froide des montagnes; il est encore douteux qu'on les trouve dans les montagnes dans les régions tropicales les plus chaudes ; toutefois le genre existe dans le Honduras et au Mexique, même dans les terres chaudes {OE. Sumichrasti, Sauss.)
L'espèce la plus répandue en Europe est l'Ois, fasciata, Siebold, dont la femelle atteint parfois 30 millimètres, tandis que le mâle n'en a que