ŒDIPODA
16 à 18. Le corps est d'un gris leslacô ou briinfilre, subglabrc, comme terreux sur la tète et sur le pronotum, çà et là ruguleux. Les élytrcs et les ailes sont plus longues que l'abdomen dans les deux sexes ; les élytres, un peu translucides à l'extrémité, ont deux fascies transverses et une troisième oblique ; les ailes sont de couleur variable, portant toujours une bande noire complète en dehors du disque, envoyant en dedans un rameau noir vers la base, leur extrémité hyaline enfumée à l'extrémité ; les pattes antérieures sont subpoilues et grises, maculées de brun, les cuisses postérieures dilatées à la base, à trois bandes brunes indécises, noires en dedans avec un anneau blanc avant le genou, les jambes postérieures bleuâtres ou jaunâtres, avec un ou deux anneaux blancs. L'abdomen est brun ou gris, à incisions brunes, les cerques simples, les valvules de la femelle parfois subitement atténuées au sommet. Dans son ensemble cette espèce habite la Turquie, l'Italie. l'Andalousie, la Dalmatie, l'Helvétie, la France, la Russie et la Belgique ; manque en Suède et en Laponie et est douteuse en Angleterre. Elle a de très-importantes variétés de couleur des ailes. L'une, la plus répandue quand on s'avance vers le nord, est l'OE. cœridcscens, Linii., où les ailes sont bleues surtout à la base. Ce Criquet à ailes bleues et noires, de Geoffroy, vit en troupes parfois très-nombreuses dans les lieux montueux arides, surtout tournés au midi, dans les broussailles, les endroits pierreux et incultes, les fossés des vignobles, le haut des falaises, les dunes, etc. La nature des localités qu'il afi'ectionne ne permet pas de le considérer comme réellement nuisible. Cetf)l<Mipode, tantôt marchant, tantôt sautant, exécute, les jours du soleil, avec ses pattes postérieures, deux sortes de mouvements, les uns étendus, les autres très-courts et rapides, véritables vibrations dans lesquelles les deux pattes se meuvent et toujours ensemble. Il n'est pas certain que le premier mouvement soit accompagné d'aucun son ; l'autre produit un son assez distinct d'un timbre intermédiaire entre rrrii cirrru, durant environ une demiseconde. Une autre variété offre les ailes inférieures d'un rouge vermillon, c'est VOE. fierinanica, Lalr., ou miniuta, Pallas, lo Criquet à ailes rouges de Geoffroy. Aous remarquerons que chez la variété précédente le bleu des ailes ne vire pas au rouge sous rinfluencc des vapeurs acides, à la façon d'un papier bleu de tournesol. Une troisième variété, VOE. gratiosa. And. -Scvv., ou sa/ma, Siebold, offre les ailes d'un carmin rosacé; à la base, la bande noire un peu plus éloignée du sommet. La variété à ailes bleues est très-commune près de Paris ; on la rencontre même, à la fin de l'été, dans les rues de Paris excentriques, entourées de grands jardins et de terrains vagues. Elle existe seule plus au nord, ainsi à Gompiègne, au nord de la Bretagne près de Saint-Malo, de Dinan, où elle abonde sur les falaises arides ; en Belgique, commune à la fln d'août et en septembre dans les Bruyères et sur les dunes, trèsagile, s'envolanl légèrement. La variété rouge se rencontre aussi près de Paris, mais plus localisée, s\AS le?» i;oteaux les plus secs et les plus
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insolés, plus rare que l'autre à Sénarl, aussi fréquente à Lardy ; pri^-s de Fribourg eu Brisgau, de Ralisbonue, etc. On reaconire également les deux variétés dans certaines localilés de l'Autriche, et c'est au contraire la rouge qui est la plus fréquente, ha variété rose paraît localisée dans l'Europe méridionale, dans le sud de l'Italie et de la Russie, en Sicile, en Turquie. La variété à ailes rouges a été souvent confondue par les auteurs avec le rachytijlus siridulus, qui manque ou du moins est fort rare prés de Paris; cette erreur, fort excusable, existe dans l'estimable ouvrage de M. E. Blanchard (llisf. nat. des Insectes, Duméril, m, û'J). En Algérie, se trouve YOE. manrilanica Lucas, à ailes rouges, assez rare, sur les collines, espèce voisine du ijermanica. En Suéde, la variété bleue est remplacée par \'0E. cijauoptcra, (^hurp., qui est aussi de Poméranie : c'est une petite espèce de 12 à 15 millimètres dans les deux sexes, le seul Œdipode suédois à ailes bleues ; celles-ci sont à la base d'un bleu très-suave, plus claires au sommet, avec une bande médiane brunâtre, droite, un peu large et diluée, parfois oblitérée chez la femelle. Zetterstedt dit que cette espèce septentrionale se trouve çà (^t là dans les lieux calcaires, vers la tin de juillet, et que sa couleur simule tellement celle de la pierre calcaire dans les feules de laquelle elle se cache souvent, qu'un observateur peu attentif la trouve difticilement. A l'approche du passant, l'insecte fuit d'un vol rapide, mais court, sans bruit, et l'on n'entend pas de stridulation d'amour chez les mâles au repos.
L'OE. cœrulans, Linn., le Criquet à ailes bleues de Geoffroy, de la taille à'OE. fasciata, offre la base des ailes d'un bleu suave et azuré, la bande noire manquant souvent, existant parfois peu intense au delà du mi- Lieu. Cette espèce, des lieux secs et» sablonneux, existe dans beaucoup déréglons de l'Europe méridionale et en Algérie (Lucas); elle remonte jrsqu'aux environs de Paris, mais y est assez rare. En Andalousie, se trouve la variété azurescens, llambur, offrant la bande des ailes arquée brune ou noire. Une espèce de l'Europe orientale et méridionale, qu'on voit en Erance près de Montpellier, est YOE. variabilis, Pallas, à fascies des élylres obsolètes, les ailes, subhyalines au sommet, ayant une bande brune raccourcie et diluée, oil'rant une teinte rosée au disque et au delà, chez la variété r/ioc/op/ //«, Charp., cette même portion de l'aile ou blanchâtre à nervures rougeàlres, ou diaphane, ou enfin bleuâtre dans la variété subcœruleipennis, Charp.
L'Europe présente sept espèces du genre OEdipoda; jdusieurs autres espèces ont été découvertes en Algérie par M. II. Lucas. Ce genre est très-fortement représenté dans toutes les régions, sans exception du continent américain septentrional, et M. C. Thomas en décrit /j2 espèces. Il y en a plusieurs qui sont fort destructives. Ainsi YOE. atrox, S. Scudder, à antennes de la longueur du thorax, la tête et le pronotuni d'un brun jaunàlre pâle, les élytres un peu plus longues que Tabdomen, les premières d'un brun fauve, les ailes translucides. Cette
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espèce va presque au nord de rAmériquc, et, d'après M. Scudder, atteint dans ses migrations jusqu'à la Cailifornie. Un autre OEdipode, très-commun dans tous les États-Unis, sauf la Californie, alYOE. carolina, Aud.- Serv., d'un brun jaunâtre, très-remarquable par ses ailes amples, presque aussi longues que les élytrcs, d'un noir opaque, avec une bordure translucide d'un jaune-soufre occupant le bord postérieur et l'extrémité de l'aile, et offrant quelques petites taches irrégulières obscures. De Geer rapporte que ce bel Acridien se trouve en abondance dans les chemins et les plaines des environs de Philadelphie, et qu'en sautant, il se sert toujours en même temps de ses ailes pour voler.
On doit comprendre dans les Œdipodes le sous-genre Staiironotm (croix au dos), voisin aussi des Stenobothrii.s. Il ofTre levertex très-obtus, subconcave, à fovéoles latérales courtes, quadrangles, presque contiguës entre elles, la côte frontale s'évanouissant au-dessous de l'ocelle médian, les carènes latérales du pronotuni développées en arrière et continuées en avant par un dessin qui imite une croix (X).
Les Stauronotus sont d'Egypte, d'Algérie, d'Europe méridionale et orientale jusqu'à Berlin. ÎNous citerons le S. cruciatu^, Charp., parfois fort nuisible, que nous rencontrons en Algérie, et dont on a observé en Syrie des migrations funestes, et le S. crucigerus, Rambur, de l'Espagne méridionale, se trouvant aussi à l'est et à l'ouest de l'Algérie, près de la Galle, de Bône, d'Alger, d'Oran, en avril et en mai. Il y a une espèce de Stauronotus dans le district des montagnes Rocheuses (Amérique du Nord.)
P.%Clll'T1'l,lîS, Fieber. — Tête subglobuleuse, à vertex large, la carinule médiane très -obsolète, à bord latéral aigu, les fovéoles nulles, les carènes latérales arquées et distinctes ; le vertex continue en avant directement en une côte frontale large, aplanie; yeux subarrondis, peu globuleux; antennes filiformes, comprimées, insérées dans une cavité prol'ontle avant les yeux, à premier article très-épais, les autres assez distincts; pronotuni subresserré en avant, prolongé en arrière, à carène médiane plus ou moins crèlée, les carènes latérales nulles, mais les épaules obtuses, proéminentes, souvent impressionnées. Prosternum plan, muticpie, comme biparti Iransversalemeiit; pectus robuste et large. Élytrcs et ailes d'ordinaire bien développées et plus longues que l'abdomen dans les deux sexes, rarement subraccourcies chez les femelles, mais restant néanmoins propres au vol, les élytres des mâles pas plus dilatées que celles des femelles, les ailes amples, souvent colorées ou ornées de bandes. Hanches antérieures ayant une dent trigone très-courte; cuisses postérieures médiocrement dilatées à la base et plus ou moins épaissies, jambes postérieures épineuses en arrière; tarses avec de grandes pelotes et une petite arolie. Abdomen subcaréné et subcomprimé en dessus.
Les espèces de ce genre proviennent d'Europe, d'Asie et d'Afri((ue ', certaines entreprennent dea migrations et causent de' très-grands dora-
mages par leur voracité. Celle-ci est liée à des pièces buccales qu'il est bon de décrire pour cette raison : le labre est grand, émarginé au sommet, les mandibules très-robustes, avec plusieurs dents obtuses et rugueuses en dedans, le mando des maxilles à trois dents, deux subégales entre elles, la troisième courte, le galea large, subtronqué au sommet; les palpes maxillaires à trois derniers articles subégaux, la lèvre à lobes (galea) très-larges et courts, les palpes à dernier article un peu plus long que le pénultième et subtronqué. Nous devons aussi remarquer que cbez les Pacliytyles les tympans abdominaux sont recouverts par un bord corné postérieur voûté, et que de la partie antérieure s'étend un lobe corné plan, arrondi, plus ou moins long, au-dessous de la voûte. Chez le P. striJulus^ le tympan ressemble plus à celui des OEdipoda.
L'espèce la plus nuisible, celle des grandes migrations de l'Europe, est le P. migratorius, Linn. (pi. Lxui, flg. 10, lèvre inférieure avec palpes labiaux ; 10 o, mâchoire avec palpe). La couleur varie du vert livide au gris ochracé ; le corps et les pattes sont légèrement poilus, les élytrcs et les ailes beaucoup plus longues que l'abdomen, les premières jaunâtres à la base, parsemées partout de taches brunes en fascies, les ailes amples, d'un vert jaunâtre au disque interne, souvent fuligineuses au sommet. 11 existe au moins deux races, sinon deux espèces. L'une, la plus grande, le vrai mùiratorius de Linnœus, atteignant de 50 k 5Zi millimètres Ç, à pattes postérieures d'un jaunâtre pâle et bleuâtres au bout ; l'autre, de taille moindre, 35 millimètres çf , à ho ^, ayant les jambes postérieures d'un rouge sanguin plus ou moins pâle, la carène médiane du pronotum prolongée eu avant, plus élevée, à angle droit en arrière, les éperons des jambes postérieures bruns, tandis qu'ils seraient noirs chez le migratorius (Fischer de Fribourg), C'est le P. cinerascens, Fabr., ou danicus, Linn, La première race, qu'on suppose originaire des steppes de la Tartarie, se trouve en Syrie, en Egypte, à l'île Maurice, paraît plus volontiers demeurer dans les régions orientales de l'Europe et s'étendre moins loin que l'autre, gagner plus rarement le Nord, ainsi la Suède et l'Ingrie (gouvernement de Saint-Pétersbourg).
M. Fischer, de Fribourg, dit qu'on la trouve rarement eu Prusse en sujets isolés, qu'elle apparaît l'hiver en grandes troupes dans le Valais, se rencontre dans le Banat, etc. D'après Rœsel et Goldfnss, cette espèce stridulc, bien que les aréoles des élytres ne soient pas dilatées chez le mâle. Yersin a parfaitement constaté le môme fait et d'autres détails intéressants. C'est le matin, lorsque le soleil commence â se faire sentir, que l'insecte a le meilleur appétit. 11 coupe les tiges des Graminées vertes et tendres au-dessous de l'épi, puis, se posant sur les pattes de la seconde et de la troisième paire, il tient devant lui, avec ses pattes antérieures, la tige ou la feuille qu'il vient de couper, et dont il mord le bout de façon à enlever à chaque coup de mandibule un fragment assez volumineux qu'il triture un instant avant de l'avaler. L'animal boit aussi les gouttes de rosée ou de pluie qu'il trouve à sa portée. Lors-
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qu'il est repu, il se place au soleil, le flanc tourné vers ses rayons. La température s'élevant, tous les insectes s'animent et s'agitent, paraissant se chercher ou se fuir. Quand le mâle rencontre une femelle, il s'élance brusquement sur son dos et s'attache à elle avec ses quatre pattes antérieures, et la femelle marche avec ce fardeau pendant plusieurs heures. C'est alors seulement qu'on entend striduler le mâle du P. migratorius, d'un son faible et peu intense, il frotte l'élytre avec une seule patte à la fois, fait rare chez les Acridiens et constaté aussi chez YEpacromia thalassina. Le rhythme du chant diffère selon que l'insecte est au soleil ou à l'ombre. Au soleil, le mouvement de la palte qui joue le rôle d'archet est rapide et peu étendu, et la stridulation rappelle celle du Sfenobothrus bi-juttulus, seulement plus grave, moins intense, d'un timbre moins argentin. A l'ombre, au contraire, la palte frotte l'élytre d'un mouvement moins rapide et plus étendu, et le chant se rapproche alors beaucoup de celui du S. jmralU'lu.s. L'insecte change tour à tour de patte dans sa stridulation. La femelle est dans une agitation continuelle au moment de la ponte ; elle creuse une cavité avec ses valvules crochues et y enfonce son abdomen complètement jusqu'à l'origine des ailes. Les œufs sont réunis dans un tube cylindroïde au nombre de 55 à 58. Les œufs sont allongés, de 5 à 6 millimètres, arrondis aux deux bouts, d'un jaune opaque, à coque très-fragile, entourés d'une écume couleur de chair rejetée par la mère, et qui devient dure en se desséchant. Les deux races sont des hôtes constants de l'Italie et de la Suisse ; elles sont communes en Andalousie (Rambur), préférant les régions boisées, volant très-vite, ne paraissant pas chercher les lieux cultivés ni se propager assez pour causer grand dommage. Il en est de même en Algérie (Lucas), où l'on trouve toujours l'espèce en hiver, au printemps et en été dans les lieux herbus et ombragés, et qui n'y est que peu nuisible. Elle existe aussi à Madère. Les sujets isolés se prennent, mais rarement, en septembre près de Paris, ainsi à Fontainebleau (Walckenaer, C. Duméril), à Sceaux, dans une prairie (L. Brisout de Barneville), dans divers points de l'Allemagne. La race cinorascons- a été capturée en Irlande, près de Dublin, en Danemark (Linnœus). D'après M. IL Delamain, on la prend tous les ans assez abondante entre Jarnac et Cognac (Charente), en août. D'après M. de Sélys-Longchamps, les deux races existent locales en Belgique, celle à jambes rouges dans les Bruyères de la Campine, celle à jambes bleuAtresou d'un jaune pâle en Hesbaye. Il pense qu'elles peuvent s'y reproduire pendant plusieurs années de suite, bien qu'elles ne s'y rencontrent pas tous les ans. C'est un fait analogue à celui qu'offrent ces Lépidoptères africains d'un vol puissant, égarés parfois dans le nord de l'Europe, tels que les Deilcphila Xerii ciCelerio. Il serait très-intéressant devoir s'il y a accouplement entre les deux races ou espèces bien voisines. Le l'.stridulus, Linn., d'un brun ferrugineux, ayant de 20 à 27 milhmètrcs chez le mâle, 27 à 35 chez la femelle, ressemble beaucoup, par ses ailes inférieures d'un beau rouge, à ÏOEdipoda var. ijermanica. GuiARu, n. •— 16.
On l'en distingue tout de suite en ce que les élytres n'ont pas de fascies, que les ailes ne sont qu'incomplètement bordées de noir, seulementvers le bout, et que celui-ci ne se termine pas par une pointe hyaline; en outre, chez la femelle, les organes du vol, raccourcis, n'atteignent pas l'extrémité de l'abdomen.
Le nom de cette espèce vient, non pas d'une véritable stridulation du mâle, mais du bruit très-fort qu'il produit en volant par saccades et assez haut, d'une façon mécanique et non volontaire, parle frottement des nervures très-épaisses du bord antérieur des ailes contre le bord postérieur des élytres. On trouve cette espèce dans beaucoup de régions de l'Europe, de l'Italie septentrionale à la Suède, où elle se rencontre, surtout où l'on fait le charbon de bois. On la voit en juillet, août et septembre, dans les lieux un peu élevés, sablonneux et arides, et sur les prairies moyennes des Alpes et des Pyrénées. Elle habite le S. E. de la France, la région subalpine de la France, toute l'Allemagne et laHussie. Elle peut se capturer près de Paris, d'après M. L. Brisoutde Barneville, mais très-rarement, car je ne l'y ai jamais vue. Elle se prend très-accidentellement eu Belgique, ainsi dans les Bruyères de Lanakeu près de Maestricht. Elle est douteuse en Angleterre, paraît manquer en Laponie, aussi bien que dans l'Italie inférieure, et en Andalousie. Le P. stridulus est parfois fort nuisible aux récoltes dans l'Europe méridionale. Solier le cite, sous ce rapport, parmi les Orthoptères dangereux de la Provence, ainsi que l'espèce suivante, le P. nigro-fasciatus Latr., ou flavus, Fabr., à peu près de la taille du précédent, d'un vert jaunâtre, à ailes jaunâtres au disque interne, avec une bande arquée submédiane brune. Cette dernière espèce existe en Algérie (Lucas), en Andalousie, dans toute l'Italie, la Provence, la Suisse (Valais), la Podolie australe.
Nous terminons le groupe des Acridites à prosternum mutique ou submutique par un genre aberrant, de place à peuprès arbitraire parmi les Acridiens.
PHEUniORA, Thunberg'. — Tête U'ès-aplatie en avant; antennes courtes, filiformes, de seize à vingt articles ; trois gros ocelles en triangle chez les mâles. Pronotum très-grand, scutelliforme, à carène dorsale mince et tranchante, prolongée en arrière sur les élytres; prosternum mutique. Élytres et ailes longues et de même grandeur dans les mâles, couvrant en entier l'abdomen ; celles des femelles ne s'avançant qu'au milieu de celui-ci, ou rudimeutaires et cachées alors sous le bord postérieur du pronotum. Pattes antérieures et intermédiaires subégales, les postérieures plus courtes que l'abdomen, à cuisses à peine renflées, les jambes grêles et épineuses. Abdomen des mâles ayant les six premiers segments paraissant vides à l'intérieur, très-gonflés et vésiculeuXj à séparation peu prononcée, les derniers brusquement rétrécis, très-courts,
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lion renflés ; abdomen des lemelles normal, à seyniciils remplis et continus, à appendices peu visibles.
Le nom de genre de ces Acridiens spéciaux à l'Afrique australe, dont nous donnons la diagnose, signifie vent, et vient de Ténorme abdomen des màlcs, renflé et vésiculeu.v, ressemblant tout cà fait d'aspect à la gousse verte du Raguenaudier {Colutea arhorescem) ; cela doit êti'c en rapport avec des pai'licularités d'accouplement, ou aider au transport aérien des mâles auprès des femelles, forcément sédentaires en raison de l'imperfection de leur système alaire. U y a encore d'autres particularités fort importantes, et tout à fait spéciales à ce genre, qui est une sorte de point singulier chez les Acridiens: seul, parmi les Orthoptères sauteurs, il oifre les pattes postérieures plus courtes que le corps, ce qui, joint à, des cuisses à peine l'enflées, laisse supposer que le saut est nul ou au moins très-faible. Burmeister, irès-frappé de ce caractère, fait des Pneumores un groupe séparé parmi les genres des Acridiens; le second segment abdominal des mâles oITre latéralement, à l'endroit où s'applique le milieu des cuisses postérieures, une sorte d'élévation étroite ou carène arquée, très-finement denticulée, et que Burmeister, regarde comme destinée à produire une stridulation par le frottement de la cuisse sur ces dentelures. La grosse outre abdominale gonflée de gaz doit servir à un renforcement, comme une caisse de guitare. Les Pneumores, où les mâles sont bien plus nombreux que les femelles, se trouvent principalement au Cap, sur diverses plantes, en septembre et octobre (printemps austral).
Audinet-Serville établit deux divisions dans les Pneumores.- La première est formée d'insectes à carène dorsale du prothorax égale, peu élevée et continue dans toute sa longueur, à yeux oblongs, peu saillants; les élytres et les ailes des femelles sont courtes, mais bien conformées, le sillon transverse du prothorax peu prononcé. A ce groupe appartient le P. immaculata, Thunb. (pi. lxih, fig. 8, mâle). Ce mâle, long de û6 à Z|0 millimètres, est entièrement d'un vert tendre un peu jaunâtre. La carène dorsale du protliorax est lantôt pâle ou jaunâtre, plus rarement rougeâlre. l'iic bande transversale brunâtre, luisante, existe sur les flancs du mésothorax ; les élytres sont translucides, d'une teinte verdâtre uniforme, ainsi que leurs nervures ; les ailes transparentes, incolores, un peu lavées de verdâtre. Une tache ronde ocellée, brune et luisante, cerclée de roussâtre, parfois oblitérée ou affaiblie, se remarque sur les côtés des 2% k'' et 6'' segments dorsaux. La femelle est également d'un vert uniforme. Le mâle est commun et figure ordinairement, avec l'espèce suivante de la seconde division, dans tous les envois d'insectes du cap de Bonne-Kspérance. Une grande et belle espèce de cette division, atteignant 80 millimètr(!S, également du (>ap, i^st le P. scutellaris, Latr., à protliorax épineux, entouré d'une bande argentée, à coz'ps glabre, d'un vert jaunâtre ferrugincMix [lar places.
2Uk ORTHOPTÈRES.
Les Pneumores de la seconde division ont la carène dorsale antérieure du prothorax élevée en crête mince, comprimée, bilobée ; les yeux globuleux et saillants; les élytres et les ailes des femelles rudimentaires et ne s'apercevant que si l'on soulève le bord postérieur du prothorax, celuici étant distinctement séparé en deux par un sillon transversal profond Le type de cette division est le P. variolosa, Linn.. Oliv., syn., maculala Thunb., de même taille que l'espèce précédente, au corps d'un vert tendre, parsemé dans toutes ses x'égions de taches d'un blanc d'ivoire ou argenté. Les élytres sont d'un vert clair, translucides, avec une multitude de taches blanches carrées dont le centre est obscur, les ailes transparentes, incolores, à nervures vertes. La femelle a l'abdomen un peu caréné en dessus, avec une suite de taches blanches interrompues ; les plaques dorsales ont de chaque côté une tache longue et oblique^, entourée de quelques points. Du Cap. Le mâle est commun.
Un second groupe d'Acridites est formé de genres ayant le prosternum épineux.
PEïiOTETTIX, Burm., ou PoDiSMA, Latr. — Corps médiocre, rétréci en arrière chez la femelle. Tète grande, vertex sans fovéoles latérales; antennes à articles cylindriques assez distincts, dépassant le pronotum q^, ou subégales 9 ; yeux subovales. Pronotum subcylindrique ou aplani, à carène médiane coupée par trois sillons transverses, les carènes latérales oblitérées, représentées plus ou moins en arrière par les angles huméraux gonflés ; prosternum avec une courte corne médiane obtuse. Élytres et ailes le plus souvent raccourcies et impropres au vol, ou tout à fait nulles ou très-rarement développées. Pattes poilues, les quatre antérieures courtes, les cuisses postérieures peu dilatées à la base, les jambes épineuses. Abdomen subconvexe en dessus chez le mâle et un peu gonflé au sommet, à plaque subgénitale subdressée, caréné au-dessus «et rétréci en arrière chez la femelle; tympan abdominal libre, manquant dans quelques espèces.
Les Peco/eMij: (Grillon pédestre) sont des Acridiens des régions froides, montagneuses et boréales de l'Europe et de l'Amérique du Nord, et aussi de l'Asie. Dans un très-petit nombre d'individus de certaines espèces les organes du vol sont bien développés, les élytres pouvant mémo dépasser l'abdomen, les ailes subégales aux élytres, assez amples et arrondies. Les élytres, abortives, ont une forme assez constante suivant les espèces, tantôt lancéolées et se touchant à la suture (P. frigida), tantôt ovales (/'. alpina), tantôt falciformes (P. pedestris) etc. Elles paraissent assez écartées à la suture, couvrant la moitié, le quart, le cinquième de l'abdomen. Les ailes, rudimentaires, sont tantôt un peu plus courtes que les élytres, et cependant assez plissées, tantôt tout à
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fait avortées, exiguës, en forme de laniùrcs. Chez les nymphos, comme à l'ordinaire, les fourreaux des clytres sont insérés un peu en avant de ceux des ailes et subrecouverts par ceux-ci, et en outre, fait curieux, subégaux en grandeur, tandis qu'ensuite, chez l'adulte, les ailes sont, le plus souvent, beaucoup plus petites que les élytres, abortives et recouvertes par les élytres.
Les maies et les femelles des l'ezotetlix sautent habilement. On les voit dans les herbes gesticuler comme des Singes, se suspendant par une patte, et portant à la bouche avec aisance, au moyen de leurs tarses, les cimes des gramens qu'ils veulent manger. On n'a pas observé de stridulation, qui no pourrait du reste se produire que chez les rares sujets à élytres bien développées. Dans le coït, le mule se glisse sous la femelle, embrassant la poitrine de celle-ci avec ses pattes antérieures, tandis que les pattes postérieures s'étendent parfois en ligne droite, et sont agitées de vibrations. La femelle paraît pendant longtemps ne pas s'émouvoir des caresses du mâle, et c'est souvent en vain que celui-ci a plusieurs érections libidineuses, pendant lesquelles on voit toujours saillir hors de ses parties génitales une vésicule transparente, contenant le sperme, et cela jusqu'à ce que la femelle ouvre ses valvules et souffre l'intromission du pénis. Elle continue à sauter accouplée, ce qui semble du reste gêner fort peu l'office du mâle placé sous elle. Les œufs sont pondus en terre par la femelle et entourés d'une masse albumineuse.
L'espèce principale est le P. pcdestris, Linn., atteignant 30 millim. chez la femelle, environ moitié chez le mâle, d'un brun olivâtre ou d'un incarnat livide en dessus, avec une bande noire de chaque côté derrière les yeux, deux bandes noires sur les côtés du pronotum ; les élytres, d'un gris testacé ou ferrugineuses, ne dépassant pas le premier segment de l'abdomen, facile à distinguer du metanotum par son tympan tendu en forme de faux ovale, à sommet subacuminé et tourné vers la carène de l'abdomen. Les ailes sont nulles ou presque nulles ; les cuisses antérieures sont jaunes, très-épaissies chez le mâle, les postérieures sanguines en dessous ; les jambes postérieures bleuâtres ou brunâtres, jaunes en dessous; l'abdomen très-souvent d'un noir violet en dessus, rarement ochracé Ç, à incisions jaunes, jaunâtre en dessous, ainsi que le pectus. Cette espèce habite par places depuis la Sardaigne el la Dalmatie jusqu'à la Laponie inclusivement, et de l'Angleterre, où elle es! rare, jusqu'à la Russie méridionale, les steppes des Kirgliiz et la -ibérie; elle descend quelquefois en plaine. On la trouve dans les .\lpes suisses jusqu'à i2/iOO mètres environ, limite extrême des Orthoptères, trèsfréquente de juillet à septembre le long des routes, dans les lieux boisés et incultes des montagnes du Jura, sur divers points arides et montueux de la France et de l'AUemagno, en Ingrie, dans le Finmark et le Nordland subalpins, (;à et là dans la Suède moyenne, en Finlande, dans les Alpes de la Laponie jusqu'à 1000 mètres. Il y a de très-rares
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siijcis à clyircs cl à ailes bien développées, dépassant plus ou moins l'abdomen (Slyric prèsd'Isclil, Finlande). Le P. frigida, Boheman, a les élytres d'un brun ferrugineux, lancéolées, couvrani la moitié de l'abdomen chez le mâle et moins chez la femelle ; les ailes plus courtes que les élytres, plissées, subpellucides. L'espèce est des Alpes, en août, et des régions boréales de l'Europe, en Norvège, dans les lieux stériles et arides, avec le Paclnjtylus slridulus, en Laponie jusqu'à 1000 mètres d'altitude. Le P. alpina, Kollar, a les élytres raccourcies dans les deux sexes, atteignant à peine le troisième segment abdominal, subclliptiques et coriacées, très- distantes à la suture, à nervures assez fortes, le bord suturai d'un vert jaunâtre, le reste d'un rouge-cerise ferrugineux; les ailes nulles dans les deux sexes ou représentées par des lanières. Dans les rares exemplaires des deux sexes à organes du vol complets, les élytres ou bien dépassent l'abdomen, ou bien en égalent au moins les deux tiers chez les mâles et plus de la moitié chez les femelles. L'espèce se prend, en août et septembre, dans les Alpes, le Jura, dans les collines de la Forêt-Noire, et, plus rarement, dans les vallées : ainsi près de Fribourg en Brisgau, en Russie méridionale, près d'Orenbourg, etc. Dans rilalie transalpine et en Sicile, le genre PezotetUx paraît remplacé, au moins en grande partie, par le genre Platyphyma, Fisch. Fr., à tubercule du prosternum aplani, en forme de coin. Le genre Pezofettix est représenté par 16 espèces dans le continent américain sej)tentrional, existe au Mexique, et ne manque que chez les Indiens de l'Ouest et dans le centre- Amérique. Nous citerons le P. glacialis, S. Scudder, aptère, sans éljtres ni ailes, des montagnes Blanches, du New-llampshire ; le P. manca, Smith, à élytres très-petites, ovales, ne se croisant pas sur le premier segment de l'abdomen, sans ailes, des montagnes Tachetées, du Maine ; le P. burealis, S. Scudder, à élytres plus longues que les ailes pellucides, ne s'étendant pas tout à fait jusqu'au bout de l'abdomen, du Minnesota. Les États-Unis ont aussi le genre Platyphyma.
t!.*I.ol»TEil'lJS, Burm., ou Calliptamus, Aud.-Serv. — Tdte à occiinil souvent i^onflé; vortex «troit entre les yeux, subfovéolé au milieu; côte frontale plane ou subconvexe, carènes latérales subdistinctes ; yeux ovales et proéminents ; ocelles apparents; antennes à articles cyllmlriques; palpes courts. Pronotum subcylindrique, à trois carènes et à trois sillons transverses; prosternum à tubercule court, droit, obtus et libre. Élytres et ailes recouvrant l'abdomen, les premières avec les champs pareils dans les deux sexes, les ailes prescjue de la longueur des élytres, souvent colorées. Pattes variables, à jambes postérieures en partie poilues et épineuses. Abdomen caréné en dessus, à bord postérieur du tjmpan subvoûté, les cerques anaux longs chez les mâles, et, dans certaines espèces, courbés, dilatés, comprimés au sommet.
Les Caloptèiies habitent l'Europe méridionale et moyenne, l'Asie,