‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservation (volume 4)Chapitre 6 sur 19 · ORTHOPTÈRES SAUTEURS · texte numérisé non relu

ORTHOPTÈRES SAUTEURS

chaque côte de la vulve, sout ileu\ appeudiccs foliacés, saillants au dehors, destinés probablement à retenir le mâle et à saisir les œufs au moment de la ponte, l.e systùme nerveux a offert trois ganglions thoraciques et cinq abdominaux.

ORTHOPTERES PROPRES SAUTEURS.

Les Orthoptères du groupe des Sauteurs ont le corps le plus souvent subcylindrique, et les pattes postérieures organisées pour le saut, en raison surtout de la longueur et de l'épaisseur des cuisses. Les trochanters sont généralement peu apparents ; les tarses ont deux, trois ou quatre articles. La tête est libre, parfois un peu avancée, d'habitude perpendiculaire au corps et à bouche inférieure. Les organes du vol avortent dans certains genres. Les cerques anaux ne sont pas articulés en général. Ces insectes sont habituellement diurnes, et fuient plus souvent en sautant que par le vol ; ils sont rarement cavicoles et trèsrarement cavernicoles. Les niAles sont presque toujours bruyants avec divers mécanismes.

Ces insectes étaient réunis par Linnoeus dans un grand genre qu'il appelait Gryllus et subdivisait lui-môme en yicheta, Locusta, Tettïgonia, Bulla et Acrida. Peu à peu se sont dégagées de cette synonymie embrouillée les trois tribus des Grylliens, correspondants aux Gryllus, Geoffr., Oliv., Gr(///MS Acheta, Linn., Acheta, Fabr.; Locusficns, formés desLocMsto, Geoffr., Fabr., ou Gryllus Tettigonia, Linn.; enfin les .4cridiens, constitués avec les Acridiuvi, Geoff.,les Pneumora, Thunh., partie des Gryllus Ihilla, Linn., les Truxalis, Fabr., ou Gryllus Acrida. Linn., les Acridium propres ou Gryllus, Fabr., ou Gryllus Locusta, Linn., et quelques Gryllus Bulla, enfin les Tettix (à tort Tetrix), Latr., ou Acridium, Fabr., ou partie des Gryllus Bulla, Linn.

Il existe, comme nous l'avons déjà dit, pour les Orthoptères sauteurs, des caractères plus certains que pour les autres Orthoptères, au moyen desquels on peut séparer les larves et les nymphes des adultes. Outre la position des fourreaux alaires supérieurs à ceux des élytres dans ces premiers âges, les ailes des adultes sont toujours plissées en éventail, et ces plis se retrouvent marqués chez les Orthoptères, dont les ailes à l'état parfait sont à peine visibles et tout à fait impropres au vol. Les nymphes ont au contraire les fourreaux alaires plans, de forme plus ou moins triangulaire, et jamais plissés en éventail, quoiqu'on y voie déjà les nervures suivant lesquelles ces plis se formeront dans l'âge adulte. Ycrsin (1)

(1) Note sur la dernière mue des Orthoptères {Bull, Soc. vaudoise des se. natur,, séance du 18 avril 1855).

a fait voir par quel mécanisme, lors de la dernière mue, le bord supérieur des gaines qui renferment les élytres et les ailes se soulève peu à peu, et pivote en faisant une demi-révolution autour du point d'insertion, de sorte que, après la sortie de l'insecte parfait des téguments nymphaux, l'élytre, qvù était recouverte par Taile, lui devient supérieure.

Tribu des GR^iiLlElv.s.

Les Grylliens ont de grands rapports avec les Locustiens, en raison surtout de l'oviscapte saillant de la plupart des femelles, et du mode de stridulation des mâles ; mais ils se rattachent aussi aux Blattiens par le's Myrmecophila, et même aux Acridiens parles Xija ou Tridactijlus, dont la structure interne les faisait ranger par L. Dufour dans cette dernière tribu. Ce sont les Gryllides ou Grilluniens de Latreille et Audinet-Serville, les Achetariœ de Zelterstedt, les Achetidœ, Achetida, Achétides, de Stephens, Leach, Rambur, etc.

Ces insectes ont les antennes sétacées, rarement moniliformes {X)ja) \ les tarses habituellement de trois articles, parfois de deux {Rhipijilcnjx, iNewm.) ou de quatre [Schizodactijhis, BruUé) ; les organes stridulants situés sur le champ intermédiaire ou discoïdal. On distingue deux groupes chez les Grylliens, suivant la structure des pattes antérieures. Les uns, Grylliens fouisseurs, ont certains articles de ces pattes élargis pour construire avec le sable ou pour fouir la terre {Tridactylus, Gryllotalpa) ; en outre, leur tète est un peu avancée, ovale. Les autres ont les pattes de devant simples {Grylliens propres), la tête un peu avancée (Œcantlnis), ou, le plus souvent, globuleuse, verticale, à bouche inférieure. 11 y a dans ce dernier groupe certains Gryllus qui sont fouisseurs, sans conformation anatomique spéciale.

Nous n'avons pas un très-grand nombre de caractères généraux à citer chez les Grylliens, tribu de passage, voisine surtout des Locustiens, et aussi en raison du nombre médiocre de ses genres, môme en y comprenant les exotiques.

Le corps est de grandeur très-variée, depuis 2 miUimî'ires {Myrmecophila) jusqu'à des dimensions considérables, moindres toujours que dans la plupart des autres tribus des Orthoptères propres (ainsi la Courtilière vulgaire femelle, les lirachijtrypes, atteignant /lO millimètres ; le Schizodactylns mo7istrosus, de 80 millimètres, les ailes fermées). Il est parfois large et vaste [Gr]jllolalpa, Brachyiri/pes), ou grêle, plan, subdéprimé (OEcanthus)^ ou subcylindrique, à bords parallèles (Gryllus, etc.), ou allongé-ellipti([uc (J/o//o/j//.v<(?s), ou enfin ovale c^t convexe [Myrmecophila). La tête est le plus souvent grande, globuleuse, convexe en dessus, verticale, ou plus rarement subavancée {Tridactylus, Gryllotalpa^ Œcanthns) ; le vcrtex est convexe, ou parfois aplani {QEcanthus), rare-

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mcnl muni d'une lame foliacée, comme une ombelle {Platyblemmus (f). Les yeux sont latéraux, f,4obuleux, parfois grands, subarrondis. Les ocelles, ou bien développés au nombre de deux ou trois, ou bien représentés par de simples taches, sont placés enire lesyeux et au-dessus des antennes, le médian inférieur parfois transverse. Les antennes sont insérées entre les yeux dans de vastes fossettes, le plus souvent sétacées, multiarticulées, de la longueur du corps, le premier article comprimé, dilaté, tous les suivants trùs-courts, et allant en diminuant peu à peu vers le sommet de l'antenne, rarement submoniliformes, de dix articles {Tridactylus). Leclypeus, impressionné longitudinalement, est quelquefois séparé du front par une impression transverse. Le labre est transverse, large {Gryllus) ou suborbiculaire {Gryllotalpa) ; les mandibules sont robustes, armées au bord interne de dents fortes {Gryllus), ou plus obsolètes. Le mando des maxilles offre en dedans une dent linéaire, libre et aiguë ; le galea est linéaire ; les palpes, de cinq articles, le dernier avec une vésicule tactile sur le vivant, parfois tiianguiaire, sécuriforme {Trigonidium). La lèvre est quadrifide, les lobes internes (mando) linéaires, les externes (galea), ou allongés, hérissés (Gryllotalpa), ou courts, dilatés [Gryllus), avec palpes de trois articles, le dernier vésicnleux.

Le pronotum est tantôt subcylindrique, à dos subcarré {Gryllus, Tri- (jonidiuni,), ou allongé {OEcanlhus), tantôt convexe en dessus, presque en bouclier {Gryllotalpa, Tridactylus) ; le mesonotum et le metanotum ont la forme ordinaire, ce dernier plus robuste quand les ailes sont développées. Les pièces sternales sont, le plus souvent, planes, transverses, mutiques ; le prosternum est caréné au milieu chez les Gryllotalpa, membraneux chez les Gryllus, avec intercalation de plages cornées symétriques. Un petit nombre de genres {Myrmecophila, Moyoplistes) sont tout à fait privés d'élytres et d'ailes. Chez les autres, ces organes ont un degré variable de développement, selon les espèces et selon le sexe, tantôt plus longs que l'abdomen, tantôt beaucoup plus courts ; les élytres sont tantôt plus courtes que les ailes, tantôt plus longues. Les élytres et les ailes restent en grande partie horizontales sur le corps, ce qui rattache les Grylliens aux tribus précédentes, tandis que chez les Locusticns et les Acridiens leur plus grande portion est déclive. Le champ marginal des élytres des Grylliens est seul délléchi, les champs discoïdal et anal restant à plat sur l'abdomen ; ce qu'on voit bien sur les espèces à abdomen ctnjit et à élytres larges (Oiï'ca/ifAus), et aussi sur les espèces à large abdomen et à élytres peu amplifiées. La disposition des nervures est difficile à débrouiller sur les élytres, surtout quand elles sont abortives ; les nervures scapulaire et externo-médiane épaissies forment la séparation de la portion défléchie de l'élytre (champ marginal) d'avec les autres champs, constituant la partie horizontale. Au repus, le plus souvent l'élytre droite recouvre la gauche ; la consistance des deux élytres est le plus souvent analogue {Gryllus campesiris) :

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plus rarement la membrane de 1 elytre gauche est plus minée, plus pcllucicle(G. ou Neinobius sylvpstris). (]hez les màlcs, une nervure fournit près de la base une branche anguleuse, profondément imprimée en dessus, proéminente et très-finement dehticulée en dessous, don- .nant par ses rameaux plusieurs aréoles dans le champ discoïdal, et offrant à son angle une petite membrane {clianfrrcllo de M. Goureau), le tout formant l'appareil de stridulation. Les ailes sont caudées chez quelques espèces, c'est-à-dire très-étroites vers le bout, beaucoup plus longues que les élytres et Ics-dépassant au repos, comme une queue ou lanière allant en s'amincissant (Gryllotalpa). Les ailes pcllucides de cette espèce ont le bord antérieur, et souvent la strie du champ discoïdal, de consistance cornée, avec une coloration distincte, tandis qu'au repos tout le reste de l'aile, surtout le champ anal très-ample, est caché et comme protégé sous cette strie cornée, en plis nombreux: et très-étroits. Le genre Schizodactyltis présente les élytres et les ailes dépassant beaucoup l'abdomen, et contournées au repos en plusieurs tours de spirale serrés. La plupart des autres genres de Grylliens ont les ailes subégales en longueur aux élytres, ou plus petites ou nulles. On peut déjà dans les nymphes, d'après les fourreaux longs ou courts des ailes, deviner si l'adulte aura les ailes caudées ou non.

Les pattes de devant sont fouisseuses chez les Tridactyles et les Courtilières, tandis que les postérieures sont propres à un saut énergique chez les premiers, très-faible chez les secondes. Les pattes postérieures de tous les Grylliens sont plus ou moins saltaloires. Les hanches antérieures, sans épines en dessus, sont très-rapprochées entre elles ; les trochanters des quatre pattes antérieures sont distincts, les postérieurs oblitérés. Dans le genre OEcanthus, toutes les pattes sont grêles ; les cuisses des Grylliens sont mutiques, les quatre antérieures courtes, canaliculées en dessous, les intermédiaires plus grêles; les postérieures épaissies à la base pour le saut. Les deux jambes antérieures sont comprimées, portant souvent à la face externe de la base, plus rarement à l'interne, une cavité recouverte par une membrane argentée, entourée de poils, organe qu'on retrouve chez les Locustiens et qui paraît être un tympan auditif. Toutes les jambes sont armées au sommet d'épines mobiles ou calcars, et les tarses ont, presque toujours, trois articles comprimés, le premier, le plus long, terminé le plus souvent au sommet, dans les pattes postérieures, par des calcars ; il y a des ongles puissants et pas de pelote ou arolie.

L'abdomen, le plus souvent assez court, est ovale ou oblong, plus cylindrique ou déprimé que comprimé, ayant neuf ou dix segments dorsaux et huit ventraux. Le dernier segment dorsal, ou plaque supraanale, est petit ou prolongé dans les deux sexes, qui ont également la plaque subgénitalc naviculairc et comprimée. Ces deux plaques, peu différentes chez h' mâle et la femelle, n'ont pour cette raison que peu d'importance chez les Grylliens. Au contraire, la longueur

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réciproque des cerques el de l'oviscapte chez les femelles d'une même espèce est assez constante, et doit être indiquée dans les descriptions de détail. Il faut prendre garde de confondre avec les cerques les queues fourchues des ailes de certains genres, qui parfois les dépassent.

' Les larves mâles des espèces aptères dill'èrent des adultes par l'évolution imparfaite de la plaque subgénitale ; mais chez les nymphes cotte partie est déjà presque aussi développée que dans l'adulte. Les larves et surtout les nymphes des femelles se distinguent de l'insecte parfait par un oviscapte plus court, plus large, à valvules molles distendues (caractère conser\é dans le genre Myrmecophila), et c'est par les vestiges de cet oviscapte, si l'adulte est muni d'un oviscapte saillant, que les larves un peu âgées et les nymphes des femelles se séparent de celles des mâles.

11 y a trop peu d'homogénéité chez les Crylliens et trop peu de travaux sur leur anatomie interne, pour que nous puissions exposer des indications générales. Nous donnerons une étude résumée des organes de nutrition et de reproduction, et du système nerveux, à propos de quelques genres seulement : ainsi Tridactylus, Gryllotalpa, Gryllus.

Une découverte toute récente est celle des organes musicaux virtuels chez certains Grylliens indigènes, analogues aux appareils sonores des Cigales (Hémiptères Homoptères), mais ne produisant pas de sons, fonctions dévolues aux élytres chez les tirylliens mâles. C'est sur la Courtilière que M. Landois (1) a surtout étudié cet organe, cet insecte le présentant avec son maximum de développement. Il avait déjà été soupçonné par Van den Hoeven. Il est surtout bien visible sur une grosse femelle gonflée par l'alcool, qui distant les anneaux de l'abdomen et rend les sept stigmates bien saillants. L'appareil, tout à fait comparable à la membrane plissée qui forme la timbale des Cigales, débouche obliquement entre les quatrième et cinquième stigmates de l'abdomen, et sa base remonte contre la moitié supérieure du second anneau abdominal, il figure un demi-cercle de chitine, au côté convexe duquel adhère un court manche également chitineux. La longueur totale de l'organe est de S""", 8 et le diamètre du demi-cercle est de 2'"«',5, et il forme dans toute son étendue une partie externe du corps. Le demi-cercle est revêtu d'une fine membrane faiblement convexe et lisse, tandis que le reste de l'appareil participe à la soyeuse villosité du corps. Même à l'œil nu, on peut reconnaître au milieu de la membrane une petite rainure longitudinale où s'insère un muscle. Chez les Cigales, au lieu d'un demi-cercle, c'est un anneau complet de chitine qui porte la mince pellicule vibrante. La structure interne de l'appa-

(1) Sur un organe des Grijlhens indigènes analogue ii l'appareil sonore des Cigales {Journal de zoologie scientif. de von Siebold et KoUiker, I.eipzitr. Entcelmanri, 1872, p. 348, pl.xxvm).

reil dénote une ressemblanco encore plus frappante. Si l'on fend, par une incision loni^iludinalc, le clos de la ('ourlilière, si l'on écarte les intestins et le tissu adipeux, la préparation myologique devient aisée (pi. Lxii, fig. G). Au milieu de la fine membrane arrive un long muscle de 6 millimétrés, plat comme les autres muscles ventraux, avec des stries obliques comme d'habitude chez les insectes, et qui a son origine prés du bord antérieur du premier segment abdominal ; les nerfs qui l'animent ont semblé partir du ganglion métal horacique, ou peutêtre du premier ganglion abdominal, qui est presque entièrement soudé avec le précédent. C'est une disposition musculaire analogue qui a été vérifiée sur les Cigales par les plus récentes observations de M. Cesare Lepori [Bull. Soc. entom. ûalian.,t. I. p. 221, pi. v). Chez les Cigales, la timbale sert à renforcer le son ; elle semble sans emploi chez la Courtilière.

M. Landois a retrouvé l'organe chez le Grillon champêtre, à la même place que chez la Courtilière, avec des dimensions proportionnellement moindres. Le demi-cercle chitiueux se complète presque jusqu'à former un anneau entier oblong, dont le diamètre longitudinal est de l'"'",02, l'organe total étant long de l""",/i7. Enfin, quand on l'est familiarisé avec cet organe dans les espèces précédentes, on peut procéder à sa dissection chez le Grillon domestique, où il échapperait facilement, en raison de sa petitesse, sa longueur totale n'étant que 0'"'",72, avec un diamètre du demi-cercle de O""™,/!!/! ; en outre, la portion chitineuse se distingue à peine de son entourage, en raison de la couleur claire de la peau de l'insecte, et la forme de l'organe diffère assez de celle des précédents. Les dimensions de cet appareil paraissent égales dans les deux sexes, avec un peu plus de grandeur chez les femelles, en rapport avec ce fait que chez les Grylliens, la femelle est d'ordinaire plus forte que le mâle. Le degré d'atrophie de l'organe est en rapport inverse avec l'intensité du son chez les Insectes. Le Grillon domestique est le plus petit des trois espèces considérées, mais c'est en proportion celui qui produit le son le plus intense ; aussi chez lui l'organe décrit est très-difficile à découvrir en raison de son trèsfaible développement. Au contraire, on entend rarement le mâle de la Courtilière frottant ses élytres l'une contre l'autre, et le son ainsi produit est très-faible, tandis que l'organe en question est, par contre, plus développé qu'ailleurs. Le Grillon champêtre, plus bruyant que la Courtilière, mais <à son proportionnellement moins fort que le Grillon domestique, oflre un appareil de dimensions également intermédiaires. On voit donc, dit M. Landois, que plus l'organe sonore s'est développé chez les Grylliens, plus les organes servant au renforcomeiil chez les Cigales se sont atrophiés. Il me semble que la fonction de ces organes n'est peut-être plus la même, et que cette membrane, tendue et vibrant par la communication des ondes sonores extérieures, est peut-être an organe d'audition, d'autant plus déve-

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loppé, que. le son est plus faible. On sait au reste que chez les Insectes les nerfs acoustiques ne partent pas nécessairement du cerveau.

Le genre de vie des Grylliens est assez varié, mais tous sont terrestres et ils volent très-peu, même ch(;z les espèces pourvues de longues ailes, comme les Gryllotnlpa et quelques sujets des Tridactylus, les Tngonidium, les Brachytrypi's et certains Gryllus, les OEcanthus. (^'est par le saut et surtout par une course rapide, et non par le vol, que les Grylliens cherchent à échapper à leurs ennemis. Le saut ne manque complètement à aucun genre de Grylliens, et sans corrélation avec les pattes fouisseuses de devant, puisque, s'il est très-faible chez les Courtilières, il est au contraire très-puissant chez les Tridactyles. Dans les Gryllus, les petites espèces sautent très-bien ; de même les Platyblemmus, les Myrmecophila. Selon Ratzeburg, laCourtihère nage bien. La faculté de fouir, outre les genres à conformation spéciale, existe aussi dans des espèces des genres Gryllus et Brachytrypes, à pattes courtes, douées de fortes jambes épineuses. Le Grillon sylvestre, au contraire, et des espèces voisines, vivant à la surface du sol, n'ont que des pattes grêles ; elles sont très-minces, allongées et des moins fouisseuses dans le genre Œcanthus.

Les Grylliens mâles d'Europe ont la faculté de striduler, à l'exception des genres et espèces aptères, du genre Tridactylus, dont les élytres des mâles sont dépourvues de l'appareil de stridulation, et probablement des Triyunidium. La Courtilière mâle même, quoique souterraine, fait entendre un chant doux ; les Grillons champêtre et domestique ont un chant sonore, distinct pour chacun; ce sont les petites espèces qui donnent la note la plus aiguë, en relevant plus ou moins les élytres. Les OEcanthus les tiennent presque perpendiculaires au corps, en les redressant et les frottant avec une grande rapidité.

On u 'a que très-peu de renseignements sur la copulation des Grylliens ; nous parlerons des spermatophores du genre Gryllus. Les œufs des Courtiliôres et des Tridactyles sortent directement de l'abdomen, et sont pondus ou dans des trous en terre, soit naturels, soit creusés à cet elfet, ou au fond même des terriers de refuge de ces insectes. Les Grylliens, beaucoup plus nombreux, munis d'un oviscapte saillant, introduisent leurs œufs au moyen de cet organe, soit dans les creux du sol, soit dans les tiges vertes des plantes {OEcanthus). Certains Grillons et les Courtilières en larves hivernent sous terre. Tous les insectes de cette tribu paraissent aimer beaucoup la chaleur et redouter le froid ; aussi les terriers des espèces cavicoles sont placés toujours à l'exposition méridionale. De Geer dit que des Grillons qu'il exposa au froid du mois de novembre ne tardèrent pas à périr. I-e Grillon domestique reste agile en hiver dans les lieux chauds des maisons, mais tombe en torpeur dans les parties froides, et se réveille par la chaleur d'un foyer allumé. Ces Orthoptères sont tous d'une extrême timidité, cessant au moindre bruit de produire leur vibrante stridulation ; dès qu'on s'approche de

lui, le Gryllien champtMre rentre dans son terrier, et celui des maisons court au plus vite se cacher dans quelque fente.

Il y a des Grylliens qui habitent diverses cavités, des trous du sol, des terriers préparés à l'avance, et n'en sortent que pour la recherche de la nourriture ou l'accouplement (certains (Iryllus, Gryllotalpa, Brachytrypes). Les Tridactyles vivent en troupe, chacun se réfugiant dans un long boyau, oblique ou vertical, creusé dans le sable humide des rives des fleuves ou des lacs. Les Myrmécophiles hantent les fourmilières ; d'autres genres affectionnent, comme retraite, les pierres, les souches végétales, les feuilles tombées, les mousses, les bruyères (P/(/i(/6/em?/ms, certains Gryllus). Le Gryllus cloineslicus est l'hôte exclusif des maisons, et surtout des boulangeries. Enfin un petit nombre de genres vit dans les herbes (les Trigonidium sur les Joncs), et sur les buissons et les fleurs des prairies sèches et des landes (OEcanthus), souvent se cachant sous les plantes.

Certains Grylliens paraissent omnivores, les Courtilières, le Grillon champêtre, sans dévorer cependant les substances mortes altérées ; d'autres ont une nourriture végétale, d'autres exclusivement animale (probablement les Tridactylus). Des espèces rassemblées en captivité {Gryllotalpa, Gryllus) se dévorent entre elles, ce qui ne prouve pas grand'chose pour leur régime normal, la privation de liberté amenant ces perversions de l'appétit chez des espèces phytophages en liberté. Le Grillon domestique mange de la farine, substance azotée ; peut-être recherche-t-il aussi les insectes qui y vivent. A l'exception dû Grillon domestique et surtout de la Courtilière, les Grylliens ne nous sont pas nuisibles.

Les Grylliens habitent principalement les régions chaudes de la terre, dans les deux hémisphères, l'Australie, Madagascar, etc. ; mais l'Europe en possède un bien plus grand nombre de genres et d'espèces que pour les tribus des Orthoptères coureurs, et surtout marcheurs (Mantiens et Phasmiens). Certains Grylliens ne dépassent pas l'Europe australe et le nord de l'Afrique : ainsi des espèces de Gryllus, les Mogoplistes, Trigonidium, Platyhlommus et Brachytrypcs. Le genre Tridactylus atteint, au nord, Lyon et la Hongrie. Les Myrmécophiles, surtout de l'Europe méridionale, de la Sicile, de l'Algérie, offrent des apparitions isolées près de Paris, dans la Saxe, la Silésie supérieure ; de même les OEcanthes dépassent un peu l'Europe méridionale, en remontant en France jusqu'aux environs de Paris et sur les côtes normandes, et, d'autre part, jusqu'en Silésie supérieure. On peut conclure du silence, complet de Zetterstedt, dans ses Insecta lapponica, que tous les Grylliens manquent en Laponie. La Courtilière n'existe déjà plus dans la Scanie boréale, et dans sa Faune de l'Ingrie, ancienne province baltique sur le golfe de Finlande, du côté russe (actuellement gouvernement de Saint-Pétersbourg), Cederhjelm ne cite que la Courtilière et le Grillon domestique comme représentants de celte tribu aux environs de Saint-Pétersbourg.

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GENRES PRINCIPAUX

I. — GRYLLIENS à pattes hétéronomes, les antérieures fouisseuses.

TRID.%€Tl'l.i:^, Oliv., ou XvA, Illig. — Corps grêle. Antennes courtes, de dix articles, submoniliformes ; yeux grands, subovales ; trois ocelles à peine apparents. Corselet bombé, en bouclier. Élytres courtes, coriaces, subtriangulaires, ne recouvrant que la base de l'abdomen ; ailes repliées, étroites, linéaires, le plus souvent abrégées et à peine plus longues que les élytres. Pattes antérieures à jambe dilatée en raquette ovale et comprimée, poilue, à bord externe épineux, recevant tlans un sillon le tarse de trois articles; pattes intermédiaires plus longues, comprimées, à tarse de trois articles ; pattes postérieures à cuisse comprimée, très-large, de la longueur de l'abdomen. Jambes grêles, droites, portant des séries de lames foliacées, imbriquées au repos, extensibles, et terminées, au lieu de tarses, par des rangées de lames élastiques et extensibles. Abdomen cyliudroïde, de neuf segments, tcrminii par quatre appendices allongés, droits et velus.

Les Tridactyles sont de petits Grylliens des plus agiles et de mœurs curieuses. Ce genre a été découvert par Olivier et établi sur une espèce d'Orient (Encycl. méth., 1789, t. III, p. 26) non décrite, à laquelle l'auteur assigne trois digitations comme terminant les pattes postérieures. Ce caractère, d'où est tiré le nom du genre, ne se retrouve pas dans l'espèce la plus connue, le T. rariofiatns, Illig. On dirait une Courtilière en miniature, le mâle ayant U millimètres, et la femelle ne dépassant pas 6 millimètres, ayant 11 millimètres du front à l'extrémité des pattes postérieures étendues. Le corps est d'un noir bronzé luisant, glabre, avec les bords latéraux du corselet, la base des élytres, le dessous de l'abdomen et des mouchetures aux pattes, blanchâtres (1). Les jambes postérieures, qui se tiennent au repos sous le bord inférieur tranchant des cuisses, offrent en dessous, dans leur tiers postérieur, deux séries de lames oblongues, blanchâtres, papyracées, chacune de quatre ou cinq lames, couchées longitudinalement les unes sur les autres dans le repos, mais pouvant s'écarter en éventail ou en panache, lorsque l'insecte saute et déplie le membre postérieur, à la façon des pattes des Oiseaux palmipèdes, de manière à dépasser les bords interne et externe de la jambe, qui paraît alors ailée. Le bout de la jambe se termine par deux séries de digitations analogues, pareillement extensibles, continuant au

(1) Poudras, Observations sur le Tridady le panaché. Brocli. iu-S". Lyon, 1829. — L. Dufour, Recherches sur Vldstoirc naturelle du Tridactyle panaclw {Ann, scierie, natur., 2« sér., Zooi.., 1838, t. IX, p. 321).

repos la jambe pliée sous la cuisse, et atteignant alors presque le menton ; à leur base inférieure est un vestige tarsien en forme de pelote ovale. I.ors du saut qui lance ces petits insectes à plus d'un mètre, toutes les lames s'étalent cà la façon d'un parachute. On doit se servir du lilet de gaze pour les saisir sans les blesser. !.. Dufour suppose, en outre, que les digitations, qui garnissent et qui prolongent les pattes postérieures, servent à nager, quand les Tridactyles rencontrent de l'eau au fond des galeries. Cet auteur rangeait les Tridactyles parmi les Acridiens, en raison de l'énergie de leur saut, de la brièveté et du petit nombre d'articles de leurs antennes,^et surtout par la structure de l'appareil digestif. Il n'a, en effet, que la longueur du corps de l'insecte, et ne se replie pas, comme cliez la Courtilière, le Grillon, la Sauterelle. Les glandes salivaires sont petites et le gésier manque ; l'estomac débute par trois digitations conoïdes peu développée's, structure vestigiaire de sa forme chez les Tettix (Acridiens), et, comme dans cette tribu, les canaux de Malpighi s'insèrent isolément et immédiatement à son extrémité postérieure. L'ovaire de la femelle est formé de six tubes, chacun à cinq ou six loges, sans ligament suspenseur, avec un calice tubuleux et un large oviducte ovale, à l'extrémité postérieur duquel adhère un réservoir de semence, simple, long, enroulé. Les quatre filets qui terminent l'abdomen du Tridactyle n'ont pas été nettement identitiés aux appendices ordinaires des Orthoptères ; il en est deux, biarticulés, hérissés, qui paraissent des cerques, etdeux autres inarticulés, existant dans les deux sexes.

Ce Tridactyle panaché vit dans le sable humide des rives des fleuves et des lacs d'eau douce, en très-grand nombre, criblant le sable de ses galeries de retraite.

Quand on marche au milieu de ces peuplades, on voit les petits insectes effrayés sauter de toutes parts; il en est souvent qui tombent dans l'eau et y restent un moment à la surface, toutes les pattes étendues. Bientôt, pliant les jambes de derrière sous les cuisses, ils regagnent en un ou deux sauts la plage que la frayeur les avait forcés de quitter. Ces insectes sont des maçons arénicoles, creusant dans le sable de longs puits verticaux ou obliques, bien cylindriques, au fond duquel se tient le Tridactyle la ttMe en bas, et d'où il sort h. reculons. Us arrachent le sable avec leurs mandibules, et aussitôt celles-ci le cèdent à l'une des pattes antérieures. Ce n'est pas ici le tarse, mince et grêle, qui peut faire l'office de main ou de truelle, c'est le côté extérieur ou le revers de la jambe qui s'empare des petits matériaux, les ajuste et les consolide. La jambe est armée latéralement de trois dents, et en dessus de poils roides et assez clair-semés, en sorte que l'instrument du Tridactyle opère sur la bouche de celui-ci comme l'une des cardes du matelassier sur l'autre, lorsque l'ouvrier veut mettre à part la laine suffisamment cardée. Tout cela s'exécute avec une telle rapidité, que souvent l'œil ne peut suivre les mouvements. Les grains de sable en-

TRIDACTYLUS. 123

core humide s'accumulent à droile et h gauche, puis se réunissent en voûte au-dessus de l'insecte. On trouve à la fois des Tridactyles à tous états, ce (|ui indique une reproduclion conlinue. Les larves et nymphes n'ont que de trùs-courts vestiges d'tHylres triangulaires, et ne paraissent prendre les ailes et les organes sexuels qu'à la dernière mue ; on ne voit pas de larves plus petites que 1 millimètre, ce qui porte à croire que les très-jeunes larves restent au fond des puits, où les femelles déposent sans enveloppe des œufs très-petils, ronds, transparents et d'un jaune hrillant. Il y en a environ quarante par trou, et le ventre de la femelle contient un grand nombre de ces petits corps jaunes qu'on peut faire sortir par pression. On n'a pas observé l'accouplement des Tridactyles, ni ses préludes; peut-être se fait-il dans les Ix'ous. D'après Fondras, les mâles et les femelles se ressemblent beaucoup ; celles-ci seulement à ventre plus gros, avec un point ou échancrure au bord du 8*^ anneau, bord qui resterait au contraire entier, comme les autres chez les mâles. Par un fait analogue à ce qui se passe dans plusieurs genres d'Orthoptères, ainsi Stenobothrus et Tettix chez les Acridiens, taudis que presque toujours les ailes sont abrégées, trèsétroites, linéaires, dépassant à peine les courtes élytres, de très-rares sujets, que L. Dufour croyait, probablement à tort, être les mâles exclusifs, ont des ailes repliées, bien plus longues que les élytres, semiorhiculaires dans l'expansion, ayant environ vingt nervures radiées et une nervure transverse les coupant par le milieu, à bord antérieur coriace. Les Tridactyles disparaissent aux premiers froids de l'automne, et hivernent la tête en bas dans leurs puits, à 1 ou 2 décimètres de profondeur, le diamètre du puits variant suivant la grandeur de l'insecte ; les pluies d'hiver font disparaître tout indice de l'entrée des galeries et claquemurent les travailleurs, en attendant que les premières chaleurs de l'année suivante viennent les engager à sortir de leurs retraites. Au début du printemps, ils se montrent de nouveau sur les sables exposés au soleil, et de toute taille, quelques-uns adultes et prêts de pondre. Fondras croyait que les Tridactyles se nourrissent de grains de sable très-fins, à la façon des Lombrics, qui vivent de l'humus. L. Dufour suppose, avec plus de raison, qu'ils doivent vivre d'animalcules et de détritus végétaux; il n'a trouvé aucun grain sableux dans li's matières contenues dans leur tube digestif, et il regarde la double série de soies barbues qui existe à la base de chaque mandibule comme devant empêcher toute entrée des grains de sable dans le pharynx.

Le T.variegatuft existe en plusieurs endroits dans le midi de la France, ainsi sur les rives de l'Adour, notamment près de Saint-Sever (Landes), au pont du Gard, au confluent de l'Isère et du Drac, sur les bords du Rhône et de ses îles jusqu'à Lyon. On trouve ces insectes près de l'embouchure du ruisseau nommé Lône de la Têle-d'Ow réunis autour des flaques d'eau que laisse le fleuve en se retirant, et se concentrant au-

tour du sable humide ;i mesure que le fleuve baisse et que l'arène se dessèche autour d'eux. De cet eudroit jiisiiu'à lu Vilriolerie, placée en face de la chaussée Perrache, on ne voit plus de Tridactyles, sans doute parce que là les bords du Rhône sont trop escarpés et les alentours des flaques trop fangeux ; mais on les voit reparaître au-dessous de la Vilriolerie et le long de tous les embranchements du fleuve, près des Brotteaux-Rouges et jusqu'à SainCon, afl'eclionnunt partout les nouveaux dépôts de sable formés clia(|ue uiuiée, et les quittant dès que l'herbe et les arbrisseaux commencent à envahir le sol. Les Tridactyles sont recherchés par les Bécasseaux, les Bergeronnettes et divers petits oiseaux du bord des rivières, qui laissent de nombreuses empreintes de leurs pattes sur les sables labourés par les Tridactyles. Les inondations du Hhône en détruisent aussi d'innombraltles peuplades, en les couvrant de couches épaisses de gravier qui les étouffent, et privent les œufs de la chaleur nécessaire à l'éclosion. Le T. variegatus existe aussi en Hongrie, en Italie, en Portugal, en Espagne, ainsi dans l'Andalousie, sur les rives du Manzanarès et de l'Ebre, etc.; en Algérie (H. Lucas), sur les bords des lacs Tonga et Houbeira, près de la Galle, dans la province de Bône ; probablement aussi en Egypte, sur les rives du Nil (Savigny), etc. Le genre Tridactylus est encore représenté en Guinée par une espèce anciennement rapportée par Palisot Beauvois, le T. paradoxiis, Lalr., qui a servi à Latreille à établir les caractères du genre (Encycl. mèthod., 1825, t. \, p. 708): l'insecte, d'un jaunâtre pâle, a les pattes postérieures terminées par cinq appendices mobiles, les trois intermédiaires plus longs, comprimés, dentelés supérieurement en peigne. Nous représentons, d'après la figure de Savigny dans l'Expédition d'Egypte, une espèce très-voisine du T. variegatus, peut-être une race, à vestige tarsien à la base des lames digitales postérieures plus allongé, à ailes bien développées, le T. fnsciatus, G.-Mén. (pi. xui, fig. 5:5a, grossissement ; 5 6, jambe postérieure vue de face et de profil ; 5 c, tarse intermédiaire ; 5 d, tête vue de face ; 5 e, antenne de dix articles). Le genre est aussi représenté dans l'Afrique australe, dans les deux Amériques et aux Indes orientales.

A côté du gem^e Tridaciijlus se place le genre Hhipipleryx. Newman, composé de petits Grylliens américains analogues aux Tridactyles. Us ont comme eux les antennes assez courtes et de dix articles, et l'oviscapte non saillant ; leurs principales différences consistent dans des tarses de deux articles seulement aux pattes antérieures et intermédiaires, et des jambes postérieures grêles, dépourvues de lamelles en série. Les tarses postérieurs sont remplacés par cinq appendices étroits, comprimés, mobiles, ciliés, pointus au bout, les ailes sont amples, dépassant environ de moitié les élytres au repos.

GIlYl.L.OT.%I.I>;%, l.alr. — Corps subcylimliique, épais, loiiicntonx. TAle subconique, iiioliiiéo, à front un po\\ gonllé tMiIrt; \ns ypux ; yi^ux piMils, ayant

GRYLLOTALPA. 125

Piitro eux iliMi>c (icellcs laLcraux ; antiMirics sétacces, iiiulliarliciili-os, allant en s'attiMuiant vers le SDinmct. Mandibules avec une dent molaire à la base ; mando des mâchoires muni d'une dent ai^^uë ; galea recourbé, étroit; dernier article des pal])es des deux sortes vésiciilciix au sommet, l'ronotum grand, demicylindrique, excise eu avant, arronfli en ariière ; prosternum étroit, caréné au milieu, avec deux dents dressées en avant ; mésosternum avec une crête proéminente presque également dans toute son étendue; mctasternum ample, subpentagone. Élytres membraneuses, subpellucides, couvrant en général la moitic de l'abdomen, ou moins, les nervures dorsales écartées les unes des autres chez la femelle et un peu irrégulières; ailes amples, subhyalines, avec bord antérieur et la strie qui le suit cornés et obscurs, pliées au repos dans les deux sexes en façon de queue dépassant l'abdomen. Pattes courtes, comprimées, fortes, poilues, les antérieures avec hanches très-rapprochées ; Irochanter avec prolongement dentiforme, moyen ou petit, dépassant rarement la longueur des digitations ; cuisses très-larges, comprimées; jambes courtes, comprimées, portant quatre digitations, les deux supérieures mobiles, les deux inférieures immobiles, tarses de trois articles, repliés dans un canal du bord externe de la jambe, à deux ongles. Pattes moyennes plus courtes, à jambes simplement dentées au sommet; [laltes postérieures plus longues, ave(; cuisses épineuses, n'égalant jamais en longueur le prothorax : ces deux paires de pattes à tarses de trois articles, avec deux ongles, le premier article des tarses postérieurs ineruie ou obluséuient épineux au bout. Abdomen vaste, surtout chez les femelles pleines, le bord postérieur du iiuiticme arceau ventral du mâle entier ; les segments 9 et parfois 8 munis supérieurement de deux rangées latérales transverses de longs poils dirigés intérieurement; cerques anaux dépassant eu longueur le pronotum. Pas de styles ; pas d'oviscapte saillant chez la femelle.

Le type du genre et la seule espèce indigène de l'Europe, trop connue par ses ravages, est le (i. vulgaris, Latr., le (Iryllus (hijllotalpa de Linnœus, la Courliliere de Geoll'roy, nom tiré du vieux m(»t français courtil ou roiirtille, qui signifie jardin. L'insecte est encore nommé Taitpeijrillon, Avant-Taupe, d'après ses mœurs et la ressemblance grossière de ses pattes antérieures avec les mains de la Taupe, et destinées comme elles à creuser des t,^aleries souterraines. C'est un insecte d'aspect hideux, ayant quelques rapports de forme et de couleur avec une Écrevisse. Il est d'un roux jaunâtre en dessous, d'un brun enfumé en dessus, d'aspect velouté, long dans les deux sexes d'environ /lO millimètres, le mâle bien plus étroit que la f(!m(dle ; les nervures des élytres prononcées et brunes, les nervures Iransverses des ailes lactées, avec deux stries anicrieures d'un brun cendré; le 6" segment ventral du mâle est étroit, comparé aux précédents, et le 7° semi-lunaire. Chez la femelle, le 6" segment ventral est beaucoup plus grand que b.'s précédents et suivants ; le 7% si l'on tire l'abdomen sur le vivant, montre de chaque côté une impression remarquable. Le 8*= segment, ou plaque sous-gé-

126 OnXHOPTÈRES.

nitale, est subégal dans les deux sexes et bifendu, et les cerqucs, longs et villeux, sont munis çà et là de poils beaucoup plus longs. — Nous représentons quelques détails, pi. lxui : fig. /i, jambe antérieure et son tarse vus eu dedans; U a, les mêmes, vus en dobors; à b, base de l'antenne; à c, lèvre inférieure et palpes; U cl, màcboire et palpe.

Cet insecte, commun et très-volumineux, est un de ceux qui se prêtent le mieux aux études anatomiques. Le tube digestif est presque deux fois plus long que le corps ; l'œsophage, filiforme et droit, offre à son origine deux faisceaux de glandes salivaires aboutissant par leurs canaux déférents à un seul tube de déversement, sur lequel s'abouche aussi le conduit d'une vésicule salivaire oblongue piriforme. Dans le métathorax est un jabot tout à fait latéral, grand, ovale, musculo-membraneux, entouré de fibres obliques et circulaires et muni de trachées. Puis l'œsophage conserve, sur une certaine longueur, sa forme cylindrique, et, à son entrée dans l'abdomen, il se lie à un gésier ou proventricule, renflé, subelliptique, muni à l'intérieur de six rangées de lames cornées triturantes, chacune à cinq séries de dents brunâtres, et séparées par six sillons profonds. Du côté œsophagien, le proveutricule est fermé par une valvule composée de six tubercules cornés convergents, détachés des colonnes qu'ils précèdent, et il entre dans l'estomac du côté opposé assez profondément, eu forme de cône allongé et acumiué, constitué par quatre troncs calleux et grêles, formant une longue valvule filtrant les aliments. Cette portion, ainsi que le commencement du ventricule ou estomac, sont recouverts par deux grandes poches cœcales, entourées de ramuscules trachéens, réunies à leur base, arrondies ou oblongues suivant leur distension, et qui, gonflées, cachent la plus grande partie du proventricule. Après elles, de chaque côté, adhère un organe ramifié en arbuscule, subdiaphane, d'usage douteux (foie, pancréas ou rate?). L'estomac est d'abord cylindroïde, étroit, lisse, sur une longueur de U à 6 millimètres, puis renflé et flexueux, avec de nombreux plis musculeux longitudinaux^ permettant, quand besoin est, une distension considérable de la membrane interne. A l'intérieur de la partie tubuleuse sont six colonnes charnues, dont les extrémités postérieures convergent en valvule ; la portion renflée offre en dedans quatre stries proéminentes longitudinales, remplies et teintes plus ou moiusparune liqueur noire, dont on ignore l'usage physiologique. A la base de l'estomac s'insère un faisceau on houppe de très-nombreux canaux de Malpighi, au moyen d'un long pétiole ou uretère; ils sont capillaires, très-minces, jaunâtres ou blanchâtres, suivant le degré d'évolution de leur liqueur urinaire ; puis s'ouvre un intestin en tube flexueux, granuleux en dehors et en dedans, suivi d'un intestin épais et droit, muni des plis transversaux et des bandelettes accoutumées. De chaque côté du rectum contre l'anus, et dans les deux sexes, on observe une petite glande lobulée, placée sur une vésicule de réserve, contractile, de couleur azurée ou bleu lapis, et pleine d'un vitré clair; la glande sécrète

GRYLLOTALPA. 127

une humeur qui, mêlée aux excréments, forme cette éjaculation d'odeur nauséabonde et fétide, se produisant quand on saisit la Courtiliére à la main, et mouillant son larg^e abdomen.

Les testicules du G. vulgaris sont symétriques, placés de chaque côté de l'abdomen sous les intestins, oblongs et longs de 8 à 10 millimètres lors de leur turgescence, incisés au bord externe. En détachant la tunique extérieure, on les voit formés d'une quantité innombrable de fines capsules spermatiques. Le canal déférent s'enroule en un long épididyme spirale, et il s'y déverse les conduits de glandes annexes. Les ovaires consistent de chaque côté en un faisceau bilobé et obtus de tubes courts, bi- ou triloculaires ; les filaments apicaux des tubes de chaque ovaire se réunissent en un filament commun, qui se fixe au métathorax avec celui de l'autre ovaire. Les œufs sont grands, obtusément ovales, d'un roux pâle et mûrs au mois de juin.

D'après Hagen, et conformément à ce que G. Newport avait précédemment affirmé pour le système nerveux de tous les Insectes (1), les funicules de la chaîne ventrale de la Courtilière sont au nombre de quatre, dont les deux inférieurs seuls se renflent en ganglions, les supérieurs demeurant simples. Les trois ganglions thoraciques sont grands ; celui du prothorax, qu'on supposerait devoir être le plus volumineux en raison de la forme du segment et de ses pattes fouisseuses, est cependant surpassé par le ganglion métathoracique. L'abdomen n'a que trois petits ganglions, en outre du gros ganglion terminal ; c'est pourquoi la chaîne nerveuse s'étend à peine à la moitié de la longueur de l'abdomen, dont cependant les segments, surtout les postérieurs, jouissent du mouvement le plus libre. Les appareils nerveux de la vie végétative, chez le G. vidfiaris, ont été surtout bien étudiés par Brandt. Ils offrent, comme d'habitude, deux systèmes, un pair, l'autre impair. Du ganglion frontal de ce dernier placé en avant du cerveau partent des rameaux se rendant aux pièces buccales; un autre rameau arrive à l'œsophage avant le jabot, un autre enfin entre le jabot et le proventricule. L'appareil symétrique présente deux ganglions antérieurs contigus, subpyramidaux, placés derrière le cerveau, puis deux ganglions postérieurs, plus petits, ovales, envoyant des filets nerveux à l'œsophage, au jabot, au proventricule.

La Courtilière a été le sujet de quelques études embryogéniques (2i, si difficiles chez les Insectes en raison du manque de transparence de l'œuf. L'embryon a été étudié au moment où le chorion, disparaissant, permet de l'apercevoir. Le corps est recourbé, la tête repliée contre la poitrine et les cerques anaux sous le ventre, de sorte que le pronotum

(1) On t/ie Structure, relation nnd ilevelopment of the ncrvous and circulalorij syst. PInlos. [Transad., 1843, p. 243).

(2) Rathke, Mùllcr's Archiu fur Anat. und Phys,, 1844, p. 27 a 37, pi. Il, tij:;» 1 à 5.

représenle l'exlrémité antérieuro de l'embryon. Les pattes sont appliquées sur les côtés, et la ligne latérale de l'abdonaen, où apparaîtront plus tard les stigmates, se détache sous forme d'un pli plus élevé. De chaque côté, sous ce pli et près de l'insertion des pattes postérieures, Rathke a découvert un organe singulier, qui a déjà disparu dans l'embryon sorti de l'œuf. Ce célèbre anatomiste le regarde comme une branchie de l'embryon. 11 a la forme d'un disque orbiculaire inséré sur un stipe, à la façon d'un champignon. Le stipe, long et fragile, est inséré au corps de l'embryon, tourné au dehors et recouvert par la patte postérieure. L'extérieur du disque montre des tubercules arrondis en saillie, et sa structure interne est cellulaire, dépourvue de trachées, mais probablement munie de lacunes aériennes. La membrane de cet organe reste blanche, tandis que les autres téguments de l'embryon durcissent et s'imbibent d'une matière colorante d'une roux fauve. La muqueuse tout entière de la membrane germinative se change en intestin, et aucune portion particulière de celle-ci ne forme le sac du vilellus. Le vitellus est compris dans l'intestin lui-même, et, vers la fin de la vie embryonnaire, il se résorbe dans l'estomac. Le tube digestif d'un embryon de G. culgaris qui va bientôt éclore commence par un œsophage étroit, au côté duquel adhère le jabot, sous l'aspect d'un court renflement piriforme ; après lui vient une partie un peu renflée, qui paraît le premier indice du proventricule ou gésier musculeux; ensuite le ventricule ou estomac membraneux a l'apparence d'un renflement très-dilaté, vésiculaire, encore rempli à cette époque par le vitellus, et à son bout postérieur et au début de l'intestin, est un prolongement émettant quatre vaisseaux malpighiens. Dans les embryons nouvellement éclos, le jabot, très-gonflé, paraît rempli d'air; le proventricUle s'est accru, et à sa face interne se voient des papilles cornées d'épithélium ; des lobes antérieurs naissent au ventricule ; le nombre des vaisseaux de Malpighi s'est accru, et l'intestin, naguère à peine dilaté en avant, montre maintenant distincte une partie subrenflée, plus épaisse à l'intérieur.

La Courtilière habite de préférence les jardins potagers, les pépinières, les champs de blé. Elle préfère les régions sèches ou sablonneuses, et se trouve rarement dans un sol marécageux ou dans un humus tenace. Elle vit toujours cachée dans des canaux creusés avec les pattes antérieures, en comprimant la terre contre les parois, et amoncelant à l'entrée principale un monticule de déblais, analogue à celui de la Taupe, mais bien plus petit. L'insecte préfère pour son nid un terrain d'une certaine dureté, ainsi celui des sentiers, au sol trop léger des couches. L'entrée du gîte est d'abord horizontale, pour empêcher l'irruption des eaux pluviales, puis devient déclive. La pubescence qui recouvre presque tout le corps de la Courtilière paraît servir à la protéger quand l'eau envahit son terrier. Elle passe l'hiver au fond d'un trou vertical pouvant avoir 30 centimètres de profondeur ;

CtRYLLOTALPA. 129

celle-ci varie, au reste, selon l;i coiisislaiire du terrain et la rigueur du froid de la contrée. A partir du tuyau d'entrée, l'insecte se creuse à quelques centimi'tres des galeries de chasse dans toutes les directions. On conçoit les ravages que doivent causer de pareils travaux, de la part d'insectes de grande taille et très-féconds, coupant toutes les racines et turions qui se rencontrent sur le trajet de leurs galeries : on reconnaît les lieux infestés par les Courtilières à la couleur de la végétation, qui est jaune et flétrie.

Les Courtilières sautent lourdement. Aux mois de juin et de juillet, le mâle, soit sous terre, soit à l'entrée des galeries, fait entendre une stridulation crépitante et assez faible, que l'oreille humaine ne perçoit qu'à petite distance. On l'a comparée au cri de l'iingoulevent ou au coassement de la Rainette des arbres. Les élytres sont parfaitement symétriques, et l'on y distingue, sur la partie dorsale^ un instrument musical : on y voit l'archet, strié comme une lime, la chanterelle et une seule grande nervure qui descend de l'origine inférieure de l'archet vers le bout de l'élytre, en suivant une direction oblique. M. Goureau a reproduit la stridulation du mâle sur des Courtilières, soit mortes, soit vivantes, en soulevant un peu les élytres et les frottant l'une contre l'autre. A la même époque, le mâle vole le soir, en rasant la terre par mouvements onduleux, et s'accouple pendant la nuit. La femelle pleine creuse en teri'e un nid voûté, à peu près de la grandeur d'un œuf de poule, dont la paroi intérieure est lisse, et auquel aboutissent plusieurs galeries courbes. Elle y pond de deux à quatre cents oeufs, arrondis, jaunâtres, brillants, sur lesquels elle veille, dit-on. Au bout de trois à quatre semaines, il en sort de petites larves blanches, de la grosseur d'une fourmi. Les auteurs s'accordent à dire que la mère protège avec soin cette progéniture, et même lui cherche des aliments. Les petites larves vivent réunies, sous la garde maternelle, jusqu'à la pr(>mière mue ; puis, devenues plus foncées et plus dures, se dispersent, et chacune alors se creuse un terrier avec galeries. Elles changent une seconde fois de peau ; puis, la nourriture manquant avec l'arrivée des frimas, passent l'hiver eu léthargie, se réveillent au printemps et subissent encore deux mues avant l'état adulte. La plupart des auteurs assurent qu'elles sont nymphes un an après la sortie de l'œuf, et adultes au bout de trois ans seulement.

Les Courtilières sont à la fois carnassières et phytophages. On les a vues manger des pommes de terre, de la salade, des racines de Dahlia et d'autres plantes; mais il est prouvé qu'elles sont très- avides d'insectes, et Féburier {Nouv. Cours d'af/ricult., 2'= édit., p. 33, et Revue agricole, ou Journal des jurdiniers et. amateurs, 1829, n" 2, p. 65) a véritié l'opinion de Latreille sur leur carnivorité. Elles semblent même mieux aimer les insectes que les végétaux, et peut-être ne perforent souvent les racines que pour y chercher des larves. On trouve dans leur tube digestif des parties cornées d'insectes; elles sont avides de GIRARD. n. — 9

130 ORTilOPTÈRES,

Vers blancs, et on les garde plusieurs mois en captivité en les nourrissant de fourmis. Knfcrmécs et pressées par la laiin, elles se manp^^ent entre elles, se mordent les antennes et les pattes, et se font à l'abdomen des blessures mortelles. Elles paraissent préférera tout la viande crue, qui peut servir d'appàt-piége pour les attirer et les détruire. On recommande aussi, au même point de vue, les amas de fumier, où elles aiment à se réfugier en quittant leurs trous ordinaires, soit pour y trouver de la chaleur, soit plutôt afin d'y rechercher les insectes, dont elles sont friandes. On conseille encore de verser dans leurs galeries du pétrole ou de la benzine, dont la vapeur les empoisonne, ou de l'huile qui les asphyxie en bouchant leurs stigmates ; enfin on peut placer à fleur de sol de larges vases pleins d'eau, où elles se noient dans leurs courses nocturnes. Quelques animaux auxiliaires concourent à leur destruction: ainsi la Pie-grièche, l'iingoulevent et la Huppe. On observe souvent à leurs pattes des larves rouges de Trombidious (Acariens).

LeG.vulf/aris juiit aux jardins, aux prairies, aux pépinières dans toult; l'Europe, sauf la Scanie boréale et la Laponie, où il manque. Il existe aussi en Asie Mineure et au delà du Caucase; il a été trouvé en Algérie (H. Lucas), en mai et juin, dans les bois du lac Houbeira, cercle de la Calle, se creusant dans le sable des sillons assez profonds. Le genre Gryllotalpa présente une quinzaine d'espèces, toutes très-analogues de forme et de couleur à notre Courtilière. Elles sont d'Egypte, du Cap, de(ihine, de Java et Bornéo, d'Australie, de l'Amérique du Nord, de Californie, du Chili, de la Colombie, du Brésil, de la Havane, de la Guadeloupe. Le Rév. P. Perny a remis à Guérin-Méneville un insecte réputé en Chine comme guérissant de la rage, et celui-ci a reconnu dans cet insecte, arrivé en débris, une petite espèce de Gryllotalpa.

!I$CAI>TI-:RISC'1'«<, S. Scudder. — Crèto niésosternale non proéniiiiento, sauf sur la iiiuilic poslûrieun: du sci^ment, limitée quelquctbis à la moitié postérieure, ou même obsolète. Trochanter antérieur grand, la portion libre égale aux digitatlons des jambes en longueur; jambes nnuiies de deux digitations mobiles; premier article des tarses postérieurs tcrminr à l'extrémité, de cliaipie côté, par une grosse épine aiguë, l'épine interne plus longue. Élytres couvrant en général les deux tiers de l'abdomen ou plus, leurs nervures dorsales chez la femelle rapprochées et régulières. Aucun des segments terminaux de Fabdomen muni supérieurement de rangées de longs poils ; bord postéiieur du huitième arceau ventral de l'abdomen du mâle prolongé en une dent grosse, proéminente, centrale; cerques anaux presque toujours moins longs que le pronotum. Les autres caractères des Gryllotalpa.

Ce genre a clé créé pur M. S. Sudtler, de Boston. i»our des Courti-

MYRMECOPHILA. 131

lières exclusivement américaines (i). 11 avait été longtemps auparavant comme pressenti par Audinet-Serville, qui établit deux divisions dans son i^enre Gri/llotalpa : la prcimière formée d'espèces des deux mondes, ofTrant la palme des jambes antérieures divisée en quatre dents; la seconde, à espèces américaines, ayant cette palme divisée seulement en deux dents, caractère principal du genre Scapteriscus, et ces jambes moins larges que dans la première division. Le type est le S. didactyliis, Latr. (pi. Lxnr, fig. 3), espèce bien plus petite que notre Courtilière. n'ayant que 26 millimètres de long. Le corps est velouté, d'un jaune brunâtre, plus pille en dessous. Les élytres recouvrent plus de la moitié de l'abdomen, dont les ailes dépassent un peu l'extrémité. Les pattes sont pubescentes, de la couleur du corps, le troclianter des jambes antérieures très-grand, presque spatuliforme, tandis que chez le G. vulgaris il est long et pointu, à bord inférieur arrondi et tranchant comme un soc, et cilié de poils. L'espèce se trouve dans les Guyanes, au Brésil dans la province des Mines, au Paraguay, à Costa-Hica, et probablement dans la Floride et à Cuba.

Les autres Scapteriscus sont du Mexique, du Brésil, de Colombie, de l'Amérique centrale ; en tout, huit espèces.

A côté des Courtilières se place un genre très-curieux, Cylindrodes,i Cray. Le corps est allongé, linéaire, parfaitement cylindrique, à thorax formant plus du tiers du corps, aptère ou ayant à peine des vestiges alaires ; les pattes très-courtes, comprimées, les antérieures, avec les jambes élargies, propres à fouir, terminées par une palme dentée en forme de main, les quatre jambes postérieures munies d'une forte épine, les tarses de deux articles. Une seule espèce est connue et figurée dans le Rèf/ne animal de Griffith, sous le nom de G. Campbelli, Gray. On ne sait si l'on a affaire à une nymphe ou à un adulte ; la longueur est de 66 à 68 miUimètres, et la (couleur d'un brun un peu rougeâtre. L'insecte a été trouvé à Melvil-lsland, dans l'Australie septentrionale, ravageant les serres en se logeant dans la tige des plantes, qui se flétrissaient, il s'y fixait par les épines des jambes. Les colons le nommaient Ver-fil.

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