III. — CÉBBlOiMDES
Les Cébrionides forment le passage entre les tribus des Élalériens et les Malacodermes. Us sont pentamères; ont le corselet librement articulé en dessous sans mentonnière, les mandibules saillantes en tenailles, ce qui les rapproche du genre Rhipicera; les téguments flexibles, les élytres assez molles, avec six ou sept segments en dessous à l'abdomen (rapport avec les Téléphores). Leurs pattes sont plus ou moins robustes et fouisseuses; les jambes comprimées, dilatées vers l'extrémité, plus ou moins élargies, à éperons terminaux bien développés (différence notable avec les Élatérides). Le corps est épais et oblong. Pas de saut.
l»llVfs»©ï»A€Tl'I.l'*», Fisch. — Corselet rétréci en avant, à angles postérieurs diiigés en arrière. Élytres allongées, assez convexes, rétrécies en arrière.
Les insectes de ce genre, dont les trois espèces appartiennent au Brésil, sont rares, et doivent vivre dans les détritus des arbres décomposés.— Ex. : P. Heuningi, Fisch., du Brésil (pi. xxxiv, fig. 1; la, patte antérieure; 16, antenne), d'un noir brillant, avec le corselet ferrugineux.
CEBRI©, Oliv. — Chez les mâles, longues antennes de onze articles ; élytres presque aussi longues que l'abdomen, graduellement atténuées en arrière; des ailes •, tarses longs. Chez les l'emelles, antennes très-courtes, un peu en massue ; élytres notablement plus courtes que l'abdomen et déhiscentes ; pas d'ailes ; pattes Irès-robustes, tarses courts.
Les Ccbrions sont des insectes de taille moyenne et assez grande^ comprenant plus de soixante-dix espèces, dont les couleurs sont le noir brunâtre et le jaune ferrugineux, soit seuls, soit combinés, mais sans former de dessins. Presque toutes les espèces sont du pourtour méditerranéen, quelques-unes d'Amérique septentrionale, du Cap, de Cafrerie, et une de Port-Jackson (Australie). I^es Cébrions sont rares dans les coUecliuus, surtout les l'emelles, eu raison de leurs mœurs. — Lx. :
Ci'BRIONIDES. — ANELASTES, CALLIRHIPIS. 517
C. fuscus, Fabr., mâle, du cap de Bonne-Espérance (pi. xxxiv, fig. 2), et C. gigns, Fabr. (pi. xxxiv, fig. 3, antenne de la femelle). Cette derniire espèce est la mieux connue, se trouve dans le midi de la France et sur tout le littoral méditerranéen. Lalreille avait créé avec la l'emelle un genre faux, le genre Hammonia. M. Guériu-Méneville, le premier, reconnut les deux sexes et leur accouplement. I.a métamorphose a lieu en terre, que la femelle ne quitte pas. Elle se contente de faire sortir par un trou l'extrémité allongée de son abdomen. Les mâles volent autour de ces trous et s'accouplent sans voir les femelles, de miîme que, chez les Lépidoptères, les mâles des Psychés, dont les femelles restent enfermées dans le fourreau de la chenille. Les mâles volent le soir, surtout en automne, et après les pluies continues paraissent en abondance dans certaines localités ; il faut, en eifet, que la terre soit humectée pour que les mâles puissent sortir et les femelles venir contre la surface. La larve du C. gigas est encore plus allongée que celle des Élatériens, parfaitement cylindriquaet parallèle, aveugle, couverte d'écussons résistants, à paltes courtes, surtout la première paire, épineuses, rapprochées de la ligne médiane. Elle vit dans des terrains secs, paraissant se nourrir de racines, et exige, dit-on, phisieurs années, peut-être trois, pour être au terme de sa croissance. Alors elle se pratique en terre une loge où se fera la nymphose.
Les genres suivants sont des genres de passage, ballottés par les auteurs d'une famille à l'aufre ou cunsliluant de petites familles.
AXEl,.%«i»Tï';««», Kirby. — (Les auteurs les plus modernes placent ce genre dans les Eucnéniides.) Antennes courtes, filiformes. Corps oblong, peu convexe. Aspect des Agriotes.
Ces insectes, de taille au plus moyenne, sont d'un jaune ferrugineux ou d'un brun noirâtre, à élytres striées. — Ex. : A. Druriji, Kirby, des Étals-Unis (pi. xxxiv, fig. k, antenne grossie). 11 y a une autre espèce du Brésil et une d'Algérie.
f'AMJKSIll*!^, l.atr. — Antennes de onze articles, flabellées en rameaux grêles à partir du troisième.
Les Callirhipis, rares dans les collections, et exotiques des deux continents, sont de taille supérieure à la moyenne, en général noirs ou bruns.— Ex. : C. Goryi, G.-Mén., du Brésil (pi. xxxiv, lig. 5), et C. Dejeani, Lalr., d'Araboine et de Java (pi. xxxiv, fig. &a et C b, l.ir-e anléricur de profil et de face; 6c, mâchoire et palpe).
ÔIS COLÉOPTÈliES. — Ér.ATÉRlENS.
ssuil>IDOCElt.% OU RjiiPiCERA, Latr. — Antennes de plus de onze articles trèsserrés, Habellées en éventail chez les mâles, pectinées chez les femelles. Mandibules robustes, saillantes, arquées au bout. Corselet convexe, rétréci en avant, bisinué à la base. Corps épais, subcylindrique.
Lx. : }{. cyanea, Caslclnau, à corselet bleu, du Brésil intérieur (pi. xxxiv, fig. 7, mille). Une antenne de femelle de cette espèce est représentée grossie (pi. xxxiv, flg. 8). Les Rliipicères sont du Brésil et de l'Australie, et se trou\ent sur les feuilles dans les bois et sur les plantes basses.
ï»'B'Bli«M».tC"T'S'Ij.%, Latr. — Antennes très-allongées et très-grêles, filiformes, simples ou légèrement dentées chez les femelles, avec de grêles rameaux chez les mâles. Pattes longues. Corps ovale, peu convexe.
Les Ptilodaclyles sont des insectes américains, surtout des régions chaudes, de taille assez petite, d'un brun noirâtre ou d'un fauve jaunâtre, vivant sur les feuilles, à la surface desquelles ils marchent lentement, se laissant tomber au moindre danger, en simulant la mort par la flexion des antennes et des pattes ramenées le long du corps. Us volent assez bien. — Lx. : P. elaterina, lllig., mrde, de l'Amérique du Nord (pi, xxxiv, flg. 9). Il y a une espèce de Java.
HEï.OMF.S, Latr. — Antennes longues et grêles. Corselet rétréci en avant, arrondi sur les côtés. ÉlyUes larg'cs, ovales ou elliptiques,
Les insectes de ce genre, de petite taille, au nombre d'environ quatrevingts espèces de tout pays, ont des téguments minces et flexibles dont la couleur varie du brun noirâtre au jaune tcstacé dans la môme es« pèce. Les espèces d'Europe vivent sur les plantes qui croissent au bord des eaux, et dans les prairies humides, recherchent l'ombre et sont peu agiles. Nous représentons l'espèce la plus commune, existant dans toute l'Europe, se trouvant aux environs de l^aris, 1'//. m//M«/i/*', Linn., ou pallidus, Fabr. (pi. xxxiv, fig. 10; 10 a, antenne ; 10 b, tarse antérieur). La larve de cette espèce est aquatique et à régime végétal, ovale, graduellement atténuée en aiTière, et ressemblant beaucoup à celle des SilpJia. Les pattes sont courtes ; une peau coriace déborde les segments de l'abdomen. Elle rampe lentement sur les pierres et les plantes submergées. Erichson pense que les stigmates sont remplacés par une rangée de sept lamelles membraneuses, disposées en arc de cercle sur le bord de l'anus et enveloppées d'une bulle d'air.
r.wipyr.iF.iNS ou MAr.A(;oDi:RMi:.s. 519
<*t<'IRTK«, Illiy. — (unisses postérieures très-larges, briévemeiU ovales et Irèsi;pai:-s8s ; jambes postérieures tcraiiiiées par deux éperons, l'interne très-loni;'.
r.e fait important qui caracl6riso ce genre, ce sont les cuisses postérieures propres au saut, à la façon des Allises et avec autant de force par repli de la cuisse contre le corps et contraction subite des muscles, d'où débandement du ressort. On trouve les Scirtes dans les mûmes lieux que les Helodes, sur les feuilles des plantes et des arbrisseaux, F/espôce la plus commune qu'on trouve près de Paris et dans toute l'Europe, est le S. hL'misphœricus, Linn. (pi. x\xiv, fig. Il, patte postérieure). Les Scirtes sont surtout des régions chaudes dos deux mondes, sauf l'Australie.
F.I.'BRI.%, Gerniar.— Antennes assez longues, grêles. Corselet transversal, trèsrétréci en avant et arrondi sur les côtés. Élytres ovales, largement arrondies à l'extrémité. Corps convexe, en court ovale.
Ce genre est fondé sur une seule espèce, E.palustris, Germar, trèspetit insecte (pi. xxxiv, fig. 12; 12 a, antenne; 12 6, tarse postérieur), de France, d'Allemagne, d'Italie; à téguments assez solides; d'un noir brillant, souvent rougeùtre, avec élytres fortement sillonnées. Il est assez rare et vit sur les plantes aquatiques.
Les trois genres Helodes, Scirtes, Euhria, d'habitat pareil, sont plus rapprochés des Malacodermes que des Élatériens , sans appartenir nettement à l'une ou Tautre de ces tribus. Cela montre seulement que ces divisions n'ont pas de limites exactes, et qu'il faut se contenter d'une très-vague approximalion pour ne pas trop multiplier les coupes et faire rentrer les petits groupes satellites dans les tribus fondamentales. Les gcnre?> Ptilodactyla, Helodes, Scirtes et Euhria sont compris, par les auteurs les plus récents, dans la petite famille des Dascillides.
TiîlBr Di:s LAMPl'KIKWS OU M.1LAC03IERWKS.
l'our demeurer lidèle à ki règle adoptée maintenant, et suivie nolammeul par M. E. Blanchard, et afin de ne pas multiplier les noms nouveaux, de désigner les groupes par un nom emprunté à un genre fondamental, nous appellerons Lampyriens les insectes de la tribu actuelle, du nom du genre le plus remarquable par la phosphorescence de ses espèces. Mous ferons toutefois remarquer que les insectes de cette tribu, au nombre actuel de plus de 2000 espèces, sont plus habiluellement désignés par le teraie de Malacodermes. Cette tribu des Malacodermes réunit des Coléoptères dont les téguments, ainsi que leur nom l'indique, sont en général minces et flexibles. Ils se lient par plusieurs caractères, noiammeul par la mollesse des téguments,
520 COLÉOPTÈRES. — LAMPYRIENS.
aux Cantharidiens, mais s'en séparent par le nombre des articles des tarses. La bouche de ces insectes offre des mandibules courtes, des palpes maxillaires de quatre articles et labiaux de trois; une languette membraneuse ou coriace, avec des paraglosses invisibles ou nuls. Les antennes sont presque toujours de onze articles et de forme très-variable. Les élytres n'embrassent que faiblement l'abdomen ou le recouvrent en le débordant plus ou moins ; parfois elles se déforment et se rétrécissent ; alors les ailes ne se replient pas et se voient au dehors ou manquent, et parfois aussi les élytres chez les femelles. L'abdomen offre six ou sept segments ventraux libres. Les pattes sont en général assez longues; les hanches antérieures sont conliguës, les postérieures transverses, sans lames supérieures distinctes. Les tarses ont cinq articles, sauf de rares exceptions, sans lamelles au-dessous, avec crochets tantôt simples, tantôt bidentés à leur extrémité.
Les Malacodermes n'ont pas de prolongement au prosternum, ni en avant, ni en arrière, comme chez les Buprestiens et les Élatériens. Leur taille est médiocre ou petite, et leurs espèces se trouvent en tous pays, le plus souvent à l'état adulte sur les fleurs ou les feuilles. Sauf les femelles aptères de certains genres, ils sont en général agiles et volent bien. On est mal fixé sur le régime des adultes ; toutefois beaucoup sont carnassiers. Les larves sont carnivores, attaquant d'autres larves ou divers petits animaux sous les écorces ou dans la terre.
Ce groupe de Coléoptères est d'une étude ardue; beaucoup d'espèces sont encore inédites, et il est mal limité ; certains de ses genres même ne présentent guère l'amincissement des téguments qui leur a fait donner par Latreille le nom de Malacodermes. Plus d'un quart de siècle auparavant, C. Duméril les avait nommés Apaly très ou Mollipennes, noms qui ont absolument la même signification ; malgré cette incontestable priorité, nous avons dû conserver le nom de Latreille, parce qu'il est beaucoup plus connu des entomologistes.
Nous diviserons les Malacodermes en trois groupes : les Lampyrides, les Téléphorides et les Malachiides, chaque groupe tirant son nom du genre le plus caractéristique.
L — LAMPYRIDES.
Les Lampyrides se subdivisent en trois types distincts, groupés autour des genres Lycus, Lampyris , Drilus. [,e type moyen possède seul, chez beaucoup d'espèces, le phénomène de la phosphorescence. La tète des Lampyrides est enfoncée en entier ou en partie dans le corselet ; les antennes ont onze articles (du moins dans les genres d'Europe), de forme variable, très-souvent dentés ou mémo flabellés, et sont insérées généralement sur le front ou sur la base du rostre, presque toujours rapprochées ou subcontiguës. Le corselet est petit. L'abdomen offre en dessous sept segmenis libres, et parfois huit chez les femelles, et