BLAPSIDES
Corps aptère. Palpes maxillaires à dernier article fortement sécuriforrae.
576 COLÉOPTÈIŒS. — TÉNtBUlOMliNS.
O^llKA OU OxuRA, Kirby. — Antennes yrêlcs, de onze arlicles. Tète dégagée et saillante; très-grand écusson transversal. Élytres eu ovale allongé, déhiscentes, carénées latéralement, relevées à l'extrémité.
Le lype est l'O. setusu, Kirby, d'un brun rougeâtre, habilucllement enduit d'une couche de matière terreuse, en rapport avec sa vie lucifuge, à travers laquelle percent des poils courts et redressés, dont les insectes de ce genre sont re\(}tus. Du Cap (pi. xij,fig.l; la, son anteune). Deux espèces du Cap.
ACAi^THOMERl, Lalr., OU PsoROliES, Sol. — Corps tuberculeux en généraU Antennes très-longues et filiformes ; écusson très-transversal. Corselet transversal et arrondi sur les côtés. Pattes fortes ; cuisses antérieures munies d'une dent aigur, au moins chez les mâles.
Les insectes de ce genre, d'assez grande taille, constituent huit espèces propres au cap de Bonne-Espérance, ordinairement glabres, avec des rangées régulières de tubercules ou de stries. Il y a des poils redressés chez le /'. yratilla, Herbst (pi. xi.i, lig. 2). ,,
MISOl-AMPt'fs», Latr. — Antennes de onze articles, grossissant peu à peu vers l'extrémité. Corselet échancré en avant, subcylindrique et voûté ; pas d'écusson. Élytres courtes, cylindrico-ovalaires. Corps glabre.
Tous les insectes de ce genre sont d'un noir foncé, brillaul ou mal, finement ponctués. Ils appartiennent au sud de l'Espagne et du Portugal, à l'Algérie, au Maroc. — Ex. : M. gihbulua, Herbst, d'Espagne et de Portugal (pi. xli, fig. 3 ; 3«, antenne). Huit espèces.
1BI..%1*W, Tabr. — Tète dégagée; antennes de onze arlicles, les derniers globuleux. Corselet subcarré ; élytres atténuées et souvent mucronées à l'extrémité. Pattes longues, à cuisses canaliculées.
Les Blaps comprennent un grand nombre d'espèces répandues surtout dans l'Europe orientale, l'Asie, le bassin de la Méditerranée. Ce sont de grands Coléoptères, d'un noir généralement mat, à élytres souvent sillonnées. On les trouve dans les caves, dans tous les lieux humides et obscurs, dans les latrines du rez-de-chaussée, sous les pierres, sous les plantes mises en tas et pourrissant dans les jardins, sous les tonneaux, les solives, les planchers. Pendant le jour, ils demeurent cachés et ne sortent guère que la nuit. Leur marche est très-lente, et de là vient le nom du genre. Ils dégagent par l'anus un lluide qui paraît de couleur verte dans les glandes anales qui le sécrètent et laisse après les doigts qui saisissent l'insecte une odeur persistante désagréable. Les m.lles son! plus étroits que les femelles cl oui la pointe lerminalc
i:LAl>Sll)hS. — lU.APS. 577
des élytres plus aiguë, quand elle existe. En général lis ontsous le second segment abdominal une touffe de poils roux, analogue aux organes des mâles des Dermestes, et devant servir sans doute dans la copulation. Parfois il existe en même temps, sur la saillie intercoxale du premier segment de l'abdomen, un tubercule tronqué dont les mfiles se servent, dit-on, pour frapper sur divers corps afin d'appeler les femelles. C'est à tort que certains auteurs ont au contraire attribué ces caractères aux femelles.
Les larves des Blaps ressemblent beaucoup à celles des Ténébrions. M. E. Perris a étudié celles des B. faiidica, Sturm., et (jiyas, Fabr.-^ qu'il trouva, à une profondeur de 20 centimètres environ, dans la terre noinltre, formée d'iiumus mêlé de bois, qui constituait le sol d'un bûcher où il rencontrait les adultes; c'est donc dans la terre des caves, des celliers, des remises, des écuries, qu'on doit rechercher les larves de nos espèces communes. Elles sont de grande taille, lisses, luisantes, subcornées, de couleur Isabelle, cylindriques à l'abdomen, demi-cylindriques au thorax. Leurs mandibules sont larges, crochues, noires ; leiirs mâchoires fortes, cylindriques ; les palpes maxillaires ont trois articles, les labiaux deux et les antennes quatre. Les pattes, médiocrement longues, comprimées, robustes, fouisseuses, ont quatre articles ; deux poils se voient de chaque côté des anneaux. 11 y a neuf segments à l'abdomen, le dernier subconique, avec des rangées de petites épines en dessous de l'anus, qui s'ouvre au milieu d'un mamelon à peine extractile ; les stigmates sont comme à l'ordinaire.
Les nymphes se forment dans une grande cellule subarrondie en terre. lUles ^ont blanches et nues, avec de petites aspérités rou^sâtres £ur la légion dorsale, des crêtes ferrugineuses cornées et tranchantes sur le bord des aimeaux, une pubescence roussâtre ; deux appendices coniques, subcornés, de couleur ferrugineuse, avec la pointe noire, terminent le dernier segment. Ces aspérités servent aux évolutions de la nymphe couchée sur le dos dans sa large cellule; elle éclùl au bout d'un mois environ. Selon M. E. Perri;, les larves des 15laps doivent vivre de déjections animales, de croltin- de rats et de souris, etc. M. E. Desmarest les regarde comme nuisibles pour nous, en ce qu'elles concourent a la destruction des bois dans les caves et celliers. D'autres entomologistes regardent au contraire les Blaps adultes comme utiles, mangeant les limaces des caves, à l'instar des Sphodrus. Leurs pièces buccales peu développées ne doivent leur permettre que des proies assez molles et des détritus. On les conserve longtemps vi\ants en caplis lie, niihne à jeun ou percés par l'épingle, fait en rapport avec un régime carnassier.
On doit signaler parmi les i;lups le />'. imtrli.viju, Linn., de loule l'Europe et du Caucase (pi. xu, lig. /i), iiummé Scarabée puant par les anciens auteurs, Ténébrion à prvlumjeinent par Ceotl'roy. 11 est noir, de 'JO à liJ millimèlres, ovalaire-oblong, avec les élylres et le corselet
578 coLÊOPiÈRES. — Tli^É^.lUONlE^s.
à fins points sailLants, plats et même déprimés, et une pointe au bout des élytres. On dit qu'attiré par la chaleur, il se glisse parfois dan? les lits des paysans qui habitent des cabanes humides et malpropres. Son aspect répugnant, sa fétidité, lui ont valu les surnoms de Présafje-murt, Porte-malheur, Sorcière rie la mort. Il faut encore citer le B. similis, La.[v., ou fatidica, Sturm., d'Europe et d'Algérie ; le /?. gages, Linn., ou gigas, Fabr., à corselet bossu au milieu, à élytres très-lisses, atteignant près de U centimètres de longueur, du sud de la France et de la Russie, d'Espagne, d'Italie, d'Algérie ; le B. sulcata, Fabr., d'Algérie et d'Egypte, de Sardaigne, du Maroc, à élytres sillonnées de neuf stries sur chacune. Ce dernier insecte est en Egypte le sujet de préjugés populaires et entre dans la pharmacopée domestique; les femmes le mangent cuit au beurre, afin d'engraisser, ce qui est une question très-importante pour le beau sexe en Orient; on le préconise aussi pour guérir les douleurs d'oreilles, la morsure des Scorpions, etc. — Nous représentons, pi. xli, fig. 5, la bouche de cette espèce vue en dessous; 5a, son antenne. — A consulter : de Brème, Monographie de quelques genres de Coléoptères héléro mères de la tribu des Blapsides (Paris, Lachèze, 18Zi2).
GO:vOPt>>, Latr. — • Antennes courtes et robustes, de onze articles, r.orselel fortement cordiforme et rebordé. Élytres courtes, largement ovales et arrondies en arrière. Pattes robustes, corps glabre.
Ce genre, de l'Afrique australe. Cap et Mozambique, a pour type un insecte noir du Cap, le G. tibialis, Fabr. (pi. xu, fig. G), assez répanda dans les collections. Cinq espèces.
.4Il'OMAtiBl»lJS, G,-Mén. — Antennes courtes et robustes, de onze articles, les derniers déprimés. Corselet échancré circulairement en avant, très-arrondi sur les côtés, rétréci et rectangle en arrière. Élytres subparallèles, brusquement arrondies en arrière, carénées sur les bords. Pattes robustes, avec les jambes antérieures bidentées.
Les insectes de ce genre, propre comme le précédent à l'Afrique australe, Cap et Mozambique, sont de grands Coléoptères d'un noir terne, qu'on reçoit habituellement couverts d'un enduit terreux, indiquant des mœurs hypogées. — Ex. : A. dentipes, Fabr. (pi. xm, fig. 7 ; 7 n, bouche vue en dessous; 7 h, antenne). Habite le Cap. Cinq espèces.
M.%ClIli.*, Herbst. — Antennes de onze articles reçues au repos dans dos sillons du corselet ; menton recouvrant coaiplétcnicnt les mâchoires et la languette.
Les Machla sont des insectes assez rares, au nombre de sept espèces, du cap de nonne-Espérance, d'un noir terne, ayant ordinairement les téguments couverts de petits puilg écailleux, et en outre, dans quelques espèces, de longs poils redressés : ainsi dans M. villosa, Herbst (pi. xu, fig. 8. sor» corselet; 8 «, bouche en dessous).
lîLAI'SlDLS. — SC0I1.M5, ASIDA, IIUPATHINUS. r)79
SCOTWrs, Kirby. — Antennes courtes, de dix articles. Corselet très-échancré en avant et caréné sur les bords. Élytres ovales, carénées latéralement. Corps épais, tomenteux en dessous.
On rencontre ces insectes au Brésil, marchant lentement dans les lieux sablonneux ou cachés sous les feuilles ou troncs d'arbres renversés. — Ex. : .S. luherciddtus. Eschsch. (pi. xi.i, fig. 9; 9 o, bouche vue en dessous; 9 6, antenne).
ASID.%, Latr. — Palpes à dernier article fortement sécuriforme. Antennes libres au repos, de onze articles, les derniers élargis, surtout le dixième.
Les Asides constituent un genre nombreux en espèces, plus de cent vingt, d'une séparation difficile, habitant surtout l'Europe méridionale et le nord de l'Afrique, et quelques espèces des États-Unis et du Nouveau- Mexique. Ce sont des insectes d'une démarchelente, se plaisant principalement dans les lieux secs et arides, et se cachant le jour sous les pierres, sous les plantes, sous les feuilles mortes, au pied des arbres, etc. Les espèces sont tantôt glabres, tantôt finement pubescentes, de sculpture très variée ; les mâles ont les contours latéraux plus parallèles, sont peu convexes ou même déprimés, les femelles ovalaireset plus convexes, au point qu'on en a quelquefois fait des espèces distinctes. On trouve près de Paris VA. sabulosa, Goeze, ou grisea, Fabr., ou rugosa, Fourcroy, de France, d'Allemagne, d'Italie, Coléoplère grisâtre, long de 12 à IZi millimètres, avec quatre lignes élevées et sinueuses sur les élytres, souvent couvert de terre, (lions encore VA. lœvia, Sol., d'Espagne (pi. xli, fig. 10, tète en dessous; lOrt, anlcruie).
noi*%Titl\l>» ou OPATRiNUs, Latr. — Tète fortement échancrée en avant; antennes de onze articles, les derniers subglobulcux. Coriis ailé chez la plupart.
Ces insectes, au nombre déplus de vingt espèces, d'une taille moyenne, ont les élytres striées; les mâles oifrent les quatre premiers articles des tarses antérieurs dilatés. Ils habitent les parties chaudes de l'Amérique, de l'Afrique, Madagascar et Tonga-Tabou. — Ex. 0. .7Pm('//aius, Oliv., de la (iuyane (pi. xi,i, fig. 11, tarse antérieur du mâle; 11 a, anlenne ; 11 b, tète en dessous). Nous ferons remarquer que ce genre n'est plus placé aujourd'hui, comme par Latreille, près du genre Opatrum, mais près des genres Pedinus et Platyscelis ; il appartient réellement aux Blapsides par la majorité des caractères, bien que, par exception, il ne soit pas aptère.
580 COLÉOPTÈUES. — TÉNtnUlONIENS.
lIEI>l01*.%TE«!i, Muls. — Tarses antérieurs des mâles dilatés, avec brosses de poils en dessous, et jambes intermédiaires et postérieures ciliées de longs poils fauves.
Ce genre est assez nombreux en espèces, difficiles à distinguer, du midi de l'Europe, de Barbarie, de Turquie, de Perse, de Sibérie , de Chine. — Ex. : H. lusitanicus, Herbst, d'Espagne et Sardaigue (pi. xu, lig. 12, patte antérieure du mâle). Plus de quarante espèces.
Il faut citer H. gibbus, Fabr., de 8 à 10 millimètres, oblong, peu convexe, d'un noir assez brillant, à élytres striées et ponctuées, très-commun sur les plages sablonneuses de la Manche et de l'Océan.
PEDI>t'!<, Latr. — Tète semi-enfoncée, à yeux rentrés. Corselet transversal, échancré en arc à sa base. Corps oblong ou court, convexe et comme arqué en dessus.
Les Pédines sont des Coléoptères de taille moyenne, répandus principalement dans le midi de l'Europe, et dont quelques espèces remontent dans l'Europe centrale. l>es mrdes ont les tarses antérieurs dilatés, avec brosses de poils en dessous. — Ex. : P. helopiotdes, Ahrens, d'Allemagne, de Grèce, de Dalmatie (prxLi, fig. 13; 13 «; patte antérieure du mâle).
l*L.*l»s»TI.\lW, Latr. — Tète transversale, largement échancrée en avani. Tarses antérieurs dilatés chez les inâles. Corps quelquefois ailé sous les clylres.
Les espèces de ce genre sont des parties chaudes et tempérées de l'Amérique. Ce sont des insectes de taille médiocre, d'un noir quelquefois bronzé, avec des élytres ponctuées. — Ex. : B. punctatus, Fabr.j des Antilles (pi. xu, fig. l/i, tète; ikci, tarse antérieur du niftle; làb, tarse intermédiaire; iUc, tarse postérieur). Plus de vingt espèces.
PLATVSrEnS, Latr. — Tète très-(ransversale, un peu voiîtée ; antennes grêles, de onze articles^ les derniers subglobuleux. Tarses antérieurs et intermédiaires des mâles dilatés, avec brosses en dessous, sim|)les chez les femelles.
Les Platyscelis sonl propres à l'Europe orientale, à l'Asie .Mineure, à la Sibérie, tantôt presque aussi grands que quelques Blaps, lanlôl, au contraire, de taille très-moyenne ou même assez faible. Certains, ainsi P.gafjes, ont un faciès de Crypticus, Ténébrionieus du groupe suivant. — Ex. : /'. (jages, Fisch., de Sibérie et de la Russie méridionale (pi. xli, fig. 15; 15a, tète en dessus ; 15 6, antenne; 15 c, tarse intermédiaire du mâle; I5cf, tarse antérieur du même sexe). Douze espèces.
TÈNÉBRIOMDliS. — CRYPT'CUS, HOPAIHIM, CIIIUOSCELIS. J81
m. — TKM'BRIONinES.
Corps pourvu d'ailes sous les élytrcs. Dernier article des palpes sécuriformes.
CRT1»TICX'«, Latr. — Tête demi-circulaire en avant, à yeux débordant. Corps ailé ou aptère ; antennes grêles, de onze articles.
Les Cnjpticus sont des insectes de taille assez petite ou médiocre, noirs ou d'un ferrugineux brillant, glabres ou pubescents, parfois avec dès stries peu marquées. On les trouve courant le jour, d'une manière assez agile, dans les lieux sablonneux ou arides et exposés au soleil. Le type, un des plus petits et des plus allongés, est le C. qui.sqiiilius, Linn., de l'Europe méridionale et d'Algérie, d'un noir peu brillant, de 5 à 6 millim. — Nous représentons le C. giblntlus, (Juens., de la France méridionale et du bassin de la Méditerranée (pi. xlh, fîg. 1; la, tête en dessus;-! 6, antenne). Outre l'Europe méditerranéenne, les Canaries, Ceylan et l'Arkansas. Plus de vingt espèces.
HOPATRI'.VI ou Opatkum, Fabr. — Tête transversale, arrondie en avant et fortement cchancrée en triangle; antennes de onze articles, grossissant un peu à leur extrémité. Élytres parallèles, largement arrondies en arrière. Tarses simples dans les deux sexes.
Les Opaircs ont, selon les espèces, des ailes nulles, rudimentaire?, développées , des formes et une sculpture variées, tantôt glabres, tantôt revêtues de poils ou de cils coucbés, d'un fauve jaunâtre, tantôt courts et subconvexes, tantôt allongés et déprimés. Leurs espèces sont nombreuses dans les lieux sablonneux et arides de l'Europe méridionale, sous les pierres, au pied des plantes, ou vaguant çà et là pendant la plus forte chaleur du jour. Ce sont des insectes de taille moyenne ou petite, souvent couverts do poussière. Le type du genre, VO. sabidosum, Linn., de 8 millimètres, d'un brun noir mat, slrié et gratiuleux, est trèscommun aux environs de i'aris et dans toute la France ; on le trouve dans toute l'Europe, l'.Mgérie, le Caucase. C'est le Tênèbrion à slrits denielécs de Ceolfroy. — Nous représentons \0. clongatum, G.-Mén., du Bengale {[>]. xi.n, fig. 2; 2a, lête en dessus ; 2 b, antenne). Près de cent trente espèces de toutes les régions de l'ancien monde, •quelques-unes de Polynésie et de r.\ustralie.
C'llluo«i4'i':i.l««, I.am. — Lèvre inférieure large cl en croissmt ; auleniies tièsrobustes, à articles arrondis, le dernier en massue. Jambes antérieures trèsfortement triangulaires, à cinq digitations.
Le genre Chiroscelis est formé de tiès-grands Coléoptères noirs en bruns, il paraît pro[)re à la côle de Guinée et à l'Afrique australe. Nous
582 COLÈOPTtUES. — TÉNÉBRIONIENS.
figurons une célébrité entomologique, sujet ou espèce, encore unique dans les collections, nommée C. bifenestra, Lam. (1), et rapportée en 1803 par Pérou, du voyage aux Terres australes. On trouve sur le second segment abdominal des dépressions ovales que Lamarck prit pour des organes de phosphorescence, comme les taches orbiculaires du corselet des Pijrophorus. C'est certainement une erreur, car j'ai vu très-bien à la loupe, sur le sujet unique du Muséum, que la surface de ces taches n'est pas une fine membrane, mais est recouverte de poils formant un feutrage épais (2). Ces organes paraissent génériques, car on les trouve comme apanage des femelles dans les diverses espèces connues du genre (M. Westwood). Le C. bifenestra fut rapporté dans les collections envoyées à l'avance sur le vaisseau le Naiuralisle, qui revint un an avant Pérou. Il semble fort douteux que l'espèce soit d'Australie; elle a trèsprobablement été trouvée dans quelque relâche au Cap ou à la côte d'Afrique, peut-être donnée dans le séjour aux Canaries au début du voyage. Lacordaire et M. Guérin-Méneville pensent que l'insecte décrit par Lamarck n'est qu'une variété du Chiroscelis {Tenebriu) (lifj/tatus, de Fabricius, de la côte de Guinée. — Nous représentons ce bel insecte, pi. xui, fig. 5; 5a, tête vue en dessus: 5 h, palpe maxillaire trèsgrossi.
TO"XBCl.'M, Latr. — Corps cylindrique. Tête bicomue ou quadricornue chez les mâles, inerme chez les femelles; antennes grêles, avec les quatre derniers articles brusquement élargis.
Ces insectes, de taille moyenne, d'un noir profond et velouté, sont propres aux Indes orientales et à l'Afrique. —Ex. : T. curviccrne, Chevr., du Sénégal (pi. xLir, fig. 6; 6a, tête du mâle vue en dessus; 6 b, lèvre inférieure ; 6 c, antenne de face et de champ, afin de montrer dans cette seconde position l'aplatissement des articles terminaux élargis).
BIUS, Muls. — Mandibules bifides ; antennes de onze articles, les cinq derniers déprimés et élargis progressivement. Corselet subcarré.
Le type est un insecte de taille médiocre, finement ponctué en dessus, à corps ailé, allongé, parallèle, déprimé, le B. thoraciciis, Fabr. (pi. xur, fig. 7; 7a, tête vue en dessous; 7 6, antenne). Il habite le nord de l'Europe et les montagnes de ce continent, et se trouve sous les écorces des arbres. Une seconde espèce est de C^ilifornie.
(1) Ann. du Muséum, t. III, p. 200.
(2) Maurice Girard, Pérou, naturaliste voyageur aux Terres australes. Paris, .1. R. Baillière et fils, 1857, p. 170.
7É.M.RniOMDr.S. — CALCAR, NYCrOP.XTl.S, TF.NERRIO. 383
*«ITOPII.%Gl'*3, Muls. — Genre très-voisin.
le fype est le .S'. SuUeri, Muls., trouvé à Marseille et Irès-probablement importé, causant des dégâts dans les grains. Il y a quatre autres espèces, de Madère et d'Amérique.
t\%l,f'%K, Latr. — Menton plan, faiblement échancrc ; dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme ; antennes de onze articles, les derniers submonilifornies. Corps très-allongé, linéaire, déprimé, ailé.
Ce genre est formé d'insectes épigés, d'assez petite taille, d'un brun noirûtre, (rès-finement pointillés, et de la l'aune méditerranéenne. L'espèce la plus connue est le C. elonf/atum, Herbst (pi. xlii, tig. 8; 8 a, chaperon et labre en dessus ; 8 6, bouche en dessoHS;8c, antenne). Cet insecte est répandu au sud de la France et de l'Espagne, au Maroc, en Algérie et à Madère, en Russie méridionale et en Sibérie. Six espèces.
E'Pi**j Fabr, — Corps ailé, allongé; antennes de onze articles, les cinq derniers élargis. Corselet plus long que large.
Le type du genre est un insecte de l'Amérique boréale, de la Suède, de la Laponie, 1'^'. cerambuïdes, Linn. (pi. xui, iig. 9; 9 «, tête en dessus; 9 h, antenne; 9 c, lèvre inférieure; 9f/, id., vue de profil). Cette espèce, d'un noir brillant, d'assez grande taille, vit, dit-on, dans les Bolets des troncs d'arbres et particulièrement des Bouleaux. Elle est remarquable par ses élytres couvertes de fortes rugosités confluentes ; les mâles ont les jambes antérieures arquées et bisinuées intérieurement.
XlC'TOKATES, C.-Mén. — Caractères très-voisins de ceux du genre Upis.
Les Nyctobates, an nombre de près de trente espèces, sont des régions chaudes des deux continents, de taille au moins moyenne, parfois trèsgrande (A', y/g'as, Liim., înaximus, Germ., de l'Amérique du Sud). La plupart des espèces sont d'un noir profond, quelques-unes ont des couleurs métalliques; les téguments sont sillonnés ou striés, et en général revêtus d'un(! eftlorescence fugace et veloutée. Elles vivent sous les écorces. Lacordaire a reconnu que les grandes espèces d'Amérique lancent par l'anus, quand on les saisit, à plus de 30 centimètres de distance, une liqueur caustique, d'odeur aus^si pénétrante que celle qui est lancée par les Carabiis, et où Peloiize a reconnu l'acide butyrique.
'J'EXI^ISllK», l.inn. — Tète .-inbiiioniboïdale ; menton convexe, trapèzifornie ; antennes de onze articles, les derniers mnniliformes et grossissant peu à peu. Corps allongé, parallèle, peu convexe.
Les Ténébrions sont des insectes de taille moyenne, de couleur obscure, noire ou brune, et rendue terne par une foule de petits points
58à COLÉOPTÈUES. — TÉNÉBRIONILNS.
en creux ;■ les tarses sont ciliés en dessous ; les jambes do devant sont arquées chez les mfiles. Ces Coléoptères recherchent les lieu\ obscurs, ne sortent et ne volent guère que la nuit. Les espèces du genre réduit sont peu nombreuses et propres à 1 Europe, à l'Afrique, à l'Amérique boréale. On trouve les unes dans les parties cariées du tronc des arbres, les autres dans les boulangeries, chez les meuniers, dans les écuries, etc. L'ne espèce fort nuisible, d'Europe, d'Algérie, du Caucase, est le T. mo- //for, Linn.(pl. xui, fig. 10, bouche vue en dessous; 10a, antenne). 11 est long de 15 millimètre?, d'un brun noirâtre, avec les élytres souvent d'un brun rougeâtre, fortement striées de neuf ou dix stries; son nom de Ténébrion est fort ancien çl se trouve dans l'ouvrage de Varron De re ruatica.On en rencontre souventdes débris dans le pain. Salarve, longue, cylindroïde, d'un fauve clair luisant, avec le dernier anneau du corps muni de deux petites pointes crochues, est connue sous le nom de Ver Je farine, Ver des meuniers. FA\e est recherchée comme appât pour certaines pêches, et s'emploie par les amateurs d'oiseaux inseclivores pour nourrir les habitants de leurs volières. Klle sert surtout à élever les jeunes Rossignols et à prendre les adultes vivants dans les pièges. Elle vit de farine, et cause souvent de grands dommages aux farines conservées, et aussi aux provisions de biscuit de mer sur les navires, concurremment avec les Blattiens. Les caractères anatomiques de celte larve ressemblent beaucoup à celle des larves deBlaps : les mandibules sont fortes, mais non saillantes et terminées par une exirémitô bifurquée. Les segments thoraciques sont recouverts d'écussons cornés; les segments abdominaux, égaux en largeur, ce qui donne cà ces larves la forme cylindroïde, sont partagés en deux par des écussons parcheminés, les dorsaux très-développés, les ventraux moins larges. Une seconde espèce, plus grande, de 15 à 18 millimètres, aussi Irès-répandue, d'Europe, d'Algérie, du Caucase, le T. ubscurus, Fabr., à. stries des élytres bien moins marquées, a sa larve vi-vant surtout de débris d'origine animale. Nous représentons (pi. xlh, fig. 12) sa lèvre inférieure. 11 faut remarquer que le T. niolitur a un régime analogue en réalité, car la farine contient du gluten, substance très-azotée On comprend que cette espèce soit devenue cosmopolite par le fait des transports résultant de son régime.
HETKUOT.4K)«»l>», Latr. — Quatre articles aux quatre tarses antérieurs, trois aux ijostérieiirs. Anleiiues tle onze articles, les derniers transversalement élargis, (lorselet transversal, arrondi sur les côtés; grand éciisson.
On n'a d'abord décrit {kon. de Guér.-Mén., texte p. 121) qu'une espèce du Sénégal, VH. tem'brioïdes , C.-M. (pi. xlu, fig. 11; M«, lèto; Il b, antenne; 11 c, tarse antérieur ; 11 (/, tarse postérieur).
11 existe dans les collcclions d'autres espèces encore nominales du môme pays et des Indes orientales. On en a décrit une seconde de Java.
Tf:^ÉRR10MD!■S. — .ilAPKI'.IS, HVPOPHT.OEt'S, TR \r;nYSCr.r.IS. ."tS.')
DIl!»E3îIS, TieulTr. — Corps globoso-ovalaire. Tèle atténuée en avant ; antennes de onze articles, les huit derniers élargis et transversaux.
Ce genre comprend des Coléoplùres ailé?, un iioinbre de quatre espèces, d'iMirope et d'Amérique, à téguments l.rillants, camme vernissés, à couletjrs variées, ornés en général de bandes i'auves transverses sur les élytres. On les trouve sous les écorces et dans diverses espèces de Bolets que leurs larves creusent de galeries irrégulières. De ces larves, les unes vivent dans l'intérieur de Bolets croissant à l'air libre, et s:)nt aveugles : ainsi la larve blanchâlre et charnue du D. linhii, Liua., espèce de toute l'Europe moyenne et méridionale, du Caucase, d'Algérie, subit sa nymphose dans un ^phéro'ide qu'eUe a détaché du Bolet nourricier. Les autres, appartenant à des genres très-voisins du genre Didperis actuel, rongent les Bolets qui croissent sous les écorces, ont trois ou quatre ocelles de chaque côté de la tète, et se métamorphosent simplement sous les écorces. Toutes ces larves sont conformées sur le type général des Ténébrioniens, et on! de spécial la faculté de se renfermer dans une coque soyeuse. — Nous figurons le D. bipustalata, Ca.s\. et Brull., d'Espagne et d'Algérie (pi. xi.in, !ig. I ; l a, antenne; J b, palpe maxillaire), i.e /.). Hu'cti, long de G à 7 millimètres, très-convexe, est d'un noir brillani, avec trois grandes taches jaunes sur chaque élytre.
IlYlM>l*lll.«l':i>>, P'abr. — Antennes de onze arliclesj fusiforme^. Corps étroit,
parallèle.
Ces insectes, répandus dans les deux continents, vivent sous les écorces des arbres morts ou malades, il résulte de cet habitat qu'on a regardé leurs larves comme xylophages ; mais .^1. E. Pjrris a reconnu qu'elles font au contraire la guerre aux larves lignivores. Ces mœurs cirnaïsières, celle alimentation de proie vivante, sont très-remirquables dans la tribu actuelle. On rencontre en Suède, en l''rance, en Allemrj;ne \'H. ciinctarius, Herhst, ou castanciis, Fabr. , brun mirron, de G millimètres (pi. XI. ni, fig. 2). Plus de vingt espèces, d'ilurope, des Canaries, d'Algérie, de Ceyian.
Tllfe€'IIVf*<i:i.l"», Latr. — TiHe très-courte; antennes de onze articles, les cinq ileinicrs formant briisqueinenl une massue ovdlairiï dqiriniée et pcrfoliés. Corps brièveincut ovalaire.
I.e type de ce genre est un Irès-pelil insecio noir, de k millimètre?, à élytres striées, d'un fauv-e [làle en dessous, avec les côtés du corps et les pattes garnis d'assez longs p')ils. On le trouve sur les lilloraux d'Espagne, d'Italie, de Grèce et du nord der.\frique : c'est le T. aphodiuuhs, l.alr. (pi. XI. m, fig. 3 ; 3a), commun siu- nos cùles de la Méditerranée et de l'Océan, jusqu'en Bretagne.
Il evisle une seconde espèce, de l'Ami-rique sepicnirionale.
586 COI.ÉUPTLIîES. — TÉNÉBRIOiMKNS,
|fiOE,ITOI*D.%€il'!!i, Ulig. — Tête courte ; antennes de onze ou douze articles, les derniers transversaux, en massue, et reçus en partie au repos dans un sillon transversal. Élytres embrassant médiocrement le corps. Corps âpre ou tuberculeux.
Ce genre faisait partie des Taxicornes de Latreille. Ses dix-sept espèces se rencontrent en Europe, dans FAmérique du Nord, au Chili, aux Indes orientales, à Madagascar, à Tonga-Tabou, aux îles Wallis, à la Nouvelle-Zélande. Il y a des espèces, surtout exotiques, à corps hérissé en dessus, sur le corselet et les élytres, de tubercules, de callosités, de côtes interrompues, qui le rendent très-inégal, sans parler de poils abondants. La tête ou le corselet, chez beaucoup de mâles, ont des cornes qui manquent chez les femelles ou sont vestigiaires. Sous tous les états ils vivent exclusivement dans les Bolets des arbres, et, de même que les Diapcris, les Helops, etc., tous genres des Bolets et du dessous des écorces, exhalent une odeur ammoniacale. La larve la mieux connue est celle d'un genre extrâmement voisin, de VEledona, Latr. , agaricûla, Herbst, et non agricole!, comme l'écrivent par erreur divers auteurs. Elle est graduellement atténuée en arrière, à prothorax seul corné, à segment anal petit, sans saillies ni pseudopode en dessous. D'après L. Dufour, elle détache du Bolet dans lequel elle a creusé ses galeries une masse ovoïde dans laquelle elle s'enferme pour la nymphose, après l'avoir percée de part en part d'un canal dont elle bouche ensuite exactement les deux extrémités. Il en est de même pour les larves de Diapères, qui, en outre, s'enveloppent d'une coque soyeuse, ce que ne paraît pas faire celle de l'Elédone. — Nous citerons le Bulitupliagiis rcticiilatus, Linn., ou crenatus, Fabr., de 6 à 7 millimètres, noir ou brun foncé, de France, d'Allemagne et de Suède, et nous figurons le B. bifurcus, Fabr., ou cornutus, Panzer, de l'Amérique du Nord (pi. xlui, tig. 6 ; 6cf, profil ; 6 6, antenne ;£ c, tarse postérieur).
t l.OM t, Cast. — Corps large, plan, glabre. Tête souvent cornue chez les mâles ; antennes dilatées à partir du sixième article.
Ces insectes, noirs, ou d'un ferrugineux brillant, à élytres sillonnées de stries ponctuées, vivent dans les troncs cariés et sous les écorces. Les quarante espèces sont d'Europe, du Gabon, du Sénégal, de Ccylan, de Java, de Madagascar, des États-Unis, de Californie, de la Guyane, du Brésil, d'Australie, de Polynésie, de la Nouv.elle-Zélande.
il faut citer les U. culinaris, Linn., de Suède, de France, d'Allemagne, d'Italie, de Grèce, d'un roux très-brillant, de 10 millimètres, assez rare ; et U. Pcrruuili, Muls., de France méridionale et de Corse, qui alTe':tionne les souches de Pins.
Tf:M':i!n(0Mnr5 - irir/unM, i'fi.vmt.ia, rossvpiius, JS?
TRilioi.ir.n. Mac I.eay, et <i;:VATHO('KRl'«i, Tiuinb.
Nous cUoiis seulement ces genres à cause de deu\ petites espèces, de couleur lerrugineuse, à élytros finement striées: le G. curnutiis, Fabr., et le T. fcrniiiiiwiim, Fabr., qui sont devenues à peu près cosmopolites parleur régime, et constituent des Ténébrioniens nuisibles. La première se rencontre dans les magasins de céréales, et de même la seconde, qui n'a que 2 millimètres de long, qu'on trou\e aussi dans la farine, le son, le riz, etc., et qu'on a vue même attaquer les collections entomologiques, et sortir du corps d'insectes dessécliés. Il y a encore quelques autres espèces, d'Furope, d'Amérique méridionale, de l'île de France, de l'île Art.
PIlAliKRIA, Latr. — Corps ovalairc ou globofo-ovalaire. Antennes ae onze articles un peu dilatés et épaissis à l'extrémité.
Ce sont des insectes d'un jaune teslacé ou paie, assez souvent tacbés de noir sur leurs élylres, qui sont finement striées, et vivant près des bords de la mer, dont ils s'écartent rarement. On les trouve enfouis dans le sable au pied des planles, et aussi sous les matières organiques en décomposition. Le /'. Iwinisphœrica, Ki'ist., du midi de la France, d'Espagne et d'Algérie, de à millimètres, lisse, d'un jaune pâle, est très-commun dans les dunes de la Provence, et le /*. cadaverina, Fabr., de G à 7 millimètres, d'un fauve jaunâtre, des mêmes pays et de la iiuesie méridionale, est très-abondant sur les côtes de la Méditerranée et de l'Océan, où on le trouve par troupes sous les Fucus rejetés par les flots.
Il y a en tout trente espèces de Phalerin. Les autres sont de FLurope australe, du Brésil, du Cbili, de Californie, des îles Gallapagos, des États-Unis, de Madagascar, de Ceylan, de Cbine, du Kamtchatka.
l'0«*!»»VPlll •», Oliv. — Tête entièrement cachée sous le corselet, qui présente une excavation pour la recevoir; antennes de onze articles en massue. .Fambes linéaires. Corps déprimé, largement foliacé tout autour et pelliforme. f.lvlres à pourtour largement foliacé et relevé ; ailes existantes ou nulles.
Ce genre bizarre, qui comprend vingt espèces, reste isolé dans la tribu des Ténébrioniens, et l'on ne sait trop à quel groupe le rapporter. I,es Cossyplics sont de petite taille ou médiocre, de couleur de feuille morte, plus foncée sur les parties non foliacées du corslet et des élytres. En Europe, ces insectes ne se trouvent que dans les régions les plus méridionales. Us vivent, parfois réunis en sociétés, sous les pierres, dans les crevasses du sol, ou même à l'intérieur des mottes de terre. Ils sont lents dans leurs mouvements, et ceux dont les ailes sont développées en font rarement usage. Les mâles ont le dernier article des tarses inlérieuremenl dilaté en une forte dent comprimée. — Ex. : C. inoniliferus.
588 COi ÉOPTÈRE'^. — TÉNÉBRIOMENS.
Chevr., du Sénégal, de Barbarie (pi. xi.iii, fig. 7; la, corps grossi ei \u en dessous ; 1 h, tète vue en dessous; le, base d'une des élytres ; 7 d, larse antérieur). Les autres Cossypbes sont d'Europe australe, de Barbarie, de Mozambique, de l'Afrique australe, des Indes, du sud de l'Australie, de Java. On consultera un bon travail de de Brome, Essai monogr. et iconogr. de lu tribu des Cossyphides (Paris, Lachèze, 18Zi2, I8/16).
AII.IO, Latr. — Corps hémisphérique; antennes de onze articles. Corselet engagé dans une échancrure des élytres, largement foliacé sur les côtés. Pattes courtes.
Ces insectes, de taille médiocre, sont en général d'un fauve rougeAtre ou jaunillre, avec des élytres noiràlres et revêtus d'une pubesceucc laineuse. Ils sont abondamment répandus, au nombre d'une viuglaine d'espèces, du Mexique jusqu'au sud du Brésil. Ils ressemblent à des Coccinelles et à certains Erotyles. « On les trouve, dit Lacordaire, immobiles ou marcliant lentement sur les Bolets ou les troncs des arbres; quand on les touche , ils simulent la mort, mais sans se laisser tomber. Ils exhaleut à un haut degré l'odeur propre aux Hétéroméres bolétophages. » La place exacte de ce genre est fort incertaine. Il est le type d'une petile famille, les Nilionides. Nous représentons le N. lanatus, Germ., du Brésil (pi. xuii, fig. 8). — Voyez Thomson, Monographie des Nilionides {Musée scientifique, Paris, 1860).
Kl»lTiiA«il'<^, Lalr. — Corps ailé ; antennes de onze articles. Corselet rétréci en avant. Élytres plus ou moins arquées en dessus, ohlongues ou oblongoovales ; écusson assez grand.
Ce genre, également de position trés-ambiguë, se compose de vingt espèces euviron, des deux Amériques, surtout chaudes, et dont plusieurs n'ont encore que des noms de collection et sont inédites. Les Epitragus, de taille médiocre, légèrement chagrinés ou ponctués en dessus et finement pubesceuts, sont de couleur uniforme, variant du ferrugineux et du brun au bronze brillant. Ils vivent sur les feuilles et ont les larses munis en dessous de poils ou de brosses laineuses.— Ex. : E. lineatus, Chevr., du Brésil (pi. xi.ni, flg. 9).
C'VitTOM>.n.\, Perty. — Antennes de onze articles, grossissant peu à peu, élargies et déprimées à partir du sixième ou septième article. Élytres plus larges que le corselet, courtes, très-convexes.
Ce genre, formé de beaux insectes en général de couleurs variées e( souvent métalliques, se trouve répandu dans les Antilles, à la Plala, au Brésil, en Colombie, dans la Guyane. — Ex. : C. Lherntinieri, Chevr., d'un noir brillant, de la Guadeloupe (pi. xi.ni, fig. 10 ;' 10 a, bouche en dessous; 10/>, antenne avec les derniers articles Irès-aplatis). Cinq espèces.
TÈNÉr.KKMlDLS. — SI'HLMSCLS, AMAKVGMLS, LLRVPLS. 589
SPHl<:.%l^C'I.N, Kiiby. — Aritenncs de onze articles, les derniers triangulaires et dentelés. Corselet rétréci antérieurement et ayant tous les angles aigus. Élytres convexes et élargies dans leur moitié antérieure.
Ces insectes ressemblent aux Eroftjhts, même pour la coloration. Ils sont noirs, avec les élylr. s d'un blanc jaunâtre, maculées de taches noires ou bleues irrégulières. Us sont répandus, au nombre de près de trente espèces, du Mexique au Brésil méridional. — Ex. : ^'. pictits, Clie\r., de la Guyane et du Brésil (pi. xi.ni, fig. 11).
.lltl.%RV<;Hl>), Daim. — .Antennes grossissant graduellement vers l'extrémilé, de onze articles, le dernier allongé et arrondi. Corselet beaucoup plus large que long. Eiytres ovalaires.
Ce genre est formé de beaux Coléoptères à élytres finement striées ou ponctués en rangées régulières, ornés d'éclatantes couleurs métalliques, ou bien noirs, bronzés ou d'un violet sombre. Ils sont propres, au nombre de plus de cinquante espèces, aux Indes orientales et à leurs archipels .Sondaïques,à la Chine, au Cap, à la Mélanésie, à la Polynésie, à l'Australie. — l'^x. : A. a(i)rinus, Kschsch., des Indes (pi. xi.iv, fig. l; 1 a, anteiuie ; 1 0, bouche en dessous).
Sl»ll.ï:nOTl>», Kirby. — Antennes de onze articles graduellement élargis et déprimés à l'extrémité. Élytres arrondies, le plus souvent sculptées, parfois lisses.
Ces Coléoptères, des parties chaudes des deux Amériq::cs, ont les mœurs des Hclops d'Europe. Le S. curvipes, Kirby, du Brésil (pi. xi.iv, fig. 2), a la forme courte, le corselet très-convexe, les élytres ventrues et couvertes de fossettes en rangées. Il est d'un bronzé brillant, ce qui est la couleur de la moitié des espèces du genre, les autres étant noires, brillantes ou mates. Huit espèces.
IMKt"ll,K*iTHl>j, E. r.lancli. — Antennes assez longues, à massue déprimée. Corselet transversal, subcarré. Élytres un peu plus larges iinc le corselet, i'atles longues et grêles.
Ce genre, comme le précédent, comprend des insectes de l'Amérique tropicale, vivant sur les feuilles. — Ex. : /'. suturalis, Gerra., du Brésil (pi. xi.iv, lig. o). Dix espèces.
i;invi»lN, Kirby. — Antennes de onze articles, f|ujirc à dix en scie; dernier article des jialpcs maxillaires et labiaux très-grand et trés-aplati, en triangle renversé subéquilatéral. Tarses liéléiomcres, avec pénultième et antépénultième
590 COLÉOPTt;..l:;S. — Xi-LNÉIialOAlEXS,
article de tous très-élargis (large pied), et le péaultième échaiicré et cilié à son extrémité, le dernier article à deux ongles.
Ce genre esl de place peu certaine. Kirby et Spinola le naeltent dans lesClérites (Spinola, Monogr. f/es C/eV/fes, suppl., II, 176); MM. Gemminger et de llarold, d'aprè's Klug, dans les Ténébrioniens, car ses pièces buccales et ses tarses conviennent peu aux Clérieus. Il comprend quatre espèces, toutes du Brésil, dont le type est l'^. rM6c/)s, Kirby (pi. xxxvî, fig. 12, labre; 12 a, palpe maxillaire; 12 6, palpe labial; 12 c, tarse antérieur). Long de 9 millimètres environ, ce Coléoptère a les antennes noires à base rougeàire, et le reste des organes d'un lestacé rougeâtre, avec des bandes noires sur les élylres.
HELOB»*», Fabr. — Tète trapézoïdale, tantôt enfoncée, tantôt dégagée; antennes de onze articles grêles. Corps oblong, un peu convexe, ailé ou plus souvent aptère.
Les Helops sont des insectes de taille moyenne ou petite, se cachant le jour sous les écorces, dans les troncs d'arbres abattus, au pied des plantes. Leur couleur uniforme est noire, ferrugineuse, teslacée, bronzée, bleue, verdâtro, violette. Leurs larves, xylophages, vivent dans les vieilles souches décomposées de diverses espèces d'arbres. On dit que les rossignols et les fauvettes les recherchent. Elles sont du type habituel des larves de Ténébrioniens, jaunâtres, cylindriques, et ont le dernier segment très-court et armé de deux crochets cornés fortement recourbés en haut. Ce genre est Irès-nombreux en espèces, deux cents, la majeure partie de la région médilcrranéenne de l'Europe et de toutes ses îles, de Syrie, de Perse; d'autres du Cabon, d'Amérique septentrionale, des îles Vancouver, de Polynésie, d'Australie. Nous citerons les H. striatus, Fourcr., ou carabonles, Panzer, des environs de Paris, commun en Allemagne et en France sous les écorces et les mousses, où il passe l'hiver, fréquent près de Paris dans les bois de Clamart et de Meudon, d'un brun bronzé rougeâtre, de 8 à 10 millim., finemeni strié sur les élytres; //. laiiipcfi, Lum., de toute l'Europe tempérée, allongé, convexe, de 10 à 12 millim. (pi. xi.iv, lig. Zi, bouche vue en dessous; ha, antenne; 4 6, mâchoire et palpe). C'est le Téitébrion bronzé n° 5 de Geoffroy, commun sous les pierres au printemps; il n'est agile que le soir et vit sous les écorces des Hêtres. Il est noir en dessous et d'un bronzé brunâtre en dessus, avec les élylres un peu prolongées en pointe et les pattes velues. Sa larve, qu'on trouve sous les mousses et les écorces aux environs de Paris, a été étudiée par M. E. Blanchard. Ajoutons les //. qiiis(iuiliiis, Fabr., de l'Europe méridionale; H. cœruliuis, Linn., ou violacnts, Samouelle, allongé, convexe, de 13 à 18 millim., d'un bleu un peu cuivreux, à élylres striées, de l'Angleterre et surtout dans les ^ieux Châtaignier?, de Tlùirope méridionale, que C. Duméril dit avoir pris dans la forêt de Fontainebleau. Les mâles des Helops diffèrent des
TÉNÉBRIONIDI.S. -- MlHoDIS, HOI'LOl'TI HA, CISTELA. ^)9\
femelles par uno forme plus svclte, des antennes et un corselet plus longs, et surtout par leurs tarses antérieurs et intermédiaires plus ou moins dilatés.
XEPUODE*», f. Blaach. - Corps allongé, peu convexe, ailé.
L'espèce type du genre, \cN. met(dljsccns,\iiiil., ou /-//////c/-, Rosenh., d'un brun obscur, avec pubescence blanche, se trouve en [Espagne, en Corse, en Sardaigne et en Algérie, dans la province d'Oran. Daprés M. Rosenhauer, on le rencontre en plein soleil, volant sur les fleurs, surtout celles des .Malvacées, mœurs remarquables et exceptionnelles dans la tribu des Ténébrionieus. Une seconde espèce de Lambessa (Algérie).
Ii.l<;.V%. Lalr. — Antennes de onze articles, non perfoliées. Pas d'ailes. Corps allongé oblong; corselet plus étroit que les élytres. Tarses antérieurs trèslégèrement élargis chez les mâles.
Bien qu'aptère, ce genre se rapproche plus des Hcîops par l'ensemble de ses affinités que du groupe des Rlapsides. Il est formé d'insectes de taille moyenne ou petite, revêtus d'une Irès-fme pubescence, déprimés et fortement striés et ponctués sur les élytres. Ils sont rares. Le type est le L. cicnncnfiis, Sturm., ou Piinclia , Duftschm. (pi. xliv, flg. 5), qui se trouve en Autriche et en Illyric, et qui, d'après M. Rosenhauer, vit dans les bois de Hêtres, sous les feuilles. Six espèces, d'Allemagne, d'Angleterre, du Caucase, de Ceylan.
HOProPTRR %, Chevr. — Antennes longues, de onze articles anguleux. Élytres plus larges que le corselet, obtuses aux épaules, très-allongées et terminées cliacune par une épine. Pattes longues et peu robustes.
(]e genre américain renferme une quinzaine d'espèces de la Cuyane et surtout du Brésil. Le lyp.^, H. serraticornis, Chevr., est un grand et long insecte du Brésil (pi. xliv, fig. 7), d'un noir brunâtre, avec points serrés sur le corselet et élytres à reflets métalliques verts, avec dix stries ponctuées et cuisses d'un fauve ruugeâtre à la base.
CISTKLt, Fabr., et €TE:.VI<»1>1'*ï>, Solier. — Tète rhomboïdale, à yeux transversaux; antennes de onze articles, filiformes. Corselet transversal, aussi large à la base que les élytres ; celles-ci oblongo-ovales, souvent arquées eu ilessus. Tarses hétéromères à crochets dentelés.
Les Cistèles de Fabricius ont formé pour Lacordaire et d'autres auteurs une petite famille, les Cistélides. Le genre Cistela comprend environ soixante-dix espèces d'hkirope, des Etats-Unis, du Gabon, de Madagascar, d'Australie; et, dans le genre détaché Ccr'mo/jus, sont une dizaine d'espèces d'Europe, surtout orientale et méridionale, du Caucase, de Sibérie et de la Floride (États-Unis du Sud). Les Cistèles sont
592 coLÈoiTËKES. — TÉ^ÉI]Rlo^ll:^s.
de taille au plus moyenne, el lenrs couleurs sont variées, mais sans dessins. Elles sont diurnes, très-agiles, et se trouvent sur les tleurs et sur le feuillage ou dans le voisinage, fait exceptionnel dans la tribu, déjà ofiert par les Nephodes. Les larves sont très-grêles, cylindroïdes, avec un seul stemmate, ayant le dernier segment abdominal conique, e.vca\c en dessous et muni à la base de l'excavation d'une saillie lamelliforme dirigée en arrière, recouvrant plus ou moins l'anus et terminée par deux appendices grêles, de forme variable selon les espèces. Elles vivent dans le vieux boiS; les arbres cariés de diverses essences, et dirigent leurs galeries en tous sens. On indique celle du C. atra, Fabr., ou nigra, de Geer, du genre Enjx, Steph., comme se renfermant pour la nympbose dans une cuque de débris ligneux agglutinés par sa salive, tandis que les autres se font seulement une loge par refoulement des détritus à l'extrémité de la galerie. Les nymphes ont sur les côtés de rabdomen ces appendices singuliers dont nous avons parlé en général pour la nymphes des Ténébrionien^. Il faut citer le C. cera)nboûles, Linn., de France et d'Italie, noir, de dO millimètres, à antennes dentées en scie, avec les élytres fauves, ayant huit séries de points enfoncés : c'est la Munlelli- à étuis jaunes de Geoffroy, qu'on trouve dans les bois, sur les arbres et les fleurs. Une espèce très-voisine est figurée, le C.serrata, Chevr., de Hongrie, à tète noire, avec corselet, écusson, élytres el bords de l'abdomen d'un jaune d'ocre(pl. xlîv, fig. 9 ; 9 a, tête vue en dessus; 9 6, extrémité d'un tarse). On trouve fort communément en France, surtout sur les fleurs de Tilleul, le C. flava, Scop., ou sulfurea, Linn., ou lutea, Fourcroy, du genre actuel Cteniopus, Sol., existant aussi dans la Russie méridionale, l'Algérie, le Caucase. Ce Coléoptère, entièrement d'un jaune-soufre pâle, à élytres striées, jde 7à 9 millimètres de longueur, est le Ténébr ion jaune de Geoffroy. Enfin le C. inurina, Linn., de toute l'Europe, du genre actuel homira, Muls., est noir, avec les pattes et les élytres striées jaunes. Geoff'roy nommait cette espèce parisienne la Murdclle à étuis jauiics soufrés. L'espèce ofl're de nombreuses variétés.
Les mîdes des Cistela ont le corps plus étroit que les femelles, les antennes plus longues et plus dentées, les tarses antérieurs plus allongés, les yeux très-gros et très-saillanis, et atscz voisins sur le front.
Les genres qui suivent constituent pour les auteurs systématiques une petite famille, les Pythides, formée de Coléoptères hétéromères à tarses iilifornies et à crochets simples, à lê;e tans rétrécissement ni col, souvent allongée en museau et même en rostre, rappelant lesCurculioniens. Les antennes sonf de onze articles, soit presque luoniliforraes, soit grossissant peu à peu vers l'extrémité, suit formant une massue distincte. Le corps est le plus souvent convexe, glabre, métaliiqucj les elylres embrassant laiblement l'abdomen.
PYTHO, RIIINOSIMLS. 593
Pl'TUOj Lalr. — Antennes filiformes, de onze articles, les derniers transversaux et déprimés. Éljtres plus larges à la base que le corselet. Corps allongi', Irèsaplati.
Ce genre est fondé sur un insecte qui varie beaucoup dans sa coloralion, tantôt noir, avec les élytres d'un noir bleuâtre et les pattes et antennes fauves , tantôt tout entier d'un fauve jaunâtre. Cesile P.depressus, Linn. (pi. xliv, fig. 8; 8a, antenne), de Finlande, de Suède, du nord delà France et de l'Allemagne, surtout dans les parties montagneuses et froides. On le trouve adulte fous les écorces des Sapins ou à leur extérieur, sur les troncs d'arbres abattus, les tas de fagots, etc. La larve est allongée, à contours parallèles, très-déprimée (ce genre, on le voit, ne se rattache que dune manière Irès-indécise aux Ténébrioniens), avec les segments arrondis sur les côtés, d'un jaune sale, avec quelques poils redressés et isolés. Elle a cinq stemmates de chaque côté, des antennes de trois articles;, des palpes maxillaires de trois articles et labiaux de deux; tous les segments sont couverts d'écussons cornés plus larges en dessus qu'en dessous, et le dernier segment de l'abdomen est armé supérieurement de deux fortes saillies et en dessous de dentelures, il y a une autre espèce de Finlande et quatre de l'Amérique boréale.
Quelques genres ont la tûte saillante, formant en avant un museau parfois court, souvent prolongé en rostre déprimé, le corps plus ou moins convexe, jamais déprimé. Ces insectes vivent dans les bois, et se prennent souvent en battant les vieux fagots. Il en est, comme le Salpivuus castaneus, Panzer, Europe, qui alVectionnent les Pins, et qu'on obtient en secouant les branches de ces arbres -, d'autres passent leur existence sous les écorces : leurs mœurs sont peu connues. Le genre Salpinijus, (ijllh., est formé de Coléoptères à tête prolongée en avant en un rostre large et déprimé, rappelant les Platyrhinus chez les Curculioniens. Ce sont des insectes d'un brun ou d'un noir brillant. Sur une \ingtaiiie d'espèces de Sulpingus, il en est d'Europe, y compris la Finlande, et d'autres du Chili, de la Californie, de l'Amérique russe, du Canada, des Etats-Unis, de Madagascar.
RUll%'9t!NiMlS, Loir.— Aiilcnnes (le onze articles ; ttle tanlôl en museau court, tanlôt en rostre allongé. Ccrï^clct subcordituru.c plus clroil que les élytres. Corps ubloiig, peu conve.xc.
Ces insectes sont des conirécs froides et mnycnnes de l'Europe, et sont rares dans les parties chaudes ; leurs coulouis sont métalliques, claires et brillantes. Los anciens auteurs, trompés par la lète, en faisaient des Curculionicns. Dans deux espèces, le H. rufirnllis, Linn., de Suède, de
OlllAUD. 38
594 COLÉOPTÈRES. — CANTHARIDIENS.
France eS, d'Allemagne, et le R. viriJipennis, Steph., d'Angleterre, de France, d'xMlemagne, le corselet et le rostre sont d'un rouge testacé. Nous représentons (pi. xi.v, fig. 11) cette seconde espèce, qui se trouve aux environs de Paris. Il y a des auteurs qui mettent cette espèce dans le genre Salpingus. Les Rhinosimes comprennent une dizaine d'espèces qui, outre l'Europe, se trouvent au Chili, dans la Nouvelle-Guinée, à l'île Woodlark.
MOl^'OH^IA, Klug. et Cast. — Corps elliptico-ovalaire. Tète assez grande, enfoncée dans le corselet jusqu'au bord des yeux; antennes de onze articles, en mussue. Pattes médiocres, contractiles, à cuisses robustes et comprimées; tarses filiformes et hétéromères, ayant cinq articles aux antérieurs et intermédiaires.
Les Monoinma sont de petits insectes noirs, bruns ou ferrugineux ou mêlés de ces deux teintes, avec une fine pubescence couchée, dont les mœurs et les métamorphoses sont inconnues, lléduit à. sa signification actuelle, ce genre est exclusif aux régions chaudes de l'ancien monde, et habite surtout Madagascar. La place de ces Coléoptères est fort incertaine. On s'accorde habituellement à en faire une petite famille, les Monommides, rangée près des genres Pytho et Cistela, c'est-à-dire dans les Coléoptères hétéromères (Ténébrioniens ou Cantharidiens, selon les auteurs), par MM. E. Blanchard, Lacordaire, Thomson ; près des Élatériens par M. de Marseul; dans les Érolylieus, à côté du genre Triplax, par M. Guérin-Méneville, qui en a méconnu le caractère tarsal. On peut consulter Lacordaire {Gen. des Coléypt., t. V, p. 736), et une bonne monographie de M. Thomson {Ann. Soc. cntom. de France, 3'= sér., 1860, t. VIII, p. 5), d'une latinité un peu trop audacieuse toutefois. Nous représentons le M. brunnipps, Chevr., mss. G.-Mén., de Madagascar, de 6 millimèlres de long, planche des Érolylieus, fig. 3. 11 est noir, brillant, glabre, finement ponctué, à élytres elliptiques ovales, atténuées en arrière, avec les appendices et le rebord antérieur du corselet d'un brun rougeàlre. Citons encore le M. syriacum, Thoms., de même taille que le précédent, de Syrie, et qu'on trouvera peut-être dès lors dans l'extrême sud-est de l'Europe et le nord-est de l'Afrique. Il est d'un noir terne avec quelques reflets brun rougeâlre sur le bord du corselet et les appendices. Les élylrcs des Monomma présentent constamment des rangées très-régulières de points en creux, d'ordinaire Irès-pelits.
TRIRU des CAÎIiTâBASIIIlIEmS,
Nous aurons ;\ donner très-peu do caractères généraux pour celle Iribu formée d'une réunion dégroupes assez distincts. On peut dire que leur tête ne s'enfonce pas dans le corselel, comme cela a souvent lieu chez les Ténébrioniens, qu'elle en est toujours plus ou moins nettement
CAMilAr.lDILNS. ;V.)5
détachée, et l'ormcordinaireinent par son rétrécisseineat eu arrière une sorte de cou. Les tarses sont hétéromères. Enfin, à l'exception du premier groupe, 1rs Lagriides, se rattachant en cela aux Ténébrioniens, les cavités cotyloïdes des hanches antérieures sont ouvertes en arrière. La consistance des téguinerils est on général molle, principalement pour lesélytres, qui sont souvent flexibles. Ces ColéoptL'res sont presque toujours ailés et sont phytophages presque exclusivement à l'état adulte, se tenant sur les Heurs (ju sur les feuilles, et pour la plupart diurnes, trés-vifs et très-agiles, surfont par les journées chaudes etau soleil.
Le nom de la tribu provient de l'espèce la plus intéressante d'un des groupes où une partie des genres sont doués de propriétés vésicantes. Un autre motif de chercher dans ce groupe la dénomination de la tribu, c'est le singulier mode de parasitisme des larves, qui vivent sur des insectes d'autres ordres et dans leurs nids ; et ce qui montre bien qu'il y a là un caractère de haute valeur, c'est qu'on retrouve cette tendance au parasitisme dans certaines larves d'autres groupes de la même tribu, et qu'il est fort probable que les découvertes futures ne feront qu'étendre à un plus grand nombre d'insectes ce genre de mœurs, qui paraît propre aux Hétéromères qui nous occupent. Les métamorphoses compliquées de ces insectes et leur alimentation les séparent tout à fait d'autres Coléoptères parasites des nids, comme les Velleius, Claviger, Alcochara, Myrmedonia, etc., et qui ont aussi des régimes variés et autres que celui des larves parasites de Cantharidiens.
C. Duméril, en 1800, en publiant les Leçons d'analomie comparéo de G. Cuvier, y joignit des tableaux de classification des Insectes, dans lesquels les Coléoptères hétéromères sont partagés en deux familles, les Liicifuijcs à élytres dures, et les Vésicaiits à élytres molles, groupes répondant en grande partie à nos Ténébrioniens et Cantharidiens avec certaines adjonctions. Plus tard, dans son Entomologie anahjlique, il subdivisa davantage. Il établit les familles des Epispastiques ou Vésicanta^ en y comprenani, outre des genres réellement vésicants, les genres Lagria, Anthicus, Dasyles, Zonitis, des Sténoptèrcs pour les genres Sitaris, OEdcinera, MurdcUa, etc. ; enfin les Ornéphilcs ou Sylvicoles, avec uu mélange de genres des deux grandes tribus des Hétéromères, comme les genres Pijwchroa, Horia, à côté des genres Serropalpus, Cistela, Helops, etc. i\l. Mulsant a conservé, à tort selon nous, dans la science moderne, le nom de Vésicants, fort improprepour des genres sans action vésicante ; les noms de Cantharidiens (ju de Méloïdcs sont bien préférables. C'est en définitive, dans nos classifications nécessairement imparfaites, puisquelles ne peuvent rendre la grandiose complexité des rapports réels des êtres, le procédé le plus rationnel et le plus commode de tirer le nom de la tribu d'un genre ou même d'une espèce principale, sans autre préoccupation.
596 COLÉOPTÈRES. — CANTHARIDIENS.