I. ~ MÉI.ANDRYIDES
Tûle sans cou en arrière, penchée ou perpendiculaire, souvent invisible d'en haut, plus ou moins enfoncée dans le corselet. Antennes de onze articles, très-rarement de dix, filiformes ou légèrement épaissies vers le sommet, parfois cependant en massue. Mandibules courtes Palpes maxillaires longs et robustes, souvent dentés en scie, à dernier article fortement sécuriforme ou cultriformc. Corselet de la largeur de la base des élytres, tranchant sur les côtés, à bord postérieur aminci et appuyé sur la base des élylres, celles-ci assez consistantes et recouvrant tout l'abdomen ; toujours un écusson. Abdomen de cinq segments en dessous. Pattes de moyenne longueur; tarses hctéromères, à crochets presque toujours simples.
Les Mélandryides sont de taille en général petite, au plus moyenne. Ils sont pour la plupart rares dans les collections, et tous leurs genres, sauf un seul Synchroa, Newm., de l'Amérique du Nord, sont représentés en I^uropc. Presque tous sont ailés, et,cà l'exception des Osphya, Illig-, ou Nothus, Oliv., qui se trouvent, dit-on, sur les fleurs, ils vivent dans les vieux troncs d'arbres, les branches mortes, le bois décomposé, sous les écorccs ou dans les Bolets ligneux; beaucoup ont des habitudes lucifuges.
GENRES PRINCIPAUX
STEXOTRACUELI'S, Latr. — Antennes très-longues et grêles, de onze articles. Élytres très-allongées, parallèles, isolément arrondies au bout. Pattes grêles ; tarses très-longs, à crochets très-fendus, longs et grêles.
Le type de ce genre est une espèce très-rare et d'assez grande taille, de Laponie et de Finlande, le S. œneus, Payk. (pi. x[,iv,fig. 6; 6«, antenne; 6 6, extrémité d'un tarse). Cet insecte, brun en dessous, d'un bronzé foncé et brillant en dessus, avec une foule de points enfoncés et serrés, vit sous les écorces des arbres morts.
Le genre Stenotrachelus a une autre espèce de Russie méridionale et une troisième de l'Amérique boréale.
HAljliOMEWCS, Panz. — Dernier article des palpes labiaux ovoïde, celui des maxillaires déprimé et tronqué ; mandibules bifides. Antennes subfilifornies, de onze articles. Tarses grêles, à premier article des quatre postérieurs Ircs-allongé.
Les Ilallomènes sont des Coléoptères de petite taille, de l'iùirope et de l'Amérique boréale, à corps oblongct médiocrement convexe, dont la couleur varie du brunâtre au ferrugineux. Le type est VH. humeralis, Panz., ou binolatus, Queme], de Suède, de France et d'Allemagne (pi. xliv, fig. 10; 10a, antenne; 10 b, mandibule; 10 c, madioireet palpe; 10 d, lèvre inférieure et palpes; 10 e, labre; 10/, tarse postérieur). Lalarve
MÉLAISORYIDES. — ORCHESIA, DIRC.EA. 597
de cedeespt^ce a été étudiée par M. IL Perds. Elle rappelle pour la forme es larves de Tcnébrionieus. Elle existait en abondance dans des galeries sinueusescreusées dansles parliesmincesdu/'o///por!/s??!a.r/mî/.s-, IJrotero, champignon qui croit sur les vieilles souches de Pins. Elle est allongée subcylindrique, charnue, avec des poils roussAlres clair-semés; présente de ciiaque côté delà tète cinq stemmales sur deux rangs et un épistome distinct. Ees antennes ont quatre articles dont le dernier est bifide, les palpes maxillaires trois, les labiaux deux. Ees segments Ihoraciques, peu difl'érenls de ceux de l'abdomen, portent des pattes grêles de quatre pièces. Elle est d'un blanc jaunâtre avec le dernier segment de l'abdomen roux et armé de deux crochets médiocrement arqués. La nymphe est munie de poils rous^Atres et de spinules sur les segments dorsaux de l'abdomen, dont le huitième est en outre terminé par deux appendices coniques et très-courts. \:H. hitmeralis ci VH. fuscus, Gyll., seconde espèce d'Europe, vivent tousles deux aux dépens des substances cryptogamiques qui poussent sur les troncs d'arbres, ^t surtout ceux des Pins et des Sapins, lis exécutent de petits sauts.
OltMlIOMl.ï, Latr. — Antennes de onze ailicles, les quatre ou cinq derniers élargis transversalement en massue. Tarses antérieurs épaissis, fortement villeux en dessous. Pattes [loslérieures très-allongées, cuisses comprimées.
Ea forme du corps ùcsOrchesia, assez allongé, plus ou moins atténué en arrière, arqué en dessus, les rapproche des Mordelles, et, comme celles-ci, ils ont des mouvements vifs, brusques, giratoires et peuvent exécuter des espèces de sauts asfez grands. On les trouve dans les substances cryptogamiques qui s'attachent aux troncs d'arbres et aussi dans le bois pourri de ceux-ci. E'espèce type est \'0. micans, Panz. , de toute lEurope et d'Algérie. Sa larve, qui ressemble beaucoup à celle du genre précédent, est d'un rose pille, avec la tète et les pièces buccales brunes, et vit dans les Bolets des arbres. Elle offre quelques rides transversales sur les segments abdominaux, arrondis latéralement, et portant, à la place ordinaire, les stigmates au sommet de tubercules charnus. Le dernier segment abdominal est court, arrondi, et prolongé iîiférieurement en un tube très-court que couronnent six mamelons et au centre desquels s'ou\re l'anus. Xous représentons quelques détails de l'adulte {[>]. XI. IV, fig. 11, antenne ; '2 a, patte postérieure). Une vingtaine d'espèces de riùirope boréale, plusieurs de Eapouie, de Sicile, du Chili, du l'irésil.
lURCMsAj l'alir. — Antennes de onze articles, grossissant [icu à peu vers l'extréniité; palpes maxillaires à dernier article très-grand et cultriforme. Tarses antérieurs forlemenl élargis et déprimés. Corps allongé.
Les types de ce genre, le D. qnaJriguUata, Payk., et le D. quadriwoculata, lUig., sont de beaux insectes à corps noir, de 8 millimètres
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environ, avec quatre taches d'un jaune pâle ou orangées sur les élytres, vivant sous les écorces et dans les vieux troncs. On les trouve en France, surtout dans le midi. Nous représentons le D.lœvigata, Hellenius, ou discolor, Fabr., de Suède et Laponie, des îles Britanniques, de France, d'Allemagne, du Tyrol (pi. xlv, fig. 1 ; 1 o, palpe maxillaire ; 1 6, antenne). Uy a quelques autres espèces d'Europe et de l'Amérique septen~ trionale.
MEIiAÎI'DRYA, Fabr. — Corps allongé, suboblong, assez largo, médiocremenl ou peu convexe. Antennes de onze articles^ filiformes ou légèrement épaissies vers le sommet. Ongles des tarses simples.
Les espèces de ce genre, presque toujours noires, d'assez grande taille, luisantes en dessus ou parfois bleuâtres sur les élytres, sont glabres, avec de petits points enfoncés, très-serrés, et des élytres sillonnées. Elles sont lucifuges et se trouvent sur les vieux troncs d'arbres. — E.v. : M. flavicornis, Duft., ou rufipes, Chevr., de France et d'Allemagne (pi. xlv, fig. 2), avec les antennes, les pièces buccales et les pattes d'un jaune ferrugineux ou orangé. Outre l'Europe, on cite des Mélandryes de Sibérie, du Kamtchatka, de l'Amérique boréale.
TETKATOMA, Fabr. — Antennes terminées par une grande massue de quatre articles. Tète fortement rétrécie antérieurement en un museau quadrangulaire, Irès-inclinée.
Ce genre est formé de petits insectes à téguments brillants et ponctués en dessus. Le type est d'un jaune ferrugineux, avec les élytres bleues ou vertes : c'est le T. Fungorum, Fabr., de Suède, de France et d'Allemagne (pi. xijir, fig. 5 ; 5 a, tète vue en dessus).
Les Tétratomes vivent dans les Bolets des arbres, les vieilles écorces, les troncs pourris. lly a sept espèces de divers pays d'Europe, du Kamtchatka, des États-Unis.
SERROPAIiPl'S, llell. — Corps très-allongé, étroit, subcylindrique. Antennes de onze articles, trùs-grèles et filiformes; palpes maxillaires très -longs et trèsrobustes, dentés en scie intérieurement.
Le type de ce genre est un insecte d'assez grande taille, à élytres légèrement striées, d'un brun plus ou moins clair, revêtu d'une pubescence soyeuse assez abondante, se trouvant dans toute l'Europe, sur les Pins et surtout sur les Sapins, mais fort rare partout, (l'est le S. strialus, Hell., ou barbatus, Schall. (pi. xlv, fig. o; '6 a, palpe maxillaire ; 3 b, antenne). On trouve aussi ce genre au Ctiili.
(,0N0PALPIS, SCRAPriA. — r.A(.r.llDES. j99
COXOPAI.PIS, C.yll. — Antennes de dix articles, filiformes. Palpes maxillaires longs, à dernier article grand, comprimé, très-long, fortement cultriforme ; palpes labiaux allongés, à dernier article très-grand, comprimé, en fer de liaclie longuement transverse; premier article des tarses allongé.
le type de ce genre est le C. testacnts, Oliv., de Grande-Bretagne, de Suède, de France et d'Allemagne (pi. xi.v, fig. à; ha, mâchoire et palpe, à b, lèvre inférieure et palpes labiaux ; h c, tarse antérieur ; U d, antenne). Cet insecte, fort rare partout, trouvé près de Paris dans les \ieux troncs de Chênes, estde taille moyenne, d'un jaune ferrugineux brillant, devenant souvent brunâtre, à téguments ponctués, avec les antennes noires au bout. 11 est,, dit-on, crépusculaire, et vit dans les branches pourries et le bois décomposé. En Allemagne est une seconde espèce, C. brevicoKis, Kraatz.
SCR ArTi.%, I.atr. — Tête courte, verticale, brusquement resserrée en arrière en un cou étroit et court, engagé dans le corselet, et terminée par un court museau transversal ; antennes filiformes, de onze articles. Corselet très-transversal, à peine moins large que les élytres, allongées, subparallèle?, subdéprimées.
Les Scraplia sont de petits insectes assez mous, ;\ élytres flexibles, finement cliagrinées; la couleur est brune ou lestacée ; les téguments sont revêtus d'une très-fine pubescence couchée. Ce genre, d'Europe et d'Amérique du Nord, se trouve sur les herbes, en fauchant, ou dans les détritus des vieux arbres. — Ex. : S.fusca, Latr., ou dubia, Oliv., nom plus ancien, de France, d'Allemagne, d'Espagne (pi. xi.vi, fig. 8; 8 a, fi'te). On trouve cette espèce près de Paris, mais assez rarement.
Eo genre Scraptia est de place très-incertaine. C'est à l'exemple de M. E. Blanchard que nous terminons par lui le groupe des Mélandryides; certains auteurs, selon leur habitude trop commode en pareil cas, en font un groupe à part, moyen de signaler, mais non de résoudre la difficulté dans des classifications toujours approximatives. On compte vingtcinq espèces de Scraptia, d'Europe, surtout méditerranéenne ou orientale, du Chili, des États-Unis, de Ceylan.