‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservationChapitre 55 sur 67 · i COF.EOrTÈHtS. — CANTHARIDIENS · texte numérisé non relu

i COF.EOrTÈHtS. — CANTHARIDIENS

dans la région S. l]. l'.n France, on trouve dans le Midi le L. rudiforsum, Goeze ou verticaUs lllig., qui vole très-peu quoique ailé, et se trouve courant à terre ou arrêté sur les végétaux dont il se nourrit. Certaines cs[)èccs américaines de ce genre nous présentent beaucoup d'intérêt. En Amérique septentrionale on emploie comme vésicant le L. atomaria, Germar, ou punctata, Klug, qui se trouve aussi à la Guyane et au Brésil, et vit sur les fleurs de Pomme de terre. A Montevideo se montre trèsabondamment une autre espèce qui a été l'objet de trés-remarquables expériences de la part du docteur ("ourbon (1). C'est le L. adsperaa Ivlug, ou vulgairement la Canlharide pointillée, longue de 13 à 16 millimètres au plus, ayant les élytres, le corselet, la tête, l'abdomen d'un gris cendré et uniformément criblés de petits points noirs; les antennes sont noires et les pattes roussâtres. La couleur grise est due à de petites écailles pulvérulentes qu'enlève un frottement un peu rude, el alors l'insecle devient noir. On le trouve sur la Bette {Bcta vulfiaris) et couvrant parfois la plante au point d'en faire disparaître les feuilles à la vue, en décembre, janvier, fésricr, mars, été et automne de ces régions. C'est malheureusement ce qui explique pourquoi le L. adspersa s'est jeté sur la Betterave nouvellement introduite, au point d'en compromettre la culture de la manière la plus grave ('i). C'est en janvier et février qu'on doit recueillir ces insectes, le soir ou le matin, alors qu'ils sont moiiisagilcs et restent engourdis sur la plante. On secoue les Bettes au-dessus d'un sac de toile à large ouverture, garni de feuilles au fond, et l'on fait périr ces Coléoptères en les exposante la chaleur solaire dans un flacon de verre bien bouché, ou en soumettant le sac de toile fermé qui les contient à la vapeur du vinaigre bouillant. F>a propriété vési cante est plus forte que celle de la Cantharide officinale ; mais le point capital reconnu par M. Courbon, c'est que jamais, comme celi arrive parfois avec les emplâtres ordinaires de Cantharide pilée, elle ne détermine la moindre irritation sur les organes génilo-urinaires. Cela fut bien constaté dans son emplui en poudre pour amener des -vésicaloires loco dolcnti dans des cas d'hépalile chronique, de sciatique rebelle, de bronchite chronique et de pneumonie. On comprend dès lors combien cet insecte peut devenir précieux en raison de son action épispaslique considérable et de l'inulilité de toute tentative pour di s emplois criminels ou lubriques, et il serait facile, vu son extrême abondance dans les régions de la Plata, de le demander au commerce d'exportation, de manièie à alimenter toulesles pharmacies d'Europe, à l'exclusion de toutes les espèces non iinioccnles.

1) Ccn.pl. rend. Accu'., des .vcioucs iS'ro, 1. XL!, p. lOOo. \2) Maurice Girard, An)i. Soc. entomol. de France, I8G0, liull,, p. 73

MILOÏDK.S. — SPASTICA, .\hMO(rN ATIIA, LLP1()1>AI,PL S, ZOMTIS. 623

SPASTICt, Laconl. — Antennes longues, grêles, filifonncs, de onze articles. Ciochets des tarses fendus, à division inférieure très-grèle, la supérieure non pectinre.

Les insectes de ce genre, à corps finement piibescent, constituent un genre très-voisin des hjtta, et formé par quelques espèces delAmérique du Sud, de Initie moyenne, decouleur variable, dont une partie est encore inédite. Nous figurons le S. flavicoUis, Chevr., du Brésil (i>\- -xi.vu, fig. 1/| ; ik a, antenne; iU 6, croclicts d'un tarse).

Les genres de Méloïdes qui suivent ne sont plus doués de la propriété vésicante.

IVCMOGlfATllA, Illig. — Tête acuminée en museau ; lobe externe de la niâclioire prolongé en lanière velue, grêle et filiforme, moitié plus longue que le palpe; antennes filiformes, (^roctiets bifides des tarses pectines à la division supérieure.

Ces insectes ont un rebord externe aux élytres, et celles-ci sont déhiscentes après le milieu et atténuées à l'extrémité. Uneespèce, delà faune méditerranéenne, se trouve dans le midi de la France : c'est le N. chrysomclùm, Fabr. (pi. xi vu, fig. 12; Icfe du mâle vue de face ; 12 a, antenne; 12 6, crochets d un tarse).

I.EPTOl»Al-l»l», G.-Mén. — Palpes maxillaires Irès-longs, presque collés au corps, dépassant l'insertion des pattes postérieures; lobe externe de la mâchoire en pinceau cilié dépassant les mandibules, mais n'atleignant pas le second article du palpe,

Les genres Nemognatha et Lpptopalpus comptent près de quarante espèces de l'Lurope méridionale, d'Egypte, de Sibérie, des régions chaudes ou tempérées des deux Amériques. Le genre Leptopalpus a les mandibules arquées, aiguës, saillantes, et offre la plupart des caractères du genre Aemognatha : mais il en diffère, ainsi que du genre Zoiiilis, qui a aussi le lobe externe de la mâchoire très-grèle, parce que les élytres sont convexes et non déhiscenles en arrière. Nous représentons le L. rwiratus, Fabr., d'.Vlgérie et du sud dcTEspagne (pi. xi.vii, fig. 13; JoH, iète vue de face ; 13 (>, mâchoire el son palpe isolée; 13 c, crochets d'un lar.-c .

y.oXlTï*», Fabr. — Tôle ovalaire, acuminée à l'exlrémilé; antennes droites et filiformes. Lobe externe des mâchoires anomal, en filet grêle, dépassant les mandibules. 1-alpes allongés.

Les Zonilis sot;t des Colécptèrcs à corps allongé, presque parallèle, con^cxc, avec les élytres allongées, convexes et llexibies, atténuées seulement à l'extitmilé; où elles sont déhiscentes, sans rebord. La coloration (les cej èccf d'i'UKjpe est peu variée, noire cl fauve pâle ou rou-

GIHAKD. ixù

()-J6 COLÉOPTÊRliS. — C.ANTHAIUDIENS.

geAtre, les élytres de cette dernière couleur, avec quelques bandes et macules noires, qui peuvent ou disparaître, ou au contraire s'agrandir au point que les élytres peuvent devenir entièrement noires. Dans les espèces exotiques il en est de métalliques. Les Zonitis d'Europe son! do la région méditerranéenne. On les trouve adultes sur les fleurs, parfois réunis en groupes et immobiles, comme presque tous les insectes de la famille. Ils doivent y pondre des œufs d'où naissent de premières larves qui s'accrocheront aux poils des Hyménoptères. En effet, par une récente observation, M. Giraud a vu que le Z. mutica, Scriba, espèce du midi de la France et de l'Allemagne, d'Espagne et d'Algérie, est parasite des nids de VOsmiu tridentata, et offre des pseudo-chrysalides tout ù fait semblables à celles des Sitaris. Citons encore le Z. prœusta, Fabr., de toute l'Europe méridionale, d'Algérie et du Caucase, d'un jaune pâle ou lestacé, avec les antennes et l'extrémité des élylres noires. Nous tlgurons (pi. XLvn, fig. 11) le Z. puncticollis, Chevr,, insecte qui faisait partie de la collection d'Olivier, et était indiqué par lui comme recueilli dans son voyage en Mésopotamie. Il a le dessus du corps et les élytres d'un noir, bleuâtre, le corselet rouge, avec un point médian bleuâtre. Cet insecte ne me paraît pas avoir été retrouvé.

Les Zonitis comprennent une quarantaine d'espèces de l'Europe méridionale, de Syrie, des Indes, du Cap, d'Australie, d'Amérique septentrionale, de Timor, de l'île Art.

SIT.^ItlJ^j Latr. — Mandibules nrquées et aiguës; mâciioires normales. Antennes filiformes, à articles allongés. Élytres déhiscentes à partir d'une longueur variable, le plus souvent fortement sinuées aux bords interne et externe, et alors très-atténuées à l'extrémité, comme d'étroites lanières. Tarses à crochets bifides et variables.

Les Sitaris ont le corps épais et assez convexe ; leurs couleurs sont le noir -et le jaune testacé, cette dernière couleur étant d'habitude celle des élylres. Les mâles ont la taille plus petite que les femelles, les élytres plus courtes, plus rétrécies en arrière, et le dernier segment de l'abdomen profondément échancré. Ces insectes, au nombre d'une dizaine d'espèces, sont propres à l'Europe méridionale et au nord de l'Afrique. L'espèce la plus commune et que nous trouvons dans toute la France, surtout très-commune dans le Midi, aux environs d'Avignon et en Provence, est le S.Immeralis, Fabr., ou mieux muralis, Forstcr, noire, à l'exception des élytres, dont la base est jaune et comme coupée transversalement. C'est la Nécydale hiimérale de Fabricius et la Canlharide à bandes jaunes de Geofiroy, ce qui montre qu'on rencontrera l'insecte aux environs de Paris. Il est tiguré pi. Ni.vir, fig. 15 (15 a, antenne; 15 6, tarse antérieur).

On sait depuis longtemps qiuî les larves de cette espèce vivent en parasites dans les nids de ces Mellitiques solitaires qu'on appelle en général Abeilles maçonnes. (Jn prend parfois les adultes par centaines sur de vieux

Mf:r.()ii)i-s. — siTAHis : nvi'i:inii;rAMOiuMU.).sE. 6l>7

murs de terre; on les Irouve souvent en grand nombre à l'entrée des nids, immobiles, comme engourdis. C. Duméril dit, à l'arlicle Sitaride du Dictionnaire des sciences naturelles, p. 343 : « Nous avons trouvé très-souvent cet insecte dans les nids d'Abeilles construits dans l'argile, ou dans les murs d'enceinte faits avec de la terre. Il est surtout trôscommun à Amiens. 11 est probable que la larve est élevée en parasite et qu'elle dévore celle des Abeilles. » Fondras, en 1810, trouva les larves dans les nids d'Aulhophores ; Audouiii en 1835, et .M. Mulsant en 18Zi9. Celui-ci observa la ponte, l'éclosion, et vil que les larves tuent celles des Antbopbores au printemps suivant. Les mœurs de ces larves et leurs curieuses translurmationsjou hypermétamorphoses, ont été étudiées avec grand soin par M. Fabre {Ann. des sciences nat., Ix" série, Zool., 1857, t. Vil, p. 299, et J858, t. IX, ,p. 2G5), dans des mémoires encore plus remarquables par l'élégance du style que par la complèle nouveauté des faits, car, sous ce rapport, l'auteur a surtout étendu et précisé les observations plus anciennes de Newport sur les larves des Méloés.

Sur les nombreux talus que présentent les coteaux arides du midi de la France, dans des tubes creusés dans la terre sèche et dure, se trouvent, dans la même retraite, les nids des yVnthophores (;t des Osmies ; au fond sont les cellules des Anthopliorcs(^n</io/j/(o?Y//>///pes), régulières, à parois lisses, présentant chacune une larve nue, el, vers l'entrée, des cellules d'Osmies [Osmia tricornis) en terre gâchée, grossières, avec des larves filant un cocon. Aux cellules à larsesd'Antliophores sont jointes des cellules du même insecte, mais contenant, au lieu de la progéniture normale, des larves de Mélectes {Melecta armata), Hyménoptères parasites des nids. Enfin il en est qui contiennent une coque ovoïde, fine, ambrée, où se trouve la nymphe du Sitaris liwnevalis ou muralis. Tout autour des orifices des dépouilles de Sitaris pendent enroulées aux toiles d'\raignée, des milles se promènent dans rcs[)nir de s'accoupler, des femelles fécondées enfoncent leur gros abdomen à l'entrée d'une galerie et y disparaissent à reculons. Dans le milieu de l'été, les femelles des Sitaris, qui, comme leurs mâles, ne vivent que peu de jours e( sans prendre de nourriture, déposent à l'entrée desirous une masse de petits anifs blancs, ovales, agglutinés. Vn mois plus tard, dans le courant de septembre, sortent de ces œufs des larves très-petites, d'un millimètre de longueur seulement, cuirassées, à neuf segments abdominaux s'alténuant peu à peu, à antennes terminées par une longue soie, à mandibules arquées ; elles sont très-agiles et ont des pattes assez robustes terminées par un ongle aigu et très-mobile ; l'avant-dernier segment abdominal offre latéralement deux crochets cornés et redressés, et le dernier se termine par deux longues soies recourbées, pareilles à la longue soie que porte chacune des cuisses. Enfin cette larve est très-bien pourvue sous le rapport de la \ision, car elle a qiialre ocelles, deux de chaque coté. Telles sont les premières larves, qui passent l'hiver sans prendre de nourriture, immobiles et entassées sans ordre, comme les

()28 COLÈOPTÈRLS. — CANTHARIDIENS.

œufs. Au mois d'avril, éclosent les Anthopliores mâles, qui précèdent environ d'un mois l'apparition des femelles : avec prestesse et au passage les larves s'accrochent à leurs poils, et se pendent ainsi la tète en bas ; de là elles passent sur les femelles, soit par un séjour intermédiaire sur les fleurs, soit plus probablement lors de l'accouplement. La femelle construit pour la postérité qu'elle ne verra pas éclore des cellules qu'elle remplit d'un doux miel; la larve parasite, jusqu'alors toujours à jeun, lors de la ponte de l'œuf, se laisse tomber sur celui-ci, en évitant avec soin le lac mielleux où elle se noierait; elle ouvre l'œuf avec ses mandibules acérées, mange l'intérieur, et se sert de la coque affaissée comme d'un radeau flottant. Puis au bout de huit jours environ, la peau de la première larve se fend par le dos, et il en sort une seconde /arue, bien différente de lapremière. Elle est aveugle, blanch?, n'a que des pattes atrophiées, ne posant pas, des pièces buccales rudimentaires, et un énorme ventre renflé, surtout dans la partie ventrale qui doit plonger dans le miel, les stigmates relevés en dessus, hors du liquide. De Carnivore, le régime est devenu mellivore ; ici aucune peine pour trouver l'aliment, aussi les organes des instincts ont disparu. Cinq à six semaines sont employées à consommer le miel amassé dans la cellule parl'Anthophore, et la lar\e de\ient pseiulo-chrysalicle, corps inerte, segmenté en treize parties, ovalaire, privé de tout mouvement et revêtu de téguments cornés, de couleur jujube. Sur ces téguments se dessine un masque céphalique sans parties mobiles et distinctes, six tubercules indices des pattes, neuf paires de stigmates, et postérieurement un disque circulaire. Cet état diffère de la nymphe ou vraie chrysalide par l'absence des sculptures des parties de l'adulte, et son immobilité, le manque presque total de reliefs, la font ressembler à unepupe de Diptère; mais le tégument n'est pas la peau de la seconde larve, mais une peau nouvelle plus interne, car la pseudo-chrysalide reste recouverte par une pellicule transparente et continue, mais bien distincte, qui est précisément cette peau, comme dans une outre close.

La pseudo-chrysalide passe habituellement l'hiver. Au printemps elle devient une troisième iaroereproduisant à peu près la forme de laseconde larve, et contenue dans une double enveloppe formée de la peau cornée delà pseudo-chrysalide et de la dépouille de laseconde larve. Sous cette troisième forme, le S«/f/r/s ne prend aucune nourriture; ses mouvements, très-lents, se bornent à des contractions et à des dilatations, la marche ne pouvant s'elVecluer sur ses pattes trop faibles. Peu après une dernière mue change cette larve en nymphe, pareille à celle de tous les Coléoptères, c'est-à-dire avec les organes rie l'adulte développés, les pattes et les antennes repliées sous le ventre, le tout emmaillollé d'une mince peau. Au bout d'un mois éclôt Yadulte; de sorte que la vie totale du Sitaris humeralis est de deux ans.

Cependant il n'est pas certain que celti' évolution soit exactement celle de tous les SUaris. Ainsi, pour le S. Solieri, Pecchioli, espèce de

OEDÉMÉIUDES. — CALOPUS. 629

l'extrême midi de la France, d'Italie, d'Kspagne, Audouin rapporte avoir observé prAs de PJse ses œufs déposés sur des Romarii)?, a,L,'glutiiiés entre eux et éclosanl; il faut alors que les premières larves de cette espèce, comme celles des Mcloés, passent sur les Hyménoptères butinant sur les fleurs.

Les métamorphoses des Silaris sont les mieux connues de celles des genres du groupe des Méloïdes; il peut se présenter des différences intéressantes d'espèce à espèce, comme le montre l'exemple précédent. II reste un \ast(! champ de recherches à explorer pour les autres genres et surtout pour ces insaisissables Cantharides dont on n'a fait qu'entrevoir les larves primitives. On a trouvé sur des Osmies et des Andrènes des larves noire^^, pédiculiformos, ressemblant aux larves primitives jaunes des Meloe et devant appartenir à d'au Ires genres. Espérons dans l'avenir ! Observateurs, à l'œuvre !

Vil. — (»I:DÉMÉ RIDES

Antennes de onze ou douze articles, presque toujours filiformes et grêles. Tète généralement en museau rétréci, mais sans cou brusque. Corselet plus élroil que les élylres, presque toujours rétréci à sa base et non exactement continu aux élytres; écusson assez grand. Élytres généralement de con-istance peu solide, souvent atténuées en arrière et déhiscentes. Abdumen de cinq segments libres en dessous (six chez quelques mâles : ev. Calopus). Tarses à crochets toujours simples. Corps allongé et svelle. Avec les Mordellides et quelques Méloïdes non vésicants, ce groupe conslilue les Sténoptères de C Ikiméril.

Les Œdémérides vi\ent en larves, soit dans le bois de différents arbres, sur lesquels l'adulte se tient parfois dans la môme attitude que plusieurs Cérambycides au repus, soit dans la tige de plantes herbacées. On les trouve parfois à l'état adulte sur les bois morts dans lesquels ont vécu leurs larves, et h; plus habituellement sur les fleurs. Quelques espèces ne \ieiuient s'y poser qu'au crépuscule ou même pendant la nuit. Ils sont répandus partout. Les Calopus et Ditylus sont des contrées froides ou montagneuses; leiOEdemeni, et surtout ]{.■•& Xacerdes, vivent de préférence dans les lieux humides et marécageux ; les Stenostoma, nu eontraire, se trouvent dans les parties chaudes et arides de l'Europe, dans les terrains sablonneux, où ils paraissent vivre sur les Enjrujium.

GENRES PRINCIPAUX

l'AB,OI»l>», I-"alir. — Anlcnnes iiisrrées dans l'échancrure des yeux, à peu pirs de la longueur du corps chez les mâles, atténuées à l'extrémité, un peu coinpriuiées et assez fortement dentées, simples et beaucoup plus courtes chez les femelles. Corps très-ullongé, parallèle.

Ce genre est fondé sur un insecte très-rare, existant dans toute l'Europe, mais des hautes montagnes seulement, dans les régions méridio-

630 COLÉOPTÈUES. — CAMHARIDIENS

nales de ce continent. 11 vit dans les troncs des arbres résineux, et Linnœus l'avait pris pour un Longicorne, d'aprùs la forme du corps et la longueur des antennes. Les palpes maxillaires, très-longs, ont leur dernier article en grand triangle, et les élytres, allongées, sont arrondies à l'exlrémité. Il est de grande taille, d'un fauve brunâtre, avec trois faibles côtes sur les élytres. C'est le C. serraticorm's, Linn. (pi. xlv, flg. 5, mâle ; 5 a, tête vue en dessus). Il y a deux autres espèces du Nouveau- Mexique et du Texas.

DlTVLi:*!», Fiscli. —Corps oblong, très-épais. Antennes de onze articles; têto saillante en museau court; yeux oblongs, réniformes. Palpes maxillaires assez courts, à dernier article élargi et arrondi ; mâchoires à lobe externe coudé et longuement cilié.

La seule espèce européenne du genre se trouve surtout à l'orient du continent, Grèce, Allemagne, Russie et Sibérie. C'est le D. keois, Fabr., entièrement d'un bleu d'acier foncé et vivant dans le bois (pi. xi.v, lig. 6; 6 o, tête vue en dessus).

Les autres espèces de Ditylus (dix en tout) sont du Caucase, des Canaries, de Madagascar, de l'île Saint-Vincent, des États-Unis, du Canada.

n^nKTBERA, Oliv. — Corps allongé, peu convexe, pubescent. Mâchoires à deux lobes ciliés et inermes avec palpes à dernier article coupé obliquement. Cuisses postérieures très-renllées et arquées chez les mâles. Élytres assez longues, rétrécies en arrière, isolément subulées et recouvrant imparfaitement les ailes chez les mâles. Tarses à pénultième article subbilobé et tomenteux en dessous.

Les (Edémères sont de l'ancien continent, en général de i;ouleur métallique, parfois brillants ou tachetés de jaune, parfois très-sombres, avec les élytres un peu côtelées et de couleur pareille ou différente de celle du corps. La taille est médiocre. L'extrémité de l'abdomen est plus saillante chez les mâles. Leurs larves vivent dans le bois décomposé, qu'elles creusent de galeries. Leur description s'applique à toutes celles des Œdémérides. Elles ont des rapports marqués avec les larves des Cérambyciens, comme aussi une partie des genres du groupe avec les adultes de celte tribu. Le corps est allongé, charnu, plus ou moins villeux, élargi en avant, rétréci en arrière. Elles sont aveugles (ce caractère ne paraît pas général), ont des palpes maxillaires de trois articles, des palpes labiaux de deux, des antennes de quatre. Les segments du thorax, munis de petits écussons cornés, sont larges, portant des pattes médiocres de cinq pièces. Le caractère le plus curieux est la présence, aux segments abdominaux, de bourrelets charnus sur les côtés, et en dessous d'un nombre variable, selon les espèces, de tubercules charnus, avec couronne de petites épines, comparables aux fausses pattes des chenilles de Lépidoptères. Ces larves subissent la nymphose dans une

OKDP.MÉRIDE^. — NACORDES, STENOSTOMA. 631

colkile à l'exlrémité de leur galerie. Les nymphes sont poilues, et offrent des papilles, des tubercules, des saillies charnues, avec deux tubercules coniques ctdivergeuls au bout du dernier segment. Nous représenlous le nulle de \ OE. l'odiujrariœ, \Aim. (pi. xlv, fig. 7 ; 7 a, mâchoire et palpe, 7 6, tarse poslérieur). Cette espèce, de toute l'Europe et du Caucase, se trouve aux environs de Paris, surtout sur les Ombellifi-res. Elle est d'un noir bronzé, à élytres fauves, à cuisses piles, de 8 à 10 millimètres: c'est la Cantharide fauve n° k de Geoffroy. Citons encore VOE. nobilis, Scop.jou OE. 6Yf'ri//ea,Linn., de l'Europe, du Caucase, de l'Algérie, bleu violacé, de 8 à 10 millimiMres, avec antennes noires et les élytres à trois lignes longitudinales saillantes : c'est la Cantharide à grosses cuisses n"3 de Geoffroy: et VOE. marginata, Fabr. ou subulata, Oliv,, de toute l'Europe, à corps noir, à élytres d'un jaune ptile clair, entourées d'une ligne noire. 11 faut remarquer que les grosses cuisses postérieures des milles ne permettent pas à ces insectes de sauter, car leur corps est trop long, trop linéaire. Les Œdéméres ont une trentaine d'espèces, toutes d'Europe, surtout méridionale, de Sicile, de Barbarie.

AAC'Knin;*», Scliniidt. — Genre voisin.

Nous signalons ces iiisectes pour leur habitation sur diverses plantes dans les lieux marécageux et non loin de la mer. On a trouvé des larves de ce genre dans de vieux troncs d'arbres, surtout de Pins, gisant au bord de la mer et périodiquement immergés à la marée montante : ainsi la larve de lY. U'iduroides, Thunb., ou melanura, Oliv., de l'Europe, de l'Algérie, du Caucase, qui, d'après M. E. Perris, est munie de chaque côté de deux siemmales, contre l'insertion de l'antenne. Les espèces de Xacerdes, au nombre d'une trentaine, sont surtout d'Europe, et aussi de Sibérie, de Syrie, de Perse, des Indes, de Madagascar, du Sénégal.

ST«0\os>TO.WA, Latr. — Tète allongée en museau rostrifurme, avec mandibules allongées, saillantes ; antennes de onze articles, grêles, filiformes, insérées loin des yeux. Corselet très-allongé, cyi)ndiii|Ufi. Élytres longues, planes, alténuées en arrière. Pattes grêles.

Le corps de l'espèce type et unique de ce genre estsvelte, finement pubescenl, atténué aux deux extrémités, avec taille très-variable, de 7 à 10 millimètres d'habitude, et d'un beau bleu passant quelquefois au vert bronzé, avec les pattes et la base des antennes roussâtres. Elle est méridionale, de France, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne et d'Algérie. C'est le ••'. rostralum, Fabr. ou cœruleum, Pelagna (pi. xi.v, fig. 8; 8 a, têle vue en dessus et antenne , vivant au bord de la mer, sur les Erijiniium.

632 COLÉOPTÈRES. — SCOLYTIEINS,

MYCTERl'S, Clairv. — Tête prolongée en museau ou rostre épais, de longueur variable. Corps épais, convexe, recouvert d'une pubescence serrée, rousse ou grisâtre. Antennes filiformes. Tarses hétéromères.

Ce genre cinormal touché par ses caractères multiples aux genres OEdemera dans les Cantharidiens, Pytho et Rhinosirnus dans les ïénébrioniens, et enfin à la tribu des Curculioniens télramères. M. E. Blanchard le place dans les Curculioniens, ainsi que les Rhysudes à côté. Ce sont des Coléoptères au plus de taille moyenne, noirs ou d'un bronzé obscur, à téguments finement chagrinés. Outre la pubeecence, ils sont recouverts à l'élat vivant, à 1 instar des La/vju/s (Curculion.), auxquels ils ressemblent un peu, d'une poussière farineuse jaune ou rousse, qui se renouvelle si on l'enlève. On les trouve sur les fleurs, surtout celles des Ombellifères. — Ex. : M. curcuUonoides, Fabr., de France, d'Allemagne, d'Algérie, du Caucase (pi. xlv, fig. 9 ; 9 a, tête). Cet insecte, de U à 7 millimètres, est d'un brun noirâtre, couvert d'une pubescence Irès-fine, cendrée ou roussâtre, à élylres sans stries, se tenant immobile sur diverses plantes, surtout les Chardons, remontant jusqu'en Angleterre, mais plus commun dans le midi delà France, principalement au bord de la mer. Des auteurs ont fait de ce genre la petite famille des Myctérides. Il y a six autres espèces d'Europe orientale, de Sardaigne, de Turquie, de:-^ États-Unis.

Tribu des .•«iCOl.YTIEMS.

La tribu des Scolytiens présente des affinités incontestables avec celle des Apatiens, surtout par les mœurs et l'aspect extérieur, car il y a plutôt analogie que ressemblance réelle. I^es larves des Apatiens, à galeries irrégulières, sont bien diflérentes : les antennes ont d'autres nombres d'articles, les mâchoires ont deux lobes ; les tarses ne sont pas létramères de la même façon, car chez les Apatiens c'est le premier article qui est le plus petit de tous, et le quatrième, au contraire, chez les Scolytiens. Il est bien plus difficile de séparer nettement les Scolytiens des Curculioniens, avec lesquels Erichson les réunit; cependant ceux qui ont un rostre bref, mais aussi long que celui de certains Curculioniens, s'en distinguent par des jambes denticulées ; ceux qui se rattachent au type du genre Tomicus ont une tète bien différente des Charansons,car elle est brièvement conique ou subglobuleuse et cachée en partie dans le corselet. Les antennes, bien que sur le même plan que celles des Charansons, c'est-à-dire offrant un scape (premier article), un funicule et une massue terminale, ont des nombres d'articles plus variables, ceux du funicule pou\ant se réduire beaucoup et ceux de la massue se s(juder. On peut dire que les Scolytiens, surtout parleurs larves, forment une tribu annexe des Curculioniens.

C. Duméril plaçait les Scolytiens dans sa famille hétérogène des Cylindriformes, avec les genres Clerus, Coijinclcs, Apalc. Certains auteurs

scoi.i iiEiNS. () î ;

leur consorvfnt oxclusivcmfiil le nom de Xylopliages, qui leiii' coavienl essentiellement par leur régime, mais qui a l'inconvénieut d'iHre trop général, et qui s'appliquait, dans les ouvrages de Latreille, à ces insectes et à d'autres types, iliilin nous rejetterons pour eux le nom de Roslrichides, comme prêtant à une confusion déjà expliquée.

Voici les caractères généraux des Scolytiens adultes : Pièces buccales réduites, avec mAclioires unilobées et palpes des deux sortes de trois articles. Tête variable, parfois en museau ou rostre court, ou bien élargie et courte, ou bien subglobuleuse et cachée. Antennes de trois à douze arlicles, courtes et coudées, insérées dans une petite fossette en avant des yeux ou rudiment de scrobe. Corselet très-convexe en avant et couvert de fines aspérités serrées. Klytres presque toujours très-convexes, à stries plus ou moins distinctes, souvent tronquées et impressionnées à l'extrémité, avec quelques dents ; cavités cotyloïdes des hanches antérieures fermées en arrière, avec abdomen de cinq segments en dessous. l'attes courtes, à jambes comprimées, parfois denticulées, avec tarses létramères ou plutôt subpentamères, avec le troisième article bilobé et le quatrième ayant à la base un article rudimentaire ; crochets simples. Corps de forme générale allongée et plus ou moins cylindrique.

Les Scolytiens sont de petite taille et de couleurs le plus souvent uniformes, noires, ferrugineuses, rarement tcstacées, très-rarement métalliques. On les trouve sur les végétaux qu'habitent leurs larves ou volant aux alentours, et cela pendant toute la belle saison, car leur mulliplicatii)u est rapide et permet plusieurs générations dans la même année, du moins [)our beaucoup d'espèces.

l-es Scolytiens comptent à juste litre parmi les insectes les plus nuisibles, et .s'attaquent d'une manière presque exclusive suis, végétaux ligneux, aux arbustes et surtout aux arbres, pénétrant ou dans la partie interne de l'écoice, ou dans le bois, de la tige, et, pour certaines est pèces, des [)lu< minces rameaux. I.(!s forestiers se préoccupent a\er raison des ravagi's terribles de ces animaux, qui peuvent amener en peu d'années la mort des plus grands arbr<.'s de nos bois, de nos plantations, de nos promenades. Les Scolyte^ proprement dils ne nuisent pas aux arbres résineux, mais aux Amenlacées, aux l'Imacées, aux arbres fruitiers, (>lr. i.a [)lu[iai't ties autres, au ei m traire, \i\eul de Conifères, tantôt exclu-ifs aux l'ius, ou aux Sapins, ou aux Tliuias, tantôt indill'érents à divers genres. .\'i printemps, on reneonire en troupes énormes et à foules les heures du jour, les Scolyles et les liylésines; mais les Tomiques et les llyl orgues ne se rencontrent guère qu'au déclin de la journée, el c'est It; soir principalement, el pejt-èlre la nuit, qu'ils se livrent à leurs ébats : en ell'et, on trouve souvent le matin, criblés de trous d'entrée, des arbres qui, la veille, n'offraient pas la moindre trace d'invasion, i.a forme cylindro'ide du corps des Scolytiens, la râpe d'aspérités de leur corselet et du bout de leurs élytres; leur tète solidement attaehée :

i')ok COLÉOPTLRF.S. — SCOTA'TIKNS.

leurs manflibules courtes, forles, dentel('Os ; leurs antennes courtes et pouvant se replier sous la tète ; les pattes aplaties, souvent dentées ou en râteau, les rendent propres à creuser des galeries, à s'y maintenir et à y cheminer^ à rejeter au dehors les déblais. Les femelles déposent dans leur galerie, dite galerie de ponte, des œuls gros comme des graines de pavot, qu'elles recouvrent de poudre de bois ; souvent les mâles creusent aussi ces galeries. On ne connaît pas bien les détails de l'accouplement de ces petits insectes. Il paraît probable qu'il a lieu surtout dans la galerie de ponte. Les femelles des Scolytes proprement dils font, dit-on, sortir la partie postérieure de leur corps à l'orifice du trou d'entrée, de manière à s'olfrir à l'organe du mâle qui erre sur l'écorce, cherchant à remplir la mission pour laquelle il est né. On a trouvé des Hylurgues {H. Piniperda) des deux sexes accouplés dans la galerie de ponte, en position telle que le mâle et la femelle avaient dû, pour s'unir, s'approcher l'un de l'autre à reculons.

Il est des espèces de Scolytiens qui pénètrent dans les branches inférieures des Sapins, et les larves les perforent et amènent la dessiccation du rameau : ce qui faisait appeler ces espèces par Linuteus jardiniers de la nature, se chargeant d'élaguer des rameaux trop nombreux. D'autres espèces, bien plus pernicieuses, attaquent les stipes et les grosses branches, et pénètrent jusqu'à l'aubier des Conifères. C'est ainsi que le Tonricus typographus, Linn., est un des fléaux les plus redoutables des grandes forêts de Sapins du nord de l'Europe. Les feuilles aciculaires jaunissent et l'arbre meurt en commençant par la cime. Souvent les prêtres ont imploré dans les églises la clémence divine pour mettre un terme aux dévastations de ce chétif insecte. Dans les forêts du Harz les ravages sont signalés dès 16G5. De 1757 à 1783 le fléau reparait dans ces mêmes forêts, avec diverses intermittences, et en 1783 le mal était à son comble, et les arbres malades furent évalués en nombre à un million et demi. Ces masses de Sapins , naguère d'un superbe vert foncé, n'offraient plus à la vue qu'un aspect jaune terne et portant l'empreinte de la mort.

Les larves des Scolytiens (avec certaine exception pour le genre Piatypus) sont tout à, tait du môme plan que celles des Curculioniens. Elles sont, comme celles-ci, aveugles, apodes, à corps courbé en ;irc, à tête petite, coriace, rentrant dans le premier anneau Ihoracique, avec la même réduction des antennes et des pièces buccales, à premiers anneaux boursouflés par des mamelons latéraux : la forme arrondie du bord inférieur des anneaux et les fines aspérités du corps servent à la reptation dans les galeries. La femelle a espacé dans la galerie de ponte, qui a la largeur de son corps, les œufs, un à un en général, chacun dans une petite entaille, à droite et à gauche. De chaque œuf sort une larve creusant une galerie à peu près perpendiculaire à celle de la mère et s'élargissan t à mesure que la larve s'accroît ; si la larve meurt, la galerie inachevée reste courte. Au fond de sa galerie, dans

!-:f;<)i.YTiLNS : (; '.Liii'.ir.s, 635

uno sorte d'ampoule terminale formant la région la plus large, la larve, jiarvonue à tout son développement, s'entoure de poudre de bois agglutinée et devient nymphe. Au bout de peu de temps, l'adulte sort en perçant l'écorce d'un trou circulaire. Chaque larve a creusé toujours droit devant elle, de sorte que les galeries des diverses larves ne viennent pas se couper. Ces précautions instinctives amènent dans les galeries de la m(>re el des larves une régularité qui leur donne souvent la forme d'élégantes arborisations, dont les dimensions, en rapport avec la taille des espèces et les dessins constants pour chaque espèce, constituent d'importants caractères de celles-ci, et offrent pour les Scolytiens une excellente preuve qu'ils se séparent naturellement des Curculioniens à galeries des larves, quand elles sont lignivores, toujours confuses et sans ordre. 11 faut remarquer, principalement pour les Tomiques, que certaines espèces pénètrent dans les bois, d'autres ne s'adressent qu'aux vieilles écorces, d'autres aux écorccs minces, et enfin d'autres à celles seulement des plus jeunes pousses; de sorte qu'un même arbre peut cantonner quatre espèces dilférenles. Ce sont surtout les écorces dans leur liber qui sont attaquées par le plus grand nombre des Scolytiens, el c'est ce qui explique la gravité de leurs ravages en détruisant une région aussi essentielle pour la vie des arbres. On observe que ceux qui se logent dans les écorces épaisses creusent toutes leurs galeries dans sa partie profonde, mais que les espèces qui s'en prennent aux écorces minces établissent, tant adultes que larves, les galeries avec deux segments de leur circonférence, l'un à l'intérieur de l'écorce, l'autre à l'extérieur de l'aubier; de sorte qu'en détachant l'écorce, on observe deux épreuves en creux des mômes dessins, l'un sur l'écorce, l'autre sur le bois. C'est afin, sans doute, de ne pas compromettre, en approchant trop de la surface, le fragile abri qu'olfre une mince écorce. M. E. Perris (ses intéressants travaux sur les Scolytiens se trouvent dans les Ami. de la Soc. i-nfoin. tic France, années 1852 et 1856) a divisé les espèces de Scolytiens en catégories importantes pour les forestiers, d'après la forme des galeries et la partie de l'arbre qu'elles affectent. Les plus nombreuses espèces font des galeries subcorticales. Tantôt la galerie de ponte est longitudinale, et alors les galeries des larves sont transversales ou selon des arcs de circonférence, mais peuvent devenir longitudinales avec flexion, si le diamètre de l'arbre ne se prête pas à tout leur développement transversal ; tantôt la galerie de ponte est transversale, ordinairement en accolade à partir du trou d'entrée, et les galeries des larves longitudinales ; enfin, il peut y avoir plusieurs galeries de ponte rayonnantes ou étoilées à partir du trou d'entrée, et alors les galeries des larves sont perpendiculaires aux rayons. Un petit nombre d'espèces font des galeries qui pénètrent dans le bois, soit perpendiculaires à l'axe de l'arbre, soit formant avec sa circonférence comme la corde d'un arc. Les galeries des larves se détachent comme d habitude à angle droit de part et d'autre de la galerie de ponte, et

636 COLÉOPTÈRES. — SCOLYTIENS.

tantôt chaque larve fait sa galerie séparée , tantôt une galerie sert à plusieurs.

Une question divise les naturalistes et les forestiers au sujet des dégâts commis par les Scolytiens. Les Allemands se sont partagés à cet égard en deux camps. Les uns, parmi lesquels il faut comprendre les anciens entomologistes, Gmelin et Uliger et M. Ratzeburg, dont l'ouvrage sur les insectes nuisibles aux fordts offre une magnifique iconographie devenue classique, regardent les insectes comme un fléau direct et du premier degré, en admettant qu'ils se jettent sur les arbres sains et en pleine vigueur et détruisent en euv les organes de la vie, de sorte que les arbres succombent. L'autre école soutient que les arbres deviennent d'abord malade?, en raison de diverses causes, et qu'alors les insectes, avertis par leur instinct et sans doute par un odorat des plus subtils, s'aperçoivent de l'état de faiblesse des végétaux, alors même qu'il n'est pas encore visible pour nous, se portent sur ces plantes, et achèvent leur destruction sous d'innombrables lésions. Dans un arbre trés-vigoureux, l'excès de sève les rebute en bouchant constamment les trous et les entailles qu'ils pratiquent , les œufs demeureraient emprisonnés dans des tissus de nouvelle formation, et la sève exiravasée noierait les larves. On a pris des ècorces morles, criblées d'insectes; elles furent appliquées à la place de lambeaux égaux d'écorce enlevés à des arbres en pleine vigueur , et les larves n'ont pas envahi l'ècorco saine voisine. Dans Tété extraordinairement sec de 1835, qui détruisit 50 000 pieds d'arbres au bois de Vincennes, il fut constaté que près de la moitié n'avaient pas été atteints par les Scolytiens : ainsi 10 000 pieds de bois blanc et 10 000 de Chênes. Des arbres abattus et criblés de Scolytes furent débités en bûches amoncelées près de jeunes Chênes bien portants, et aucune trace de Scolytiens éclos par milliards au printemps de 1836 ne fut remarquée sur ces Chênes distants de quelques mètres. M. E. Ptrris a constamment observé des faits analogues dans les forêts de Pins maritimes des Landes. Aussitôt qu'un arbre sain est renversé, il est perforé dès le lendemain. M. E. Perris a fait enlever au printemps l'extrémité de toutes les branches déjeunes Pins vigoureux, et lej Tomicus et les Pissodes les ont fait périr aussitôt, avant que les bourgeons adventifs aient eu le temps de réparer le dommage. Les Pins sont parfois attaqués par une maladie inconnue et contagieuse qui se propage par les racines, et le seul remède est d'isoler les arbres atteints du resie de la forêt par une tranchée circulaire ; ils sont achevés en quelques mois parles Scolytiens. On peut dire que les insectes lignivores se comportent comme les Mousses et les Lichens, qui ne s'attachent qu'aux troncs des arbres qui commencent à s'alfaiblir par la maladie ou la vieillesse, tandis que les troncs robustes conservent une écorce lisse.

l'^n France, selon notre habitude [h>uv les questions modestes et utiles, on s'e.4 peu oci upé de (U'tte discussion, et même elle est restée hnig-

S(;(»LVHl•.^s : havacks, iu.Mti)Kv. 637

temps ignorée. On s'esl coiitenlé, en général, de la i^nlulion la pins directe, sans aucune observation approfondie, comme si la chose allait de soi, en admettant que lorsqu'on voit périr des arbres et qu'on y trouve des insectes lignivores, ceux-ci sont la cause immédiate du dommage. C'est ainsi qu'en 1835 on attribua au Pissodes notatus la perle des Pins de la foi et de Houvray, au SaAijtes pijgmœus celle des arbres du bois deVincennes, au Scolijtcs //(«/ii!'6fr/af«s la ruine des Ormes des boulevards de i'aris et dos environs de la capitale. Cette désastreuse année avait appelé l'attention sur ces faits, et V. Audonin émit une opinion mixte assez singulière, consignée dans l'Histoire des insectes, de M. E. Hlanchard (18/15). I/instinct des adultes les porterait à attaquer pendant plusieurs années consécutives les arbres sains, afin de les affaiblir el de les prédisposer ainsi à êlrc attaqués par les larves. Les observations directes font tout à fait défaut ù celte hypothèse, et il faudrait admettre souvent de la [)arl de Scolyiieus des voyages fort éloignés de leur lieu de naissance, ce qui n'est pas l'habitude des insectes. Peut-être arrivet-il parfois accidentellement que des nuées de Scolytieiis entraînés par le vent ont atlaqué des arbres sains là où la tourmente les déposait, parce qu'ils n'en trouvaient pas d'autres pour se nourrir. Aujourd'hui MM. F. Perris, Cioureau, Boisduval, ont adopté complètement l'opinion de /(/ maladie, c'est-à-dire des arbres débilités par diverses causes avant rinvasi(Mi des insectes, de même que les auteurs allemands Liebich, Lincker, Thiersch, Wiegraann, Krulzsch, etc. En Angleterre, M. Waliace s'est aussi rangé à l'opinion que les Scolytiens n'attaquent que les arbres déjà maladifs, et ses observations ont porté sur les espèces de Scnlyliens qui ra\agenl les forêts des archipels indiens.

Ea question la plus importante à traiter au sujet des dangereux Scolytiens est celle des remèdes à apporter à leurs dégâts. Ees moyens curalifs ont très-peu de valeur, si, comme tout porte à le penser, ces insectes ne font queliHlerla murt des arbres déjà faibles et malades. Le lavage des troncs à l'eau salée ou à la chaux n'a pas grand effet. On emploie à Paris depuis plusieurs années, pour guérir les Crmes des promenades publiques, le moyen suivant: l'écorce est enlevée à tous les points envahis par les Scolytiens. On tue ainsi les larves en les exposant à l'air, et l'on brûle toutes les écorces détachées. On couvre de goudron noir ou coaltar toutes les parties décortiquées, et l'on empêche ainsi l'évaporalion de la sève; cette opération se lait en juin el juillet. Ees arbres ne sont du reste sauvés que pour peu de temps; on tue bien les insectes, cause secondaire de la mort de l'arbre , mais on n'a pas obvié aux causes premières de la maladie, et celles-ci continuent à agir et amènent la destruction. Ea grande mortalité des arbres du bois de Vincennes avait amené, sur les indications de AE E. Hobert , l'essai d'un procédé que son peu d'efficacité a fait depuis abandonner. On décortiquait les troncs par bandes longitudinale?, de manière à ne conserver que certaines régions d'écorce. Ea sève afflue davantage dans

638 COLÉOPTÈIŒS. — SCOI.YTIENS.

l'écorce conservée, ef, disait-on, en même lemps que les Scolyfions ne peuvent plus vivre dans les parties décortiquées, la sévc surabondante les chasse du reste de l'écorce, et les bourrelets de cicatrisation sont trop durs pour être entamés par leurs mandibules. L'expérience n"a pas justifié ces espérances. Les branches non décortiquées demeurent toujours la proie des Scolyliens, puis l'arbre s'affaiblit en raison de la décortication partielle qu'il a subie, et bientôt les ScolytienS; plus acharnés que jamais, détruisent les parties où l'écorce a été conservée. M. E. Perris fait remarquer que la pratique contredit tout à fait cette méthode pour les Pins maritimes des Landes. Ces arbres sont entaillés par les résiniers, et l'on observe, dés qu'ils sont malades, que les Scolytiens et les Longicornes viennent précisément faire leurs poules sur les intervalles garnis d'écorce et sur les bourrelets. En outre, l'aisselle des rameaux, où les fibres de liber et d'aubier se contournent d'une manière comparable à celle des bourrelets de cicatrisation, sont des points très-exposés aux attaques des Scolyliens. L'étude attentive et prolongée pendant de nombreuses années, de ces forêts de Pins des Landes, n'inspire à M. E. Perris que peu de confiance dans tous les moyens tentés par l'homme contre les insectes. On n'a que des palliatifs , et encore à la condition du concours simultané de tous les agriculteurs ou sylviculteurs d'un pays.

Il a observé que, dans ces landes où auiune précaution n'est prise, les Tomiques et les Hylurgues sont toujours sensiblement en même nombre. Ce sont les parasites et les phénomènes atmosphériques, la sécheresse, la grêle, la gelée prin tanière, qui sont les grands moyens destructifs que la nature emploie pour limiter le nombre des espèces. Cependant M.E. Perris fait remarquer qu'il ne faut pas cesser de rechercher avec sollicitude les moyens humains de détruire les insectes, et que les entomologistes seuls, par une étude attentive des mœurs et des habitudes, peuvent amener à une solution partielle ou complète de ces importants problèmes.

Les moyens préventifs dont les forestiers se servent surtout contre les Scolyliens consistent à abattre dès le principe tout arbre attaqué et ;l enlever radicalement l'écorce, à écorcer et à carboniser les arbres malades abattus, si l'on ne peut les enlever immédiatement; enfin, à laisser des arbres-piéges destinés à recevoir la majorité des pontes et à les écorcer après. Dans l'opinion si probable que les Xylophages respectent les arbres bien portants et ne font périr que ceux dont une maladie ou un accident a affaibli l'énergie \itale, le meilleur moyen préventif est de planter les arbres dans les meilleures conditions possibles de terrain, et de les maintenir en état de vigueur par des labours au pied, des arrosemenls, des fumures, des engrais liquides et, au besoin, une taille rationnelle. Il est très-important d'opérer un échenillage actif, car les clnmilles, dévorant les feuilles ou les liges, alfaiblissent l'arbre et le préparent aux ravages bien plus graves des Scolytiens. C'est ainsi

SCOLYTlbNS : nAVAGLS, IIE.MÈDES. 639

que sur les Ormes on a remarqué que les Xylophages envahissent les sujets à la suite des dommages réitérés des clienillcs de deux Lépidoptères, le Cossh.ç Liguiperda dans \e tronc et les branches, le L«;jaris C/jr?/sorrhpa sur les feuilles. En 1835, eut lieu une destruction de la plupart des arbres du bois de Vincenues, et il n'y eut pas plus de la moitié des arbres qui succombèrent qui présentèrent les traces des Scolyliens. La cause principale du dommage fut l'extrêqQe sécheresse de l'été, qui offrit plus de trois mois consécutifs sans pluie. On peut dire ici, surtout au sujet des arbres plantés en quinconce ou en allées, pour ombrager et embellir les parcs et promenades publics, que l'homme contribue pour une part considérable à la propagation de ses ennemis, ainsi que nous l'avons déjà vu pour les Hannetons. La destruction inconsidérée des oiseaux dans les bois voisins des grandes villes a amené la multiplication des chenilles, qui affaiblissent énormément les arbres par la perte des feuilles, organes de leur respiration, et dès lors les Scolytiens par myriades détruisent les parties vitales où circule la sève. Il faudrait interdire avec sévérité le dénichagc et la vente pour la cage des petits passereaux. Remarquons toutefois que l'utililé des oiseaux est diminuée en ce qu'ils détruisent aussi des insectes zoophages.

Pour les promenades publiques, l'homme opère sur les arbres des tailles irréfléchies. On les élète afin de les disposer en berceaux, et, par suite, on les affaiblit en les mettant hors de leurs conditions naturelles. Les taillis, où les arbres croissent en quelque sorte cà leur volonté, sont toujours les parties des forêts les plus épargnées par les insectes. Les Ormes surtout aiment à croître isolés et libres dans les champs ; dès qu'on les plante en avenues et qu'on les taille pour cet usage, ils souffrent de l'affluv de sève qui résulte de la formation de nouveaux bourgeons adventil's, se couvrent d'ulcères, et bienlùt sont envahis par les insectes, f-cs allées sablées s'opposent à la pénétration facile des eaux pluviales dans les racines ; les feuilles tombées qu'on enlève en automne privent l'arbre d'un précieux aliment naturel. De même dans les vergers, les arbres fruitiers sont mutilés par une (aille qui les amène à produire un petit nombre de gros fruits, mais qui les affaiblit et les prédispose aux attaques des insectes. Près des grandes villes, les Scolytiens abonlcnt dans l'écorce des arbres, qui ne respirent qu'un air vicié par les émanations des usines et la fumée; dans l'intérieur des villes, les fuites des conduits du gaz à éclairage imprègnent le sol de goudrons très-nuisibles aux racines, surtout pour les Ormes. Aussi on a recours pour lesplanlations urbaines aux essences exotiques : le Marronnier d'inde.l'Ailanie, le Platane, le Robinier; car si ces arbres souffrent comme nos végétaux indigènes des causes générales que nous venons d'indiquer, ils ne sont pas envahis, bien qu'affaiblis, par les Scolyliens européens auxquels leurs principes incrustants ne conviennent pas, et résistent ainsi bien plus longtemps, car le propre des Scolyliens est d'amener rapidement lu mort des arbres déjà maladifs. On

G/lO COLÉOPlÈKIiS. — S^.0LYT11■^S.

est arrive depuis quelques année?, pour les jardins publics et squares de kl ville de Paris, à pratiquer l'excellente opéralion en élé, à de fréquents intervalles , de bêcher une aire circulaire autour de chaque arbre, en relevant la terre en petits talus à la circonférence, puis de faire un-arrosage à grande eau, en couche profonde. Ce moyen de raviver les arbres est un remède efficace, en même temps qu'un préservatif contre les dévastations des Xylophages, non pas qu'on les détruise par là s'ils existent, mais parce qu'on ralentit leur action.

GFNRES PRINCIPAUX.

gCCl-TTI'S, Ccoffr. — Funicule des antennes de sept articles, massue ovoïde illongée. Lobe des mâchoire.^ en fer de hactie oblique, un peu plus court que le pal| e . Corps épais, peu convexe. Tête en museau court, ('orsclet aussi long que les éhlres, celles-ci striées, aplaties à l'extrémité. Jambes non denticulées au bcrd externe et munies d'un fort crochet à l'extrémité.

Les Scoljtes n'attaquent pas les bois résineux. Plusieurs espèces sont Irès-nuibibles. Ainsi lOrnie en nourrit quatre espèces : le S. desiruotor, Oliv., le Scolylr de Geoffroy, le plus grand, de /i à 5 millimètre?, à corselet noir luisant, à élytres d'un fauve rougcûtre sombre, s'atlaquant i.u tronc ([;1. xxwjii, fig. la, antenne; Ib, mandibule; le, mâchoire et palpe ; i d, lèvre inférieure et palpes; 1 e, jambe et tarse antérieurs). C'est ausïi dans le tronc que \it le ^'. innltistrialus, Marsh., de toute l'Europe, plus petit. On trouve dans les Ijranchcs le S. Ulmi, Redt., et le ^'. pygmœits, Herbst, qui nuit aussi beaucoup aux Chênes. Ces quatre espèces, de teintes analogues, ont des galeries de ponte subcorlicales etlongitudinales.il en est de môme pour les S. rugulosus, Ivnoch, et Pruni, lîatz.; qui vivent sous les écorces des Poiriers, Pommiers, Pruniers et Abricotiers malades. Le S. intricatm, Ratz., dévaste les Chênes affaiblis, établissant sous l'écorce une galerie de 'ponte transversale en accolade, les galeries légèrement imprimées dans le bois.

UlXK'KGS^, Latr. — Funicule antcnnaire de mx articles, massue oblongn ovale à quatre divisions nettes. Tète en museau court. Corselet ponctué, plus court que les élytres, celles-ci fortement déclives à l'extrémité. Jambes denticulées en dehors. Corps épais, cylindroïde.

Ce genre comprend des insectes r( ngeuis très-nuiïibles aux Conifères. Le plus redoutable est 17/. Piniperda, Linn., de toute l'Luiope e du Caucase (pi. xxxvni, lig. L', Juilcnne ; '.!«, patle anlérii'ure). 11 a près c'e 5 millimètres de loi g, est noirâtre, finement pubescent, avec les tlylies souvent ferrugineuses en totalité ou en partie. Cette espèce vit (.xclusi\cn ( ni tnr U? l'ius. dont elle est h; llcau, ra\ageant dans le

HYLURGUS, HYLESINUS. 6M

Nord les Pins sylvestres, dans le Midi les l'ins naaritimes. On voit paraître les adultes de bonne heure , en mars dans le Nord , en janvier dans le Midi, et aussitôt ils perforent les écorces des Pins abattus ou malades, ainsi que les souches restées en terre, décelant leur présence par de petits tas de vermoulure rejetés des galeries ; souvent la résine se concrùle en tube autour des trous d'entrée. Ceux-ci sont obliques, et la galerie de ponte s'étend en long sous l'écorce, sans entamer le bois, avec une petite courbe à l'entrée, puis devenant droite au-dessus et au-dessous. Le déveloi)pement des larves ne devient rapide qu'en mai, et les adultes prennent leur essor en juin et au commencement de juillet. Ils trouvent moyen d'être nuisibles d'une autre manière que leurs larves. Ils cherchent un refuge et une nourriture dans les jeunes pousses de pin de l'année, et y creusent un canal en long. La jeune branche se flétrit et pend, prête à céder au vent ; on dirait des coups de ciseau donnés par ceà jardiniers de la forêt qui font souvent tomber les tltiches du sommet des jeunes arbres. L'H. piniperda n'a qu'une génération par an, ainsi qu'une espèce plus petite des mèmsis arbres, YH. minor, llartig. Il est probable, dit M. E. Perris, que c'est là le fait général pour les genres Ilylurgus et Hijlesinus. Nous citerons encore VU. ligniperda, Fabr., oblong, d'un brun fauve, également très nuisible aux Pins. Tous les Xylophages des Pins trouvent pour leurs larves un ennemi acharné dans la larve du Tillus fonnicarius ou Thanasimus (Clériensy, qui leur fait la guerre sous les écorces.

H%X,ESIXE>*, Fabr. — Funicule des antennes de sept articles. Corp-s cylindrique ou oblongo-ovale.

Les caractères de ce genre sont très-voisins du précédent. Les espèces sont nombreuses et dévastent divers arbres : ainsi H. Thuiœ, E. Perris, H. hicolor, HruUé, le Thuia; H. rittatus, Fabr., l'Orme; H. oleiperda, Fabr., de très-petite taille, 3 millimètres, le Frêne, le Lilas et l'Olivier. Cet insecte noirâtre, recouvert de poils roux, loge ses œufs dans l'écorce et l'aubier des petites branches des Oliviers. Les branches rongées se distinguent par des taches rousses, ou violacées, ou d'un gris brunâtre ; elles languissent et meurent bientôt après. En avril elles sont en outre percées de petits trous ronds par où sortent les adultes. Ces insectes, dans le midi de la France, reçoivent les noms de Ciron ou Taragnon. Ils se jettent de préférence sur les Oliviers malades, et leur présence est un indice que le sujet souffre. Il faut donc soigner l'arbre, augmenter sa vigueur par les labours, les engrais, les arrosages, et de plus, il faut enlever en mars ton les les branches tachées et les brûler. Les llylésines nous oiïrent encore deux espèces très-nuisibles aux frênes, 177. Fraxini, Fabr., detoute l'Europe i'.\ du Caucase, de 3 millimètres de long, ovale, noir, marbré de grisâtre, à pubescence cendrée, à antennes fauves ; VH. crenatus, Fabr., un peu plus grand, d'un brun de poix, à

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