II. — CÉRAMBYCIDES
Dernier article des palpes non aciculé. Jambes antérieures sans sillon oblique interne. Languette en général membraneuse. Pronotum trèsrarement distinct des flancs du prothorax ; hanches antérieures trèsvariables. Ce groupe offre assez fréquemment la tète prolongée en un museau plus étroit, ce qui ne se rencontre pas chez les Lamiides et très-rarement chez les Prionides. Les larves des Cérambycides, comme celles des Prionides, sont pourvues de pattes vestigiaires thoraciques, tandis que ces organes manquent dans les larves connues du grand type qui se rattache à l'ancien genre Lamia.
Nous commencerons l'étude des Cérambycides par un genre aberrant^ à jambes comprimées et dentées eu dehors, et non inermes, comme d'habitude ; à tète courte, non rétrécie en arrière.
SPOUiDYlilS, Fabr. — Têle courte; yeux à gros granules, à peine échancrés, non proéminents. Antennes courtes, plus longues que la tête, non entourées à la base par les yeux. Mâchoires très-petites, à deux lobes atrophiés. Palpes allongés. Corselet subglobuleux, non rebordé sur les côtés. Pattes assez courtes, subpentamères.
Ces insectes sont à la limite des Cérambyciens par la forme de leurs tarses qui semblent pentamères, le troisième article ayant à sa base un nodule très-apparent; les jambes sont dilatées au sommet, surtout les postérieures, et dentées extérieurement. Le corps est convexe et subcylindrique. L'unique espèce d'Europe, répandue dans tout le continent, est le S. buprestoides, Linn., dont l'auteur suédois faisait à tort un Curculionien du genre Attelabus. Il est représenté pi. xxi, fig. 6, (6a, bouche en dessous ; 66, mandibule; 6 c, lèvre inférieure ; 6 d, tarse antérieur). Les antennes ont les premiers articles moniliformes, les derniers com-
(;tKAMin(;ii)L.s. — spo.ndylis, megauerus. 721
primés. Cet insecte, de 16 à 20 millimèlres, d'un noir assez brillant, chagriné et glabre en dessus, couvert en dessous d'une pubescence fine et serrée, a le corselet très-arrondi sur les côtés, et les élytres ornées de deux lignes longitudinales élevées ; en outre, elles ont des côtes obsolètes chez la femelle, qui est plus grosse que le mâle. Il est nocturne et demeure caché le jour dans les souches des Pins et Sapins, ou sur leurs stipes renversés. Il vole le soir avec bruit et rapidité, parfois en troupes assez nombreuses. Les mandibules mordent assez fortement. La larve, décrite par M. Ratzeburg dans ses Insectes nuisibles aux forêts, vit dans l'intérieur des Pins et Sapins, surtout dans les souches ; elle est pourvue de six pattes très-courtes, avec l'anneau prolhoracique plus rétréci que chez les autres larves de Longicornes. L'espèce s'étend sur une zone considérable, de la Suède à la Méditerranée, d'après ce fait assez général pour les insectes des Conifères qui partagent l'extension de l'habitat de leurs arbres ; elle est des plaines dans le nord de l'Europe et des montagnes dans le sud. Dans les Landes, la femelle du S. buprestoides pond ses œufs en juillet dans l'écorce des souches des vieux Pins récemment abattus; la larve est aveugle et vit un an. Il y a deux autres espèces analogues de livrée et de sculpture, dans l'Amérique du Nord.
Les genres qui se rattachent au type Cerambyx ont les caractères généraux suivants : yeux échancrés, à granulation grosse ou fine. Mâchoires bilobées; palpes le plus souvent comprimés, à dernier article souvent triangulaire. Corselet non rebordé latéralement ; hanches antérieures arrondies. Jambes tiliformes, sans sillons ; cuisses postérieures souvent allongées et renflées en massue (du moins dans les genres européens). Ces insectes ont une grande force musculaire et un vol assez soutenu par les temps chauds et au soleil ; dans les beaux jours de la fin du printemps et du début de l'été, on les voit dans les bois, le long des chemins ombragés, ou des Saules qui bordeut les ruisseaux, leurs antennes, quand ils exécutent leurs courses aériennes, dirigées en avant, comme de longs tentacules. Un petit nombre sont crépusculaires et ont des teintes sombres ; les autres, en plus grand nombre, sont diurnes et munis de riches couleurs, ou ornés de dessins capricieux, d'arabesques élégantes. La plupart se tiennent sur les arbres ; certains aiment les haies et les arbustes des jardins, ou butinent sur les fleurs, surtout celles en ombelle, sur les Fenouils, les ombelles odorantes des Oignons cultivés dans les jardins champêtres, etc.
AIEGADKRl'^, Latr. — Antennes à premier article grêle, assez longues cliez les mâles, courtes ctiez les femelles. Corselet très-large, aplani, muni latéralement d'une pointe obtuse après son milieu. Elytres larges à la base. Pattes grêles.
Le type de ce genre, très-commun dans les collections, est le.U. stiijma, Fabr. (pi. un, tig. 2, femelle ; 2 a, thorax vu en dessous), de la Guyane,
CIRÀKD. Ati
722 COLliOPTÈRES, — CÉIUMBYCIENS.
du Brésil et de plusieurs contrées de l'Amérique du Sud. Il exhale, d'après Lacordaire, un odeur très-forte. Il doit son nom à une bande jaune transverse sur des élytres noires. Il y a une seconde espèce, plus petite, du Mexique et du Texas. Lacordaire rejette ce genre Megaclerus très-loin des TracJujderes, dont les auteurs l'ont habituellement rapproché, en raison de la grandeur de l'écusson. Il le place à la lin des Cérambycides, près du genre Tragocerus.
TRACIIVIIERES; Dalman, — Antennes à articles simples, peu épais, le troisièn-ie allongé, ayant presque deux fois la longueur du corps cliez les mâles, plus courtes et plus robustes chez les femelles. Corselet tuberculeux en dessus, allant en s'élargissant de chaque côté et épineux au milieu de chaque côté ; grand écusson triangulaire. Pattes robustes.
Ce genre contient des Coléoptères à couleurs vives et variées, à corselet raboteux, propres à l'Amérique méridionale. D'après d'Orbigny et Lacordaire, on les trouve sur les troncs d'arbres, où ils se tiennent tixés, les antennes ramenées sur le dos, ou bien encore autour des plaies des arbres. Quand on veut les saisir, ils s'envolent aussitôt ou se laissent tomber sur le sol.
Les genres et espèces groupés autour du genre Trachyderes ont été étudiés par Dupont {Munogr. des Trachijdérides, dans Mag.de zool., Ins., 1836, pi. l/|l-16i ; 1838, pi. 186 et 20Zi-22/i, et SnppL, 18i0, pi. 28-38). Ce sont des Coléoptères du Mexique et de l'Amérique méridionale, de taille qui dépasse d'ordinaire la moyenne, le plus souvent glabres en dessus et sans ponctuation, avec des couleurs vives et variées, mais jamais métalliques. Nous représentons le T. variegatus, Perty (pi. un, fig. 3, femelle), du Brésil, agréablement nuancé de jaune fauve et de noir sur la tète, les élytres, les pattes et les antennes. Le type du genre est une espèce très-commune, de la Guyane et du Brésil, T. succindus, Linn., noir, avec une bande transversale jaune sur les élytres. Quelques entomologistes, ainsi le célèbre collectionneur Dupont, ont fait diverses espèces avec ses nombreuses variétés. — Détails : PI. un, fig. h, bouche du T. succinctus ; Ix a, mâchoire bilobée et son palpe ; k b, lèvre inférieure et palpes ; lie, labre et mandibule ; k d, corselet de profil.
^PlI.E^OTllECtJS, Dupont, — Antennes peu robustes, deux fois plus longues que le corps. Corselet convexe, arrondi au milieu^ rétréci aux extrémités. Élytres à angle externe saillant, graduellement atténuées et tronquées d'une manière variable en arrière ; écusson assez grand, en tiiangle allongé. Pattes longues, surtout les postérieures. Corps allongé.
Ce genre est formé parquelquesLongicornes du Mexique, assez grands^ d'un noir brillant avec une pubescence fauve couchée, formant des bandes longitudinales sur le corselet et les élytres. — Ex. -.S. bivittatus, Dupont (pi. Lvi, fig. 9).
CÈRAMBVCIDES. — LOPHONOCl' RUS, ROSALIA, CALLICllKOMA. 12'6
L,OPIIO\OCKRI jii^ Aud.-Serv. — Corps allongé, déprimé. Antennes des mâles très-longues et très-robustes, avec les cinq premiers articles barbus. Corselet quadriépineux de chaque côté ; grand écusson; élytres arrondies au sommet. Cuisses cylindriques.
ÎSous figurons le malc de l'espèce type de ce genre américain , le L. bcirbicornis, Fabr., (pi. lui, fig, 5), très-beau Lougicorne de la Guyane et du Brésil. Trois espèces de ces régions, avec mélange de fauve et de noir.
KOfiiAMi, Aud.-Serv. — Tète avancée en avant, à front déclive, subconcave. Yeux petits ; antennes des niàles beaucoup plus longues que le corps, présentant plusieurs articles, en nombre variable, ornées à leur sommet de houppes de poils. Corselet fortement bituberculé, inerme sur les côtés. Pattes postérieures un peu allongées ; cuisses en massue.
L'espèce type de ce genre, de toute l'Europe et du Caucase, le R. alpina, Linn., de 20 à 28 millimètres de long, est un de nos plus élégants Longicornes, toujours recherché pour les collections. Le corps est un peu déprimé, les élytres ilexibles ; rien de plus gracieux que les houppes noires des antennes. La couleur est d'un cendré bleuâtre pâle, avec une tache noire veloutée près du bord antérieur du corselet , et trois autres de même couleur sur les élytres, celle du milieu occupant toute leur largeur. Il est difficile de se procurer sur place cette belle espèce, dont la larve vit dans le Ilètre, sans visiter des localités froides et élevées : ainsi en France, les Alpes, les Pyrénées, les monts du Cantal, le mont Lozère, la Sainte-Baume, etc. On la trouve aussi plus aisément dans les chantiers des villes approvisionnées par les plus hautes régions.
lll§iTl€IlOCUR.i, Kirby. — Antennes courtes, ayant chez les mâles, à partir du quatrième, chaque article prolongé en deux rameaux simples ou seulement dentés chez les femelles. Corselet prolongé latéralement. en arrière. Pâlies et tarses postérieurs allongés.
Ce genre australien doit son nom à ses curieuses antennes (pi. lvî, fig. G, antenne du mâle de i). maculicollis, Kirby). Six espèces; les mâles en général noirs en entier, les femelles en partie rouges ou jaunes.
CALLICIIHOYIA, Latr. — Corps allongé, peu convexe, un peu atténué en arrière. Antennes très-longues, grêles, non noduleuses à la base, ayant chez les mâles le dernier article très-allongé. Corselet transversal, muni latéralement d'un tubercule épineux. Cuisses comprimées, entières et mutiqucs dans les deux sexes.
La grande majorité des espèces de ce genre est propre aux parties chaudes du continent américain ; quelques-unes seulement sont origi-
724 COLÉOPTÈRES. — CÉRAMBYCIEiNS.
naires d'Afrique. Ce sont des insectes très-élégants, à riches couleurs souvent métalliques. — Ex. : G. spcciosum, Gory ou Gunji, Lacord., du cap de Bonne-Espérance (pi. lui, fig. 6, femelle, avec tête, corselet, élytres et dessous du corps d'un beau vert brillant et velouté, antennes, pattes et côtés de la poitrine d'un brun rouge).
'.^ROllflA, Aud.-Serv. — Genre très-voisin du précédent, détaclié pour quelques espèces d'Europe, remarquable par l'odeur suave qu'elles exhalent. Antennes du mâle presque d'un tiers plus longues que le corps (rien de particulier pour le dernier article), aussi longues chez la femelle.
L'espèce type est le Capricorne à odeur de rose de Geofî'roy, VA. moschata, de Suède, de France, d'Allemagne, de lljsde, intéressante par une forte odeur d'essence de roses un peu musquée. La larve vit dans les troncs des Saules et des Osiers, et l'on trouve l'aduUe sur ces arbres en juin et juillet. Le corps est d'un vert brillant, de 15 à 25 millimètres, cuivreux ou bleuâtre, le dessous et les appendices d'un bleu foncé ; les élytres très- finement ponctuées. Dans le Midi, les antennes et les pattes sont d'un bleu plus vif, et parfois on trouve des variétés à élytres foncées. Une espèce voisine, dont quelques auteurs ne font qu'une variété, est 1'^. Bosarum, Lucas, d'Espagne et d'Algérie, ayant le corselet orné de chaque côté d'une tache rouge pourprée de grandeur variable. Dans le midi de la Russie et dans le Caucase, se trouve VA. ambrosiaca, Stev.
C-OLOBUS, Aud.-Serv., ou Coloborhombus, Tliomson, le nom de Colobus éiani employé pour un genre de Quadrumanes. — Antennes courtes, dentées. Corselet armé latéralement; élytres réduites, n'atteignant pas la moitié du corps. Pattes postérieures très-longues.
Ce genre, curieux par la brièveté des élytres, est de la faune indienne. Le type est le C. hemipterus, Fabr. (pi. lui, fig. 10, sa bouche ; 10 a, mâchoire bilobée et palpe ; 10 b, palpe maxillaire plus grossi), de l'île de Java en particulier, et remontant jusqu'au nord de la Chine. Mâle inconnu.
l»lîRPrRICEl*I.!S, Aud.-Serv. — Antennes à troisième article plus long que le suivant, très-longues chez les mâles, courtes chez les femelles, non noduleuses à la base. Corselet transversal, subglobuleux, avec tubercule latéral. Corps oblong, épais, presque parallèle, finement velu. Cuisses cylindriques.
Le nom de ce genre vient de ce que les espèces européennes les plus communes ont les élytres d'un rouge vermillGU, et que cette couleur peut envahir le corselet : ainsi le P. Kœhleri, Einn., de France et d'Allemagne, de 15 à 20 millimètres, existant aux environs de Paris, et nommé
CÉRAMBYCIDES. — PURPURICENUS, CERAMBYX. 725
par Geoffroy le Capricorne rouge. La variété sans tache noire sur la suture des élytres est la plus fréquente pri-s de Paris. Sa larve vit dans les Saules et dans les vieux Pins. On trouve l'adulte en été sur les arbres et aussi fréquemment sur les fleurs, surtout celles des Oignons, Aulx, Poireaux, et de même pour les autres espèces du genre. On rencontre, surtout dans le midi de la France, de l'Allemagne, de la Russie, en Espagne, en Algérie, en Grèce, dans le Caucase, le P. budensis, Goëze (pi. LUI, fig. 8, bouche ; 8 a, antenne). Nous représentons une espèce du Sénégal, le P. decorus, Oliv., à corselet rouge, avec trois taches noires (pi. LUI, fig. 7, femelle). Le genre est nombreux en espèces répandues sur tout le globe.
CKR.%.YIUY'K, Linn. — Antennes de onze articles plus longues que le corps chez les mâles, plus courtes chez les femelles ; à premiers articles courts et noduleux au sommet, 3, i, 5 subégaux, les suivants plus longs. Corselet très-rugueux, armé d'une épine latérale. Pattes subégales ; cuisses comprimées.
Les Coléoptères de ce genre sont de grande et moyenne taille. On les nomme Capricurnes, à cause de leurs énornes antennes, ce qui est analogue à l'étymologie du nom de ce genre, corne-bœuf. Malgré la couleur noirâtre qui revêt tous ces insectes, ils plaisent aux yeux par l'élégance de leurs formes. Les grandes espèces vivent sur les Chênes et disputent aux Lucanes, aux Cétoines, aux Frelons, les fluides qui découlent des plaies de ces arbres. Elles sont ordinairement faciles à capturer et volent surtout le soir. Dans le jour, s'il fait chaud^ si le soleil darde ses feux, elles s'envolent aisément, et trompent la main qui cherche à les saisir, ou se laissent tomber de branche en branche en entr'ouvrant leurs ailes comme un parachute à demi déployé.
La plus grande espèce de France, qui se trouve dans toute l'Europe, dans le (aucase, en Analolie, est le grand Capricorne noir de Geoffroy. Elle passe dans plusieurs contrées pour la femelle des insectes appelés Cerfs- volants, et a reçu, fort à tort, le nom de Biche. Le dessus du corps est d'un noir brunâtre ; les élytres passent insensiblement au marron vers leur extrémité, et sont munies d'une épine à leur sommet interne ou angle suturai, épine moins marquée chez les femelles ; l'écusson est sinueusement triangulaire. Le nom scientifique prête à la confusion : c'est le C. Cerdo, Linn., plus connu sous le nom de C. héros, Scop., Fabr., auct. (pi. un, fig. 9, antenne de femelle). Sa longueur est de 30 à 50 millim. Sa larve vit dans les troncs et racines des vieux Chênes, dans lesquels elle creuse d'énormes galeries, de manière à causer des dégâts considérables dans certaines forêts. Elle atteint une longueur de 5 à6 centimètres sur plus d'un centimètre de largeur maximum, et l'on juge par là du dommage causé aux poutres et planchers. Elle est d'un blanc jaunâtre, avec des plaques rugueuses sur chaque anneau. Elle a des pattes thoraciques vestigiaires très-peu visibles, avec un
726 COLÉOPTÈRES. — CÉRAMBYCIENS.
petit ongle pointu. Il est probable que cette larve, avec celle du Lucanus Cervus, constituait le Cossus dont les Romains étaient si friands, et qu'on trouvait, au dire de Pline, dans les Chênes. Selon M. Mocquerys, cette larve vit aussi en Normandie dans les Pommiers. C'est au mois de juin, vers sept heures du soir, qu'il faut chercher l'adulte dans les forêts de Chênes. Autrefois on le prenait à Paris à la mare d'Auteuil. Si l'on pique ces robustes insectes à côté les uns des autres dans la boîte de chasse, on court le risque qu'en se débattant, ils ne brisent leurs grandes antennes, ou se les coupent de l'un à l'autre avec leurs mandibules. On les rapporte intacts en les mettant dans un sac de toile rempli de feuilles de Chêne. Une seconde espèce commune, de taille moitié moindre, le petit Capricorne noir de Geoffroy, se nomme C. Scopolii, Laïch., ou plus ordinairement C. Cerdo, Scop., Fabr., auct. Elle est entièrement noire, avec un léger duvet, blanchâtre ; les élytres sont sans épine à l'angle suturai du sommet. Cet insecte est commun dans les jardins et sur les haies, sur l'Aubépine, les Spirées et autres fleurs en corymbe et en ombelle. Il est d'Europe, du Caucase et d'Algérie (variétés). La larve ronge surtout le pied du Pommier et aussi du Groseillier rouge et de divers arbrisseaux ; on la trouve, d'après MM. Chapuis et Candèze, sous les écorces des Cerisiers et des Chênes morts, etc. Cette espèce est très-nuisible aux Pommiers dans la Normandie. M. Mocquerys suppose que le bouchon de fine sciure, agrégée par la salive de la larve, qui se trouve placé par elle avant le point où l'adulte percera son trou de sortie de forme ovale, est destiné à nourrir celui-ci avant cette sortie. Il dit en effet avoir observé que déjà en octobre et en novembre les adultes sont éclos dans la galerie qu'ils ne doivent quitter que cinq à six mois plus tard. Beaucoup de Coléoptères, ainsi les Hanneloas, nous offrent des faits analogues d'éclosions prématurées.
HAMATICHERi:<i>, Aud.-Serv. — Antennes du mâle plus longues que le corps, à troisième article beaucoup plus long que le suivant, les articles 3 à 7 épineux extérieurement. Corselet ridé transversalement, armé sur le côté d'une épine. Pattes subégales.
Ce genre, démembré de l'ancien genre Crrambyx, est formé d'insectes de l'Amérique du Sud. — Ex. : H. plicatus, Oliv., ou ru/ipennis, Gory, de la Guyane et du Brésil (pi. liv, fig. 1 ; la, tête vue de l'ace),
COSiiiNOMA, Aud.-Serv. — Antennes plus longues que le corps, à troisième article plus long que le suivant, le sixième très-fréquemment muni d'une houppe de poils. Corselet allongé. Pattes postérieures plus longues que le corps.
Genre américain. — Ex. : C. speculiferum, <îory, de la Guyane (pi. i.iv, fig. 2 ; 2 a, tarse postérieur grossi). Espèce remarquable par une tache rectangle argentée comme un miroir sur chaque élytre.
CÉRAMBYGIDES. — COREMIA, OREGOSTOMA, CALLIDIUM. 727
CORKlllA, Aud.-Serv. — Antennes du mâle presque de la longueur du corps, grêles, à troisième article de longueur égale à celle des deux suivants. Pattes intermédiaires allongées ; pattes postérieures très-longues, avec jambes munies au sommet de longues houppes de poils.
Genre de l'Amérique du Sud, comprenant deux espèces. — Ex. : r. hîrtipes, Oliv., de la Guyane, dont le nom rappelle le curieux caractère des pattes postérieures (pi. liv, fig. 3 ; 3 6, tarse postérieur).
OREGONTOMA, Aud.-Serv. — Corps suballongé, subparallèle; antennes dont la longueur dépasse seulement (chnz le mâle) celle de la moitié du corps, à troisième article du double plus long que le suivant, les autres comprimés, subdentés. Faites postérieures allongées.
Espèces de l'Amérique du Sud. — Ex. : 0. rubricorne, Aud.-Serv., du Brésil (pi. L!v, fig. 7 ; 7 a, tète vue de face ; 7 6, antenne).
CALLIDIUM, Fabr. — Antennes suballongées, inermes. Corselet non tuberculeux, presque inerme souvent sur les côtés; élytres planes ou subdéprimées. Cuisses renflées brusquement et fortement en massue. Corps subdépiimé.
Les Callidics sont diurnes, et beaucoup attirent les regards par leur beauté ; plusieurs brillent d'un éclat métallique ou étincellent d'un rouge à la fois ardent et satiné ; il en est que des bandes lactées transversales font paraître comme ceints d'une ou deux écharpes blanches. On les voit dans les bois, parfois immobiles, mais ordinairement courant sur les vieux arbres ou sur les troncs renversés, d'autant plus agiles que le soleil embrase l'air de plus vifs rayons. Souvent les amateurs d'insectes vont les chercher dans les chantiers, soit sortis des bois qui les recelaient, soit trompés par l'instinct et désirant pondre ; il est rare qu'ils fréquentent les fleurs.
INous repi'ésentons une espèce bronzée et métallique, le C. hiincfuricum, Fabr., ou insubricum, Germ., du sud de la France et de l'Allemagne et d'Italie (pi. i.iv, fig. /)). L'espèce la plus remarquable de ce genre est le C. .mnguineum, Linn., de toute l'Europe, du Caucase, de l'Algérie, Coléoptère d'un beau rouge de feu, de 10 millimètres de long, avec antennes et pattes noires, complètement couvert d'une pubescence soyeuse et serrée : c'est la Lepture veloutée couleur de feu de Geoffroy. Il est extrêmement commun dans l'Europe tempérée, rare dans le nord et l'extrême sud. Sa larve vit dans l'aubier du Chêne, et l'on voit très-souvent l'insecte parfait éclore au printemps dans les chantiers, les bûchers, les appartements parquetés. 11 faut citer dans le même genre le C. Alni, Linn., varié de noir et de brun fauve, avec deux bandes blanches sur chaque élytre, très-abondant dans les chantiers, dont la larve vit dans les Chênes, de sorte qu'au début du printemps les troncs des Chênes
728 COLÉOPTÈRES. ~ CÉRAMBYGIEiNS.
sont parfois couverts en abondance de ces Longicornes. Ajoutons e C. violaceum, Linn., de toute l'Europe, de 12 millimùtres, à élytres ponctuées, bleues ou d'un bronze violet, dont la larve vit dans les Sapins; le C. unifasciatum, Fabr., d'Allemagne, d'Italie, remarquable par une seule bande transversale blanche sur les élytres, vivant dans les tiges de la Vigne. Le genre restreint n'a que quelques espèces d'Europe et d'Amérique du Nord.
Dans un sous-genre très-voisin Phijmatodes, Muls., se trouve une espèce curieuse par ses continuelles variations d'individu à individu. C'est en quelque sorte une espèce non encore fixée, comme nous en trouvons dans tous les ordres des insectes, selon la théorie de Lamarck, d'E. Geoflroy Saint-Hilaire, de M. Darwin. Le P. variabilis, Linn., d'Europe, du Caucase, dont la taille change de 10 à 15 millimètres, offre les élytres d'un noir violet, ou verdâtres, ou ardoisées, ou de ces couleurs, avec le corselet et partie des pattes et antennes d'un rouge terne {la Lepture noire â corselet rougeâtre de Geoffroy), ou avec les élytres fauves en tout ou partie, entln avec les élytres d'un jaune livide {la Lepture livide à corselet lisse de Geoffroy). Ce Coléoptère protéiforme est très-commun dans toute l'Europe, et se trouve, importé ou originel, dans l'Amérique du Nord ; sa larve vit dans le Hêtre, surtout le Chêne, et diverses autres essences. On rencontre souvent l'adulte dans les maisons, comme le C. sanguineum. Le genre Phijmatodes est assez nombreux en espèces et répandu partout.
HYIiOTRliPEfS*, Aud.-Serv., plus exactement Xylotrupes. — Antennes courtes, à peine aussi longues que la moitié du corps, même chez les mâles, subfiliformes. Corselet transverse, inerme latéralement, bituberculé sur le dos. Ovi- . ducte saillant chez les femelles.
L'espèce type de ce genre, X. bajulus, Linn., d'Europe, d'Algérie, du Caucase, est un insecte très-commun, couvert d'une fine villositô blanchâtre. 11 est remarquable par la gracilité de ses pattes fragiles, qui restent souvent dans les doigts cherchant à le capturer. 11 varie beaucoup de couleur et de taille ; le plus souvent il a la tête, les pattes, les antennes, le corselet noirs, les élytres de couleur lie de vin ou fauve, ou testacées, avec trois mouchetures blanchâtres pouvant disparaître. Les mâles sont notablement plus étroits et plus petits que les femelles. Les larves vivent surtout daus les Pins et Sapins, et aussi dans d'autres arbres. Souvent elles rongent les bois et les meubles de nos maisons, d'où le nom du genre qui signifie perce-bois. L'adulte se rencontre un peu partout ; c'est la Lepture brune à corselet .rhomboïd al de Geolfroy. L'espèce existe dans l'Amérique septentrionale, et accidentellement dans les localités les plus diverses par imporlaiion. Il y a une seconde espèce d'Australie.
Dans un genre très-voisin se trouve le Siiinpiczacera, Lucas, Lunrasi.
CÉRAMRYCIDES. — XYLOTRUPES, SYMPIEZOCERA, GLYTUS. 729
Lucas, rencontré d'abord en Algérie, très-beau I.ongicorne d'environ 15 millimètres, ponctué, à tète et corselet noirs, les élytres testacées, avec deux larges bandes noires, une au milieu, lautro au bout.
Depuis, l'espèce fut reprise sur les Genévriers en Corse et àVernel-les- Bains (Pyrénées-Orientales). L'espèce est de la faune méditerranéenne et remonte jusqu'aux environs de Paris. En effet, un couple d'individus vivants de ce genre fut trouvé en 1855 par M. de Bonvouloir dans le bois d'Auteuil, et regardé comme provenant de quelque bois exotique de l'Exposition universelle. L"n sujet ?no?t fut rencontré bien plus tard en hiver dans la forêt de Fontainebleau, par M. le docteur Marmoltan. En avril 1872, M. Grouvelle reprit l'espèce dans les mêmes bois, et recueillit un assez grand nombre de sujets morts récemment. Cette capture intéressante se iit en écorçant des troncs de Genévriers vieux et affaiblis. Le bois paraissait percé de trous bouchés par de la poussière ligneuse et invisibles sur l'écorce, orifices de galeries s'enfonçant à un centimètre, où restaient çà et là des sujets morts sans avoir pu sortir. Il est probable que l'éclosion se fait de très-bonne heure, dès le mois de mars, et en outre qu'une seconde éclosion a lieu en juillet, époque où M. Léveillé a trouvé un sujet vivant (1872). Nous devons à la complaisance de M. Grouvelle de pouvoir figurer un mâle encore inédit (pi. Lv, fig. 9). On voit quel intérêt s'attache, pour les amateurs parisiens, cà cette rare espèce. Elle existe probablement à Lardy, localité analogue à Fontainebleau pour ses grès, son aridité et sa flore, et beaucoup d'insectes méridionaux se trouvent à la fois dans ces deux pays. Nous espérons qu'on publiera sa larve. Le genre a une seconde espèce au Japon (Lacordaire).
CLYTl'S, Laïcliartin^. — Tête inclinée, à front grand, vertical ; antennes courtes. Corselet oblong, subgloliulciix. l'attes grêles ut allongées, surtout les postérieures, avec cuisses plus ou moins en massue. Corps allongé, convexe.
Les Clytus sont des Longicornes qui fréquentent les fleurs au milieu du jour, surtout celles en ombelle et en corymbe ; ils sont très-agiles par les temps chaud?, soit au vol, soit à la course appropriée à leurs pattes longues et minces. D'une manière gn)ssière, ils ont de loin, dans leur mélange de jaune vif et noir, quelque chose qui rappelle les Polistes et surtout les (iuêpes solitaires (Hyménoptères'.
« Ils sont généralement remarquables, dit M. Mulsant, par l'élégance de leur parure. Les uns, sur leurs élytres de velours jaune, portent des points ou des bandes d'ébène ; plusieurs, sur un fond obscur, montrent des espèces de signes hiéroglyphiques, des lignes courbes ou flexueuses, des chevrons ou des croissants d'argent ; les autres, sur leurs corps de jais, semblent chamarrés de galons d'or, comme nos hommes de cour. » Ils sont répandus dans toute l'Europe, mais surtout dans les parties médianes et australes.
Nous allons citer et décrire brièvement les espèces parisiennes les
730 COLÉOPTÈRES. — CÊRAMBYGIENS.
plus communes, dans l'intérêt des collectionneurs au début. — Le type du genre est le C. Arietis, Linn., de 9 à 35 millimètres, dont la femelle est plus grande que le mâle, ayant deux bandes de duvet jaune au corselet, i'écusson jaune velouté, et quatre bandes jaunes sur les élytres, la seconde sinuée comme les cornes d'un bélier, les cuisses postérieures ferrugineuses. C'est la Lepfure â trois bandes dorées de GeolTroy. Cette espèce est très-commune dans toute la France pendant l'été, et se trouve très-souvent dans les chantiers. L'adulie se prend aussi sur les ombelles, les haies, au bord des bois ; la larve vit dans les jeunes tiges et les branches de divers arbres, perfore surtout les bois d'Orme et de Hêtre, et aussi de Chêne, Pommier, Mûrier, Sycomore, Merisier à grappes, etc. ^-LeC. massiliensis, Linn., la Lepture à raies blanches de Geoffroy, de plus petite taille, se trouve sur les fleurs en ombelle ; il a une étroite bande de duvet blanc sur le corselet, et trois bandes blanches sur les élytres, la première arquée. — Le C. Verbasci, Linn., est rare aux environs de Paris, bien que connu de Geoffroy {la Lepture jaune à bandes noires) ; il est surtout du midi de la France et de l'Europe, et se prend sur les Carduacées et les Ombellifères. On le reconnaît à sa couleur jaune verdâtre, avec trois courtes bandes sur les élytres. — Le C.quadripunctatus,Fâbr., de 10 à 12 millimètres, ou Lepture veloui^s jaune de Geotlroy, offre, sur un duvet veloulé jaune verdâtre, quatre points noirs, deux par é^ytre. Cette espèce, dont la femelle est bien plus forte que le mâle, fréquente rarement les fleurs, mais se voit sur les arbres et, dans les maisons , sur le bois à brûler ; la larve vit dans divers arbres forestiers et de jardin, le Bouleau surtout, le Sycomore, le Noyer, etc.
Mentionnons enfin le C.arcuatus, Linn., de toute l'Europe et d'Algérie (pi. Lv, tig.6}, ressemblant beaucoup au C. Arietis, mais en général de taille plus grande et surtout plus robuste, noir, avec divers dessins d'un jaune vif, tels que double bordure au corselet, écusson jaune, et en outre trois points jaunes à la base et à la suture des élytres, bande sur les élytres, comme chez Arietis, mais la bande arquée moins oblique et parfois remplacée par des points, les appendices roux, les antennes bien plus fortes ; très-commun sur les Chênes récemment coupés, et se prenant fréquemment dans les villes, à cause des poutres de construction.
Lacordaire restreint le genre Clytus à un nombre assez borné d'espèces d'Europe, d'Algérie, d'Asie Mineure, des États-Unis et du Mexique.
Dans un sous-genre très-voisin, Anaglxjptus , Mulsant, à antennes des mâles presque aussi longues que le corps, à élyti^es bibosselées à la base, nous devons signaler Y A. mysticus, Linn., de toute l'Europe et du Caucase, à élytres d'un rouge brun, ornées de trois raies courbes dues à des poils blanchâtres, opposition de couleurs qui le fit nommer par Geoffroy /a Lepture arlequin. Ce Clyle se trouve surtout dans les parties septentrionales ou froides de la France; on le capture en juin sur les fleurs d'Aubépine, de Spirée, etc. Sa larve perfore de nombreux trous les bois de Hêtre.
CÉRAMBYCIDES. — OBRIUM, GRACILIA. 7'31
OURirM, Latr., Aud.-Serv. — Antennes grêles, pubescentes, assez longues. Corselet étroit, cylindrique, unituberculé latéralement. Pattes subégales; cuisses en massue. i
Le type de ce genre est VO. cantlidrimiin, Linn., de Suède, de France, d'Allemagne (pi. uv, fig, 6; 6f/, jambe et tarse postérieurs; 6 6, labre; 6c, lèvre inférieure et palpes; 6iJ, antenne; 6e, mûchoire et palpe; 6/' mandibule). C'est un Longicorne de petite taille pour la tribu et rare, tout d'un fauve ardent. Europe, Amérique du Nord, Afrique.
f>R.%MM.%, Aud.-Serv. — Corps allongé, déprimé. Antennes filiformes, glabres, plus longues que le corps, (^orselet snbarrondi latéralement et inernie. Cuisses en massue très-renflée.
Ce genre contient des I.ongicornes faibles, de petite taille, des plus exigus de la tribu. Comme beaucoup de petites espèces, leur multiplicalion est considérable en raison de leurs chances de destruction. Le type du genre est un insecte nuisible, le G. pygmœa, Fabr., d'un brun plus ou moins rougeâlre, de Suède, de France, d'Allemagne, du Caucase (pi. Liv, fig. 10). La larve vit dans le bois mort du Châtaignier, du Saule, du Bouleau, etc. Elle ronge les bois des treillages, les vieux paniers d'osier qu'elle réduit en poussière, les cercles des tonneaux. Les adultes sont parfois très-abondants sur ces matières, et, dans les maisons ou magasins qui les renferment , on les a vus couvrant de leur multitude des portions de muraille. Dans certains greniers, elles viennent mourir sur les appuis des fenL'tres, dans les toiles d'araignée. Une autre espèce aux États-I'nis, peut-être la même par transport.
Les Longicornes auxquels le genre Leptara peut servir de type général nous offrent les caractères distinctifs suivants : Tôte souvent oblongue ou trièdre, souvent brusquement rétrécie en cou. Yeux subari'ondis ou échancrés, le plus souvent iinement granulés, t'alpes le plus souvent comprimés ; mâchoires bilobées. Corselet non rebordé latéralement. Hanches antérieures coniques; jambes antérieures filiformes, non sillonnées en dedans. C'est dans ce groupe que se trouve la plus grande quantité de Cérambyciens à forme étroite et allongée. L'immense majorité des espèces appartient au continent européen, à l'Asie et à l'Amérique boréales ; au contraire , le sud de l'Asie et de l'Amérique et le continent africain n'en comptent qu'un petit nombre d'espèces, ainsi que l'Australie. Les espèces d'Europe sont, dans les Longicornes, les plus fréquentes sur les fleurs. Les larves connues ont la tête à peu près libre, des pattes et un bourrelet transversal sous les segments du prothorax.
732 COLÉOPTÈRES. — CÉRAMBTCIENS.
rAKTALlil'M, Aud.-Serv. — Corps assez convexe. Antennes grêles, à peu près de la longueur du corps chez les mâles. Corselet obtusément armé sur les côtés. Cuisses en Uiassue.
Ce genre est placé par beaucoup d'auteurs, dans le groupe précédent, à côté des genres Obrium et Gracilia. M. J. Thomson et M. L. Fairmaire l'en séparent à cause de ses yeux finement granulés, comme ceux des genres qui suivent, et des cavités cotyloïdes antérieures angulées en dehors. 11 est formé d'une espèce de petite taille, le C. ehnlinum, Linn., à corselet roux, à élytres vertes (pi. uv, fig. 5), qu'on trouve sur les fleurs dans le midi de la France et de l'Allemagne, en Espagne, en Italie, en Algérie, dans le Caucase.
STETiOPTKRlîS, Ulig. — Antennes moins longues que le corps dans les deux sexes. Corselet tuberculeux, inerme sur les côtés; élytres déprimées, plus ou moins rétrécies et déhiscentes en arrière, parfois un peu plus courtes que l'abdomen. Cuisses fortement en massue.
Les insectes de ce genre sont faciles à reconnaître à leur corps déprimé en dessus et velu, et surtout à leurs élytres atténuées et déhiscentes en arrière, de sorte qu'ils ont une certaine ressemblance avec les OEt/emem, de la tribu des Cantharidiens. On les trouve ordinairement en été sur les fleurs en ombelle ; et l'espèce commune près de Paris est le S. rufus, Linn., de France, d'Allemagne^ de Grèce, du Caucase, la Lepture à étuis étranylésde Geoffroy; les élytres, les antennes, les cuisses postérieures sont fauves, le corselet noir. Nous figurons une espèce d'un genre assez voisin, Oduntocera, Aud.-Serv., graciUs, Klug, du Brésil (pi. uv, fig. 9), genre fondé sur des espèces des régions chaudes de l'Amérique du Sud.
il'ECYDAl.IS, Linn. — Antennes robustes, bien moins longues que le corps. Élytres très-courtes, atteignant à peine la base de l'abdomen; ailes bien développées, non repliées sous les élytres. Pattes postérieures plus longues que les autres ; cuisses en massue médiocre.
L'aspect de ces Coléoptères est très-étrange, surtout quand ils volent : on dirait de grands Ichneumons. Nous figurons l'espèce type, la grande Nécijdale {N. major, Linn.), de Suède, de France, d'Allemagne (pi. liv, fig. 8), à tête et corselet noirs, élytres fauves, pattes rousses, ailes roussâtres, hyalines partout. Selon M. Chevrotât et d'au très auteurs, il y aurait une seconde espèce très-voisine, de taille un peu plus grande, lejY. Ulmi, Chevr., propre à la France seulement, assez rare partout, présentant sur le corselet et les élytres un duvet doré, à ailes roussâtres comme l'autre, mais obscures ou noirûlres à l'extrémité. Sa larve se trouverait dans les arbres à bois dur : Orme, Chêne, Charme, etc., le môme arbre
CÉRAMIÎYHIDES. — NECYDALIS, MOLOKCHUS, VtSl'liHUS. 733
roalermant souvent une nombreuse nichée. Ou trous e l'adulte en élé sur les troncs, surtout au point du jour. On le prenait aisément il y a une trentaine d'années sur les Ormes des boulevards extérieurs de Paris et du Champ de Mars ; il est presque introuvable aujourd'hui aux envi- , rons immédiats de Paris, qui ofl'rent si peu de vieux arbres. La larve de la première espèce vivrait au contraire dans les arbres à bois tendre, Saule, Tremble, l'eu plier. La distinction des deux espèces avait été pressentie par Buettner, d'après le régime différent des larves. Peut-être n'y a-t-il réellement que deux races ?
Lés Necijdalis ne comprennent que peu d'espèces, sveltes et de grande taille, d'Europe et d'Amérique du Nord, à couleurs mélangées de noir et de fauve.
MOLORt'iiUN, Fabr. — Antennes en général plus longues que le corps, grêles, Élylres assez déprimées, très-courtes, ressemblant à des écailles, fortement dépassées par les ailes. Cuisses fortement en massue.
Ces insectes à corps allongé, déprimé, un peu velu, sont analogues à ceux du genre précédent, mais de taille bien moindre. Ils affectionnent les régions froides, et plusieurs espèces sont des montagnes, leurs larves vivant dans les Sapins. L'espèce des plaines, de toute l'Europe, dont les larves se trouvent dans divers arbres, est le M. Umhellataruia, Linn., dont l'adulte se prend au vol en juillet sur les fleurs des Ombellifères et des Spirées. Il est de petite taille, à élytres sans taches, à antennes plus courtes que le corps, à cuisses peu renflées, à antennes de onze articles dans les deux sexes. On prend dans les montagnes une espèce plus grande, le M. minor, Linn. (par opposition à Necydalis major), de 8 à 10 millimètres, à antennes de douze articles chez les mâles, bien plus longues que le corps, brun, à élytres avec une raie blanche à l'extrémité.
Les ili(j/orc/H/,ç, confondus longtemps avec les Necydalifi, oui une livrée variant du brun au fauve livide, souvent avec un trait ou une tache blanchâtre sur les élytres. On en trouve en Europe, en Chine, en Australie, aux Étals-Unis.
VESPERISS, Latr. — Tète forte, rentlée, rétrécie à la base. Yeux grands, à gros granules; antennes grêles et longues. Corselet conique. Élytres longues, subparallèles, recouvrant l'abdomen chez les mules ailés, courtes et déhiscentes chez les femelles à ailes nulles ou imparfaites.
Ces insectes, dont Irois espèces de l'exlrème midi de la France, sont crépusculaires, à teintes livides, brunâtres pour la tète et le corselet, jaunâtres pour les élytres ; dans les deux sexes les élytres sont trèsmolles et bien plus larges à la base que le corselet. Les femelles, dont les élytres écartées elle large abdomen rappellent l'aspect des Méloés, s'éloignent peu des bois ; les mâles volent le soir avec un bruit qui les
73i COLEOPTERES. — GERAMBYCIENS.
décèle. Nous mentionnerons le V. strepens, Fabr., de la Provence , des environs de Grasse et de Draguignan, dont la larve vit dans le Pin ; l'adulte se trouve souvent dans les appartements, sortant des bois de construction, et le mâle entre le soir, attiré par les flambeaux. Une espèce très-voisine est le V. luridus, Rossi (pi. lv, fig. 2, mâle; 2 o, femelle; 2 6, tête vue de face; 2 c, Id., vue en dessus). Cette espèce est de diverses parties de la Provence , notamment des environs de Marseille et aussi de l'Algérie. La femelle est quelquefois enlacée dans les toiles des Araignées, et le mâle est attiré le soir par les lumières. Il paraît que la nymphose de cette espèce s'opère en terre, dans une coque sphérique formée de petits grains agglutinés. La vie souterraine a été exactement constatée pour la troisième espèce de France, le V. Xatarti, Muls., par M. Lichtenstein ; la larve, trapue et non arquée, mais pourvue de petites pattes, vit sous terre de racines, ce qui a lieu pour quelques autres Longicornes. Nous remercions M. II. Lucas de pouvoir figurer, grâce à lui, cette larve inédite (pi. lv, tig. 10). On indique encore une espèce d'Espagne, et quelques autres du Maroc, d'Asie Mineure. Les deux sexes sont d'un testacé livide pouvant passer au brunâtre; les élylres des mâles sont finement pointillées, celles des femelles rugueuses et à lignes saillantes.
l>ElSIIIOC£ntI$^, Aud.-Serv. — Antennes courtes, à articles noueux, le troisième plus long que le suivant. Corselet trapézoïdal, à angles postérieurs aigus. Pattes médiocres.
Ce genre, de l'Amérique du Nord, a pour type le 1). cyaneus, Fabr. (pi. LV, fig. 1 ; 1 a, tête vue de face ; 1 6, base d'une antenne). Deux autres espèces»
STEXOCORUS, Geoffr., ou RHA.GIUM, Fabr. — Antennes moins longues ou à peine aussi longues que la moitié du corps, à troisième article pas plus long que le suivant. Tête quadrangle, rétrécie brusquement à la base. Corselet armé latéralement. Corps oblong, subdéprimé en dessus, assez épais. Pattes assez grandes, à cuisses renflées.
Les larves de ces Longicornes vivent dans les Pins et les Sapins, surtout les souches, ce qui met les espèces communes au nombre des insectes nuisibles aux forêts. Ainsi le S. bifasciatus, Fabr., de toute l'Europe (pi. LV, fig. 3; 3a, tête de face; 3 6, base de l'antenne), de 15 à 20 millimètres, noir, avec élytres rugeuses, rougeâlres au bout et parées chacune de deux taches ou deux bandes jaunes, avec beaucoup de variations : c'est le Stencore lisse a bandes jattnes de GeolTroy ; — le S. inquisitor, Linn., de toute l'Europe et du Caucase, de même taille, le Stencore noir velouté de jaune de Geoffroy, revêtu d'un duvet flavescent, disposé par mouchetures sur les élytres, celles-ci avec deux bandes transverses couleur de chair, séparées par une grosse tache noire. Les
CÉRAMBYGIDES. — UHAGIUM, KHAMNUSIUM, TOXOTUS. 7:55
Stencores volent avec bruit à la grande chaleur du jour, et quelques mâles présentent d'énormes têtes; on les prend surtout dans les bois, sur les troncs et les feuilles, parfois sur les fleurs, ainsi d'Aubépine, de Ronce, etc. Les Stencores ou Rhagies(à l'exceplion d'une espèce des États-Unis et d'une autre du Cap) sont propres aux régions tempérées de l'Europe et de l'Asie. Leurs élytres sont ponctuées ou rugueuses et à fines côtes, leur taille au moins moyenne, leurs couleurs nuageuses, à bandes transverses fauves ou noires sur un fond variable.
RaAilf.\i:«i>ll.iitl, Latr. — Antennes à peu près de la moitié de la longueur du corps, à troisième article à peine plus long que le suivant. Corselet transverse, armé latéralement. Élytres subparallèles, arrondies à l'extrémité.
L'espèce lype est le R. Sal/cis, Fabr., ou ^/co/c<r(Schrank, d'Allemagne, du Tyrol, de presque toute la France (pi. j.v, fig. U; ha, tête de face ; Il b, antenne). C'est un bel insecte de 15 à 20 millimètres de longueur, à tête courte, large, inclinée, sillonnée au milieu; à tête, corselet, corps et appendices d'un rouge pAle ou jaunâtre. Parfois les élytres sont aussi d'un rouge testacé, ce qui rend alors l'iusecte concolore; mais plus habituellement, aux environs de Paris, les élytres sont d'un noir bleuâtre, ou d'un bleu violet (var. glaucopferum). Cet insecte se prend sur les Saules, les Peupliers, les Tilleuls, les Ormes, etc., et sa larve vit dans ces différents arbres. On doit le ranger dans les espèces nuisibles. Il y a une vingtaine d'années, ce Stencore rouge à étuis violets de Geoll'roy était encore extrêmement commun sur les Ormes de la banlieue de Paris et des boulevards extérieurs : on ne pouvait secouer une branche eu été, sans en faire tomber. Sa larve, avec celle du Cossus Ligniperda (Lépidoptères), commençait l'attaque de ces arbres, qui, affaiblis, étaient ensuite achevés par les Scolytes. Il y a deux autres espèces de Grèce et d'Asie Mineure.
'fOVO'MSI, Aud.-Serv. — Antennes grêles, à troisième article plus long que le suivant. Corselet le plus souvent armé sur chaque côté d'un tubercule épineux ou obtus. Élytres oblusément saillantes aux- épaulés, puis s'atténuant peu à peu et fortement vers les extrémités. Pattes allongées.
Les espèces de ce genre et des geures contigus sont surtout du Nord et des montagnes. Le type est le T. meridianus, Linn. (pi. lv, fig. 5 ; 5 «, base de Fautenne), de toute l'Europe, des environs de Paris, ayant 1.5 à 20 millimètres de longueur, se trouvant dans les grandes forêts, et aussi sur les arbres fruitiers et les Aubépines en fleur. La tête, le corselet, les appendices, sont d'un roux plus ou moins brunâtre; les élytres varient beaucoup, tantôt d'un noir ardoisé, tantôt fauves, ou rousses, ou blondes, et toujours avec un duvet court et soyeux. Une autre espèce des montagnes d'Europe, et plusieurs de l'Amérique du Nord et du centre de l'Asie.
736 COLÉOPTÈRES, — CÊBAMBYCIENS.
PAl'HVTA, Aud.-Serv. — Antennes du niàle presque aussi longues que le corps, moindres chez les femelles, à troisième article un peu plus long que le suivant. Élytres débordant fortement le corselet, ordinairement subtronquées à l'extrémité. Pattes allongées.
Les Longicornes de ce genre, do taille médiocre, sont remarquables par une forme courte et trapue ; ils sont surtout des contrées boréales d'Europe, d'Asie et d'Amérique et des hautes montagnes. La seule espèce qu'on rencontre quelquefois aux environs de Paris est le P. coUaris, Linn., du sous-genre Acinœops, Le Conte, à tète, antennes, poitrine et pattes noires, corselet ordinairement d'un rouge cerise, rarement noir, ventre d'un rouge jaune, élytres d'un noir bleuâtre : c'est le Stencore noir à corselet rouge de Geoffroy. Nous représentons (pi. lv, fig. 6 a) l'antenne d'un Pachyta.
î!»lI.l,lTrs, Pascoe, ou Pterostenus, Mac Leay, ou Stenoderus, Aud.-Serv., genres identiques ou très-voisins. — Antennes plus courtes que le corps, à premier article bien plus long qu'aucun des autres. Corselet dilaté latéralement. Pattes médiocres. Corps étroit, linéaire.
Le type de ce genre est une espèce australienne de la Nouvelle-Galles du Sud, remarquable par une bande noire longitudinale et en rectangle très-allongé à la suture des élytres, et qui a été décrite bien des fois comme nouvelle, sous les noms de S. ou P. suturalis, Oliv., ahhreviatus, Fabr., ceramboides, Kirby, dorsalis, Boisd. (pi. lv, fig. 7; la, antenne). Ce genre est d'Australie et aussi du Chili.
LEPTUBA, Linn. — Tète brusquement rétrécie postérieurement; antennes simples, au moins aussi longues que la moitié du corps. Corselet à angles postérieurs non prolongés latéralement. Élytres atténuées vers l'extrémité, qui est échancrée ou tronquée. Pattes allongées, à cuisses non renllées.
Le genre Leptura est extrêmement nombreux en espèces. 11 diffère des Stenocorus par un corselet inerme et campanuliforme, et des Toxotus par la têle constamment tronquée en arrière des yeux et portée sur un cou distinct. Les Leptures paraissent confinées dans les parties froides et tempérées de l'hémisphère boréal desdeuxcontinents, descendant, d'une part jusqu'à l'Algérie, la Perse méridionale et la Syrie, d'autre part, jusqu'à la Californie, l'Ûrégon et le Nouveau-Mexique. Leurs élytres sont en général rétrécies de la base à l'extrémité, qui est tronquée ou échancrée. Dans la plupart des Leptures, lexlrémité de l'abdomen dépasse les élytres comme une queue pointue. Ce sont des (Coléoptères, en partie des plaines, en partie des montagnes. Leurs larves hâtent la destruction des arbres déjà malades, et contribuent à réduire les souches en terreau. « Dans la dernière époque de leur vie, dit M. Mulsant, quelques-
CtnAMliVCfDKS. — I.EPTUR.A, STRANGALIA. 737
uns restent encore enchaînés, pnr un penclianl inslincliC, près des troncs qui les ont nourris ou qui doixcnt loger leurs descendanis; mais la plupart vont dans les prés voisins recueillir dans les godets des Myrrhis, des Buplévros et dos Héraclées les sucs que les nectaires de ces plantes semblent sécréter tout exprès pour ces heureux habitants des déserts. Les fleurs en ombelles, pour lesquelles ils ont une prélerence marquée, contribuent par leur bl.incheur lactée à faire ressortir la beauté de leurs corps. Chez les uns, il est revêtu de velours vert ; dans un grand nombre, il présente les teintes plus vives du minium ou les nuances les plus variées du jaune ; chez d'autres, il est paré de poils brillants auxquels la lumière permet de reproduire le poli de l'acier ou l'éclat plus riche de l'argent ou de l'or. » On peut capturer ces insectes au vol sur les fleurs qu'ils aileclionnenf, ou les saisir le matin endormis sur les corolles, attcnduul lu chaleur du soleil pour se remettre en mouvement.
iXous signalerons les espèces les plus communes, qu'on rencontre aux environs de Paris pour la plupart : ainsi le L. tcstacea, Linn., de France, d'Allemagne, d'Algérie, noir, de 15 à 18 millimètres, à élytres jaunes chez les mâles et fauves chez les femelles^ qui sont plus grandes (pi, i.v, fig. 8, femelle avec oviducle saillant), se rencontrant dans tous les lieux couverts de Pins ou de Sapins, dont sa larve attaque les parties mortes; — \c L.liastala, Fabr., noir, de 15 millimètres, avec élytres d'un rouge de sang, portant une tache triangulaire noire sur la suture de chacune, comme un fer de lance renversé, opposition de couleurs pareille à celle des bedeaux deséglises (au village aujourd'hui), qui le !it appeler par Geoffroy le Stmcorp bedeau; — le L. fulca, de Geer, ou tomenlosa, Fabr., pubesceut, noir, de 10 à 12 millimètres, avec élytres d'un jaune roussàlre à bouts noirs, de toute l'Furope, commun dans les régions tempérées ; le Slencore nuir à éliii-s jaunes de Geoffroy; — le L. la'cia, Fabr., du genre Gratinnuptcra, Aud.-Serv., Muls., à tète plus courte, à élytres plus élargies que les Feptures propres, de 5 millimètres environ, petite espèce très-commuiu; sur les Onibellifères, noire, à pubesccncc soyeuse, à élytres tronquées obliquement, d'un roussàlre livide, avec suture, bord externe et exirémilé noirs: c'est le Fepture qu'on [trend le plus souvent eu fauchant auv environs de Paris.
STU%.\<iAl-lA, Aud.-Serv. — Corselet à anijles postérieurs prolongés latéraieuieiit en [loiiitc éteiuiue au devant des épaules des élytres. Les autres caractères des Lcplura.
Dans ce genre, les élytres sont souvent écliancrées et épineuses à l'extrémité, et ornées de bandes transversales noires. Nous avons à cilcr le iS. utra, Fabr., entièrement d'un noir un peu terne; le Slencore tout iioir de Geolfroy, surtout des parlics froides ou seplcutrioiuiles de la France; — le ^'. mactt/afa, Poda, des régions froides ou tempéréi sde toute
OHiAIUi. 47
738 COLÉOPTÈRES. — CÉllAMBYGIENS.
l'Europe, d'un jaune d'ocre, avec taches noires et deux bandes noires sur chaque élylre, dont la larve vit dans le Bouleau et dans divers arbres : c'est le Stencore jaune à bande noire de Geofiroy; — le S. melanara, Linn., de France, d'Allemagne, du Caucase, de 8 à 9 millimètres, d'un noir luisant, avec élytres d'un rouge terne chez les mâles, d'un rouge lisse foncé chez les femelles, à suture et bouts noirs, la larve rougeâtre, vivant dans le Chêne; — \eS.niyra, Linn., de même taille, de France, d'Allemagne et du Caucase, se prenant sur les lisières des bois, tout noir, avec la moitié postézùeure de l'abdomen rouge, etc. Les Strangalia adultes aiment à butiner au soleil de mai et de juin sur les fleurs des prairies et des allées de nos bois, et se repaissent de pollen. Il arrive parfois, en se plongeant dans les fleurs d'Orchidées à pollens soudés et glulineu.v, que ces insectes emportent adhérentes aux pièces de la tête des houppes jaunes de ces pollens, que M. Ch. Robin nous apprend à bien distinguer des productions cryptogamiques(l). Ainsi M. J. Kiinckel a pris dans les bois de Verrières deux sujets de S. melanura, affectés de la sorte ; j'ai capturé au vol, dans la forêt d'Armainvilliers, en juin, le S. nigra et le 8. atra, s'ébattant sur l'Orchis inaculata dans les allées humides, offrant à la tête de ces pollens, ce qui n'empêchait pas l'accouplement. On eût dit que ces sveltes Coléoptères noirs, en volant au soleil parmi les herbes, portaient en avant de la tête un fanal étincelant.
TUAWOC'EIlliîBi, Aud.-Serv. — Antennes mates, presque aussi longues que le corps. Corselet convexe, un peu rétréci en avant. Élytres sinuées en dedans des épaules, subparallèles ou graduellement rétrécies en arrière, tronquées et plus ou moins écliancrées au bout. Pattes assez fortes, à cuisses graduellement et faiblement en massue.
Ce genre australien, déplace très-discutée, que M. Thomsoji met près des CaiUvhroina, est formé de quelques espèces de taille moyenne ou assez grandCj d'un jaune mélangé de rougeâtre plus ou moins foncé, avec une pubescence jaune, la tête et le corselet obscurcis, et souvent des bandes obscures peu régulières sur les élytres, et des bandes jaunes ou rougeàtres. La pubescence abonde en dessous, les élytres sont lisses, avec quatre fines côtes longitudinales et entières, — Ex. : T. bidoniatiis, Donovan, ou australis , Aud.-Serv., de la Nouvelle-Hollande (pi. f.vi, fig. 8).