DENTS
D’après l’ordre que nous avons adopté dans la description des tissus, les dents trouvent difficilement leur place. A cause de leur aspect extérieur, de leur consistance, nous les plaçons à côté des os.
Au nombre de trente-deux chez l’adulte, les dents présentent une partie rétrécie ou collet qui sépare la portion blanche et découverte (couronne) de la portion cachée dans l’alvéole (racine).
La dent présente à étudier :
1° L’ivoire ou dentinc ,
2° L’émail,
3° Le cément,
4° La pulpe dentaire.
ivoire ou «lentinc. L’ivoire forme la masse principale de la dent, du côté de la racine. Il est creusé d’une cavité, c’est la cavité dentaire; il est recouvert d’une couche d’émail au niveau de la couronne, d’une couche de cément au niveau de la racine. L’ivoire est une substance fondamentale amorphe, au sein de laquelle sont placés une quantité innombrable de petits tubes pleins de sérosité. Ces tubes s’étendent de la surface de la cavité dentaire à l’é-
mail; ils sont ouverts du côté de la cavité et quelquefois ramifiés du côté de l’émail. De ce côté aussi ils s’ouvrent quelquefois dans de petites cavités triangulaires qui avoisinent la surface de l’ivoire. Du côté de la racine, ces tubes se dirigent vers le cément au lieu de se porter vers l’émail. Chaque tube a 0mn\001 à 0mm,002.
Email. L 'émail ou substance vitrée est constitué par des fibres prismatiques, dont une des extrémités repose sur l’ivoire, tandis que l’autre extrémité est libre à la surface de la dent. Ces fibres sont de petits prismes à quatre ou six pans.
Cément. Le cément ou cortical, osseux forme sur la racine de la dent une couche qui s’amincit vers le collet. Il est constitué par la matière amorphe de la substance osseuse et par des ostéoplastes ; on n’y trouve pas de canaux de Havers. Mais, comme la substance homogène, creusée de cavités, forme l’élément fondamental du tissu osseux, il faut bien admettre que l’os entre dans la constitution de la dent, sur la racine de laquelle il forme une couche de quelques dixièmes de millimètre.
Pulpe dentaire. La pulpe dentaire, ou germe dentaire, ou bulbe dentaire, est une matière molle qui remplit la cavité dentaire depuis l’ouverture du sommet de la racine jusqu’au centre de la couronne et qui adhère au fond de l’alvéole.
Celte matière est rougeâtre et très-adhérente à la face interne de l’ivoire.
Elle est formée à sa surface par une pellicule amorphe très-fine; c’est la membrane de l’ivoire. Au-dessous de cette pellicule on trouve une sorte d’épithélium cylindrique, dont les cellules forment plusieurs plans emboîtés. Celles du plan externe, qui touchent la pellicule amorphe de la surface, sont coniques et régulièrement placées les unes à côté des autres. Celles des plans internes deviennent, sphériques, et à mesure qu’on se rapproche du centre de la pulpe, on les trouve disséminées, sans ordre, avec un grand nombre de noyaux libres au milieu de la substance amorphe. Ces cellules ont 0mm,027 de long sur 0mm,006 de large; elles renferment un petit noyau et des nucléoles.
Les artères de la pulpe dentaire sont nombreuses ; elles donnent des capillaires d’une finesse extrême, qui forment un réseau très-serré. Deux ou trois veines partent de la pulpe. On n’y connaît pas les lymphatiques. Les nerfs, très-nombreux, forment dans la pulpe un plexus très-serré. On ne connaît pas précisément leur mode de terminaison qui paraît cependant se faire par des anses. Les filets nerveux, au moment où ils pénètrent dans la cavité dentaire, ont 0n,n\07 à 0mra,09. Ils donnent aussi des fibres primitives, dont on n’a pas vu la terminaison, de 0'u"’,002 à 0""",003/î d’épaisseur.
U acide acétique détermine dans le germe une teinte blanchâtre, et coagule comme du mucus le liquide que l’on en fait sortir par expression.
Même en excès, l’acide acétique ne dissout pas ce liquide.
Morte d’apparition. Au milieu du troisième mois de la vie intra-utérine, s’élève du fond de chaque alvéole une saillie en forme de papille. Cette saillie s’accroît de plus en plus, elle est le siège du développement de filets nerveux et de vaisseaux; Elle constituera la pulpe dentaire, le bulbe de la dent ou le germe. Elle acquiert peu à peu la forme propre à chaque dent, et c’est d’elle que vont procéder les parties dures. Immédiatement après sa formation, le bulbe dentaire présente un point rétréci qui sera plus tard le collet de la dent.
A quatre mois et demi environ de la vie intrautérine, commence la formation des parties dures.
Il se fait à la surface du bulbe une vraie sécrétion de matière, souple d’abord, dure ensuite, se présentant sous forme d’écailles séparées et minces qui envahissent bientôt toute la surface du bulbe pour lui former un étui solide. Cette matière dure est l’ivoire. Nous avons déjà vu à la surface du bulbe une pellicule mince, qui a reçu, pour cette raison , le nom de membrane de l’ivoire.
Avant la formation de l’ivoire, il se développe à la surface du bulbe dentaire une membrane formée de cellules prismatiques, membrane molle, dont les cellules, en s’incrustant de sels calcaires, forment les prismes de l’émail. C’est au-dessous de cette membrane que se passe le phénomène de la dentification ou de la formation de l’ivoire.
C’est un peu plus tard que la portion d’ivoire qui forme la racine se recouvre d’une couche de matière amorphe appelée membrane du cément. Cette couche ne passe pas par l’état cartilagineux et s’ossifie directement.
Les dents ne s’accroissent pas chez l’homme comme chez certains animaux. Dès les premiers instants de leur formation elles possèdent le volume quelles auront toujours. Il se passe néanmoins à leur intérieur un phénomène important. A mesure que l’homme avance en âge, la dent s’accroît du côté de la cavité dentaire, et la pulpe diminue peu à peu par suite de l’addition successive des couches éburnées. Chez le vieillard, la cavité dentaire et la pulpe dentaire ont presque disparu. Un autre phénomène se montre aussi après la formation complète des dents : l’émail s’use par le frottement et ne se reproduit jamais.