GLOBULES BOUGES OU HÉMATIES
Les hématies sont des éléments anatomiques ayant forme de cellules; on en distingue deux variétés :
1° Les hématies à noyau (variété fœtale),
2° Les hématies sans noyau.
Les hématies à noyau n’existent que chez l’embryon jusqu’à ce qu’il ait 2 centimètres de longueur; elles sont plus larges que les hématies sans noyau, elles ont de 0,u,n,0i0 à 0mm,0M.
Les hématies sans noyau sont les seules qu’on observe dans le sang après la naissance. Ces éléments sont biconcaves, circulaires, d’un rouge vif à la lumière réfléchie, d’une teinte jaunâtre un peu rosée à la lumière transmise. Le centre du globule réfracte la lumière plus facilement que les contours et paraît plus transparent. Beaucoup d’observateurs ont pris ce point central plus clair pour un noyau.
Les hématies ont 0ram,007 à 0mra,008 de diamètre, et OnilD,002 à 0mra,004 d’épaisseur.
Les globules rouges ou hématies sont mous, élastiques, ils s’allongent pour traverser des vaisseaux capillaires qui ont moins de 0mra,007, pour reprendre ensuite leur forme primitive.
Composés d’une passe homogène, ils renferment des principes salins, graisseux, et une matière colorante (hématosine), unie à la globuline.
L’eau les gonfle et les dissout rapidement après les avoir fait pâlir.
L’ammoniaque leur fait perdre leur élasticité en les rendant visqueux ; l’oxygène leur rend celte propriété.
Ils sont plus ou moins rapidement dissous par
l’acidc acétique, l’acide tartrique, l’acide sulfurique étendu.
Ils sont dissous par l’urine, les liquides des kystes. On observe quelquefois au contact de ces liquides un singulier phénomène : c’est qu’ils ne se gonflent que sur l’une des faces avant de se dissoudre.
Le suc gastrique et le liquide du cæcum les durcissent, les rendent friables, et les dissocient en particules noirâtres. L’action du second est beaucoup plus énergique. Le suc intestinal a sur eux une action analogue à celle du suc gastrique.
Hors des vaisseaux, les globules s’altèrent rapidement. Ils se recouvrent d’une mince couche d’un liquide glutineux, dès qu’on les met au contact d’un liquide autre que le plasma. Alors ils s'empilent comme des pièces de monnaie. Ils deviennent plus petits et réfractent plus fortement la lumière. Leur contour devient plus foncé, leur centre plus brillant, ils prennent une teinte brunâtre. En même temps, ils se déforment et deviennent dentelés à leur surface. Cette altération des globules constitue un signe certain de la mort réelle.
Sur le cadavre, ils perdent leur élasticité. Dans les épanchements sanguins, les globules rouges se remplissent de granulations graisseuses et se gonflent. Ils finissent quelquefois par disparaître par atrophie graduelle, par résorption. Dans ces épanchements, on voit quelquefois la matière colorante des globules se séparer et ceux-ci devenir incolores. Celte matière colorante ou hémalosinc ne doit pas
!ètre confondue avec l’hémaloïcline, car celle-ci est cristallisable, contient un équivalent d’eau qu’on ne trouve pas clans l’hématosine, et ne renferme pas de fer.
Chez les oiseaux et les poissons, on trouve toujours des globules pourvus d’un ou de deux noyaux ; ils sont plus gros que chez l’homme et ne sont pas attaqués par l’eau. L’acide acétique les resserre un peu, mais ne les dissout pas.
Ces éléments anatomiques sont les premiers qui apparaissent dans le plasma. Ils naissent dans l'area vasculosa de l’embryon, dans un liquide homogène. Chez le poulet, où on l’a observé, le corps de la cellule et le noyau naissent simultanément. Ces globules sont alors ovoïdes et petits.