POLICE UES HABITATIONS
bitations particulières. Parmi ces dernières se trouve en première ligne la disposition des rues et des places publiques. 11 convient en effet que les rues soient disposées de manière à offrir un libre accès à la circulation de l’air et des rayons solaires, dans les parties les plus basses déshabitations. Si les rues sont trop étroites et les maisons trop élevées, elles conservent un air corrompu où la chaleur et la lumière du soleil ne pénètrent qu’imparfaitement. Si au contraire elles sont trop larges , le courant d’air n’est point assez rapide, et dans les temps de calme et de chaleur leur atmosphère s’altère promptement. Vitruve avait raison lorsqu’il conseillait de construire les habitations sur des lieux élevés et loin des marais. 11 voulait aussi que les villes voisines de la mer ne fussent tournées ni vers le sud ni vers l’ouest, afin qu’elles fussent moins exposées à l’humidité. La multiplicité des places publiques est encore un puissant moyen d’entretenir la santé publique, et c’est avec raison que d’esimables philanthrophes ont conseillé de oorder la voie publique de plantations. On sait, en effet, que la présence des végétaux
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contribue à assainir les lieux où ils se trou* vent répandus, en augmentantlamassed’oxigène de l’atmosphère ambiant. Cependant , , en supposant que toutes ces conditions fussentremplies,ellesnesuffiraient point encore à la salubrité des villes , ainsi qu’on va le voir.
§ II. — Des égouts et des latrines.
Toutes les immondices dont les villes abondent ne tarderaient pas à les infecter si on n’avait eu le soin de créer pour elles des * moyens d’écoulement. Les cloaques ou égouts r ont pour objet de parer à l’un de ces incon-véniens , et les latrines servent de lieu de dépôt aux immondices qui ne peuvent être exposées sur la voie publique.
Dans nos grandes villes, et surtout à Paris, où le système des égouts est plus perfectionné . que partout ailleurs , on en trouve de construits de trois manières différentes. Les uns, appelés égouts voûtés , sont préférables à tous les autres, en ce que les immondices qui y abondent , y sont bien plus tôt transportées dans le fleuve destiné à les recevoir, et en ce qu’ils sont plus complètement privés de
DES ÉGOUTS ET DES LATKINES. 69 Joute communication avec le dehors. C’est là, en effet, le problème d’hygiène publique à résoudre et à mettre en pratique, de posséder des cloaques qui aient une étendue assez grande pour recevoir la plus grande quantité possible d’immondices, et les décharger le plus promptement possible dans le fleuve qui traverse la ville , et qui en est toujours l’aboutissant. Les égouts découverts , et ceux par infiltration , ont de trop grands désavantages pour que tôt ou tard ils ne soient pas convertis en égouts de la première classe. Il est aussi des précautions à prendre, lorsqu’il s’agit de bâtir un égout, pour parer aux accidens qui pourraient résulter de leur mauvaise confection. De plus , il est des précautions dont on ne doit jamais se départir, lorsqu’il s’agit de leur curage : les moyens proposés dans ce but sont trop spéciaux et trop nombreux, pour que nous nous en occupions ici, où nous avons pluitôt à envisager les cloaques dans leurs rap- | ports avec la santé générale, que sous le U point de vue de leur direction et de leur as- : sainissement.
Quant aux latrines , elles exigent d’étre
construites avec un soin particulier , car les émanations putrides qui s’en exhalent ne tarderaient pas à infecter les habitations où elles se trouvent. Il n’est pas indifférent de les placer dans un endroit plutôt que dans un autre ; et, à cet égard, il n’est pas de meilleure méthode que celle qui est suivie dans les campagnes et les petites villes, où on n’est pas obligé de calculer sur l’étendue du terrain avec autant de parcimonie que dans nos cités populeuses. Là, les fosses d’aisance sont situées dans un lieu éloigné de toute habitation. On a aussi conseillé d’établir les fosses d’aisance au-dessus d’un courant d’eau : le conseil est utile, mais difficile à suivre.
Dans l’intention d’obvier aux inconvéniens qui résultent de la présence des fosses d’aisance au sein même des lieux habités , on a proposé plusieurs systèmes parmi lesquels le meilleur est sans contredit celui qu’a inventé M. d’Arcet, et qu’on nomme le système cC appel. Il consiste en une ventilation qui force les fluides gazeux contenus dans les fosses de se diriger vers un tuyau d’airain dans lequel on a dilaté l’air au
DES ÉGOUTS ET DES LATRINES. 71 moyen de la chaleur produite soit paf un petit fourneau , par une lampe , ou par le feu provenant de la cheminée d’une cuisine. Alors , l’air extérieur remplaçant le vide qui s’opère dans la fosse , est appelé de dehors en dedans, de sorte que si l’appareil est bien calculé , le courant d’air a assez d’énergie pour assainir la fosse. Ce procédé est de beaucoup préférable à tous les autres, et peut être appliqué avec le même succès dans les habitations particulières, aussi bien que dans les établissemens publics. Nous 11’avons point, du reste, à faire connaître les précautions que la police exige dans la construction des fosses d’aisance, et qui se trouvent réglées par l’ordonnance du Roi, de septembre 1819, et celle du préfet de police, du mois d’octobre de la même année.
§ III. — Police des manufactures.
Sous ce titre, nous comprenons tous les lieux consacrés à des travaux d’arts et métiers. Parmi eux , il en est qui sont côm- Iplètement inoffensifs, et qui, par conséquent, eue peuvent être soumis à aucune mesure
de police. D’autres , au contraire, ont pour: effet constant de vicier l’atmosphère environnante, en répandant dans l’air des miasmes délétères. Pour ces derniers , l’autorité , . tout en accordant «à l’industrie la protection à laquelle elle a droit, peut cependant: imposer à ceux qui exploitent des métiersinsalubres des conditions telles que la santé publique n’ait rien à redouter. Ce fut l’objet du réglement de 1810, qui veut que les ateliers de manufactures qui répandent une odeur insalubre et incommode, ne puissent t être formés sans permission de l’autorité; administrative. A cet effet , les manufac- tures sont divisées en trois classes. Dans • la première se trouvent celles qui doivent: être éloignées des habitations particulières : : ce sont les ateliers des amidonniers , arti- • liciers, boyaudiers; les fabriques de bleui de Prusse, de charbon de bois épuré, charbon de terre ; les ateliers de chiffonniers , de colle forte, de cordes à instrumens, d’écarrissage, d’eau forte, d’acide sulfurique, de suif brun, de minium, de fours à plâtre, à chaux, de rouissage de chanvre, de sel ammoniac, de soude artificielle, de poudrette, de taffe-