POLICE UES INHUMATIONS
rapport, nous pensons que les mesures usitées sont généralement suffisantes. Les mesures de précaution spécifiées dans le décret du a3 prairial an 12 mettent à l’abri de tout accident. Elles consistent à ordonner ]ue chaque fosse aura d’un mètre et demi i deux mètres de profondeur sur 8 décinètres de largeur, qu’elles seront remplies le terre bien foulée, et qu’entre chaque fisse il y aura une distance de 3 à 4 décinètres sur les côtés, et de 4 à 5 à la tête et iux pieds. Elle établit, en outre, que dans es villes assez populeuses pour nécessiter a confection de fosses communes, ces derlières ne pourront être remuées qu’après m intervalle de cinq ans, espace de temps [ui nous paraît insuffisant, pour Paris sur-
Îout , et qu’il n’y aurait nul inconvénient à irolonger.
C’est encore avec une extrême sagesse que e même décret exige que les cimetières se- •ont établis à 18 ou 20 toises de l’enceinte i|les villes et des bourgs; qu’ils seront clos de murs, et préférablement situés au nord. )ans le siècle précédent, on voyait encore J «10s cités populeuses couvertes de cimetières,
et les églises être elles-mêmes de vastes lieux d’inhumation. On se rappelle avec quelle énergie les médecins et les amis de l’humanité réclamèrent contre une coutume aussi pernicieuse : nous n’avons point à nous en occuper, puisque cet abus a complètement cessé.
SECTION III
Police des alimens et des boissons.
Toutes les substances destinées à réparer les pertes que nous faisons journellement, et à ce titre désignées sous le nom de substances alimentaires, doivent être l’objet d’une surveillance toute particulière de la part de l’autorité administrative. C’est, en effet, une chose remarquable que les ali-mens peuvent devenir autant de poisons,, s’ils ne sont pas de bonne qualité, à plus forte raison si la cupidité leur fait subir de fâcheuses transformations.
La police des substances alimentaires doit, en thèse générale, s’exercer sur toutesles espèces d’ alimens et de boissons; mais plus particulièrement sur les substances simples qui n’ont point encore subi de prépa-
ALISIENS ET BOISSONS. 77
ration. Tels sont les viandes, le vin, toutes les liqueurs alcooliques, et certains végétaux.
Les viandes qui se débitent doivent être surveillées sous deux rapports : i° il importe que la viande vendue soit fraîche; 20 que l’animal dont elle provient ne soit atteint d’aucune maladie organique. Sous le premier rapport, les ordonnances de police sont assez généralement satisfaisantes. C’est en effet une sage précaution que l’institution de ces inspecteurs des marchés à qui est attribuée la visite des viandes, des poissons, etc., et qui font jeter les substances en putréfaction. Il est malheureux que ces mesures ne soient pas toujours sévèrement exécutées. En effet, on voit journellement des poissons évidemment putréfiés vendus à vil prix aux classes peu aisées de la société, et qui deviennent ainsi la source de maladies fréquentes et souvent meurtrières.
Quant au second point, on est généralement moins scrupuleux. Il n’est pas rare que l’on vende la chair d’animaux dont les poumons ou le foie sont farcis de tubercules. Cependant, il est impossible que la chair
d’animaux aussi malades soit aussi saine qu’une autre. Il serait donc à désirer que , par des mesures bien combinées, on parvînt à garantir la santé publique des dangers in- • séparables de l’usage d’alimens malsains : le seul moyen serait de faire visiter dans les abattoirs les organes des animaux abattus, afin de s’assurer qu’ils ne portaient aucune maladie dangereuse.
Mais les alimens liquides subissent dess altérations bien autrement dangereuses.
C’est ainsi qu’on peut altérer le vin à l’aide de la potasse, de la chaux, de l’alun, de la litliarge, delà céruse, du tartrate de potasse» et d’antimoine, en le mélangeant avec de» l’eau-de-vie. On peut même faire du vin de toutes pièces en faisant un mélange d’eau , d’eau-de-vie, de crème de tartre, auxquelles substances on ajoute des matières colorantes, comme les bois d’Inde et de Fernambouc. Toutes ces altérations et falsifications doivent être interdites et sévèrement punies lorsque , les vins altérés étant soumis aux réactifs chimiques, la fraude a été découverte.
Le lait subit également beaucoup d’alté-