‹ Traité élémentaire d'hygiène et de médecine légale, précédé d'une introduction historique et suivi d'une biographie, d'une bibliographie, etcChapitre 17 sur 53 · ALI MENS EX BOISSONS · texte numérisé non relu

ALI MENS EX BOISSONS

rations. Outre que le lait peut acquérir de mauvaises qualités , selon que la vache qui le produit est bien ou mal portante , nourrie d’un pâturage plus ou moins abondant, la cupidité conduit souvent ceux qui font ce commerce à lui faire subir une foule de falsifications. Ainsi , les uns l’étendent d’eau et y délaient de la farine de froment ou de l’amidon en poudre. D’autres y introduisent de l’oxide de zinc, de la potasse ou de la chaux. Si le premier mode de falsification est peu dangereux , il en est tout autrement du second. Aussi serait-il fort important que la police surveillât davantage le débit de cette espèce de comestible.

La bière et le cidre peuvent être sophistiqués avec des substances analogues à celles que nous avons indiquées pour le vin. Il serait donc important que l’une et l’autre de ces boissons fussent surveillées dans leur abrication mieux qu’on ne le fait actuellement; car les visites auxquelles sont soumis es brasseurs sont faites plutôt dans l’intérêt lu fisc que dans celui de la santé publique.

Les liqueurs spiritueuses , et surtout l’eau-

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sels de cuivre, qui, la plupart du temps, proviennent de ce que du vert-de-gris se forme daus le réfrigérant.

Il n’est pas de substance alimentaire qui soit plus dangereuse que les champignons. Il n’existe aucun caractère général susceptible de faire distinguer ceux qui sont co— mestibles de ceux qui sont vénéneux. C’est' donc avec raison que des mesures de police ont été prises à Paris pour garantir le public contre toute méprise et toute basse cupidité. . Ces mesures consistent à faire visiter les.-champignons exposés en vente, à faire jeter; ceux qui seraient gardés d’un jour à l’autre, . bien qu’ils soient de bonne qualité, et à défendre d’en colporter et vendre dans lesmaisons des particuliers. La rareté des acci— dens observés à Paris provient sans doute beaucoup plus de ce qu’on ne vend que lescliampignons cultivés sur des couches, que de la sévérité des mesures indiquées, bien qu’elles soient fort sages ; car il est difficile que les marchands ne trouvent pas le moyen d’échapper à l’inspection.

SECTION IV

De la contagion,

Sous ce titre nous comprenons toutes les maladies susceptibles de se communiquer iar contact immédiat ou médiat. C’est auourd’hui le sujet de discussions animées larmi les médecins, que la question de savoir s’il existe ou non des maladies de cet >rdre. Quelques-uns veulent qu’une foule l’affections soient contagieuses, alors que les ibservations les plus nombreuses et les plus uthentiques ont démontré le contraire pour e plus grand nombre. D’autres prétendent :;r l’il n’est point d’affections contagieuses,

'■ ;st-à-dire de maladies reconnaissant pour igine la présence d’un virus, sorte de 1 aide particulier qui, déposé sur un corps f in , y produit en germant des désordres b'( ivers. Peut-être tout ce débat dans lequel 5» ous ne pouvons entrer, et qui d’ailleurs est ü] ii domaine de la pathologie, cesserait-il icilement si, avant de s’engager dans la ontroverse, on s’attachait à bien préciser i question en litige. Nous croyons qu’elle HYGIÈNE FUEL. ET MÉD. LEC . 6

8a HYGIÈNE PUBLIQUE,

peut être ramenée aux termes suivans : les maladies contagieuses, épidémiques et épizootiques, qui ne sont que des variétés de la contagion, naissent-elles sous l’influence: de conditions atmosphériques et physiologiques particulières? Les faits que suppose cette question ne peuvent faire de doute. . Ainsi l’on sait que les épidémies les plus violentes et les contagions les plus cruellesse sont toujours développées sous l'influence: de conditions atmosphériques particulièresqu’on est parvenu à déterminer, et que, pour contracter la contagion, il faut être dans* certaines conditions physiologiques en deçài et au-delà dequelles elle n’a plus prise sure les individus. Si donc on s’habituait à considérer la contagion comme le produit or: la résultante de certaines conditions atmo sphériques et physiologiques, on arriverai à une solution qui aurait au moins l’avantage d’être applicable, et on verrait dispa raître de la pathologie cette entité appelé 'virus, sur l’origine et la nature de laquelle oi n’a jamais rien dit de satisfaisant.

Quoi qu’il en soit de cette opinion par tieulièrc? tant que nos connaissances sur c

point de pathologie ne seront pas mieux fixées, la plus grande incertitude régnera sur le choix spécial des mesures les plus propres à prévenir et arrêter le développement des maladies contagieuses.

Malgré l’incertitude qui règne encore sur les maladies qui nous occupent et les causes qui les engendrent, on peut établir quelques principes généraux indispensables à connaître, lorsqu’il s’agit de statuer sur une contagion et sur les moyens d’en prévenir le développement , ou arrêter les progrès. Et d’abord , il ne faut pas perdre de vue que toute maladie contagieuse peut devenir épidémique et épizootique, c’est-à-dire se développer par contact médiat et attaquer les animaux, bien qu’elle ait fait sa première apparition sur l’homme , tandis que les maladies épidémiques et épizootiques ne sont pas toujours contagieuses. Ainsi, la rage eut devenir épizootique et épidémique, bien u’elle soit contagieuse de sa nature, et la ariole peut aussi régner épidémiquement.

’un autre côté, il arrive quelquefois qu’une

Îiême maladie épidémique qui n’était pas ontagieuse dans un temps et dans un lieu

déterminé , le devient dans un autre temps et dans un autre lieu : tels sont le typhus et la dyssenterie, et même, selon quelques auteurs , certaines épidémies de fièvres intermittentes qui cessent spontanément sous l’influence du changement des saisons, et dont le caractère semodifie parle seul fait de rémigration. De plus, toutes les mesures sanitaires applicables aux épidémies, le seront aussi aux maladies contagieuses , qui en outre exigent des mesures particulières. En effet , toutes les influences qu’on appelle les • matériaux de l’hygiène, c’est - à- dire l’influence de l’atmosphère, celle des alimens,. des vêtemens , etc. agissent avec la même intensité sur les maladies épidémiques que sur les maladies contagieuses , et d’un autre côté, on sait que chaque maladie contagieuse réclame des mesures spéciales; car il serait absurde de prétendre arrêter le typhus par les mêmes moyens que ceux employés contre la variole. Enfin , il ne faut pas oublier que dans le doute sur la nature contagieuse d’une maladie, il convient, dans l’intérêt social et jusqu’à plus ample informé, de se déclarer pour la réalité de la

maladies contagieuses. 85

contagion. Ce principe est trop évident pour qu’il soit nécessaire de le développer : on doit pourtant s’étonner que, dans une discussion célèbre, provoquée par le docteur Chervin, on ait demandé de supprimer toutes les mesures préventives sur le simple doute. Ces principes admis , nous ne pouvons mieux terminer cet article, que par l’indication des moyens propres à arrêter et prévenir la propagation de la contagion.

Parmi les moyens généraux propres à arrêter la propagation des maladies contagieuses et épidémiques , se trouve, en prenière ligne, l’assainissement de l’atmosohère. A cet effet , la première chose à faire :st de s’assurer que l’air extérieur n’est point dtéré par les effluves du solj tels que des inondations, levoisinage de marais, d’égouts, oupartout autre foyer de décomposition végétale et animale. Deux moyens se présentent >our remédier à cette cause générale d’insaîbrité : i° en tarissant directement les soures d’insalubrité; 2° en éloignant les malades es lieux qui y sont exposés; mais ces mesues , suffisantes pour assainir l’atmosphère énérale, ne conviennent plus à l’assainisse-

meut de l’atmosphère qui entoure les malades et qui a été altérée par leurs émanations.

A cet effet, il convient de disperser les malades , car, réunis eu masses , ils se nuisent réciproquement; de renouveler souvent l’air qui les environne, et de soumettre les appartemens qu’ils occupent aux fumigations guytoniennes , au moins une fois le jour; enfin , de blanchir à la chaux les murs des appartemens occupés par des malades. Il importe a,ussi de porter une attention toute particulière aux inhumations, en les opérant : ; avant le délai prescrit par les réglemens, en transportant les corps au lieu de leur sépul- I ture dans des tombereaux bien couverts, et ; en établissant des cimetières dans des lieuxvl écartés de toute habitation et où les fosses 1 1 devront être très-profondes.

De plus , dans les villes où règne une ma- : ladie contagieuse ou épidémique , les habitans devront observer la plus grande propreté, faire un fréquent usage de bains ou d’ablutions, porter des vêtemens conformes à la saison, et surtout si la maladie est du nombre de celles qui se communiquent par un contact médiat , il faut proscrire les v<5-

temens mauvais conducteurs du calorique, tels que ceux de laine, parce qu’ils sont les plus propres à receler les principes contagieux et à les propager. Le choix des alimens et des boissons exige aussi les plus grandes précautions. Ici, il n’y a point de principes généraux à poser, car le régime devra nécessairement varier selon l’espèce de maladie régnante.

Quant aux matières excrétées, le point important est de les éloigner le plus promptement possible, de manière à ce que leurs émanations ne puissent jamais être en contact avec des organes sains.Dans ce cas, c’est une mesure très-salutaire, d’obliger les malades, autant que le permet leur état, à ne satisfaire 1 leurs besoins que sur des latrines construites d’après le procédé de M. d’Arcet, indiqué plus haut. Enfin , comme les affections morales tristes prédisposent singulièrement à contracter les maladies contagieuses et épi-

idémiques et aggravent l’état de ceux qui en sont atteints, on conçoit combien il est nécessaire d’y soustraire les malades. Mais ce conseil si utile est souvent difficile à mettre en pratique.

Telles sont les mesures de salubrité généraie propres à entraver la marche des maladies contagieuses et épidémiques : il en est d’autres qui contribuent à les prévenir.

Ces moyens consistent : i 0 à isoler les malades les uns des autres; 20 à isoler les hommes bien portans de ceux qui sont contagiés, ce qu’on obtient au moyen des cordons sanitaires et des quarantaines.

Par cordon sanitaire, on entend une ligne de surveillance établie entre le lieu où existe la contagion et celui où elle n’a point encore pénétré. Ce cordon a plus ou moins d’étendue suivant que le théâtre de la contagion est plus ou moins circonscrit; on en établit même sur les frontières de deux Etats limitrophes, bien que la contagion soit assez éloignée de la frontière. Cette dernière mesure a pour objet d’arrêter les hommes, les animaux et les produits qui, par fraude ou autrement, pourraient s’introduire dans le pays exempt de contagion , sans avoir au préalable séjourné, pendant un temps déterminé, dans un lieu complètement isolé; afin de s’assurer de l’état desanté des hommes et des animaux, et de désinfecter les produits.

MALADIES CONTAGIEUSES. 8g

Sur les côtes, on atteint le môme but à l’aide de vaisseaux de surveillance qui séjournent dans les mers et les ports , et de lazarets, où on soumet à une surveillance active les équipages venant de contrées lointaines , et les chargemens de navires , aux opérations de désinfection dont il a été question plus haut. C’est ce qu’on appelle faire quarantaine, par cela seul que le délai pendant lequel on observe les hommes et les animaux ne va pas ordinairement au-delà de 1 40 jours.

Dans ces derniers temps, ce fut une grande [question que celle de savoir si les cordons [sanitaires et les lazarets n’étaient pas d’anüennes institutions inutiles. Mais comme ;es institutions se lient intimement à la question de la contagion, tant que cette dertière ne sera pas définitivement résolue, il sera toujours prudent de ne point abanlonner des mesures préventives parfois sévères , dont on a pu abuser, et dont l’abanlon irréfléchi pourrait être si funeste aux sopulations.

Les préceptes généraux que nous venons le poser sont applicables à toutes les ma-

pO HYGIÈNE PUBLIQUE,

ladies épidémiques et contagieuses, et nous ne saurions entrer dans de plus grands détails, sans empiéter sur le domaine de la médecine pratique. En effet, les moyens que nous avons indiqués comme propres à prévenir le développement de la contagion et en arrêter les progrès, s’appliquent à la fois aux typhus , aux fièvres épidémiques , à la peste qui n’est elle-même qu’un typhus , et à la fièvre jaune. Cependant la variole et la rage exigent quelques développemens , en ce qu’elles réclament des moyens spé- • ciaux.

La 'vaccine est l’unique moyen de prévenir la variole; et comme dans nos climats son emploi est très-répandu , il est rare actuellement de rencontrer des épidémies varioleu-; ses.Toutefois, il n’y a pas encore long-temps (en i8a5 ) que Paris fut le théâtre d’une épidémie de ce genre assez meurtrière ; et comme elle sembla atteindre des individus vaccinés , ce fut alors que pour la première fois on prononça le mot de varioloïde. Cette dernière affection, qui n’est qu’une modalité de la variole, naît sous l’empire des mêmes circonstances, paraît atteindre tous les âges.

Maladie* contagieuses. 91

sans ménagement pour ceux qui ont été vaccinés. Cependant, chez ces derniers, elle est peu dangereuse, tandis qu’elle est trèsmeurtrière chez les individus qui ont négligé de se soumettre à l’action du vaccin. On a prétendu que le meilleur moyen d’éviter la varioloïde était de se faire vacciner une seconde fois ; les résultats obtenus par les secondes vaccinations ont été trop peu nombreux pour qu’on en puisse tirer aucunes conséquences.

Les ordonnances de police relatives à la surveillance des animaux enragés , si elles ne suffisent pas pour prévenir tout accident, ce qui est absolument impossible, sont cependant très-sages, et répondent à leur objet. Quant aux moyens d’en prévenir le développement lorsqu’on a été mordu , ils sont fort simples, et peut-être sera-t-il utile de les rappeler. La cautérisation profonde des plaies par le fer rougi à blanc , est le moyen par excellence. Après lui, vient le moyen proposé par le docteur Barry, qui consiste à appliquer une ventouse sur la plaie, faire le vide, et s’opposer ainsi à l’absorption du virus contagié. Mais les ma-

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lades n’ont pas ces moyens à leur disposition , au moment où ils sont mordus : il convient donc de dire qu’en attendant qu’ils puissent recevoir les secours que nous avons indiqués, il n’est rien de mieux à faire que d’apposer une forte ligature au-dessus de la partie mordue, et de laver la plaie avec un liquide irritant , comme de l’eau fortement salée, ou mieux de plonger le membre dans l’eau courante, sans négliger les lotions déjà indiquées: si on avait à sa disposition un caustique, quel qu’il fût, il conviendrait d’en faire usage de suite, et dans ce cas, le beurre d’antimoine est préférable à tous les autres.

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