‹ Traité élémentaire d'hygiène et de médecine légale, précédé d'une introduction historique et suivi d'une biographie, d'une bibliographie, etcChapitre 26 sur 53 · PUISONS · texte numérisé non relu

PUISONS

les ils se livrent ne sont pas toujours en rapport avec l’éducation reçue, ou les habitudes antérieures; d’où résulte du dégoût pour le travail lui-même, beaucoup d’ennui et par conséquent accroissement du mal qu’on voulait éviter. Il conviendrait donc, tout en obligeant chaque prisonnier à se livrera des occupations réglées , de ne lui imposer que celles pour lesquelles il peut avoir quelque goût, ou au moins peu d’éloignement.

Par le seul fait de la privation de sa liberté, l’homme devient triste, morose, rêveur, et susceptible de contracter toutes les maladies qui reconnaissent pour cause une affection morale, quelle qu’elle soit. Ce n’est que par une activité soutenue qu’il peut surmonter le chagrin que lui cause l’état de réclusion. Il serait possible, et même utile , d’établir dans les prisons des promenades plus vastes , mieux aérées que celles qui existent ; il serait surtout avantageux de les planter d’arbres, dont la présence contribuerait à purifier une atmosphère que tant de causes tendent à vicier. C’est ici surtout qu’il importe de ne pas perdre de vue que la société doit se considérer comme satisfaite du

moment où elle a mis le coupable dans l’impossibilité de lui nuire, et, à la satisfaction qu’elle réclame , elle ne doit pas ajouter la barbarie et la cruauté.

La réunion descondamnésdansun même lieu, la vie commune à laquelle ils sont assujétis, contribuent aussi à abréger leur existence. 11 est pénible, en effet, pour celui qu’une faute légère conduit dans un lieu de réclusion, de se trouver confondu avec des hommes complètement dépravés. Pour celui qui prête l’oreille aux conseils de ces hommes pervers , la dégradation morale devient contagieuse. Pour celui qui a encore assez de conscience pour y résister, la vie devient insupportable, et le découragement et le chagrin ne tardent pas à le conduire au tombeau. Le moyen de remédier à ces iuconvéniens est du domaine de la morale, et les philanthropes commencent à se lasser d’appeler de leurs vœux des améliorations qu’ils peuvent concevoir, mais qu’ils n’ont pas les moyens de réaliser.

Si de ces vues générales sur les maisons de réclusion, nous descendons aux détails, nous voyons qu’elles ont toutes fort mal te-

PR ISOiS S.

1MJ

nues.' Soit, en effet, que nous nous occupions des maisons de dépôt, des prisons proprement dites , ou des bagnes, partout nous trouvons à blâmer et peu à louer.

Les maisons de dépôt , et surtout celles des dépôts de mendicité, ontété,dans ces derniers temps, le sujet de sévères investigations; et on a trouvé que les mendians qui n’ont commis aucun crime, et les prévenus qui , comme le dit M. Villermé, doivent être considérés comme innocens jusqu’à preuve con . traire, sont plus mal nourris, plus mal chauffés, moins bien couchés que les condamnés; on ne leur donne aucun vêtement, et il arrive même qu’on ne leur permet pas toujours de travailler pour adoucir leur sort. Dans la plupart des dépôts de mendicité , Iles soins hygiéniques sont si mal observés Ique la mortalité s’y présente dans une proportion effrayante , puisque , s’il faut en lcroire M.Villermé, elle serait de 1 sur 3, 45; ■chiffre que l’on pense être trop élevé.

I Les maisons de détention devraient ê'trebâ- 4 i es sur un modèle uuiforme, et leurs divisions devraient être en rapport avec la na- ■ure des délits et le temps de la peine. Il

Page 1