‹ Traité élémentaire d'hygiène et de médecine légale, précédé d'une introduction historique et suivi d'une biographie, d'une bibliographie, etcChapitre 32 sur 53 · ASPHYXIE · texte numérisé non relu

ASPHYXIE

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bronches , la trachée-artère , l’existence de fausses membranes dans le conduit aérien, constituent Y asphyxie par suffocation; ou qui, tels que la compression au même canal par une corde ou un lacet, constituent Y asphyxie par strangulation. Quant à l’asphyxie qui résulte de l’inspiration des gaz, azote, acide carbonique, hydrogène, etc., ou de l’air non renouvelé, nous en traiterons dans la section suivante, consacrée à Y empoisonnement.

§ I. — Asphyxie par submersion.

On a long-temps disputé pour savoir à quelle cause il convient de rapporter la mort des noyés.

Aujourd’hui on est généralement d’accord sur ce point, que l’asphyxie des noyés est un phénomène complexe incapable d’être ramené à une cause unique. Aussi pense-t-on, avec M. Marc, que tantôt elle est la suite de l’introduction de l’eau dans la trachée-artère, qui empêche ainsi l’air d’arriver aux poumons ; que tantôt elle a lieu sans engoûment et à la suite d’une syncope qui a surpris le noyé avant son immersion , ou peu après son entrée dans l’eau; que d’autres

fois elle est le résultat d’une congestion cérébrale , déterminée par une température très-froide, une constitution apoplectique , une chute violente sur la tête, l’ivresse, la plénitude de l’estomac, la compression du cou par un lien quelconque; enfin les noyés périssent souvent par la combinaison de plusieurs des genres d’asphyxie ci-dessus énumérés , et c’est ce que M. Marc appelle une asphyxie mixte. Ce médecin reconnaît en outre une asphyxie nerveuse sans engouaient, dont l’existence doit être repoussée dans l’état actuel de la science.

Or, à quelque genre d’asphyxie qu’ait succombé le noyé, toute question de cet ordreen présente deux autres, dont la solution, s’il était possible de l’obtenir , résoudrait toutes les difficultés secondaires qui pourraient se présenter. Ces questions sont celles-ci : i0 l’individu noyé était-il vivant au moment de son immersion dans l’eau ? i0 La submersion a-t-elle été le résultat d’un accident , d’un acte volontaire, ou d’un homicide ?

io La première de ces questions est difficile à résoudre , et même on n’y parvient

ASPHYXIE PAR SUBMERSION. 2o3

que par l’examen le plus attentif du cadavre ; encore peut-il arriver que les preuves testimoniales jettent sur ce premier point une plus vive lumière que ne le feraient les recherches les plus assidues.

Parmi les caractères indiqués par les auteurs comme propres à faire reconnaître qu’un individu a été submergé vivant, il en est de nulle valeur, et d’autres qui se rencontrent presque constamment , et qui n’ont de valeur qu’autant qu’ils se trouvent réunis sur le même sujet. C’est ainsi que les signes tirés de l’état de la face , que l’on a dit avec raison être bouffie, rouge ou livide, la coloration de la peau, l’engorgement des vaisseaux veineux du cerveau, n’ont point d’autre valeur, si ce n’est qu’ils se rattachent d’une manière assez indirecte à la mort par asphyxie , quelle que soit la cause qui l’ait amenée. Si, au contraire, on trouveles doigts de l’individu noyé écorchés , si ses ongles sont salis par le sable, la vase ou la houe, déjà onpossède un caractère qui laisse à présumer qu’il a fait des efforts assez grands pour vaincre le péril qui le menaçait, et que, par conséquent, il a été submergé vivant.

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Cette présomption acquerra une plus grande valeur si on rencontre dans la trachée-artère, les bronches et le parenchyme pulmonaire, une certaine quantité de matière écumeuse, blanche ou sanguinolente, facile à enlever, bien que les poumons soient crépitans; mais il ne faudra pas oublier qu’une écume tout-à-fait analogue se rencontre dans les voies respiratoires des hommes asphyxiés par l’inspiration de gaz délétères, et chez ceux qui meurent après un violent accès d’épilepsie ; d’où il suit, que ce dernierr caractère n’acquiert de valeur que par sa réunion avec les suivans. Les cavités droites du cœur, les veines caves, la veine et l’artère pulmonaires, contiennent une grande quantité de sang noir; le ventricule droit! est d’un brun noirâtre, tandis que le gauche est d’un rose clair. Ce caractère est constant, maison l’observe aussi dans les autresgenres d’asphyxie. L’état de fluidité dut sang pendant plusieurs heures après la mort, le refoulement du diaphragme, qui n’est pas toujours très-sensible, la présence de l’eau dans l’estomac et la coloration plus vive que dans l’état ordinaire des organes

ASPHYXIE PAR SUBMERSION. 20jr abdominaux , prouvent encore qu’il y a eu asphyxie ; mais cette dernière résulte-t-elle d’une submersion?...

2° Les preuves testimoniales et l’instruction judiciaire peuvent seules éclairer les juges sur la seconde question.

§ II. — Asphyxie par strangulation.

Dans ce paragraphe nous rassemblons tout ce que nous avons à dire de la sus~ pension et de V étranglement. Ce problème offre également deux questions à résoudre: i° l’individu trouvé pendu ou étranglé l’at-il été avant ou après sa mort? 2° Si la suspension ou l’étranglement ont eu lieu pendant la vie, sont-elles l’effet du suicide ou de l’homicide ?

i° La première de ces questions, non moins difficile à résoudre que les deux précédentes, peut être considérée sous deux aspects divers , selon que la suspension est accompagnée ou non de luxation de la portion cervicale de la moelle épinière. Dans le cas où la luxation n’existe pas, il est impossible d’affirmer que l’individu a été pendu pendant la vie. Cependant la

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présence d’une ecchymose autour du cou, la bouffissure et la couleur violacée de la face, la présence d’une écume sanguinolente à la bouche, la rigidité des membres , la couleur violette de leurs extrémités , s’ils ne prouvent pas rigoureusement que l’individu a été pendu vivant, attestent au moins que la suspension a eu lieu avant le refroidissement du cadavre.

Dans le cas de luxation de la moelle épinière, si elle a eu lieu pendant la vie, on observe de profondes ecchymoses dans le tissu cellulaire , les muscles voisins des vertèbres déplacées et leurs ligamens, ainsi qu’unépanchement de sang, qui a souvent lieu dans le canal vertébral. Dans ce cas, on observera aussi la décoloration de la face , l’engorgement des poumons, etc.; enfin si le corps du pendu est très-roide peu de temps après la mort, la luxation n’a pas été faite du vivant de la victime.

L’impression que la corde fait sur les tégumens et sur les parties sous-jacentes, n’a pas un caractère suffisant, quoi qu’on en ait dit, vu que cette impression est la même sur le cadavre que sur le vivant, pourvu

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