ASPHYXIE PAH STRANGULATION
que la suspension ait eu lieu peu de temps après la mort. Lorsqu’on trouve sur un pendu l’existence de deux sillons , l’un oblique et l’autre circulaire, M. Esquirol pense qu’alors on peut présumer qu’il y a eu assassinat ; mais ce n’est là encore qu’une présomption. Cependant il est utile, lorsqu’on fait de pareilles recherches, de réappliquer la corde sur le cou du cadavre, en recherchant l’endroit où le nœud était appliqué, afin de s’assurer que les impressions que présente le cou correspondent aux aspérités de la corde. Il conviendra surtout , en pareil cas , de s’attacher à reconnaître si l’individu présente quelques traces d’empoisonnement ou de blessure ; car alors il serait présumable qu’il y aurait eu homicide.
§ III. — Asphyxie par suffocation.
Ce dernier genre d’asphyxie ne touche qu’indirectement à la médecine légale, car une multitude de causes très-diverses peuvent amener ce résultat. Ainsi la tuméfaction des'tonsilles de la langue, de la muqueuse du larynx, le développement de
2o8 mf.df.cime légale.
fausses membranes dans les voies respiratoires , ou la présence d’un corps étranger dans le pharynx ou dans l’œsophage, la compression de la trachée-artère par diverses tumeurs , etc. , sont autant de causes qui peuvent amener la suffocation. Mais toutes se rapportent à la médecine proprement dite, nous n’avons point à nous en occuper (i).
SECTIOM Vlll.
De V empoisonnemeint.
De toutes les questions médico-légales, celle de l’ empoisonnement est la plus vaste et la plus compliquée. Par là on entend l’action sur l’économie animale de toute substance capable de donner la mort dans un temps plus ou moins long, qui varie selon l'espèce de poison employé, et selon les différentes conditions physiologiques dans lesquelles se trouve l’individu empoisonné au moment de l’ingestion ou de l’application de la substance vénéneuse.
Le nombre des substances vénéneuses est très-considérable; aussi a-t-on ‘éprouvé (i) Voy. la Mêdecim, par SI. Vacquié.
EMPOISONNEMENT. 20g
assez de difficultés «î les classer. De toutes les classifications proposées, celle de M. Orfila est la plus généralement adoptée. 11 admet cinq classes de poisons: i° les poi- I sons irritans ; 20 les poisons narcotiques ; I 3° les poisons narcotico-âcres ; 4° les P°*' I sons septiques, et les poisons gazeux (1). I Les substances vénéneuses appartenant à I chacune de ces classes sont souvent ex- I traites 'des trois règnes de la nature, ainsi que nous allons nous en convaincre en les I examinant avec détail.
§ I. — Poisons irritans.
Les substances vénéneuses de cette classe
■ ont pour caractères communs de posséder lune saveur âcre, chaude, brûlante; de dé- Iterminer un sentiment de constriction à la ‘■gorge et beaucoup de sécheresse dans la
■ bouche et dans l’œsophage; elles occasionnent aussi des vomissemens de matières ■différentes, mêlées quelquefois de sang ; de ■vives douleurs abdominales et d’abondantes ‘■déjections alvines. A ces symptômes se
(1) Voyez la Chimie, par M. l’aupaille, avec noies de M. Clieallier.
HYGIÈNE l'UB. ET MED. EEG. J 4