DE LA GROSSESSE
La première de ces questions consiste à déterminer lequel, de deux jumeaux, est l’aîné; et la seconde a pour objet de savoir si deux fœtus jumeaux sont toujours le produit d’un seul coït. Ces deux questions se ramènent à celle de la superfétation. On a long-temps disputé pour savoir si elle est possible, c’est-à-dire s’il peut arriver qu’une femme déjà enceinte conçoive une seconde fois. Après avoir révoqué en doute les faits rapportés par les anciens, et même ceux que les modernes ont fait connaître, les observations publiées dans ces derniers temps étaient si précises que le doute n’a plus été possible, et qu’aujourd’hui on est d’accord à regarder la superfétation comme possible.
Mais lorsque deux fœtus viennent au monde à un ou deux jours d’intervalle, estil possible de reconnaître s’ils sont jumeaux ou s’ils dépendent de deux conceptions différentes? Il est d’observation que les jumeaux ont des enveloppes communes et un placenta commun; tandis que dans le cas de superfétation , chaque enfant a ses membranes propres et un placenta particulier. Cette règle n’est cependant pas sans ex-
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ception. Aussi ne peut-on établir l’existence de la superfétation qu’au cas où il naît un second enfant à terme, plus ou moins longtemps après le premier accouchement. Mais si l’intervalle qui sépare les deux naissances n’est que de quelques jours, il est impossible d’établir qu’il y a eu superfétation. Quant à la question de savoir lequel de deux jumeaux est l’aîné, la loi tranche la difficulté en établissant que l’aîné est celui qui voit le jour le premier. Le médecin ne peut donc être consulté sur ce point.
Les signes de la grossesse extra-utérine sont tellement variables et si incertains, qu’il est impossible de constater son existence avant le terme, d’assigner son siège, ni même d’affirmer qu’il y ait un fœtus; on peut tout an plus la soupçonner, et dans ce cas le rôle du médecin-légiste doit se borner à conseiller d’attendre que le temps ait éclairci les doutes.
3° Diverses affections pathologiques, d’une gravité plus ou moins grande , peuvent simuler la grossesse au point d’en imposer aux hommes les plus habiles et les plus instruits; c’est ce qu’on appelle les fausses gros-