MALADIES INTELLECTUELLES
est de fait que souvent on a enfermé des visionnâmes, des extatiques pour des rnonomanes.
Une foule de maladies peuvent produire un délire momentané ou persistant , et réagir assez sur le cerveau, pour que l’on soupçonnequ’un individu nesoit pas sain d’esprit en faisant son testament ou en contractant une obligation quelconque. Toutes les maladies aiguës assez intenses pour réagir sympathiquement sur l’encéphale, peuvent amener ce résultat. Mais, dans ce cas, le délire n’est que passager, et cesse avec la cause qui l’a produit. Il suffira donc , pour dissiper les doutes, de reconnaître la maladie primitive, et, que le délire soit sympathique ou idiopathique, il importe peu; si le testament ou l’obligation ont été contractés pendant l’accès, nul doute que l’obligation ne soit nulle; car, dans ce cas, l’individu ne jouit point de son libre arbitre.
§ IV. — De l’ivresse.
Dans l’état d’ivresse, il y a perturbation complète des facultés intellectuelles ; tout homme qui commet un crime dans cct
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état 11e peut eu être responsable; seulement, il est répréhensible pour s’être enivré. Du reste , les symptômes de cet état sont si évidens que l’avis du médecin est le plus souvent inutile, les preuves testimoniales suffisant dans le plus grand nombre des cas.
§ V. — De la surdi-mutité.
Ceux qui se sont spécialement occupés de l’éducation des sourds-muets, ont cru pouvoir établir que tout sourd-muet qui 11’a reçu aucune espèce d’éducation, peut et doit être assimilé «à la condition des idiots. Cette opinion nous paraît juste. Quant aux autres, ils sont d’autant plus libres d’eux-mêmes, qu’ils ont reçu une meilleure éducation, qu’ils jouissent d’un plus grand développement intellectuel; d’où résulte qu’il est impossible d’établir aucune loi générale. Lorsqu’il s’agit de déterminer le degré d’intelli-gence d’un sourd-muet, la première chose ii > faire sera de constater, par une suite d’é-preuves, le degré d’instruction dont il jouit, les idées qui lui sont familières. Il n’est pas douteux, en effet, que, pour qu’un pai'eil individu puisse être condamné comme voleur •