‹ Traité élémentaire d'hygiène et de médecine légale, précédé d'une introduction historique et suivi d'une biographie, d'une bibliographie, etcChapitre 48 sur 53 · OUVERTURE DES CADAVRES · texte numérisé non relu

OUVERTURE DES CADAVRES

cadavre était dans l’eau, dans une fosse d’aisance , etc. ; si auprès de lui se trouvait un instrument de destruction quelconque; s’il y a du sang répandu dans le voisinage : on fera mention de la position et de l’attitude du cadavre, en un mot de toutes les circonstances et faits extérieurs susceptibles d’éclairer l’opinion des juges; circonstances qui peuvent varier à l’infini. Il convient aussi de faire déshabiller le cadavre avec précaution, dénoter les contusions, excoriations, piqûres ou autres blessures qui peuvent se rencontrer sur l’enveloppe extérieure du corps ; d’en indiquer la situation , la forme, la longueur, la largeur et la profondeur. S’il était nécessaire de transporter le cadavre , on le ferait avec soin, et le médecin surveillerait cette opération. S’il s’agit d’un fœtus, il convient de le laver et l’essuyer avec soin , de le peser et le mesurer. Si, au contraire, on est appelé à ouvrir le cadavre d’un adulte, il ne faut pas oublier d’en relever le signalement.

Il arrive quelquefois que l’autorité ordonne l’examen d’un cadavre inhumé depuis un temps plus ou moins long. Dans ce

cas , il faut employer un nombre d’hommes suffisant pour que l’exhumation se fasse promptement ; il convient de se servir d’instrumensle plus longs possible, et à mesure qu’on fouille, avoir soin d’arroser le terrain avec une liqueur composée de six onces de chlorure de chaux, dissous dans i5 à 18 livres d’eau commune : les fossoyeurs auront soin de se garnir la bouche d’un mouchoir trempé dans le vinaigre. Arrivé à la profondeur où se trouve le cercueil, on l’arrosera avec 7 à 8 livres de la dissolution indiquée; s’il n’est point endommagé , on le retire dans son entier; dans le cas contraire, on dérange une des planches avec précaution , et on jette sur le corps une assez grande quantité de la liqueur ci-dessus, pour qu’il puisse macérer complètement pendant quelques minutes; alors on retire le cadavre du cercueil, et on le laisse exposé à l’air pendant quelques minutes.

Dans l’ouverture d’un cadavre, on doit commencer par le crâne, dont on rase les cheveux. On fait ensuite deux incisions profondes dont l’une va de la racine du nez à la partie postérieure du cou, et L’autre va

OUVERTURE DES CADAVRES. ^69 d’une oreille à l’autre en passant sur le sommet de la tête. On dissèque les lambeaux et on scie toute la voûte du crâne selon une ligne horizontale qui doit partir des arcades sourcilières, en ayant soin d’éviter les méninges. On incise ensuite les méninges pour mettre le cerveau à nu. Cela fait, et le cadavre étant couché sur le ventre, on pratique deux nouvelles incisions; l’une longitudinale, s’étendant du milieu de l’occipital jusqu’à l’apophyse épineuse de la dernière vertèbre des lombes; l’autre transversale, qui va d’une apophyse mastoïde à l’autre; on enlève la peau et toute la masse musculaire jusqu’au point d’insertion des côtes, on scie le rachis en se rapprochant, autant que possible, des apophyses transverses. Alors il convient d’ouvrir, dans toute sa longueur, le canal de la dure-mère , pour mettre à nu la moelle épinière. On procède ensuite à l’ouverture du thorax et de l’abdomen à la manière accoutumée, en ayant le plus grand soin de faire des incisions qui ne pénètrent jamais au-delà des enveloppes, afin d’éviter toute lésion des organes sous-jacens. L’ouverture du pharynx et de la trachée - artère de-

mande aussi quelques précautions, qui consistent à tendre fortement le cou , et à faire deux incisions, dont l’une longitudinale , s’étendra du milieu de la lèvre inférieure jusqu’au sternum, et l’autre transversale, ira de l’un des angles de la mâchoire inférieure à l’autre. Alors, on met facilement les parties à nu en abaissant la langue et divisant les piliers du voile du palais. Chez le fœtus, les précautions à prendre sont les mêmes, si ce n’est qu’après avoir découvert le crâne , il convient de faire , avec la pointe du scalpel , une petite incision «à la commissure membraneuse qui unit l’os frontal au pariétal, et d’introduire par cette ouverture la lame des ciseaux pour couper les commissures qui l’unissent à l’os frontal, au temporal et à l’occipital.

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