‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 104 sur 134 · CHAP. I. — DU MARIAGE ET DU CÉLIBAT · texte numérisé non relu

CHAP. I. — DU MARIAGE ET DU CÉLIBAT

tionnellement plus forte chez elles que chez les femmes, sont : la position peu aisée dans laquelle elles se trouvent bien souv.enjt, l'isolement, la préoccupation de l'avenir, l'absence des consolations conjugales, de la vie de famille, la privation de soins affectueux en cas de maladie, enfin dans quelques cas la jouissance des plaisirs vénériens, contre lesquels rien ne les prémunit et rien ne les retient. Joignez à cela , dans un âge plus avancé, le mécontentement de l'isolement, on pourrait presque dire la jalousie du bonheur d'autrui, et quelquefois les excès d'une dévotion exagérée.

Il est intéressant de rechercher le nombre des mariages dans les principaux Etats de l'Europe, et les variations qu'il a pu subir depuis le commencement de ce siècle. Voici les résultats auxquels est arrivé M. Boudin.

Sur environ 225 millions d'habitants, l'Europe compte annuellement 1,855,000 mariages, ou un mariage sur 121 personnes. Ces mariages sont trés-inégalement répartis. On a constaté :

En Russie, en 1842, 1 mariage sur 99 habitants.

Prusse, 1839-1841, — U3

Autriche, 1839-1855, — 124

Angleterre, 1840-1841, — 131

France, 1846. — i3i

Depuis un demi-siècle les mariages ont diminué:

En Suède,

de i

i sur 22 en

30 ans.

Portugal,

Russie,

Angleterre,

Hollande,

Prusse,

France,

En 1851 , en France, il y avait 18,239,576 célibataires", et 12,164,677 individus mariés; et 3,224,970 veufs, dont 722,611 hommes, et 2,502,559 femmes.

La proportion des mariés aux vivants a été comme 1 : 66 à Paris; 1:65 dans les Pays-Bas (Quetelet); 1:71 Wurtemberg (Schubler); 1 : 55 Londres; 1 : 54 Angleterre y\ : 65 Suède (Suwmich) ; 1 : 66 Breslau (Reich) ; 1 : 65 Hambourg (Baets).

A quel âge doit-on permettre les mariages? Cette question, dont nous nous sommes déjà occupé à propos du coït, est importante à décider; la solution cependant en est difficile, attendu que la fixation des limites de cet âge dépend de la force de la constitution, du tempérament, de la santé antérieure; et, sous tous ces rapports, il est presque impossible d'établir des moyennes absolues.

La loi, en fixant les termes de 15 ans pour les femmes et 18 ans pour les hommes, a certainement été trop généreuse; il est heureux qu'on n'en profite pas plus souvent , et qu'on s'appuie instinctivement sur les circonstances individuelles propres à chacun. La véritable époque à laquelle on peut permettre le mariage est celle où le développement de l'organisme est terminé , et où la constitution est définitivement ce qu'elle sera plus tard. L'âge où il en est ainsi peut être fixé en moyenne à 25 ans pour les hommes et 20 ans pour les femmes.

A cet âge , l'homme a une raison plus solide , un jugement plus sain, des connaissances plus positives et un établissement plus assuré. En même temps son organisation lui permet de résister aux excès vénériens que tant de jeunes époux accomplissent dans les premiers temps de leur mariage. Enfin il est plus apte à procréer des enfants robustes et bien constitués.

Chez la femme, à 20 ans, l'organisation est achevée et elle est ce qu'elle sera toujours. Sa raison est également plus mûre pour être à la tête d'une maison et élever des enfants. En même temps sa constitution plus solide lui permet aussi de produire des jeunes êtres bien constitués. Chez les femmes d'une santé robuste, il y a moins d'inconvénients à baisser d'une ou deux années le terme de 20 ans et de le fixer à 19 ou même à 18 ans, tandis que chez les hommes, la limite de 25 ans doit autant que possible être conservée.

Du célibat dans l'état ecclésiastique. — Cette question a donné naissance à bien des controverses , et les opinions sont encore partagées à cet égard. Si on met de côté, dans cette question, tout ce qui ne concerne pas l'hygiène, et si on ne tient pas compte des exceptions, la solution qu'on peut en donner est assez simple.

La continence est plus facile à observer dans l'état ecclésiastique que dans toute autre position sociale. La préparation sévère

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des grands séminaires a déjà amorti la constitution et Ta disposée à subir les rigueurs de la chasteté.

Plus tard, le jeûne, le maigre, l'absence de repas succulents , les mortifications, l'éloignement des excitations produites par la fréquentation des femmes, par les conversations licencieuses , par les lectures et la mauvaise compagnie, rendent l'observation de la continence beaucoup moins difficile.

Enfin les pollutions nocturnes, critiques et salutaires, viennent rétablir l'équilibre.

Il y a des exceptions à tout cela , mais ces exceptions ne font jamais loi , et dans l'état actuel de la société, on doit considérer la continence comme possible et même facile chez les ecclésiastiques.

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