‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 15 sur 134 · CHAPITRE -IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE -IV

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§ 1. Constitution.

On a souvent confondu la constitution et le tempérament, et cependant ce sont deux choses fort distinctes.

Définir la constitution est chose fort difficile, car c'est une manière d'être , un état général de l'individu, qui se conçoit

mais ne s'énonce pas. M. Royer-Collard donne une bonne idée de ce qu'on doit entendre par constitution dans les phrases suivantes : « Tout homme est doué primitivement et originellement « d'une constitution propre , distincte du tempérament pro-

« prennent dit La constitution est le fond de la nature

« individuelle. Le tempérament en est la forme plus ou moins « durable. » Enfin « la constitution est la formule générale de l'or- « ganisation particulière de chaque individu. » D'après M. Lévy, les constitutions se jugent par le résultat sommaire de toutes les causes individuelles , telles que le tempérament , l'idiosyncrasie, le degré de force physique , la régularité des diverses fonctions, la somme de résistance aux diverses maladies, enfin, la proportion de vitalité. Ce résultat sommaire s'exprime par les mots force ou faiblesse. Conséquent avec son point de départ, M. Lèvy examine successivement les rapports de la force avec : 4° le tempérament, 2° l'idiosyncrasie, 3° l'âge, 4° le sexe, 5° l'hérédité, 6° l'habitude, 7° la taille, 8° le poids du corps. Pour moi, la constitution est une chose que l'on ne définit pas, c'est la manière d'être de l'organisation de chaque individu ; c'est, comme on l'a dit plus haut, la formule générale de l'organisation particulière de chacun, formule qui se traduit, je le répète, par ces expressions force et faiblesse : constitution forte et constitution faible. Sans entrer ici dans aucun développement à cet égard, on peut dire que la force de la constitution de chaque personne est en raison directe des cinq circonstances suivantes: 1° la solidité et la perfection de la structure anatomique des divers organes, 2° la régularité du jeu physiologique des diverses fonctions, 5° le degré de force physique , 4° la résistance aux causes de maladie, 5° l'énergie de la vitalité.

La faiblesse de la constitution est en raison inverse des mêmes circonstances. Il y a de nombreuses nuances intermédiaires.

§ 2. Des tempéraments

Cette expression est loin d'être nouvelle. Elle est née de cette idée des anciens qui supposaient les corps organisés formés d'éléments divers, associés pour les constituer, mais dans des proportions telles qu'ils se tempéraient les uns les autres.

Cette organisation ainsi équilibrée, et à laquelle ils donnaient

le nom de tempérament (tempéré ou parfait) se rencontrait rarement.

Le plus souvent ils admettaient qu'il y avait disproportion entre ces éléments, mais que ces disproportions étaient compatibles avec la santé. C'était là ce qu'ils appelaient les tempéraments proprement dits ou mixtes. La disproportion excessive était appelée intempérie.

Les quatre éléments des anciens étaient le chaud, le froid , le sec et l'humide, qu'ils supposaient pouvoir former les quatre combinaisons suivantes : 1° le chaud et le sec dans lequel la bile était prédominante et qui constituait le tempérament bilieux ou cholérique; 2° le chaud et l'humide dans lequel prédominait l'atrabile constituant le tempérament mélancolique ou atrabilaire ; 3° le froid et le sec dans lequel dominait le sang et qui formait le tempérament sanguin proprement dit ; 4° le froid et l'humide dans lequel prédominait la pituite, et qui constituait le tempérament pituiteux ou phlegmatique.

Sans tracer ici l'historique de toutes les opinions émises sur les tempéraments , nous signalerons seulement les principales.

Halle .admettait qu'il fallait chercher la raison des tempéraments dans les actions vitales des organes et dans leurs divers degrés d'irritabilité.

Halle plaça les fondements anatomiques des tempéraments : t° dans les systèmes généraux qui sont répandus dans toutes les parties de l'organisme, tels que les systèmes vasculaire, nerveux et musculaire ; 2° dans les principales régions du corps et les principaux organes ; les premiers constituaient les tempéraments généraux, les deuxièmes les tempéraments partiels.

M. Rostan, s1 attachant à des idées purement organiques, substitua le mot constitution à celui de tempérament, et en admit six espèces qu'il fondait sur le degré de prédominance ou d'infériorité des divers appareils de l'économie : 1° prédominance de l'appareil digestif, de ses annexes et du foie ; 2° prédominance des appareils respiratoires et circulatoires ; 3° prédominance de l'encéphale ; 4° prédominance de l'appareil locomoteur ; 5° prédominance des organes génitaux ; 6° atonie de tous les appareils (lympathique).

D'après M. Royer-Collard , on doit chercher la source des tempéraments dans les trois conditions essentielles suivantes de

l'organisme: 1° dans la constitution du sang ; 2° dans l'action nerveuse ; 5° dans le rapport qui existe entre le sang et le système nerveux,

La définition de Halle me paraissant bonne, je la conserve ; elle a de plus l'avantage de s'accorder parfaitement avec les progrés de la science moderne. D'après lui, les tempéraments sont des « différences entre les hommes , constantes , compatibles « avec la conservation de la santé et de la vie, dues à une diver- « site de proportion et d'activité entre les diverses parties du « corps, et assez importantes pour modifier l'économie. »

Dans T état actuel de la science, on peut admettre les quatre tempéraments suivants :

1° Sanguin, 2° nerveux, 3° lymphatique, 4° bilieux.

Ces tempéraments sont simples ou combinés, ils sont congéniaux ou acquis.

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