‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 43 sur 134 · CHAP. IV.— INFLUENCES SIDÉRALES · texte numérisé non relu

CHAP. IV.— INFLUENCES SIDÉRALES

d'aurore. L'influence des saisons sera traitée en même temps que celle des climats, avec lesquels elle varie et dont on ne saurait la séparer. Quant a celle du jour et de la nuit , nous allons entrer dans quelques développements à cet égard.

La succession du jour et de la nuit détermine des modifications spéciales dans le jeu des principaux appareils.

C'est pendant la nuit que l'homme se livre au sommeil , non pas tant parce que la lumière n'éclaire plus notre globe, que parce qu'il y a nécessité pour lui de réparer ses forces et de donner un certain temps de repos aux différents organes.

Cela est tellement vrai et la condition d'absence de la lumière n'a si bien qu'une influence secondaire, que l'habitude peut changer les heures de repos et les placer clans le jour. C'est ce qui a lieu, par exemple, pour certaines professions.

Voici, du reste, les modications physiologiques qui surviennent pendant la nuit :

La digestion s'accomplit en général avec plus de lenteur, et chez certains individus elle est fréquemment accompagnée d'une sensation de malaise qui trouble le sommeil ; les urines sont sécrétées avec un peu moins d'abondance. D'après Keill, la quantité d'urine produite dans douze heures de nuit est à celle fournie pendant 12 heures de jour, comme 1 : 1,20.

La respiration se ralentit, les mouvements respiratoires sont moins énergiques.

D'après Proust, la quantité d'acide carbonique exhalée pendant la nuit est moins considérable que pendant le jour. C'est de dix heures du matin à deux heures du soir que cette quantité atteint son maximum.

La circulation se ralentit pendant la nuit. D'après Robinson, le maximum de fréquence du pouls (77 à 84 pulsations) est à quatre heures du soir, et le minimum ( 60 à 70 ) à huit heures du malin, avant le lever.

Dans un grand nombre d'expériences comparatives auxquelles je me suis livré à l'Hôpital des enfants, en 1857, 1840 et 1841 , j'ai constamment trouvé le pouls moins fréquent et les inspirations moins répétées la nuit, pendant le sommeil des enfants, que pendant le jour.

La transpiration cutanée paraît être plus abondante le jour que la nuit (Reil, d'après Burdach).

Les fonctions cérébrales s'exécutent avec moins d'énergie et moins de précision le soir que le matin, et la fatigue de la journée rend suffisamment compte de ce résultat. L'intelligence est moins claire, moins lucide; le système musculaire affaibli ne demande que du repos. La sensibilité est plus obtuse et les sens moins parfaits.

C'est en général dans la nuit que s'exercent les fonctions génitales, et c'est spécialement à deux instants déterminés que les érections se manifestent de préférence. 1° Le soir à l'instant du coucher, et on les explique par la sensation de la chaleur du lit et par le premier contact de la femme avec laquelle on se trouve; 2° le matin : la cause des érections qui se manifestent alors, et sur laquelle on a beaucoup discuté, paraît avoir pour point de départ la réplétion de la vessie par l'urine ; elle cesse souvent par son évacuation.

L'inîluence de la succession du jour et de la nuit n'est pas moins considérable sur les malades. C'est le soir que la plupart des exacerbations ont lieu dans les affections aiguës, que les accidents prennent une intensité nouvelle et que la fièvre devient plus forte; il en est de même dans les maladies chroniques, l'apyrexie de la matinée est remplacée par un mouvement fébrile qui se prolonge, en général, une partie de la nuit.

Les fatigues de la journée, l'impression longtemps continuée de la lumière , la mise en jeu de l'organe de l'ouïe, l'attention occupée par les visites qui surviennent, sont les circonstances qui expliquent suffisamment cette exacerbation du soir.

La terminaison des maladies par la mort se fait en général plutôt la nuit que le jour, et ce résultat s'explique par la même raison que leur exacerbation.

La plupart des accouchements ont lieu la nuit. Est-ce parce que la conception a également eu lieu la nuit, est-ce pour une autre raison? Je l'ignore.

L'hygiéniste doit profiter de tous ces renseignements, soit pour régler d'une manière convenable les heures de sommeil relativement à celles du travail ou à celles des repas , soit pour diriger le traitement des maladies; il n'y a du reste aucune règle positive à établir à cet égard, ce sont seulement des données qui ne doivent pas être perdues de vue.

CHÀP. v. — de l'air atmosphérique. J 57

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