ÉTAT PHYSIQUE DES MARAIS
Les eaux stagnantes contiennent, dans leur limon, des débris végétaux et animaux. Leur niveau et leur étendue sont variables : les marais qu'elles produisent sont secs ou mouillés; ils se forment de la manière suivante.
La végétation qui existe au fond de l'eau est composée déplantes annuelles à feuilles charnues et chargées de parties vertes. Ces plantes, qui sont en particulier les joncs, les scirpes, les roseaux, les ményanthes , meurent tous les ans, s'altèrent, se pu-
(i) Superficie du sol couvert d'étangs et de marécages, en France. (Motard, Thèse de concours.)
Bouches-du-Rhône 53,700hect.
Vendée 49,600
Charente-Inférieure 44,800
Gironde.. 37,000
Loire-Inférieure 29,500
Ain 19,500
Landes 19,000
Gard 18,000
Aude 15,000
Morbihan 15,000
Cher 13,700
Aisne 13,500
Manche 12,800
Corse 12,500
Somme 8,000
Deux-Sèvres 7,000
Oise 7,000
Hérault 6,500
Isère..
Marne.
Maine-et-Loire 5,100
Loiret..... 3,500hect.
Calvados 3,500
Eure 2,500
Finistère 2,500
Allier
Ardèche
Ardennes..
Ariége
Aveyron
Côles-du-Nord
Creuse . .
Haute-Garonne
Gers ) petite
Mayenne
Puy-de-Dôme
Marne
Sarthe
Tarn
Haute-Vienne
Vosges
Yonne
surace.
tréfîent et forment un détritus qui augmente chaque année , et diminue la profondeur de l'eau stagnante. Ce fond finit par atteindre presque la surface; alors paraissent d'autres plantes, annuelles encore, mais qui ne veulent que peu ou point d'inondation. Telles sont les ombellifères, les lysimachées, les salicaires, leslaiches, les renoncules, les alismacées,qui, mourant également chaque année, augmentent ainsi le dépôt limoneux. Puis enfin paraissent les arbustes à racines submergées, les myricas, les airelles, les ledums.
A tous ces débris végétaux viennent en même temps se joindre des myriades d'animaux de toute espèce, des infusoires, des vers, etc., qui meurent également chaque année et dont les débris vont encore se mêler au limon. L'hiver arrive, le froid congèle l'eau et tous les débris qu'elle renferme, l'altération s'arrête, mais pour recommencer plus forte et plus intense quand le dégel arrive et que les premières chaleurs commencent à se faire sentir.
La couleur verte des eaux stagnantes est due aux lentilles d'eau, aux conferves, au milieu desquelles nagent des myriades d'animaux infusoires (monas pulvisculus). La vase des marais, agitée avec un bâton, laisse dégager des gaz constitués presque exclusivement par de l'hydrogène carboné.