EXPOSITION DU SOL
Quelle que soit l'inégalité de la surface du sol, son exposition varie nécessairement, et elle est dans la direction de l'un des quatre points cardinaux ; il en résulte pour un pays ainsi exposé, et pour les habitants qui occupent ce pays des caractère! tout particuliers qui sont en partie la conséquence de l'espèce de vents qui y soufflent.
L'exposition au nord donne à une localité quelques-uns des caractères des pays septentrionaux, et imprime, par conséquent, aux individus qui l'habitent les caractères physiologiques et pathologiques des habitants de ces contrées. Les effets sont d'autant plus caractérisés, que la localité ainsi exposée au nord est plus éloignée de l'équateur.
Le froid plus grand que l'on éprouve dans une localité exposée au nord tient à ce que les vents soufflant dans cette direction, et ne trouvant aucun obstacle, agissent en toute liberté sur un sol ainsi exposé et y épuisent, en quelque sorte, toute leur action, en raison même de l'existence de l'obstacle qui constitue précisément l'exposition et arrête leur marche ultérieure. L'exposition au midi présente des conditions opposées; elle ne met aucun obstacle à l'action des vents chauds du sud; il en résulte une chaleur habituellement plus grande, des orages plus fréquents, en un mot, des conditions analogues à celles que présentent les climats chauds. Dans les cas où l'exposition au midi est telle, que les vents qui y soufflent ont traversé, avant d'y arriver, la surface d'une mer ou celle d'un grand lac, leur action est notablement atténuée, et, à moins de vents accidentels extrêmement chauds, qui apporteraient à ces localités une chaleur forte et humide, fâcheuse pour la santé, cette condition atténue plutôt le résultat de l'exposition au midi. Cette exposition rapproche d'autant plus une localité des conditions des climats chauds, que l'on considère un pays plus méridional.
L'exposition à l'ouest se rapproche en général de celle du midi. Ses conséquences sont complètement différentes, suivant que Ton considère un sol voisin de la mer ou une localité située dans l'intérieur d'un continent. C'est surtout dans ce dernier cas que l'exposition à l'ouest a quelque analogie avec celle du midi, tandis que, dans le premier, le voisinage de la mer amène une grande variété dans les conditions climatèriques, et produit des variations continuelles de température, des brouillards et des pluies fréquentes. Ce résultat est dû à l'action des vents qui, avant d'arriver à un sol ainsi exposé, ont dû traverser la surface de la mer.
L'exposition à l'est se rapproche de celle du nord ; elle détermine des effets qui varient suivant que le sol que l'on considère est voisin de la mer ou situé dans l'intérieur des continents, suivant, enfin, qu'il est à une latitude plus ou moins élevée.
Les expositions intermédiaires, comme N.-E., S.-E., N.-O., S.-O., participent des influences des deux directions combinées. L'exposition N.-E. rapproche surtout le sol de l'exposition franche au nord, et celle du S.-O., de l'exposition franche au midi. Ces diverses expositions doivent être consultées et étudiées avec le plus grand soin, tant pour les causes de maladies qu'elles peuvent engendrer, et les miasmes et eflluves auxquels elles permettent d'agir, que pour guider dans le choix d'une habitation et dans la fixation d'un séjour destiné à améliorer une constitution, à modifier un tempérament, ou à rétablir un malade en convalescence.
C'est ainsi, pour ne citer qu'un petit nombre d'exemples, que l'exposition au nord et au nord-est ne sera pas conseillée aux rhumatismants ; le N. et surtout leN.-O., aux individus atteints de bronchite ou même de phthisie pulmonaire ; l'O., aux rhumatisants et aux catarrh eux., etc.
4° RAPPORTS DU SOL AVEC UNE SURFACE LIQUIDE. t]
Le sol des terrains situés dans l'intérieur des continents est seulement modifié par les conditions de latitude, d'inégalité de la surface et d'exposition, que nous venons d'examiner; mais lorsque ce même sol est situé dans le voisinage de la mer, d'un
fleuve un peu considérable, ou d'un vaste lac, il en résulte les modifications suivantes dans la température du lieu.
Les localités, constamment baignées par la vapeur d'eau qui s'en élève, acquièrent un état hygrométrique supérieur à celui que comporte leur latitude ; la chaleur des étés y devient moins forte en raison des vents frais qui viennent de la mer, et del'évaporation des eaux qui rend latent une grande quantité de calorique, et tend ainsi à abaisser leur température.
En hiver, la basse température des vents froids est diminuée par la présence même de la vapeur d'eau qui, en se condensant en brouillards ou en se congelant, restitue à l'air une certaine quantité de calorique latent.
Le voisinage des mers et des eaux rend donc un climat plus tempéré, préserve les côtes des extrêmes de température et maintient un état habituel d'humidité de l'air. Cette condition est essentiellement défavorable aux rhumatisants, qui doivent fuir de semblables localités. Il en est de même des catarrheux et des emphysémateux, surtout si cette localité est en même temps exposée à l'ouest.