CITAP. VII. — DES EAUX
y a plus d'un siècle, un auteur anglais, Gilchrist, publia un petit ouvrage dans lequel il recommandait les voyages sur mer, comme moyen curatif de la phthisie; il y rapportait plusieurs cas incontestables de guérison. Je possède plusieurs exemples analogues, et je ne saurais trop conseiller aux individus atteints de phthisie pulmonaire, parvenue même à un degré assez avancé, les voyages un peu prolongés sur mer, dans une saison conve^ nable, et, si la position de fortune le permet, avec toutes les aisances qu'elle comporte.
Dans un pays infesté par une épidémie, il n'est pas rare de voir les bâtiments placés à une certaine distance des côtes et au large , être complètement épargnés et ne pas subir l'influence épidémique.
Lorsqu'une contrée maritime est en proie aux nombreux accidents qui sont la conséquence des effluves marécageux, les bâtiments en rner sont, la plupart du temps, exemptés. Bien mieux, souvent il suffit de rembarquement et du départ pour obtenir, chez les individus atteints, la disparition des maladies développées sous l'influence de la localité.
Combien de fois n'a-t-on pas vu dans notre colonie d'Algeï*, si souvent décimée par des fièvres intermittentes et des dyssenteries rebelles, les sujets qui en étaient atteints, et qui étaient traités depuis longtemps sans succès, être débarrassés comme par enchantement de leurs affections, lorsqu'ils cherchaient à quitter l'Afrique ! Il est vrai qu'en touchant le rivage de France on observait quelquefois des récidives, mais elles étaient moins intenses; c'est surtout ce qui avait lieu pour la fièvre intermittente. L'atmosphère maritime ne saurait être considérée comme pouvant déterminer la production de quelques maladies particulières. Celles qu'on a signalées sur les bâtiments, et en particulier le scorbut, si rare aujourd'hui, est la conséquence, non de l'atmosphère maritime, mais de la mauvaise hygiène du bâtiment où se développe cette maladie.
Quant au mal de mer, c'est une conséquence fréquente des voyages sur mer, et qui est plutôt due au mouvement du vaisseau et à son action sur le système nerveux qu'à l'atmosphère maritime.