‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 61 sur 134 · HUMIDITE DE L AIR. — PLUIES · texte numérisé non relu

HUMIDITE DE L AIR. — PLUIES

L'eau à l'état de vapeur existe dans l'atmosphère; elle est un de ses éléments constituants les plus variables, et qui dépend le plus de la température, des vents, et des causes locales. A la surface de la mer, l'air est saturé d'humidité, mais la quantité de vapeur diminue, à mesure qu'on s'élève à une certaine hauteur. Quant aux brouillards , aux nuages , aux divers météores aqueux, ils sont dus à divers états de condensation de l'eau.

Humidité de Vair. — Le matin, avant le lever du soleil, la quantité de vapeur d'eau atteint le minimum ; mais en même temps, et en raison de rabaissement de température, l'air en est saturé. A mesure que le soleil s'élève, au contraire, et que la température monte, la tension de la vapeur augmente, et cette augmentation a lieu jusqu'au moment où la température atteint son maximum; alors, la tension est également à son maximum. C'est ce qui a lieu à une heure ou deux de l'après-midi, et à cet instant le degré d'humidité est au minimum. La hauteur des lieux, les courants d'air qui existent dans une localité, peuvent modifier ces résultats.

A l'approche de l'hiver, la vapeur, qui est employée à former la pluie, la rosée, la gelée, est plus considérable que celle qui se répand dans l'atmosphère ; la quantité qui s'y trouve va donc en diminuant, et cependant l'humidité augmente dans l'atmosphère; c'est là ce qui explique les froids humides de novembre et de décembre.

En pleine mer, l'air est saturé de vapeur. Sur les côtes, l'humidité, à latitude égale , est plus grande que dans l'intérieur des continents. En France, le vent d'est, qui vient du continent, est plus sec que celui de l'ouest qui a traversé l'Océan. La température inilue également sur ces conditions ; ainsi le vent du nord est plus humide, bien qu'il soit continental et contienne moins d'eau que le vent du sud.

La rosée est due au rayonnnement nocturne ; la terre ne recevant plus pendant la nuit l'influence solaire, rayonne vers les espaces célestes et se refroidit. C'est ce qui arrive également à tous les corps qui ne sont pas abrités, et qui deviennent plus froids que l'air ambiant. Lorsqu'il en est ainsi, la couche d'air qui est en rapport avec eux se refroidit, et à mesure que ce re-

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froidissement se produit, la vapeur d'eau, ayant une tension plus forte que celle qui est nécessaire pour saturer l'espace à cette température, se précipite sous forme de gouttelettes. La gelée blanche ne diffère de la rosée qu'en ce qu'il se produit de F eau congelée au lieu d'eau liquide.

Brouillards. Nuages. — Ils se forment à la surface de la terre ou à une certaine hauteur, lorsqu'il y a plus d'eau en vapeur qu'il n'en faut pour saturer l'espace. Les brouillards et les vapeurs sont donc dus à uue précipitation de vapeur.

Relativement à la nature et à la constitution de cette vapeur ainsi condensée, il y a diverses opinions. Les uns prétendent qu'à l'instant de la condensation elle forme immédiatement de petites gouttelettes d'eau sphériques, qui augmentent peu à peu de volume et finissent, par leur réunion mutuelle, par donner lieu aux sphères liquides de la pluie.

Les autres admettent que la vapeur d'eau, en se condensant, forme de petites sphères creuses, pleines d'air, et constituant les vésicules de brouillards ou de vapeur.

Pluie.— La pluie est due à ce que les sphérules des brouillards, venant à augmenter en vertu d'une condensation plus rapide, ou par l'agglomération d'une nouvelle quantité de vapeur, se précipitent alors à l'état liquide.

La proximité de la mer, les vents régnants, la latitude et la saison influent sur la quantité de pluie qui tombe dans une contrée. Les pluies sont beaucoup plus abondantes dans les pays chauds ; plus il y a de vapeurs qui s'y accumulent, et plus il y pleut. Toutes choses égales d'ailleurs, la quantité de pluie, qui tombe à la surface du globe, diminue de l'équateur aux pôles.

Sous les tropiques, en mer, et dans les instants de calme, il pleut souvent. Sur terre, il y a une saison sèche et une saison numide, qui varient un peu, du reste, selon les pays. Ainsi, dans l'Amérique méridionale, l'hiver est sec, le printemps devient humide, et en mars commencent des orages continuels ; les pluies durent tout l'été. En Afrique, sous l'équateur, les pluies commencent en avril. Entre le 10e degré de latitude nord et le tropique, les pluies durent de juin à octobre. Dans les lieux qui avoisinent l'équateur, il y a deux saisons sèches et deux saisons humides. A mesure qu'on s'éloigne de l'équateur, on trouve des pluies dont le maximum est bien en été, mais elles deviennent plus fré-

quentes dans les autres saisons. Dans les régions polaires, il y a une zone où existent les pluies d'hiver.

Les pluies sont moins abondantes dans l'intérieur des continents; c'est ainsi qu'en Russie il pleut très-peu. Les vents exercent également une influence ; ceux qui ont traversé les mers sont chargés de pluie. A Paris, le vent de sud-ouest, qui est le vent de la pluie, réunit les deux conditions qui la favorisent le plus, il vient d'un pays plus chaud, et il a traversé la mer.

1KFLUÊNCE DE L'HUMIDITÉ ET DE LA PLUIE SUR l'hOMME.

Humidité. — On doit l'étudier à part, suivant qu'elle est chaude, tempérée ou froide.

\° Humidité chaude. — La chaleur, en dilatant l'air, rend déjà la respiration plus fréquente ; lorsque l'humidité vient s'y joindre, elle est plus pénible encore; car l'air introduit dans les voies aériennes, étant déjà saturé d'humidité, ne peut débarrasser le poumon de la vapeur d'eau contenue dans l'exhalation pulmonaire. Ces conditions rendent l'air chaud et humide fâcheux pour les individus atteints de maladies du cœur, de phthisie pulmonaire, de bronchite et d'emphysème.

L'humidité chaude rend l'appétit faible, languissant, et débilite le système musculaire.

On doit toutefois observer que dans les climats chauds, si souvent conseillés aux phthisiques, il ne faut pas non plus un trop grand état de sécheresse de l'air; car la toux augmente, et l'irritation bronchique devient parfois violente. Ce sont surtout les individus atteints de laryngite, et surtout de laryngite chronique, qui se trouvent mal de cette 'influence.

2° Humidité tempérée. — C'est un état intermédiaire entre l'humidité chaude et l'humidité froide, et elle participe des effets de l'une et de l'autre ; elle ne convient pas aux individus atteints de rhumatismes et d'affections chroniques de poitrine.

3° Humidité froide. Elle exerce une influence différente, suivant qu'elle est habituelle ou passagère.

Influence habituelle. — Une des circonstances qui influent le plus notablement sur la santé de l'homme, qui le refroidit eu quelque sorte le plus, et qui par conséquent exige la production

4'tine quantité plus considérable de chaleur animale, et, pour amener cette dernière, une chaleur artificielle suffisante, cette circonstance, dis-je, c'est l'humidité froide. — Son influence habituelle peut déterminer les conséquences suivantes :

D'abord ce sont des phlegmasies aiguës locales , — et plus tard des phlegmasies .chroniques; les premières ont une grande tendance à se transformer dans les secondes.

Ce sont en particulier des angines, des laryngites, des bronchites, des pneumonies et des pleurésies. On se rend facilement compte de ces effets en observant que c'est précisément sur les muqueuses aériennes que l'humidité froide agit.

Il est encore d'autres maladies plus graves que ces dernières, et dans la production desquelles on a fait jouer un rôle à l'humidité froide; telles sont les affections rhumatismales et goutteuses ; telle est encore la maladie de Bright.

L'influence d'une atmosphère saturée d'humidité froide et surtout l'habitation constante et le séjour de tous les instants dans Une chambre basse et humide, où le renouvellement de l'air ne s'opère pas très-facilement, favorisent le développement des scrofules et des tubercules. Cet effet se produit plus facilement s'il y a prédisposition chez l'individu soumis à cette influence. Si elle n'existe pas, l'influence de l'humidité commence par créer cette prédisposition, qu'une autre cause occasionnelle fera peut-être éclater plus tard.

Influence passagère et de courte durée de l'humidité froide.

Un individu sain, exposé à cette influence portée à un point assez élevé, pourra n'éprouver aucun accident fâcheux, si des précautions convenables sont prises immédiatement pour la combattre. Dans le cas contraire, comme dans celui où l'humidité froide agit sur un individu en sueur, on observera les résultats de ce qu'on appelle communément un refroidissement, et alors différentes affections pourront se développer ; leur nature dépendra du tempérament, de l'idiosyncrasie, de la prédominance d'organes, de la prédisposition spéciale enfin des individus qui l'auront subie. Ainsi ce sera une fièvre continue simple, une angine, une laryngite, une bronchite, peut-

être même une pneumonie ou une pleurésie. Quelquefois, chez les femmes, c'est une suppression des menstrues. Si cette iniluence est portée au maximum, et si, tout en étant passagère, elle dure un certain temps, on pourra voir éclater soit une maladie de Bright aiguë, soit un rhumatisme articulaire.

On peut tout à fait rapprocher de cette influence celle de la pluie qui tombe sur un individu qui n'est pas abrité ; s'il change immédiatement de vêtements, il pourra n'en résulter aucun inconvénient; dans le cas contraire, Tévaporation de l'eau qui imbibe les vêtements amène la soustraction d'une grande quantité de calorique à l'organisme, ce calorique devient latent, et l'individu se trouve soumis aux deux influences combinées et portées au maximum de l'humidité et du froid. — Ces deux causes détermineront des effets d'autant plus énergiques que l'individu aura une température pins élevée à l'instant où ses vêtements s'imbiberont de pluie. Dans ces cas divers, ce sera encore des fièvres continues simples, des angines, des bronchites, des pneumonies, des pleurésies qu'on observera, de même qu'on pourra voir éclater des maladies de Bright aiguës ou des affections rhumatismales.

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