DE L ACCLIMATEMENT
L'homme né et élevé dans des pays plus tempérés ou plus froids, peut-il s'habituer aux modifications que les climats chauds impriment à ses organes, et peut-il résister aux maladies que ces climats sont susceptibles de développer chez lui? C'est en ces termes que doit être posée la question, si controversée de nos jours, de l'acclimatement.
Parmi les médecins qui ont traité cette question, les uns nient cette possibilité, les autres, au contraire, l'admettent dans des limites plus ou moins étendues. Ce sont ces deux opinions qu'il s'agit de discuter et d'examiner.
I. L'homme ne peut s'acclimater dans les pays chauds, et son acclimatement n'est que l'exception.
Pour prouver cette proposition, les auteurs qui ont traité cette question, et en particulier M. Boudin, quia présenté le travail le plus considérable et le plus consciencieux sur ce sujet, se sont appuyés sur la statistique. Voici quelques-unes des conclusions auxquelles le dépouillement de nombreux documents les a conduits.
\° Les troupes européennes envoyées dans les contrées tropicales, les Indes, les Antilles, etc., présentent une proportion de malades et de décès beaucoup plus considérable que dans la mère-patrie ; quelquefois même ce nombre est si considérable que ces troupes ont en partie disparu, décimées qu'elles étaient par les maladies propres à ces climats.
D'après les documents anglais relatifs à la mortalité des troupes dans les colonies tropicales, à Ceylan, la mortalité des hommes ayant moins d'un an de séjour, est de 44 sur 1 ,000; ayant de un
rapeutique dans le traitement de la phthisie et d'autres maladies non moins importantes sont basées sur des démonstrations et des preuves qui leur donnent un rare caractère de précision et de vérité.
Nul doute que si de pareilles recherches étaient continuées dans les régions méridionales de la France, elles n'y montrassent des stations très-dignes de figurer à côté des stations les plus justement célèbres de ces régions occidentales de Tltalie. Ilyères et Pau ne seraient plus alors considérées comme les seules stations de la bande de territoire qui s'étend depuis les bords du Var jusqu'au golfe de Gascogne, favorables au traitement de la phthisie.