‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 66 sur 134 · DES CLIMATS · texte numérisé non relu

DES CLIMATS

â deux ans de séjour, de 48,7 ; ayant plus de deux ans, de 49,2. A la Guyane et aux Antilles, la mortalité des troupes stationnâmes donne, pendant onze ans, 77, 87, 89, 65, 61, 79, 83, 75, 120, 106, 140 sur 1,000 hommes. La moyenne des onze années est de 85; les trois dernières présentent un chiffre de beaucoup supérieur à la moyenne; les six années intermédiaires sont, au contraire, inférieures. A la Jamaïque, la mortalité des hommes ayant moins d'un an de séjour, est de 77 sur 1 ,000; ayant d'un ci deux ans de séjour, de 87; deux ans, de 81 ; plus de deux ans, 93. Au Cap, où ne sévissent pas les maladies paludéennes, la mortalité de trois régiments a suivi, pendant trois ans, une marche progressive et croissante. — D'après M. Thévenot, parmi les soldats français de la garnison du Sénégal, la mortalité a augmenté avec la durée du séjour. — Sur plusieurs stations militaires de la Méditerranée, à Gibraltar, à Malte, aux Iles-Ioniennes, sous une latitude moindre que celle de l'Algérie, on observe cette résistance à l'acclimatement. Dans une période de sept ans (1850- 1856), la moyenne de la mortalité a été, à Gibraltar, de 23,5 sur 1,000. A Malte, mêmes résultats ; aux Iles-Ioniennes, 19,3.

Dans notre colonie algérienne, d'après M. Boudin, voici quelle a été la mortalité de l'armée française, pendant les années suivantes (tableaux officiels), de 1857 à 1846 :

. Moyenne de dix années, 77,8 sur 1 ,000. — Mortalité dépassant plus de quatre fois celle de l'armée en France.

2° La population civile des colons fournit un nombre plus considérable de malades et de décès parmi les nouveaux arrivants que parmi les indigènes. Ici, les documents statistiques un peu exacts manquent d'une manière presque complète; les Anglais n'en fournissent aucun. M. Boudin a présenté quelques résultats pour l'Algérie, mais ils ont été presque tous, ou contestés, ou interprétés d'une tout autre manière par MM. Martin et Foley, auteurs d'un bon travail sur la possibilité de l'acclimatement en Algérie. Quoi qu'il en soit, voici quelques-uns des chiffres donnés par M. Boudin.

D'après divers documents officiels, la mortalité delà population algérienne, en 1844 et 1845, a été, sur 4,000 habitants, la suivante :

Musulmans 32,4 40,8

Juifs 21,6 36,1

Européens 49 45,6

En France, la mortalité n'atteint pas même 24 décès sur 1 ,000. Elle s'est élevée, en Algérie, en 1 845, aux chiffres de 36,4 à Alger; de 37 à Mostaganem ; de 40,4 à Bouffarik; de 41,5 à Oran ; de 55,3 à Philippeville ; de 60,9 à Cherchell ; de 65 à Fondouk; de 66,2 à Blidah ; enfin, de 141 à El-Arouch.

3° La mortalité des enfants présente, dans les pays chauds, un chiffre énorme et beaucoup plus considérable relativement à la totalité des décès que partout ailleurs. Ici les documents statistiques sont peu nombreux, et nous sommes obligés de nous contenter de ceux donnés par M. Boudin ; ils sont relatifs à quelques résultats obtenus en Algérie.

En 1844, la mortalité des Européens s'éleva, pour toute l'Algérie, à 5,236 décès, sur lesquels 1,640 enfants. Dans la même année, les quatre villes de l'Est comptaient 521 décès d'enfants sur 430.

La plupart des auteurs opposés à l'acclimatement ont avancé que, dans les pays chauds, le nombre des décès l'emportait sur celui des naissances, et que la dépopulation ne tarderait pas à arriver si l'immigration ne venait l'entretenir et la renouveler.

Malgré cette affirmation, on ne trouve pas des documents statistiques pour prouver cette opinion, que je regarde encore comme à prouver.

4° Il est certains pays où des colonies spéciales d'ouvriers, établies dans des climats chauds, et qu'on a pu suivre, ont fini par disparaître complètement, décimées parles maladies.

Cet argument n'a pas une valeur très-grande, attendu que, la plupart du temps, comme à Staoueli et autres lieux en Algérie, c'est l'influence paludéenne qui a agi pour déterminer, soit des fièvres pernicieuses, soit des dyssenteries graves; et dans d'autres pays, ce sont des causes analogues qui ont produit la fièvre jaune, le choléra, les dyssenteries, etc., etc.

5° II n'est aucun peuple issu des pays tempérés et venant conquérir un pays chaud et s'y établir, qui ait pu s'y fixer d'une manière définitive, y prospérer et remplacer complètement les peuples indigènes. M. Boudin, qui est un des médecins qui ont soutenu avec le plus d'énergie cette opinion, s'appuie sur les faits historiques suivants.

Dans tous les pays compris entre les deux lignes isothermes de 18° de température, la culture du sol ne devient possible à l'Européen que sur les points dont l'altitude annihile en quelque sorte la latitude géographique ; c'est ce que l'on voit au Mexique, au Pérou , à la Nouvelle-Grenade, etc.. En dehors de ces conditions , c'est une autre race qui travaille ; aux Antilles , à la Guyane , au Brésil , dans le sud des Étals-Unis , à Bourbon , à Maurice, ce sont les nègres qui cultivent le sol; à Java, aux Philippines, dans l'Inde , ce sont les indigènes ; en Egypte, ce sont les fellahs; les dominations perse, grecque, romanes, arabes, mamelouke , turque et française s'y sont succédé sans se livrer à la culture du sol. Ce que l'histoire nous montre pour le nord de l'Afrique ne fait point exception. Les premiers dominateurs du pays , les Carthaginois , qui d'ailleurs ne provenaient pas d'Europe , n'ont pas cultivé; il en a été de même des Romains, des Vandales, des Turcs et des Espagnols. Le Romain habitait le sol africain non en cultivant, mais en dominant ; il ressemblait à l'Anglais de l'Inde et non à l'Anglais des États-Unis. Quant aux Arabes, leur origine asiatique ne comporte aucune assimilation avec la race européenne ; du reste , ce qu'on appelle Arabes en Algérie ne sont que les descendants des anciens indigènes.

Si on devait admettre aveuglément le résultat brut de toutes ces statistiques, nul doute que l'on ne dût se prononcer contre l'acclimatement des Européens dans les pays chauds. Tel n'est cependant pas mon avis.

Je crois que la plupart de ces statistiques portent sur des classes de la société dans lesquelles les soins hygiéniques ne sont pas observés rigoureusement, et qui ont plutôt une grande tendance à les enfreindre. Tels sont, par exemple, les soldats qui, à l'inobservation des préceptes hygiéniques, joignent presque toujours les excès alcooliques, l'abus des stimulants, les plaisirs vénériens, l'exposition inconsidérée à toutes les influences physiques du climat, et enfin réunissent à tout cela la vie des camps, les

marches, les gardes, les combats : ces circonstances diverses contribuent à leur épuisement et favorisent chez, eux l'invasion des maladies des pays tropicaux.

Chez les habitants des villes, il n'y a pas de statistique positive, destinée éprouver la fréquence si grande des maladies et des décès chez les immigrants, fréquence si souvent alléguée et jamais définitivement prouvée chez les colons proprement dits et livrés aux travaux agricoles ; les effluves marécageux, et, en l'absence de l'influence paludéenne , les défrichements ainsi que les travaux de terrassement expliquent presque toujours les maladies qui les déciment.

Un travail qui, pour la solution de ces questions diverses, aurait une grande valeur, consisterait à suivre dans les pays chauds les immigrants aisés, à étudier chez eux les effets des localités à température élevée, les habitudes .nouvelles que contractent leurs organes, leur degré de résistance aux agents physiques, enfin les maladies qui les atteignent ; on arriverait ainsi à une statistique bornée, il est vrai, mais beaucoup plus utile que tous les chiffres en bloc qu'on accumule et qui prouvent peu de chose. N'avons-nous pas déjà vu, dans un de ces résumés où l'on avait isolé la mortalité des officiers, celle-ci être relativement beaucoup moins considérable que celle des soldats? il est vrai qu'il ne s'agissait ici que d'une maladie, la phthisie; mais n'en serait-il pas de même pour d'autres?

Il faudrait encore tenir compte des influences paludéennes, qui jouent un si grand rôle dans les maladies des pays chauds, et peuvent, elles seules, s'opposer à l'acclimatement. Cette question ne domine-t-elle pas toutes celles qui touchent à la possibilité de l'acclimatement des Français en Algérie, et n'est-ce pas pour s'être appuyé sur la grande mortalité des militaires et des habitants des villes, les uns et les autres exposés ou non aux effluves marécageux, que M. Boudin a été conduit à nier cette possibilité? Si on avait pu opérer le départ de l'influence paludéenne, et malheureusement une statistique portant sur l'armée le permet difficilement, ne serait-on pas arrivé à de tout autres résultats ? C'est là mon opinion.

On ne saurait donc méconnaître la possibilité de l'acclimatement de l'Européen dans les pays chauds. Pour y arriver, il est nécessaire, toutefois, de tenir compte d'un certain nombre de

circonstances dont il va être question maintenant, et d'observer rigoureusement les règles hygiéniques qui seront établies plus bas.

Ces circonstances sont :

4° La nature du pays ou de la localité qui va être occupée par les immigrants. C'est là qu'il faut tenir compte de l'élévation du sol au-dessus du niveau de la mer, de la présence ou de l'absence de marécages et enfin de toutes les causes de salubrité ou d'insalubrité d'un pays.

2° L'origine des individus qui veulent immigrer dans les pays chauds. Ainsi, plus un individu habite un climat septentrional, plus l'acclimatement sera difficile. C'estpour cela que les Anglais et les Hollandais s'acclimatent plus difficilement que des peuples plus méridionaux ; il est vrai que chez ces deux peuples en particulier, il vient se joindre une autre circonstance , celle de l'habitude des excitants, et d'une alimentation riche, substantielle, azotée, habitude qu'ils conservent dans les nouveaux pays qu'ils vont habiter et qui est. pour eux une source de maladies.

L'acclimatement sera doutant plus'facile que l'individu viendra d'un climat plus méridional. C'est ce qui arrive aux Français du Midi, aux Italiens , aux Espagnols , aux Portugais , etc. Les Français du Nord et du centre tiennent le milieu entre ces derniers et les Anglais et les Hollandais.

3° Toutes choses égales d'ailleurs , les individus à tempérament sanguin, à constitution forte , robuste, s'acclimatent plus difficilement que d'autres ; cela tient à leurs habitudes , à l'alimentation riche et azotée dont ils font usage et dont ils ne peuvent guère se passer. Les tempéraments débiles, observant rigoureusement les préceptes de l'hygiène, s'acclimatent facilement, à moins qu'ils ne soient atteints de quelques maladies spéciales, ou qu'ils ne présentent quelques prédispositions morbides antérieures plus ou moins fâcheuses.

4° Les femmes, en raison de leur sobriété habituelle , de leur absence d'occupations pénibles, de la possibilité où elles sont de prendre beaucoup de repos , sont considérées comme s'acclimatant plus facilement que l'homme.

5° Les enfants, au contraire , à moins qu'ils ne soient forts , robustes et bien constitués, s'acclimatent plus difficilement et sont plus facilement atteints par les diverses causes morbifiqûes de ces contrées.

6° L'influence du moral n'est pas toujours sans efficacité. Ainsi le chagrin d'avoir quitté le pays natal , quelquefois un. certain degré de nostalgie, l'influence d'une société nouvelle, l'absence de parents , d'amis , la nécessité de changer ses habitudes hygiéniques, enfin souvent la crainte d'être atteint par quelqu'une des maladies que l'on voit si fréquentes et quelquefois si terribles daus les pays chauds, sont autant de circonstances qui favorisent précisément le développement de ces mêmes maladies et peuvent ainsi s'opposer à l'acclimatement.

Règles hygiéniques. — Les indications qu'il s'agit de remplir sont les suivantes :

1° Ne s'exposer que peu à peu et progressivement, si cela est possible, à l'influence des climats chauds.

2° Réduire au minimum l'action digestive, tout en évitant de trop débiliter les individus.

3° Soustraire aux causes diverses d'épuisement.

4° Eviter de s'exposer aux influences morbides propres à la contrée.

Je vais seulement développer celles de ces indications dont il n'a pas été question à l'article Hygiène de la chaleur.

Les individus qui veulent s'acclimater doivent, autant que possible, ne s'exposer que progressivement à l'action des pays chauds. On ne peut arriver à ce résultat qu'en habitant passagèrement un climat moins chaud que celui dans lequel on va se fixer. Lorsqu'on est en position de remplir cette indication, les stations intermédiaires d'une certaine durée permettent facilement d'atteindre ce but. Les gouvernements ont si bien compris l'importance du stationnement intermédiaire dans des climats d'une température moins élevée, qu'en Angleterre et en France on y soumet les régiments; Malte , Gibraltar, les Iles-Ioniennes sont pour les Anglais les stations intermédiaires des troupes. En France, on fait en général résider quelque temps dans le Midi les régiments qui sont envoyés en Algérie; on a reconnu l'utilité de cette mesure pour l'acclimatement des troupes.

2° L'arrivée des Européens dans les pays -chauds doit, autant que possible, ne pas avoir lieu dans la saison des pluies ; car c'est à cette époque; surtout dans les contrées paludéennes, que les ma-

ladies dues aux effluves marécageux sévissent avec le plus d'intensité. *

3° Une fois arrivés au lieu de leur destination, le point le plus important pour l'immigrant et auquel il doit sacrifier tous les autres, c'est le choix du lieu de son séjour. Si ce choix est possible, il n'y a aucune hésitation à avoir, il doit se placer dans des localités situées à une certaine élévation au-dessus du niveau de la mer.

La nécessité de compenser la latitude d'un pays chaud par son altitude est en effet la seule solution possible delà question de l'acclimatement.

Le choix de villes ou d'établissements placés dans des lieux élevés ou, s'il n'en existe pas, leur création, telle doit être la seule préoccupation d'un peuple (gouvernement ou individus) qui désire s'acclimater dans une localité chaude. C'est seulement de cette manière que nous pourrons obtenir la réussite de l'acclimatement en Algérie. *

Cette situation à une hauteur notable au-dessus du niveau de la mer met à l'abri des effluves marécageux et en même temps diminue la haute température que les individus ont à supporter; elle les rapproche en quelque sorte des climats tempérés.

Lorsqu'on ne peut placer le lieu de son séjour dans une localité suffisamment élevée, il faut au moins s'éloigner le plus possible des eaux stagnantes et choisir l'exposition du nord ou celle du nord-est, si toutefois des marécages ne se trouvent pas dans cette direction.

Ce qui reste à dire des préceptes hygiéniques que doivent suivre les habitants des climats chauds a déjà été exposé avec détails plus haut; je me bornerai donc ici à le résumer.

1° Le régime doit être doux, peu substantiel et peu excitant; il doit être composé de parties égales de végétaux et de viandes. On doit faire peu usage des alcooliques, du café et surtout de stimulants énergiques; il faut toutefois établir une distinction en faveur de ces derniers, entre les individus qui sont acclimatés et ceux qui ne le sont pas. Ainsi, les premiers supporteront sans aucun inconvénient un régime que les seconds ne pourraient endurer.

2° Les fruits acides que les contrées chaudes semblent pré-

senter en si grande abondance à l'homme pour étancher sa soif, ne lui sont pas toujours favorables ; ils déterminent fréquemment des dyssenteries extrêmement rebelles.

3° Les vêtements doivent être larges et amples, de manière à ce que Fair puisse y pénétrer. La tête doit également être pourvue d'une coiffure qui la mette à l'abri de l'influence d'un soleil brûlant.

4° Les variations de la température du jour et de la nuit sont bien souvent pernicieuses ; aussi doit-on éviter avec soin de s'y exposer, et ne jamais rester trop longtemps dehors après le coucher du soleil.

5° L'exercice doit être modéré et peu fatigant; .

6° Les excès vénériens doivent être proscrits avec sévérité.

L'acclimatement n'a pas toujours lieu subitement, il faut quelquefois plusieurs mois pour que la transformation organique puisse se faire. La*durée de cette transformation marque précisément celle de l'acclimatement.

L'acclimatement peut avoir lieu en s'accompagnant de quelques maladies, ou bien naturellement. La seconde de ces conditions est tout aussi favorable que la première, malgré l'opinion de ceux qui persistent à croire qu'une maladie contractée dans un pays chaud contribue beaucoup à l'acclimatement delà personne qui en est atteinte.

L'acclimatement, une fois obtenu, peut se perdre par l'absence prolongée des climats chauds, et si on veut l'obtenir de nouveau, il faut s'exposer une seconde fois à toutes ses chances.

CLIMATS TEMPERES.

Les climats tempérés s'étendent du 50e au 35e degré, â peu prés au 50e ou 55e degré de latitude australe et boréale. Ils correspondent aux trois climats doux, tempérés et froids dont nous avons parlé, et comprennent les pays suivants : l'Europe presque entière et ses îles; l'Asie, depuis la Méditerranée et la mer Noire à l'ouest, jusqu'au Japon et à l'Océan Pacifique à l'est; en Amérique, la Californie, une partie du Mexique, le Canada, les Etats-Unis, le Chili, la Patagonie.

Les climats tempérés, considérés d'une manière générale, présentent quatre ordres de caractères bien nets.

1° Les saisons y sont tranchées; il y a un été, un hiver, séparés l'un de l'autre par des saisons intermédiaires, le printemps et l'automne.

2° Les saisons sont surtout caractérisées par une grande variabilité de conditions météorologiques, et cela souvent dans la même localité.

3o H existe souvent des oscillations de température assez considérables d'un jour à l'autre ou dans la même journée.

4° Les saisons intermédiaires sont en général caractérisées par les variations nombreuses qu'on y observe dans les vents, la pression de l'air, et lesmaxima etminima de température.

Les climats tempérés présentent à considérer trois zones bien distinctes :

La première, comprise à peu près entre le 30e et le40e degré de latitude australe et boréale, correspond au climat doux; elle peut être appelée en quelque sorte l'extrémité tropicale des climats tempérés. Les saisons s'y présentent avec les caractères suivants : étés trés-chauds, ardents ; printemps et automne chauds et sous la domination pour ainsi dire de l'été ; hivers modérés ; dans cette zone, la température est à la fois plus élevée et plus égale. M. Fuster, d'après les données de température de M. de Humboldt, assigne pour moyenne à l'été + 27° centigr. et à l'hiver -+- 8°. Nous avons vu que la température moyenne annuelle oscillait entre + 20° et -j-150.

La seconde, comprise entre 40 et 50° de latitude australe et boréale, concerne les climats tempérés proprement dits (Angleterre, France, Allemagne). Son caractère principal est de présenter des saisons équilibrées par la combinaison et la fusion des influences tropicales et polaires. L'hiver, le printemps, l'été et l'automne sont trimestriels et bien tranchés. Les circonstances suivantes, qui agissent également dans les deux autres zones, ont ici une influence bien plus considérable pour constituer des localités bien dessinées; ces circonstances sont l'élévation du sol, l'état de sa surface, son exposition, sa nature, sa situation continentale ou sur le bord de la mer.

La troisième zone, qu'on peut appeler extrémité polaire des climats tempérés, et qui correspond i notre cinquième climat ou

climat froid, "est comprise entre 50 et 60° de latitude; ses caractères sont de présentsr des hivers longs et rudes, des étés courts et peu chauds, un automne et un printemps tenant beaucoup plus de l'hiver que de l'été. Les froids y sont beaucoup plus rigoureux que dans le reste des climats tempérés, et en même temps les vicissitudes atmosphériques beaucoup plus considérables. . D'après les calculs de M. Fuster, la moyenne des étés y seraitde -f- 15°, et celle des hivers de — 6°.

En comparant ces résultats avec ceux de l'extrémité tropicale des climats tempérés, on voit que dans ces derniers la moyenne des hivers est plus élevée de 14°, et la moyenne des étés plus élevée de 12°; en un mot, l'extrémité tropicale ressemble beaucoup aux climats chauds, et l'extrémité polaire aux climats froids.

Influence sur V homme. —Parmi les habitants des diverses régions des climats tempérés, il est difficile de saisir quelques caractères généraux et d'ensemble; il n'y a rien de particulier dans le jeu et la disposition de leurs principaux appareils, et les différences individuelles sont subordonnées à la partie des climats modérés qu'ils occupent, à l'influence spéciale de la localité, au régime des habitants, ainsi qu'à leur degré de civilisation. Les zones extrêmes rapprochent les individus qui les occupent de ceux des climats qu'ils avoisinent. C'est ainsi que les caractères des habitants de l'extrémité tropicale se rapprochent considérablement de ceux des contrées équatoriales ; de même, pour le type des habitants de l'extrémité septentrionale des climats modérés.

Dans la partie moyenne de notre zone, les appareils organiques s'équilibrent plus complètement et se placent en quelque sorte sous l'influence des saisons. En été, l'homme de ces contrées tend à se rapprocher du type des habitants des climats chauds. En hiver, les appareils organiques s'adaptent également à la basse température et rapprochent pour quelque temps l'homme de l'habitant des pays froids. Dans les saisons intermédiaires, le changement s'opère peu à peu et progressivement, et on passe ainsi chaque année, deux fois et sans en avoir la conscience, d'un type à un autre; il y a ainsi de fréquentes' et rapides successions dans les prédominances d'appareils, dont la conséquence est la variété des types, des constitutions, des tempéraments, des actes organiques, du caractère individuel ; et finalement l'équilibre des fonctions en est le résultat.

Formes pathologiques. — Elles varient selon la zone et la saison.

Selon la zone: l'habitant de l'extrémité tropicale des climats tempérés est sujet à peu près aux mêmes prédispositions organiques et aux mêmes maladies que celui des pays chauds. L'habitant de l'extrémité polaire de ces mêmes climats est également exposé aux mêmes maladies que l'homme des pays froids.

Selon la saison : en hiver, tendance aux maladies inflammatoires, aux phlegmasies, etc.; au printemps, persistance des phlegmasies, bronchites, catarrhes pulmonaires, etc.; en été, entérites, entéro-colites, dyssenteries, hépatites, choléra sporadique, maladies cérébrales, etc. ; en automne, fièvres paludéennes, fièvres typhoïdes, etc. ; en un mot, chaque saison tranchée tend à faire développer les maladies des climats extrêmes avec lesquels elles ont le plus d'analogie.

Quelle est l'influence des saisons sur la mortalité et la fécondité? Nous ne pouvons présenter un tableau complet pour les diverses localités comprises dans les climats tempérés ; je me bornerai donc aux renseignements suivants, extraits des Recherches statistiques sur la ville de Paris.

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