‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 106 sur 353 · CIIAP. III. — DE L’ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

CIIAP. III. — DE L’ÉLECTRICITÉ

surface de la terre. Cette réunion se fait avec bruit et lumière, absolument comme quand on met en contact, par un fil métallique, les deux surfaces d’une batterie électrique.

Lorsqu’un nuage se décharge, la foudre éclate et le foudroiement a lieu. — D’après les recherches d’Arago, le foudroiement n’est pas aussi fréquent qu’on le pense. A Gœttingen, cinq hommes ont été foudroyés dans l’espace de cinquante ans. A Halle, il n’y en a eu qu’un seul, de 1 60D à 1825. — A Paris, il n’y a pas eu de foudroiement mortel depuis un grand nombre d’années. Dans d’autres localités, au contraire, il y en a eu un grand nombre. En 1853, par exemple, ils ont été nombreux en France. — On doit noter qu’ils sont beaucoup plus rares dans l’enceinte des villes que dans les campagnes. — Les arbres élevés, les clochers, les habitations situées sur des montagnes ou des collines, et, par conséquent, les individus qui s’y trouvent abrités, sont plus particulièrement frappés par la foudre.

Les effets de la foudre sont très-variables. Tantôt l’individu qui se trouve placé sur le trajet où se fait la réunion est foudroyé. La commotion est si violente, que la mort est instantanée et que l’autopsie révèle quelquefois des désordres généraux très-intenses.

Dans d’autres cas, les individus ne se trouvent pas sur le trajet de la foudre, ils sont seulement à côté, et cependant ils éprouvent des accidents plus ou moins graves, et quelquefois même la mort survient ; lorsqu’il en est ainsi, elle arrive par asphyxie. Dans d’autres circonstances, la foudre produit des brûlures plus ou moins étendues. Dans d’autres cas, enfin, elle laisse à sa suite des paralysies quelquefois incurables, telles qu’une paraplégie, une hémiplégie, la paralysie isolée d’un membre, l’amaurose, la surdité.

D’autres fois, la foudre déchire les vêtements d’un individu, les brûle, détruit et renverse tout ce qui se trouve autour de lui, sans lui faire aucun mal. — Quelquefois elle le renverse, et détermine une syncope tantôt momentanée, d’autres fois mortelle. — Quelquefois l’individu est simplement renversé et il se relève sans blessure. Ailleurs, le sujet est blessé ou même tué, sans qu’il y ait aucune trace sur ses vêtements ou autour de lui.

Les accidents produits par le foudroiement sont trèsvariables. — Tantôt ce sont des brûlures plus ou moins étendues, superficielles ou profondes; tantôt des plaies, en général petites. La mort est due soit à une commotion cérébrale, soit à une asphyxie ou bien à une syncope. L’examen cadavérique ne fournit, la plupart du temps, aucune lésion caractéristique;

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tout au plus trouve-t-ori, en général, une congestion sanguine du cœur, du cerveau ou des poumons.

Règles hygiéniques. — Dans les villes, ou sur les habitations rurales, la construction d’un paratonnerre est la meilleure règle hygiénique à suivre et le meilleur préservatif de la foudre. Quant aux personnes qui se trouvent en pleine campagne à l’instant où un orage éclate, c’est presque un conseil trivial que de leur dire de ne pas se réfugier sous un arbre élevé, surtout s’il est placé sur un mamelon de terre, et d’éviter encore avec plus de soin les clochers des villages, où l’on a la sotte habitude, comme cela se pratique encore dans beaucoup de localités en France, de sonner les cloches pour chasser la foudre.

Cependant ce n’est pas le son des cloches qui rend les coups de foudre plus imminents et plus redoutables ; mais c’est qu’il est dangereux d’ètre dans le lieu le plus élevé de la localité, c’est-à-dire le clocher, sur lequel la foudre éclate souvent, et qu’il peut se faire que le métal dont sont composées les cloches et la corde souvent humide qui y est attachée, servent de conducteurs à la foudre, qui vient alors atteindre le malheureux sonneur.

Nous trouvons dans la notice d’Arago sur les orages des faits curieux, qui ne sont pas sans applications hygiéniques. Ce sont les suivants :

Les accumulations d’hommes et d’animaux favorisent l’action de la foudre, là où cette accumulation a lieu. Cela tient à ce que leur transpiration donne naissance à une colonne ascendante de vapeur, et que cette colonne ascendante de vapeur transmet mieux la foudre que l’air sec. Les granges rempliesde grains et de fourrages, les meules de foin ou de paille agissent dans le même sens.

D’après Arago, lorsque la foudre tombe sur des hommes ou des animaux placés à la suite les uns des autres, c’est aux extrémités de la file que ses effets sont généralement les plus intenses et les plus fâcheux. Il est certaines circonstance^ que l’opinion populaire désigne comme favorisant l’action de la foudre, et qui ne sont rien moins que démontrées : telles sont l’action de courir à cheval ou à pied pendant un orage, de laisser les fenêtres ouvertes, etc.

Nous ne dirons pas la même chose des vêtements et des tissus qui entourent les individus. Personne ne conteste que les vêtements ou les tentures de soie ne préservent en quelque sorte assez bien de la foudre. Puis viennent les tissus de laine. Quant à ceux de lin ou de coton, ils sont en général, au cou-

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traire, bons conducteurs de l’électricité, et iis agissent dans le sens opposé.

Nous reproduisons, en terminant ces règles hygiéniques, les préceptes que Franklin donne aux personnes qui redoutent la foudre.

Il faut éviter le voisinage des cheminées, car la suie qui les tapisse partage avec les métaux la propriété d’attirer la foudre.

Il faut, pour la môme raison, s’éloigner des métaux, des glaces, des dorures, des cloches et de leurs cordes ; se dépouiller des objets métalliques que l’on a sur soi.

Il faut éviter de se placer au-dessous d’un lustre, d’une lampe, d’un ornement de métal, d’un arbre, d’un objet élevé quelconque.

Il est bon d’interposer entre soi et le sol un corps non conducteur, tel que du verre, par exemple.

Moins on touche les murs et le sol, moins on est exposé ; le plus sur moyen préservatif serait donc d’avoir un hamac suspendu à des cordes de soie au sein d’une vaste chambre.

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