EAU, 1 KILOGR. SELS DISSOUS
Chlorure de sodium
— de magnésium
— de calcium
Sulfate de soude
Marcet y reconnut, en outre, du sel ammoniac, des iodures et des bromures de sodium et de magnésium, et une petite quantité de matières organiques.
La salure de la mer n’est pas, du reste, la môme dans toutes les contrées. Ainsi, l’océan Atlantique est plus salé que l’océan Pacifique. Elle varie aussi dans les divers points de l’étendue de ces vastes mers.
La salure diminue à mesure qu’on s’approche des régions polaires. Les glaces polaires sont de deux espèces : les unes ne contiennent pas sensiblement de sels, les autres sont salées.
Marées . — Dans toute l’étendue des côtes de l’Océan, en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique, la mer s’élève
3 20 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE i/lIYGIÈNE.
et s’abaisse au-dessus et au-dessous de son niveau moyeu deux fois par jour. Ce môme effet se renouvelle dans la mer des- Indes, dans l’océan Pacifique , dans l’océan Austral, et il constitue le flux? et le reflux de la mer, qui s'effectue dans la courte période de douze heures, en général. Ce grand phénomène physique est une des conséquences de la gravitalion. universelle, et provient de l’attraction de*la lune et du soleil sur la masse des eaux qui recouvrent notre globe. Cette attraction change en quelques heures la figure de la mer, et donne lieu aux mouvements réguliers et périodiques des flux et des reflux.
Atmosphère maritime. — L’atmosphère maritime se présente dans des conditions particulières. La pression barométrique qui existe à la surface de la mer varie, il est vrai, mais dans des limites moins considérables qu’à la surface de la terre ; la pesanteur de l’air y est un peu plus grande, et la raison en est que la plupart deslocalités habitées du globe sont à une hauteur plus grande que celle de la surface des eaux. La température de l’atmosphère maritime est, en général, beaucoup plus constante que celle des continents, et les saisons tendent bien davantage à s’égaliser ; il y règne habituellement une certaine humidité, provenant de l’évaporation de l’eau et qui sature presque constamment l’air. C’est l’existence de cette évaporation incessante et de cette humidité habituelle qui fait qu’à la surface de la mer, les étés sont moins chauds et les hivers moins froids, effets qui s’observent surtout dans les climats tempérés.
La composition de l’air est sensiblement la même qu’à la surface de la terre : il existe toutefois quelques analyses, desquelles il résulterait que l’air, au-dessus de lh mer, contiendrait un peu moins d’oxygène. Ce résultat s’explique parla solubilité de l’oxygène dans l’eau. Cette légère diminution, si elle est constante, est bien largement compensée par la pression plus considérable de l’air et par son renouvellement facile et incessant, qui fait que l’atmosphère de la mer est, en général, d’une pureté parfaite, et qu’elle n’y est jamais altérée parles causes nombreuses qui la modifient à la surface de la terre.
L’atmosphère maritime est continuellement imprégnée d’une certaine quantité d’humidité, chargée elle-même de particules salines. On s’explique facilement ce double résultat parle mouvement incessant des vagues, les courants d’air continuels qui agitent la surface de la mer; enfin, par le mouvement des vaisseaux sur lesquels sont placés les observateurs, et qui contri bue encore à augmenter cette salure de l’atmosphère maritime, laquelle existe alors surtout autour du bâtiment.
Effets de V atmosphère maritime. — Sur mer, la respiration
Cil AP. VII. — DES EAUX.
•s’effectue avec facilité et liberté . La pression assez considérable de l’atmosphcre, la présence de courants d’air qui déterminent un renouvellement plus facile et plus rapide de l’air, et par conséquent de l’oxygène, concourent à ce résultat. De plus, l’inspiration continuelle d’une humidité saline, qui est absorbée sans déterminer aucune action irritante sur les surfaces cutanée, pulmonaire et digestive et sans qu’on en ait la conscience, peut modifier certaines constitutions, et contribuer, sinon à guérir, du moins à améliorer un certain nombre de maladies.
L’atmosphère maritime convient parfaitement aux individus à constitution faible, à chairs molles, à peau blanche et fine, à tempérament lymphatique ; souvent on voit, sous son influence, surtout si elle est longtemps prolongée, ces constitutions, ces tempéraments s’améliorer, se modifier et finir quelquefois par présenter des conditions opposées. L’atmosphère maritime convient également très-bien aux tuberculeux et aux scrofuleux. Il y a plus d’un siècle, un auteur anglais, Gilchrist, publia un petit •ouvrage dans lequel il recommandait les voyages sur mer comme un moyen curatif de la phthisie : il y rapportait plusieurs cas incontestables de guérison. Je possède plusieurs exemples analogues, et je ne saurais trop conseiller aux individus atteints de phthisie pulmonaire, parvenue môme à un degré assez avancé, les voyages un peu prolongés sur mer, dans une saison convenable, et, si la position de fortune le permet, avec, toutes les aisances qu’elle comporte (1).
Dans un pays infesté par une épidémie, il n’est pas rare de voir les bâtiments placés à une certaine distance des côtes et au large, être complètement épargnés et ne pas subir l’influence épidémique.
Lorsqu’une contrée maritime est en proie aux nombreux accidents qui sont la conséquence des effluves marécageux, les bâtiments en mer sont, la plupart du temps, exempts de fièvre.
(1) Dans ces derniers temps, des doutes très-sérieux se sont élevés sur la réalité de l’influence favorable que l’air de la mer exercerait sur la marche de la phthisie .pulmonaire. M. Rochard, auteur d’un mémoire couronné par l’Académie de médecine en 1855, a cherché à établir par des faits habilement groupés que la phthisie marche à bord des navires avec plus de rapidité qu’à terre ; les hôpitaux des ports, des stations navales, les infirmeries des escadres sont encombrés de phthisiques qui viennent expirer là misérablement. Ainsi, tout ce que les auteurs ont écrit sur la vertu tonique de l’atmosphère maritime, sur la vivifiante salubrité des vents du large, tout cela ne serait qu’illusion !... Cependant, quelques auteurs, M. Garnier entre autres, se sont inscrits en faux contre les assertions de M. Rochard. M. Boudin, dans son bel ouvrage de la Géographie médicale, a réuni une masse imposante de faits empruntés surtout aux auteurs anglais, si compétents en pareille matière, faits qui démontrent l’influence favorable de l’atmosphère maritime sur la tuberculisation pulmonaire. 11 est donc permis d’espérer que le dernier mot n’a pas été dit sur cette importante question et que M. Rochard s’est trop hâté de conclure. E. Bgd.
A. Becquerel, 6e édition. 2 1
Bien mieux, souvent il suffit de l’embarquement et du départ pour obtenir, chez les individus atteints, la disparition des maladies développées sous l’influence de la localité.
Combien de lois n’a-t-on pas vu, dans notre colonie d’Alger, si souvent décimée par des fièvres intermittentes et des dysenteries rebelles, les sujets qui en étaient atteints, et qui étaient truités depuis longtemps sans succès, être débarrassés comme par enchantement de leurs affections, lorsqu’ils venaient à quitter l’Afrique ! Il est vrai qu’en touchant le rivage de France, on observait quelquefois des récidives, mais elles étaient moins intenses; c’est surtout ce qui avait lieu pour la fièvre intermittente.
L’atmosphère maritime ne saurait être considérée comme pouvant déterminer la production de quelques maladies particulières. Celles qu'on a signalées sur les bâtiments, et en particulier le scorbut, si rare aujourd’hui, sont la conséquence, non de l’atmosphère maritime, mais de la mauvaise hygiène du bâtiment où se développe cette maladie.
Quant au mal de mer, il est plutôt dû aux mouvements du vaisseau et à leur action sur le système nerveux qu’à l’atmosphère maritime.
Humidité de l’air. — Pluies.
L’eau à l’état de vapeur existe dans l’atmosphère; elle est un de ses éléments constituants les plus variables, et qui dépend le plus de la température, des vents et des causes locales. A la surface de la mer, l’air est saturé d’humidité, mais la quantité de vapeur diminue à mesure qu’on s’élève à une certaine hauteur.
Quant aux brouillards, aux nuages, aux divers météores aqueux, ils sont dus à divers états de condensation de l’eau.
Humidité de l'air. — Le matin, avant le lever du soleil, la quantité de vapeur d’eau atteint le minimum; mais, en même temps, et en raison de l’abaissement de température, l’air en est saturé. A mesure que le soleil s’élève, au contraire, et que la température monte, la tension de la vapeur augmente, cette augmentation a lieu jusqu’au moment où la température atteint son maximum; alors la tension est également à son maximum. C’est ce qui a lieu à une heure ou deux de l’après-midi, et, à cet instant, le degré d’humidité est au minimum. La hauteur des lieux, les courants d’air qui existent dans une localité, peuvent modifier ces résultats.
A l’approche de l’hiver, la vapeur qui est employée à former