‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 127 sur 353 · C II A P . VII. — UES EAUX · texte numérisé non relu

C II A P . VII. — UES EAUX

la pluie, la rosée, la gelée est plus considérable que celle qui se répand dans l’atmosphère; la quantité qui s’y trouve va donc en diminuant, et, cependant, l’humidité augmente dansl’atmor sphère ; c’est là ce qui explique les froids humides de novembre et de décembre.

En pleine mer, l’air est saturé de vapeur. Sur les côtes, l’humidité, à latitude égale, est plus grande que dans l’intérieur des continents. En France, le vent d’est, qui vient du continent, est plus sec que celui de l’ouest qui a traversé l'Océan. La température influe également sur ces conditions : ainsi le vent du nord est plus humide, bien qu’il soit continental et contienne moins d’eau que le vent du sud.

La rosée est due au rayonnement nocturne : la terre, ne recevant plus, pendant la nuit, l’influence solaire, rayonne vers les espaces célestes et se refroidit. C’est ce qui arrive également à tous les corps qui ne sont pas abrités, et qui deviennent plus froids que l’air ambiant. Lorsqu’il en est ainsi, la couche d’air qui est en rapport avec eux se refroidit, et, à mesure que ce refroidissement se produit, la vapeur d’eau, ayant une tension plus forte que celle qui est nécessaire pour saturer l'espace à cette température, se précipite sous forme de gouttelettes. La gelée blanche ne diffère de la rosée qu’en ce qu’il se produit de l’eau congelée au lieu d’eau liquide.

Brouillards , Nuages. — Ils se forment à la surface de la terre ou à une certaine hauteur, lorsqu’il y a plus d’eau en vapeur qu’il n’en faut pour saturer l’espace. Les brouillards et les vapeurs sont donc dus à une précipitation de vapeur.

Relativement à la nature et à la constitution de cette vapeur ainsi condensée, il y a diverses opinions. Les uns prétendent qu’à l’instant de la condensation, elle forme immédiatement de petites gouttelettes d’eau sphériques, qui augmentent peu à peu de volume et, par leur réunion mutuelle, donnent lieu aux sphères liquides de la pluie.

Les autres admettent que la vapeur d’eau, en se condensant, forme de petites sphères creuses, pleines d’air, et constituant les vésicules de brouillard ou de vapeur.

Pluie. — La pluie est due à ce que les sphérules des brouillards venant à augmenter en vertu d’une condensation plus rapide, ou par l’agglomération d’une nouvelle quantité de vapeur, se précipitent alors à l’état liquide.

La proximité de la mer, les vents régnants, la latitude et la saison influent sur la quantité de pluie qui tombe dans une contrée. Les pluies sont beaucoup plus abondantes dans les pays chauds; plus il y a de vapeurs qui s’y accumulent, plus il y pleut. Toutes choses égales d’ailleurs, la quantité de pluie

qui tombe à la surface du globe diminue de l’Équateur aux Pôles.

Sous les tropiques, en mer, et dans les instants de calme, il pleut souvent. Sur terre, il y a une saison sèche et une saison humide, qui varient un peu, du reste, selon les pays. Ainsi dans l’Amérique méridionale, l’hiver est sec, le printemps devient humide, et eu mars commencent des orages continuels; les pluies durent tout l’été. En Afrique, sous l’Équateur, les pluies commencent en avril. Entre le 10e degré de latitude nord et le Tropique, les pluies durent de juin à octobre. Dans les lieux qui avoisinent l’Equateur, il y a deux saisons sèches et deux saisons humides. A mesure qu’on s’éloigne de l’Equateur, on trouve des pluies dont le maximum est bien en été; mais elles deviennent plus fréquentes dans les autres saisons. Dans les régions polaires, il y a une zone où existent les pluies d’hiver.

Les pluies sont moins abondantes dans l’intérieur des continents; c’est ainsi qu’en Russie il pleut très-peu. Les vents exercent également une influence; ceux qui ont traversé les mers sont chargés de pluie. A Paris, le vent de sud-ouest, qui est le vent de la pluie, réunit les deux conditions qui la favorisent ie plus, il vient d’un pays chaud, et il a traversé la mer.

Humidité. — On doit l’étudier à part, suivant qu’elle est chaude, tempérée ou froide.

Influencé de l’humidité et de la pluie sur l’homme.

1° Humidité chaude. — La chaleur, en dilatant l’air, rend déjà la respiration plus fréquente : lorsque l’humidité vient s’y joindre, elle est plus pénible encore ; car l’air introduit dans les voies aériennes, étant déjà saturé d’humidité, ne peut débarrasser le poumon de la vapeur d’eau contenue dans l’exhalation pulmonaire. Ces conditions rendent l’air chaud et humide fâcheux pour les individus atteints de maladies du cœur, de phthisie pulmonaire, de bronchite et d’emphysème.

[De même, la peau ne peut exhaler par la sueur les liquides qui s’accumulent dans les vaisseaux périphériques et qu’y retient un air gorgé de vapeur. De là une sensation de chaleur très-pénible.

L’atmosphère humide et chaude habituelle amène, dit-on, et l’obésité du corps, et l’obtusion de l’intelligence.]

Elle rend l’appétit faible, languissant, et débilite le système musculaire.

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