C1IAP. VII. — DES EAUX
On doit toutefois observer que, dans les climats chauds, si souvent conseillés aux phthisiques, il ne faut pas non plus un trop grand état de sécheresse de l’air; car la toux augmente, et l’irritation bronchique devient parfois violente. Ce sont surtout les individus atteints de laryngite, et en particulier de laryngite chronique, qui se trouvent mal de cette influence.
[L’air humide et chaud, dit M. Lévy, agit encore sur l’organisme par les principes délétères, dont il favorise la production en donnant lieu à la fermentation putride au sein des matières organiques, et en les dispersant dans l’atmosphère où la vapeur d’eau leur sert de véhicule.]
2° Humidité tempérée. — C'est un état intermédiaire entre l’humidité chaude et l’humidité froide, et elle participe des effets de l’une et de l’autre ; elle ne convient pas aux individus atteints de rhumatismes et d’affections chroniques de poitrine.
3° Humidité froide. — Elle exerce une influence différente, suivant qu’elle est habituelle ou passagère.
Influence habituelle. — Une descirconstances quiinfluentle plus notablement sur la santé de l’homme, qui le refroidit en quelque sorte le plus, et qui, par conséquent, exige la production d’une quantité plus considérable de chaleur animale, et, pour amener cette dernière, une chaleur artificielle suffisante, cette circonstance, dis-je, c’est l’humidité froide. — Son influence habituelle peut déterminer les conséquences suivantes :
D’abord ce sont des phlegmasies aiguës locales, et, plus tard, des phlegmasies chroniques : les premières ont une grande tendance à revêtir la seconde forme.
Ce sont, en particulier, des angines, des laryngites, des bronchites, des pneumonies et des pleurésies. On se rend facilement compte de ces effets, en observant que c’est précisément sur les muqueuses aériennes que l’humidité froide agit.
Il est encore d’autres maladies plus graves que ces dernières, et dans la production desquelles on a fait jouer le principal rôle à l’humidité froide : telles sont les affections rhumatismales et goutteuses ; telle est la maladie de Briglit.
[Il faut y ajouter encore différents états cachectiques, l’anémie et surtout le scorbut, comme l’ont prouvé les médecins militaires au siège de Sébastopol (Lévy), et comme l’avaient déjà noté Lind et tant d’autres.]
L’influence d’une atmosphère saturée d’humidité froide et surtout l’habitation constante et le séjour de tous les instants dans une chambre basse et humide, où le renouvellement de l’air ne s’opère pas très-facilement, favorisent le développement des scrofules et des tubercules. Cet effet se produit plus facilement s’il y a prédisposition chez l’individu soumis à cette in-
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fluence. Si elle n’existe pas, l’influence de l’humidité commence par créer cette prédisposition, qu’une autre cause occasionnelle fera peut-être éclater plus tard.
Influence passagère et de courte durée de l'humidité froide. — Un individu sain, exposé à cette influence portée à un point assez élevé, pourra n’éprouver aucun accident fâcheux, si des précautions convenables sont prises immédiatement pour la combattre. Dans le cas contraire, comme dans celui où l’humidité froide agit sur un individu en sueur, on observera les résultats dece qu’on appelle communément un refroidissement, et alors différentes alï’ections pourront se développer; leur nature dépendra du tempérament, de l’idiosyncrasie, de la prédominance d’organes, de la prédisposition spéciale enfin des individus qui l’auront subie. Ainsi ce sera une fièvre continue simple, une angine, une laryngite, une bronchite, peut-être même une pneumonie ou une pleurésie. Quelquefois, chez les femmes, c’est une suppression de menstrues. Si cette influence est portée au maximum, et si, tout en étant passagère, elle dure un certain temps, on pourra voir éclater soit une maladie de Bright aiguë, soit un rhumatisme articulaire.
On peut rapprocher de cette influence celle de la pluie qui tombe sur un individu qui n’est pas abrité. S’il change immédiatement de vêtements, il pourra n’en résulter aucun inconvénient; dans le cas contraire, l’évaporation de l’eau qui imbibe les vêtements amène la soustraction d’une grande quantité de calorique à l’organisme, ce calorique devient latent, et l’individu se trouve soumis aux deux influences combinées et portées au maximum de l’humidité et du froid. — Ces deux causes détermineront des effets d’autant plus énergiques que l’individu aura une température plus élevée à l’instant où ses vêtements s’imbiberont de pluie. Dans ces cas divers, ce sera encore des fièvres continues simples, des angines, des bronchites, des pneumonies, des pleurésies qu’on observera, de même qu’on pourra voir éclater des maladies de Bright aiguës ou des affections rhumatismales.
L’expérience de Fourcault (enduit imperméable appliqué sur la peau) a fourni à un jeune médecin, M. Berne, le sujet d’une thèse intéressante dans laquelle il a essayé d’expliquer, par un effet analogue à celui de cet enduit, l’influence du froid et de l’humidité sur l’homme (Du système cutané au point de vue de ses fonctions , de la mort aiguë , etc. Th. de Paris, 1854, n° 113). Ces agents déterminant une suppression ou une diminution des fonctions delà surface cutanée, il doit en résulter des congestions, des phlegmasies, des flux des organes internes, absolument comme cela a lieu lorsqu’on expérimente sur des animaux,
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