‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 134 sur 353 · CH AP. VIII · texte numérisé non relu

CH AP. VIII

DES CLIMATS

d’effluves pernicieux et qui sont la source de tant de fléaux. C’est surtout à l’embouchure des fleuves qu’ils se trouvent, et, sous ce rapport, les trois grands deltas du Nil, du Gange et du Mississipi en présentent le type le plus caractérislique.

Influence des climats chauds sur l’homme.

L’étude de l’action des climats chauds sur l'homme doit comprendre l’examen :

1° Des modifications que les pays chauds impriment aux principales fonctions organiques des individus qui lesjiabitenl;

2° Des influences spéciales qui résultent de Faction des principaux agents physiques qui entourent l’homme, et, en particulier, des suivants :

a. La température élevée ;

b. Les pluies torrentielles qui alternent avec les chaleurs ;

c. Les variations de température du jour et de la nuit ;

d. L’influence des effluves marécageux.

1° Modifications imprimées à V organisme. — Cette question ayant déjà été traitée à l’article Chaleur , je me bornerai à en présenter ici le résumé.

Chez l’habitant des pays chauds, le phénomène saillant •et capital consiste dans l’activité extrême des exhalations pulmonaire et cutanée, activité sous l’influence de laquelle se produisent les modifications suivantes :

1° Le ralentissement de l’activité respiratoire et la production d’une moindre quantité de chaleur animale, et, par conséquent, d’une moindre proportion d’acide carbonique ; le carbone fourni par les aliments dits respiratoires, et qui est destiné à être brûlé dans les poumons, ne l’étant plus qu’en partie, doit être éliminé par une autre voie. Cette autre voie, c’est le foie. De là l’activité fonctionnelle de cet appareil; 2° une activité plus grande de la sécrétion spermatique.

Il y a donc, chez l’habitant des pays chauds, accroissement des exhalations pulmonaire et cutanée; augmentation des sécrétions biliaire et spermatique ; d’où résulte un allanguissement de la vie organique considérée d’une manière générale. On observe également une diminution des autres sécrétions, et, en particulier, de la salive, du suc pancréatique, des liquides intestinaux, des urines. Il y a de plus une débilité musculaire, une tendance à l’.atonie génitale, favorisée par les abus fréquents du coït; enfin une facile excitabilité du système nerveux, qu’un rien est capable de mettre en jeu. — Les constitutions débiles, les tempéraments lymphatiques ou nerveux,

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tondent à prédominer ; il en est de môme des tempéraments bilieux et lymphalico-bilieux. — Enfin, signalons encore, comme phénomène physiologique important, le désir d’une alimentation substantielle et excitante, désir qui résulte des causes nombreuses d’affaiblissement, dues à la chaleur du climat.

Mortalité. — La mortalité est manifestement plus considérable dans les pays chauds. Ainsi, dans la présidence de Bombay, il y a un mort sur vingt habitants, plus de la moitié de plus qu’en France. Il est d’observation, du reste, que la mortalité va croissant du simple au double, des pôles à l’équateur.

En France, la comparaison de dix départements très-chauds et de dix départements froids a donné :

1 décès sur 37,95 habitants dans les 10 départements les plus chauds;

1 — sur 41,44 — — septentrionaux.

(Motard.)

On peut bien trouver, par exception, dans les climats chauds, quelques centenaires, mais ils y sont très-rares : la population y meurt plus jeune, et elle s’abâtardit plus vite que partout ailleurs.

En Italie, la durée moyenne de la vie est de trente ans. C’est le même chiffre qu’autrefois. En effet, Domitius Ulpianus, d’après des calculs basés sur les registres tenus à Rome par les censeurs, depuis Sextus Tullius jusqu’à Justinien, a fixé la durée moyenne de la vie humaine à trente ans. C’est à peu près comme à l’époque actuelle.

La fécondité paraît beaucoup plus considérable dans les climats chauds que partout ailleurs, et c’est là seulement ce qui permet aux habitants de lutter contre les causes incessantes de dépopulation, qui résultent des conditions du climat. M. Motard rapporte que, sur la côte de Guinée, des voyageurs trouvèrent un individu père de deux cents enfants. — Dans l’antiquité, en Perse, à Sparte, en Phénicie, à Carthage, l’infanticide était, sinon permis, du moins toléré sous forme de sacrifices particuliers aux dieux. — En Chine, on sacrifie les enfants nouveau-nés par milliers.

La taille , dans les climats chauds et humides, se développe et s’accroît. Les Caraïbes, les Patagons en sont la preuve. On trouve également cette grande stature dans les squelettes consacrés des anciens Guanches. — Sous l’influence de la chaleur sèche, la taille tend, au contraire, à diminuer ; c’est ce qui arrive en Arabie. [11 faut, dans cette question, tenir grand compte de la race.]

La coloration de la peau, la teinte brune des cheveux, des

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